Cet article aborde en détail la procédure d'aspiration (ou curetage) après une grossesse arrêtée, les examens complémentaires possibles, l'accompagnement médico-psychologique proposé, ainsi que les aspects administratifs et les risques potentiels. Il vise à informer les femmes et les couples confrontés à cette situation difficile, en leur fournissant des informations claires et précises.
Qu'est-ce que l'aspiration (curetage) ?
Le curetage, de plus en plus souvent appelé aspiration, est une intervention médicale parfois nécessaire à la suite d'une grossesse interrompue, qu'il s'agisse d'une fausse couche spontanée ou d'une interruption volontaire de grossesse (IVG). Après une IVG ou une fausse couche, l’utérus expulse naturellement l’embryon. Mais il arrive parfois que la grossesse ne "sorte" pas complètement, et qu'il reste, dans l'utérus, des débris comme des morceaux, des caillots, du placenta… L'aspiration consiste à retirer les résidus de grossesse (embryon ou fœtus, placenta, endomètre) qui n'ont pas été expulsés naturellement par l'organisme. Cette technique est moins invasive, moins douloureuse et moins à risque qu'un curetage "classique" réalisé avec une curette (instrument ressemblant à une cuillère).
Le curetage peut être réalisé à des fins thérapeutiques, pour éliminer les résidus d’endomètre qui n’auraient pas été évacués naturellement. C’est notamment le cas lorsqu’une fausse couche spontanée ou provoquée n’a pas permis l’expulsion complète de l’embryon (ou du fœtus), l'évacuation du placenta et de l’endomètre.
Déroulement de l'aspiration
Un curetage de la cavité utérine se déroule au bloc opératoire sous anesthésie locale ou générale, selon la demande de la patiente (pour des raisons pratiques ou personnelles). Avant d'être hospitalisée pour son intervention chirurgicale, la femme reçoit généralement un tranquillisant, puis est placée sous perfusion.
L'intervention dure environ une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus avec des bougies (des instruments qui ont la forme de fines tiges en métal), avant d'y insérer un canule, un tube avec un diamètre allant entre 6 et 10 millimètres, qui lui permettra d'aspirer soit les cellules mortes, soit la grossesse entière. Une échographie est ensuite faite pour vérifier que l'utérus est bien vide.
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L'IVG par aspiration est un geste effectué en ambulatoire c'est-à-dire qu'il est réalisé dans la journée. La femme peut ainsi être de retour chez elle en fin de journée. La prescription d'un arrêt de travail n'est pas systématique mais peut être demandée au médecin.
Suites de l'aspiration et précautions à prendre
Après l'intervention, la patiente ne ressent normalement aucune douleur. Néanmoins, des saignements peuvent durer pendant une quinzaine de jours maximum. Pendant cette période, les bains, comme les rapports sexuels, sont à proscrire.
Il est recommandé de se reposer et d’éviter les relations sexuelles, les bains, la piscine et les tampons pendant deux semaines.
Après l'intervention, si la femme a de la fièvre ou ressent des douleurs, qu'elle n'hésite pas à consulter : elle développe peut-être une infection. Le médecin vérifiera alors que tout est bien parti.
Examens complémentaires après l'aspiration
Après le geste, plusieurs examens peuvent être pratiqués pour compléter le diagnostic anténatal. Le but est de déterminer le risque éventuel de récidive de la maladie et d'améliorer la prise en charge des futures grossesses.
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Parmi les examens réalisables, l'examen fœtopathologique (autopsie) est le plus performant. Il nécessite l'accord des parents pour être réalisé. Il permet le bilan de toutes les malformations. L'examen est complété par des radiographies ainsi qu'un examen du placenta. Cet examen est réalisé au laboratoire de fœtopathologie, puis le corps est restitué à la chambre funéraire pour présentation aux parents.
Formalités administratives et prise en charge du corps du fœtus
Il est important d'expliquer avec délicatesse les modalités du traitement du corps du fœtus et les formalités d'état civil : un certificat d'accouchement d'un enfant "mort-né" est délivré quel que soit le terme. Il accompagne la demande de déclaration de l'enfant né sans vie ou est conservé par les parents en l'absence de déclaration : à partir de 22 SA, la déclaration à l'état civil est effectuée automatiquement par l'établissement. Avant 22 SA, les parents peuvent faire (sans obligation) une déclaration "d'enfant né sans vie". Cette déclaration permet de donner un prénom à l'enfant, de le faire apparaître dans le livret de famille et la réalisation d'obsèques.
Avant 22 SA, les patientes bénéficient d'un arrêt maladie pour une durée définie par le médecin qui prescrit l'arrêt.
Accompagnement psychologique
A la suite de l’interruption de grossesse, que vous soyez majeure ou mineure, le médecin ou la sage-femme vous proposera un entretien psycho-social. Cet entretien n’est pas obligatoire.
IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon. Car une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles. Quand la grossesse était désirée, mettre des mots sur cette perte, reconnaître l’existence d’un petit être dont on a souhaité la venue et lui dire au revoir… Le travail de deuil est important. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental.
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Au centre hospitalier des quatre villes, un accompagnement psycho-social peut être sollicité par la patiente (ou le couple) lorsque celle-ci hésite quant à son choix de recourir ou non à une IVG.
Risques potentiels de l'aspiration
Les risques sont très faibles après un curetage. Aspirer le contenu de l'utérus ne rend absolument pas stérile, même si l'intervention est répétée, 3, 4, 5 fois chez une même femme.
Les risques théoriques de l'aspiration sont le risque anesthésique comme pour toute intervention et le risque de perforation utérine. S'il y avait des germes au préalable dans le col, il existe un risque d'infection mais en théorie, le gynécologue effectue des prélèvements avant".
Il y a aussi un risque de synéchie, c'est-à-dire d'adhérence cicatricielle, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus. En cas de synéchie du col, la conséquence principale étant que l'on va avoir du mal à poser un stérilet ensuite. Le curetage réalisé avec une “curette” est un geste invasif, qui, comme tout geste au niveau de l’utérus, peut créer des adhérences dans la cavité utérine. Il arrive alors, dans de rares cas, que ces blessures et adhérences rendent difficile la survenue d’une nouvelle grossesse, ou encore qu’elles gênent l’évacuation des règles. On appelle syndrome d’Asherman, ou synéchie utérine, une maladie utérine caractérisée par la présence d’adhérences dans l’utérus, et pouvant survenir à la suite d’un curetage mal conduit.
Grossesse après une aspiration
Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.
Physiquement, des saignements et des douleurs de type douleurs menstruelles peuvent avoir lieu dans les jours qui suivent le curetage. Et psychologiquement, il peut être important de prendre le temps.
IVG : Interruption Volontaire de Grossesse
Le centre d’orthogénie du centre hospitalier des quatre villes est organisé pour vous permettre de réaliser une interruption volontaire de grossesse (IVG). L’IVG est le processus légal d’arrêt d’une grossesse sur décision de la femme. Reconnue comme un droit fondamental, l’accès à l’IVG s’adresse à toute femme ressentant une détresse psychologique du fait de sa situation de grossesse. La loi française autorise l’avortement jusqu’à la fin de la 12e semaine de gestation.
Deux consultations médicales espacées d’une semaine de réflexion sont obligatoires avant de procéder à une IVG. Ces entretiens ont pour objectif d’informer la femme sur la démarche, les différentes méthodes disponibles ainsi que les potentiels risques et effets secondaires.
Lors de votre consultation dans notre centre, vous devrez confirmer par écrit votre demande d’avortement. C’est aussi le moment au cours duquel vous choisirez, en concertation avec le professionnel de santé, la méthode d’avortement adaptée à votre cas.
L’IVG ne peut être prise en charge que si vous bénéficiez d’une couverture maladie (Régime général, CMU-C, AME, Protection maladie universelle).
Les différentes méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes principales d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale.
- IVG médicamenteuse : Elle peut se pratiquer à domicile, sans hospitalisation jusqu’à 5 semaines de grossesse soit 7 semaines d’aménorrhée, ou en hôpital de jour jusqu’à 7 semaines de grossesse soit 9 semaines d’aménorrhée. L’IVG médicamenteuse consiste à prendre deux types de comprimés différents, à 48 heures d’intervalle. Le mifépristone (parfois appelé RU 486) est pris par voie orale en présence du médecin ou de la sage-femme, au cours d’une consultation. Ce premier médicament interrompt la grossesse en bloquant l’action de l’hormone nécessaire à son maintien (la progestérone) et en favorisant les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. À l’issue de cette première étape, des saignements plus ou moins importants peuvent survenir. Ils ne signifient cependant pas que la grossesse est arrêtée. La prise du misoprostol (un analogue de la prostaglandine) par voie orale, peut s’effectuer à l’hôpital ou à votre domicile. Ce second médicament augmente les contractions et provoque l’expulsion de la grossesse. Des saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tardivement. Ils durent généralement une dizaine de jours. Un traitement préventif de la douleur vous sera systématiquement proposé.
- IVG chirurgicale (par aspiration - curetage) : L'avortement par aspiration, aussi appelé IVG chirurgicale, est une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Cette opération se réalise sous anesthésie locale (seul le col est endormi) ou généralement lors d’une hospitalisation de jour et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus.
Suivi après une IVG
Après l’IVG, des saignements légers à moyens sont attendus. Il est recommandé de se reposer et d’éviter les relations sexuelles, les bains, la piscine et les tampons pendant deux semaines.
Toute intervention médicale comporte des risques. Il est essentiel pour les femmes ayant subi une IVG de discuter des options de contraception pour éviter une grossesse non désirée à l’avenir.
Curetage à visée diagnostique
Un curetage de la cavité utérine est aussi un moyen réaliser un prélèvement de la muqueuse utérine. Une curette est alors utilisée pour prélever du tissu utérin. Le but de cette biopsie est d'établir un diagnostic, en cas de suspicion d'un cancer de l'endomètre. Conjointement à cet examen, une hystéroscopie est pratiquée. Dans le cadre d'une PMA (Procréation Médicalement Assistée), un curetage peut être réalisé afin de favoriser l'implantation de l'embryon dans l'endomètre.
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