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Aspartame et Nourrissons : Risques et Alternatives

L'aspartame, un édulcorant intense largement utilisé dans les aliments et les boissons, suscite des interrogations quant à sa sécurité, en particulier pour les nourrissons. Cet article examine les dangers potentiels de l'aspartame pour les nourrissons, son utilisation dans les produits laitiers et les alternatives disponibles.

Qu'est-ce que l'Aspartame ?

L'aspartame est une poudre blanche inodore, faible en calories, qui donne une saveur sucrée aux produits. Son pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose, communément appelé sucre. Découvert en 1965 par un chimiste de la société Searle, l'aspartame est un dipeptide composé de l'acide L-aspartique et de la L-phénylalanine.

On retrouve l’aspartame dans un certain nombre de produits et son utilisation est approuvée dans plus de 90 pays. Il est utilisé pour édulcorer de très grandes variétés de boissons et d’aliments à faibles apports caloriques ainsi que plus de 600 médicaments.

Identification et Étiquetage de l'Aspartame

La lettre E confirme qu’il s’agit d’une autorisation étendue à toute l’Union Européenne. La directive 94/35/CE relative aux édulcorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires oblige le fabricant à faire figurer sur les produits le code E 951 ou le mot « aspartame ». La mention « contient une source de phénylalanine » signale également sa présence.

Le projet de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, initié en janvier 2008 et qui est appelé à entrer en application rapidement après son adoption formelle en Conseil de l’Union Européenne en octobre 2011, indique aux consommateurs les mentions obligatoires complémentaires devant figurer sur l’étiquetage des denrées alimentaires contenant de l’aspartame ou du sel d’aspartame-acésulfame. Le sel d’aspartame-acésulfame est un édulcorant référencé dans l’Union Européenne sous le code E 962 composé à la fois d’aspartame (E 951) et d’acésulfame de potassium (E 950). Si l’aspartame ou le sel d’aspartame-acésulfame ne figurent dans la liste des ingrédients que par référence à un nombre précédé de la lettre E, la mention « contient de l’aspartame (source de phénylalanine) » apparaît sur l’étiquette.

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Dose Journalière Admissible (DJA)

La Dose Journalière Admissible (DJA) de l’aspartame a été établie en 1980 à 40 mg/kg de poids corporel par le comité d’experts sur les additifs alimentaires de la Food and Agriculture Organization (FAO) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelé JECFA (Joint Expert Committee on Food Additives). Les doses maximales d’aspartame autorisées dans les denrées sont fixées dans l’annexe II de l’arrêté du 2 octobre 1997 relatif aux additifs pouvant être employés dans la fabrication des denrées destinées à l’alimentation humaine, transcription nationale de la directive 94/35/CE.

Les Risques Potentiels de l'Aspartame pour les Nourrissons

Bien que l'aspartame soit approuvé pour une utilisation générale, son administration aux nourrissons nécessite une considération particulière en raison de leur métabolisme en développement et de leur sensibilité accrue aux substances étrangères.

Préoccupations liées à la Phénylalanine

L'aspartame est composé de phénylalanine, un acide aminé essentiel. Cependant, les nourrissons atteints de phénylcétonurie (PCU), une maladie métabolique rare, ne peuvent pas métaboliser correctement la phénylalanine, ce qui peut entraîner une accumulation toxique dans le cerveau. Les produits contenant de l'aspartame doivent obligatoirement porter la mention "contient une source de phénylalanine" pour avertir les personnes atteintes de PCU.

Effets Neurotoxiques Potentiels

Certaines études suggèrent que l'aspartame pourrait avoir des effets neurotoxiques, en particulier chez les enfants. Bien que les preuves soient limitées et souvent contradictoires, il est prudent de minimiser l'exposition des nourrissons à l'aspartame, car leur cerveau est encore en développement. Je ne parle même pas ici des produits chimiques sucrants ou des édulcorants (comme l’aspartame) que l’on trouve principalement dans les sodas, les bonbons, les chewing-gums… Ces sucres sont encore plus neurotoxiques que les autres ; ils nuisent au bon fonctionnement du cerveau.

Risque de Perturbation du Goût et des Préférences Alimentaires

L'exposition précoce à des édulcorants intenses comme l'aspartame pourrait influencer les préférences gustatives des nourrissons et les inciter à rechercher des aliments plus sucrés à l'avenir. Or, prévient l'OMS, un apport élevé en sucre peut augmenter le risque de surpoids et de caries dentaires, et une exposition précoce aux produits sucrés peut créer à vie une préférence nocive.

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L'Aspartame dans les Laits Infantiles et les Aliments pour Bébés

L'utilisation de l'aspartame dans les laits infantiles et les aliments pour bébés est un sujet de préoccupation. En général, l'OMS recommande que l'alimentation des enfants entre six mois et deux ans se base sur des aliments riches en nutriments, préparés à la maison. Tous les sucres ajoutés et les édulcorants devraient également être bannis de la nourriture pour bébé.

Réglementation et Surveillance

La première évaluation de la sécurité de l’aspartame réalisée en Europe a été publiée par le Comité Scientifique de l’Alimentation Humaine (CSAH, devenu maintenant l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA)) en 1984. Elle a été reconfirmée en 2002 par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA devenue l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Depuis, l’AESA a régulièrement suivi les développements concernant la sécurité de l’aspartame et ses groupes scientifiques ont émis plusieurs avis scientifiques sur cet édulcorant.

Alternatives à l'Aspartame

Plusieurs alternatives à l'aspartame peuvent être envisagées pour les nourrissons et les jeunes enfants.

Sucres Naturels

Les sucres naturels comme le lactose (présent dans le lait maternel et les préparations pour nourrissons) et les sucres provenant des fruits peuvent être utilisés avec modération. Il est important de préciser que la quantité est un élément essentiel à prendre en compte lorsqu’on parle de sucre dans l’alimentation. Un abricot sec, une pêche ou un peu d’eau de coco à boire ne vont pas ruiner le sommeil de votre enfant !

Édulcorants Naturels

Certains édulcorants naturels comme la stévia et le monk fruit sont considérés comme des alternatives plus sûres à l'aspartame. Cependant, leur utilisation chez les nourrissons doit être approuvée par un professionnel de la santé.

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Aliments Non Édulcorés

La meilleure option est d'habituer les nourrissons à des aliments non édulcorés et de privilégier les saveurs naturelles des fruits et des légumes.

Surveillance et Études Récentes

L'évaluation de la sécurité de l'aspartame est un processus continu, avec des études régulières menées par des organismes scientifiques du monde entier.

Études Épidémiologiques et Toxicologiques

Plusieurs organisations dont l’ONG Foodwatch et la Ligue contre le cancer ont lancé une pétition pour demander l’interdiction de l’aspartame. En mars 2022, une étude de l’Inserm indique que les édulcorants artificiels « pourraient représenter un facteur de risque accru de cancer ». A contrario, lors d’une évaluation en 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait rendu un jugement rassurant. Elle avait estimé qu’il n’y avait pas de « preuves scientifiques » indiquant « que l’aspartame endommage les gènes et induise le cancer ».

Avis des Agences de Santé

A la suite d’une deuxième publication de l’Institut B Ramazzini parue en 2007 qui faisait encore état de l’augmentation de l’incidence de leucémies, de lymphomes et de cancers des glandes mammaires chez les rats après l’exposition à l’aspartame in utero, l’AESA a publié, en février 2009, deux autres avis concluant à nouveau à la sécurité de l’aspartame et affirmant que les données disponibles obtenues n’indiquaient pas un potentiel génotoxique ou cancérigène de l’aspartame après une exposition in utero. Récemment, deux autres études ont remis en cause la sécurité de l’aspartame, une étude épidémiologique danoise de juin 2010 et une étude italienne de septembre 2010.

En janvier 2015, l’EFSA a publié sa réévaluation complète de l’exposition au BPA et de sa toxicité. Les experts de l’EFSA ont conclu que le BPA ne posait pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d’âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents) aux niveaux actuels d’exposition.

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