L'affaire Arnaud Hopfner a profondément marqué la Lorraine. Surnommé le « routard du viol » par les enquêteurs, ce chauffeur routier a semé la terreur entre 2008 et 2010. Son procès, qui s'est tenu à huis clos, a révélé un homme aux pulsions incontrôlables, coupable de multiples agressions sexuelles. Retour sur le parcours criminel d'Arnaud Hopfner, de ses premiers méfaits à sa condamnation.
Le verdict : 18 ans de réclusion criminelle
Au terme d'un procès de deux semaines devant la cour d'assises de Nancy, Arnaud Hopfner a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle, dont les deux tiers assortis d'une période de sûreté. Les jurés ont également envisagé un réexamen de son cas en fin de peine, en vue d'une éventuelle « rétention de sûreté », une mesure rarissime qui pourrait le maintenir enfermé dans un centre médico-judiciaire après sa sortie de prison.
Si la cour d'assises l'a acquitté pour l'une des tentatives de viol pour lesquelles il était jugé, le quadragénaire a été reconnu coupable des quatorze autres viols ou tentatives de viols qui figuraient sur l'acte d'accusation. Ces faits se sont déroulés entre janvier 2008 et janvier 2010, principalement dans la Meuse et les environs de Nancy.
Le mode opératoire d'un violeur en série
Arnaud Hopfner agressait ses victimes, des femmes âgées de 25 à 50 ans, selon un mode opératoire bien rodé. Il repérait ses proies au volant de sa camionnette et les agressait, armé d'un couteau et le visage dissimulé par une cagoule. Le violeur en série s'attaquait soit à des promeneuses et des joggeuses, soit à des femmes qui rentraient chez elles.
L'affaire a débuté en janvier 2008, lorsqu'une femme promenant son chien à Laxou est agressée par un homme cagoulé et armé d'un couteau, qui exige une relation sexuelle. Trois mois plus tard, une femme de 42 ans est victime d'une agression similaire. Malgré le dépôt de plusieurs plaintes, l'agresseur reste insaisissable, les victimes n'ayant pas pu identifier son visage et les prélèvements effectués s'avérant infructueux.
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L'enquête piétine jusqu'en 2012, lorsqu'une joggeuse luxembourgeoise est victime d'une tentative de viol dans la forêt de Dudelange. Elle parvient à mettre en fuite son agresseur et relève le numéro de la plaque d'immatriculation de sa Renault Scénic. Les autorités luxembourgeoises transmettent l'information à la police judiciaire de Nancy, qui identifie le propriétaire du véhicule : Arnaud Hopfner, un homme de 36 ans habitant Laxou.
L'enquête et les aveux
En procédant à des recoupements entre l'emploi du temps du chauffeur et d'autres affaires non élucidées de viols et tentatives de viols, commis sur le même mode opératoire, Arnaud Hopfner est mis en examen en août 2013, alors qu'il finissait de purger une peine d'un an de prison à laquelle l'avait condamné la justice luxembourgeoise.
Confronté aux preuves, Arnaud Hopfner finit par reconnaître les faits, invoquant des pulsions incontrôlables. Il explique avoir voulu se venger de femmes qui lui avaient fait du mal par le passé, notamment d'une enseignante qui l'aurait brimé et d'une ex-petite amie qui l'avait quitté. Il déclare également aux enquêteurs qu'il agissait sous l'effet de pulsions incontrôlables, après avoir bu et fumé des joints.
Lors de l'enquête, Arnaud Hopfner est incapable de se souvenir de chaque cas de viol qu'il aurait pu commettre. Pour son avocate, Isabelle Baumann, il a pleinement collaboré avec les enquêteurs, essayant de se souvenir de tous les trajets qu'il avait effectués.
Les témoignages des victimes et l'expertise psychiatrique
Neuf des victimes d'Arnaud Hopfner sont venues témoigner à la barre, racontant l'horreur qu'elles avaient vécue. Leurs témoignages poignants ont pesé lourd dans la balance.
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Les rapports des experts psychiatriques ont également joué un rôle crucial dans le procès. Selon eux, l'accusé présente une « tendance perverse, sadique et mythomane ». Les experts sont unanimes : Arnaud Hopfner est une personnalité dangereuse, présentant un risque élevé de récidive, et les soins n'ont que peu de prise sur lui.
Ce diagnostic pessimiste a conduit l'avocat général, Amaury Lacote, à requérir la peine maximum : 20 ans de réclusion, dont les deux tiers en période de sûreté.
La défense et le verdict
L'avocate de la défense, Me Isabelle Baumann, a plaidé l'acquittement pour les huit tentatives de viols, arguant que si son client n'était pas allé jusqu'au bout, c'est parce qu'il s'était arrêté de lui-même. Elle a également mis en avant les troubles du comportement dont souffre Arnaud Hopfner « depuis tout petit », qui seraient liés à des abus sexuels subis durant son enfance, lors d'une colonie de vacances. Cependant, les enquêteurs doutent de la véracité de cette histoire, car l'accusé n'en avait jamais parlé auparavant.
Finalement, les jurés se sont montrés un peu plus cléments que l'avocat général et n'ont pas prononcé la peine maximum. Arnaud Hopfner a été condamné à 18 ans de prison, dont deux-tiers de sûreté.
Les conséquences et l'impact
L'arrestation et la condamnation d'Arnaud Hopfner ont soulagé les habitants de la Lorraine, qui vivaient dans la peur depuis des années. Le substitut du procureur de Bar-le-Duc, Zahida Moulay, s'est réjouie de l'arrestation d'Arnaud Hopfner, estimant qu'il risquait de commettre l'irréparable, voire un meurtre.
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L'affaire Arnaud Hopfner a également mis en lumière la difficulté de détecter et d'appréhender les violeurs en série, ainsi que la nécessité d'une meilleure prise en charge des victimes.
Un documentaire sur cette affaire a été diffusé sur l'émission « Faites entrer l'accusé » sur RMC Story, permettant de mieux comprendre le parcours criminel d'Arnaud Hopfner et l'impact de ses actes sur les victimes et leurs proches.
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