Loading...

L'Art au-delà des Chromosomes : Quand des Artistes Soutiennent la Trisomie 21

L'art transcende les frontières, défie les normes et offre une plateforme d'expression unique pour tous. De plus en plus d'artistes s'engagent à soutenir la cause de la trisomie 21, brisant les stéréotypes et célébrant la diversité. Cet article explore différentes initiatives artistiques qui mettent en lumière le talent et la créativité des personnes atteintes de trisomie 21, tout en sensibilisant le public à cette condition.

Rodrigo Salgado : Une Exposition Événement à Reims

Du 27 mai au 10 septembre 2025, l'atelier Simon-Marq à Reims accueillera une exposition exceptionnelle consacrée à l'artiste Rodrigo Salgado. Sous l'impulsion de la famille Taittinger, mécène de l'exposition, Reims découvrira l'univers émouvant et coloré de Rodrigo Salgado. Fils du photographe Sebastião Salgado et de Lélia Wanick Salgado, Rodrigo peint depuis l'enfance avec une intensité rare. Son art, né d'un quotidien habité par la trisomie 21, touche par sa sincérité, son énergie brute et sa sensibilité hors du commun.

Seize de ses œuvres seront transposées en vitraux par les maîtres-verriers de l'atelier Simon-Marq. Ces créations, joyeuses et vibrantes, habilleront la nef de l'église du Sacré-Cœur, désacralisée mais toujours chargée d'âme. Ce projet a vu le jour grâce à une dynamique nouvelle, portée notamment par Vitalie Taittinger, présidente de la Maison Taittinger. Aux côtés de Pierre-Emmanuel Taittinger, président de l'atelier Simon-Marq, elle incarne une vision résolument contemporaine de l'engagement culturel champenois. La Maison Taittinger, fidèle à sa tradition de mécénat, affirme ainsi son attachement profond aux arts et à la transmission. En soutenant ce projet, elle donne corps à une démarche artistique sensible et inclusive, à la croisée de l'intime et de l'universel. L'exposition est également accompagnée d'un texte de l'artiste Michel Granger, qui a suivi Rodrigo dans son parcours pictural.

Eric Sléziak : Un Sculpteur au Grand Cœur

L'artiste du « sanglier des Ardennes », Eric Sléziak, a exposé à Rocamadour et a suscité une vive admiration. En 12 000 heures, le sculpteur créa une sculpture de sanglier géant nommée Woinic. Il réalisa cette œuvre gigantesque entre le 1er janvier 1983 et le 15 décembre 1993. Il s’agit là du plus grand sanglier du monde avec des dimensions imposantes : 8,5 m de hauteur, 4,5 m de largeur pour une longueur de près de 14 m. Il pèse 50 tonnes. Cette sculpture, achetée par le Conseil général des Ardennes en 2008, siège fièrement à l’entrée du département sur une aire d’autoroute.

Généreux pour soutenir la cause des enfants, Eric Sléziak fut contacté par Aurélie Lasvaux (Orel), une amie de longue date. Cette dernière souhaitait faire une exposition à Rocamadour au profit de la fondation Jérôme Lejeune pour aider et soutenir la recherche sur la trisomie 21. Malgré 900 km de distance, le sculpteur n’hésita pas et arriva avec ses sculptures gigantesques qu’il exposa dans la cité mariale ainsi qu’à la mairie. Le célèbre acteur Jean-Claude Drouot, immense artiste, vint en voisin admirer les œuvres exposées. Ces dernières partirent ensuite pour Warmeriville dans la Marne.

Lire aussi: Activités créatives sur le thème de l'arbre à la maternelle.

Malgré des activités professionnelles débordantes, il trouve le temps et l’énergie pour les causes nobles, surtout celles des enfants. Il n’hésitera pas à donner des royalties pour que les enfants démunis des Ardennes puissent partir en vacances. Il n’hésitera pas à monter sur un ring avec le champion de boxe algérien pour soutenir des associations aux fins d’améliorer le quotidien des enfants malades se trouvant sans beaucoup de ressources. Il n’hésite pas non plus à s’impliquer avec son amie Ornella dans la « Sep’party » soutenant le combat contre la sclérose en plaque.

Mayane-Sarah El Baze : Actrice et Danseuse Étoile

Sandrine Thevenon, la mère de Mayane-Sarah El Baze, témoigne : « Ce livre, c’est avant tout le récit du parcours de Mayane, un parcours atypique, mais aussi une histoire d’espoir. » L'annonce de la trisomie a été brutale, mais Sandrine a rapidement compris que Mayane était une enfant curieuse et attentive. Elles ont décidé de se fier à elle, à ce qu’elle leur montrait, plutôt qu’aux étiquettes qu’on voulait lui coller.

Mayane a été repérée sur Instagram par Stéphanie Pillonca, une réalisatrice qui cherchait une jeune fille de 16 ans pour un rôle dans son film J’irai au bout de mes rêves. Malgré son introversion, Mayane a brillé sur le tournage. Elle a même monté les Marches à Cannes, sous les applaudissements. La production l'avait également repérée grâce à ses vidéos de danse.

Mayane-Sarah El Baze est également marraine de plusieurs associations dont Prête-moi tes ailes à Lyon et 21 Rêves à Marseille. Elle a plusieurs projets en préparation, dont un rôle dans Joséphine ange gardien.

Sandrine Thevenon souligne qu'on enferme encore trop les personnes trisomiques dans des cases, alors qu’elles ont de nombreuses capacités. Quand on les accompagne correctement au début, elles peuvent devenir très autonomes.

Lire aussi: Le Contrat de Résidence d'Artiste en Détail

Laëtitia Davy et Marie-Luce : La Danse comme Langage Universel

Laëtitia Davy, fondatrice de Danse handicap, a repéré les talents de Marie-Luce lors d’un atelier de pratiques artistiques. « Le mouvement est très présent chez elle », raconte Laëtitia Davy. « Ils ont le droit de pratiquer et surtout d’être regardés, comme de vrais artistes. » Et pas comme des personnes en situation de handicap. « La pratique artistique est un droit pour tous », soutient celle qui est aussi professeure de danse au conservatoire de Laval agglomération.

Dans la création La mémoire de nos fantômes, Marie-Luce forme un duo avec Sylvie Garnier, danseuse amatrice et psychomotricienne. « Je savais qu’elle ne serait pas une béquille pour Marie-Luce et que chacune aurait sa place. » Une complicité s’est installée. « La danse est très libératrice pour Marie-Luce », ajoute Sandrine Ibnelhafid, une des animatrices sociales qui l’accompagne. « Le corps parle, le handicap tombe », estime l’animatrice sociale. « C’est aussi de la sociabilisation, qui permet de sortir du quotidien. »

Anthony Joubert et Romane : L'Humour pour Changer les Regards

L'humoriste Anthony Joubert a participé au festival Hand-I-Capable, organisé par l'association L'Air des Rêves, créée par Carol, maman de Romane, porteuse de trisomie 21. L'association a été créée pour "changer le regard de la société sur les personnes en situation de handicap".

Le festival a démarré par l'humour, car Romane est une petite comique. Carol souhaite que ce festival soit une bouffée d'oxygène après les temps moroses. Les jumeaux Haristoy, Kévin et Mickaël, tous deux en situation de handicap, ont régalé le public avec leurs sketchs, avant l'arrivée du varois Christophe Basclo et du célèbre Anthony Joubert.

L'association propose à ceux qui le souhaitent, en situation de handicap ou non, de venir faire la fête. "Nous faisons valoir le vivre ensemble à travers notre association", explique Carol.

Lire aussi: Enfant Précoce : Parcours artistique

Alice Davazoglou : Chorégraphe et Danseuse Engagée

Créée en 2022, la compagnie À Ciel Ouvert veut permettre aux artistes en situation de handicap mental de structurer leurs propres créations. Elle soutient et met en place le premier projet qu’Alice Davazoglou (artiste porteuse de trisomie 21) signe en tant que chorégraphe : Danser ensemble. Autour de ce spectacle, présenté au festival Playground 2024, les Rencontres chorégraphiques et la compagnie ont souhaité partager le travail d’Alice Davazoglou auprès d’enfants afin de leur faire découvrir son univers singulier.

Alice Davazoglou danse depuis plus de 20 ans. Avec Françoise Davazoglou, elles ont créé l’association ART21 à Laon dans les Hauts-de-France. Cette association vise à favoriser la pratique de danse amateure pour un public mixte au regard de la situation du handicap mental. Aujourd’hui, Alice Davazoglou est danseuse et elle co-anime des ateliers danse pour enfants dans des écoles ou en périscolaire, dans des formations pour les futurs professeur·es, pour des assistant·es de vie scolaire, pour des conseiller·es pédagogiques… Elle travaille régulièrement avec L’échangeur, Centre de Développement Chorégraphique National des Hauts-de-France. Elle danse dans des projets ART21 avec Nathalie Hervé et participe à de nombreux ateliers avec différents chorégraphes : Daniel Larrieu, Julie Nioche, Xavier Lot, Blandine Minot, Laurence Pagès, Clara Cornil, Mickaël Phelippeau… Alice Davazoglou a également écrit un livre à doubles entrées, Je suis Alice Davazoglou pensé comme un autoportrait dessiné et écrit et Je suis trisomique normale mais ordinaire qui brosse le portrait de certain·es de ses ami·es danseurs et danseuses.

tags: #artiste #soutenant #la #trisomie #21

Articles populaires:

Share: