Introduction
L'approche psychosociale du développement de l'enfant met en lumière l'importance des interactions sociales et de l'environnement sur la croissance et le bien-être de l'enfant. Dans ce contexte, le "doudou" ou objet transitionnel occupe une place particulière. Cet article explore la définition de l'approche psychosociale, son application dans le développement de l'enfant, et le rôle spécifique du doudou dans ce processus.
Développement Psychosocial de l'Enfant : Une Approche Globale
L’approche psychosociale du développement de l’enfant souligne l’importance des interactions sociales et de l’environnement sur la croissance et le bien-être de l’enfant. Les spécialistes de l’accueil du jeune enfant déploient dans leurs structures une pédagogie au service du développement de l’enfant, inspirée des avancées factuelles apportées par les neurosciences. En se basant sur des savoirs concrets et scientifiques, les pratiques sont fondées sur des connaissances factuelles et établissent les propositions éducatives à partir des besoins et capacités de chaque enfant, afin d’accompagner leur bon développement.
Compétences du XXIe Siècle et Pédagogie Active
Grâce aux recherches en psychologie cognitive et psychosociale, il existe des compétences désignées comme attendues pour demain, reconnues internationalement comme les compétences dites du XXIe siècle. Dans le prolongement des savoirs scientifiques, les apports de différentes pédagogies sont mis en œuvre dans les pratiques auprès des enfants. Par exemple, plusieurs axes de la pédagogie active sont mis en avant dans les crèches, tels que l’autonomie et l’expérimentation libre et encouragée. La crèche, par ses aménagements et équipements pensés et adaptés aux enfants de 0 à 3 ans, offre un cadre à la fois sécurisant et stimulant pour l’enfant, favorisant l’exploration et l’expérimentation en toute sécurité.
Les neurosciences confirment que le cerveau de l’enfant est un organe plastique, en constante évolution, qui développe de nouvelles connexions ou supprime des circuits sous l’effet des expériences. Les professionnels formés et diplômés veillent à la sécurité physique, mais également émotionnelle, des enfants. La relation qui lie l’enfant et le professionnel est celle d’une proximité bienveillante et chaleureuse dans laquelle l’enfant va pouvoir se sentir soutenu, contenu, valorisé.
Importance des Rythmes Individuels et des Besoins Primaires
Les neurosciences mettent en lumière l’importance du respect des rythmes individuels de l’enfant, comme la faim et le sommeil. C’est pourquoi le déroulé des journées dans les crèches tient compte des besoins primaires et des rythmes de chacun. L’apport des nutriments est indispensable au développement dans certaines zones neuronales du cerveau. Le sommeil est essentiel pour enregistrer les apprentissages et les encoder dans le cerveau. Les périodes de repos et de sommeil sont essentielles à l’enregistrement et à la mémorisation des apprentissages. La sieste est proposée à chacun selon ses besoins, et l’enfant qui dort ne sera pas réveillé. Le respect du rythme de faim est primordial ; la faim génère chez le tout petit douleur physique qui, si elle est incomprise, peut générer une montée de stress, néfaste à son développement.
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Rôle de l'Adulte et Développement Cérébral
Une relation chaleureuse, empathique et soutenante est fondamentale pour un développement harmonieux des enfants. Le comportement positif de l’adulte a un lien direct sur le développement des connexions cérébrales, l’augmentation de la substance grise et modifie même l’expression du gène qui renforce la résistance au stress, sans oublier la production des hormones du bien-être (Ocytocine-Dopamine). Le cerveau du tout-petit est très malléable. Toutes les relations que nous avons avec les enfants sont donc importantes et ce dès la grossesse.
Si l’enfant a les mêmes besoins fondamentaux que l’adulte, ses besoins ont de grandes particularités. Dès le début de sa vie, l’enfant manifeste des besoins physiologiques de nourriture et de protection, ainsi qu'un besoin vital de liens sociaux.
Théorie de l'Attachement et Sécurité Émotionnelle
Au XXe siècle, John Bowlby, psychiatre anglais, a exposé sa théorie dite de l’attachement. Ce lien d’attachement est un besoin vital pour l’enfant. L’enfant doit pouvoir créer un lien solide et durable avec les personnes qui prennent soin de lui, des personnes qui pourront, en cas de détresse, le réconforter, le protéger, le rassurer. Ce socle d’attachement va sécuriser l’enfant qui va alors pouvoir s’intéresser au monde qui l’entoure et explorer, c’est-à-dire se développer. Cette sécurité émotionnelle contribuera ainsi au développement harmonieux de l’enfant.
Les neurosciences affectives et sociales confirment que cet attachement est primordial. Le cerveau de l’enfant a besoin d’adultes empathiques, chaleureux, soutenant et encourageant, mais aussi d’être compris dans son immaturité et dans son incapacité à faire face à toutes ses émotions. C’est l’adulte qui, en apaisant de manière bienveillante l’enfant, va faire maturer son cerveau et permettre petit à petit la maturation du cortex orbito frontal, qui permet le contrôle de soi et la prise de recul.
Par ailleurs, c’est également en laissant les enfants exprimer leur vitalité ludique, leur curiosité, en les encourageant et en leur faisant confiance qu’ils seront sécurisés, vont acquérir l’estime de soi et se tourneront plus facilement vers les autres et le monde qui les entoure.
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Le Doudou : Objet Transitionnel et Développement Affectif
Dans le contexte de la théorie de l'attachement et du développement psychosocial, le doudou, ou objet transitionnel, joue un rôle crucial.
Définition et Fonction de l'Objet Transitionnel
Le concept d'objet transitionnel a été introduit par le pédiatre et psychanalyste britannique Donald Woods Winnicott. Il désigne un objet, généralement un morceau de tissu, une peluche ou un jouet, auquel l'enfant s'attache particulièrement. Cet objet représente une source de réconfort et de sécurité pour l'enfant, surtout en l'absence de sa figure d'attachement principale, souvent la mère.
L'objet transitionnel permet à l'enfant de gérer l'anxiété de séparation et de développer son autonomie. Il représente une étape intermédiaire entre la dépendance totale à la mère et l'indépendance. L'enfant investit cet objet de ses émotions et de ses fantasmes, ce qui lui permet de se sentir en sécurité et de mieux explorer le monde qui l'entoure.
Le Doudou et la Culture
Contrairement au nourrisson dans les sociétés occidentales, l’enfant africain est traditionnellement porté au dos. À hauteur d’adultes, il découvre alors tout un monde social auquel il participe activement : l’enfant passe de main en main, on lui parle et on le manipule beaucoup. Les multiples stimulations issues de l’entourage humain, mais aussi la permanente présence maternelle (ou son substitut) ne laissent pas place aux objets familiers en tant que médiateurs. Ceux-ci n’ont alors pas la même valeur symbolique que détient par exemple le « doudou » des enfants en Occident. En effet, l’objet transitionnel est une nécessité culturelle, et non psychique, venant panser les effets de la séparation et de l’éloignement des parents. Depuis le plus jeune âge, l’enfant dans ce contexte « s’habitue plus au maniement des personnes vivantes qu’à celui des choses » (Erny, 1987).
Manifestations de Détresse et Comportements Régressifs
La détresse se marque le plus souvent par de l’anxiété. La peur et les angoisses s’expriment souvent avant le chagrin. Dans l’univers des enfants, les adultes semblent tout savoir et sont tout-puissants à les protéger du danger et à assurer leur propre sécurité. Un décès inopiné vient brutalement démentir ce pouvoir absolu. Ayant vu les adultes vulnérables et impuissants, ils en concluent être à la merci de nombreuses formes de danger. À la suite de telles expériences, les jeunes endeuillés perçoivent le monde comme un univers dangereux duquel émane une menace permanente et vivent avec le sentiment que d’autres catastrophes surviendront. Leurs préoccupations portent essentiellement sur leur survie et celle des membres de leur famille (peur de la séparation, des maladies mortelles, des accidents, etc.). Ainsi, lorsqu’ils perdent un parent, ils redoutent de se retrouver orphelins, privés de protection et abandonnés.
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Une autre manifestation de la détresse des enfants sont les comportements régressifs. D’anciennes habitudes refont surface comme l’incontinence nocturne, la succion du pouce, le balancement machinal ou l’agrippement à un « doudou ». On peut également constater un recul dans l’apprentissage ou une perte d’aptitudes récemment acquises, par exemple, du langage, de la marche ou de l’autonomie. Tous ces comportements sont des moyens adoptés par les enfants pour se réconforter. C’est une manifestation habituelle de leurs angoisses.
Facteurs Influant sur les Réactions au Décès d’un Proche
La réaction d’un enfant au décès d’un proche est également influencée par l’intensité de son attachement au défunt. Plus le lien est fort, plus le deuil risque d’être intense et long. Durant de nombreuses années, les fêtes familiales et les événements significatifs pour l’enfant (anniversaire, réussite d’un cycle scolaire, remise de prix ou de diplômes, etc.) risquent de raviver sa tristesse. Les circonstances du décès (attendu ou brutal), le niveau de détresse et de désorganisation que la perte entraîne dans l’univers de l’enfant (disparition d’un parent, accueil transitoire dans la famille élargie ou chez des amis, etc.), l’attention portée à ses besoins par son entourage (proches profondément ébranlés par leur propre deuil momentanément incapables d’assurer correctement leurs fonctions parentales, décès de l’adulte de référence, etc.) sont également des facteurs influant sur les réactions à un décès.
Soutenir l'Enfant Endeuillé
Voici quelques conseils susceptibles de vous aider à soutenir votre enfant endeuillé :
- Autorisez-vous à être triste : Il n’y a pas davantage de raison de se cacher pour pleurer que de se cacher pour rire. En vous autorisant à être triste, vous autorisez votre enfant à l’être aussi. Inutile de taire vos émotions pour protéger votre enfant ; il ressent votre désarroi et votre douleur. Ne pas lui en signifier la cause, c’est courir le risque qu’il s’attribue l’origine de cette souffrance.
- Parlez du décès : Quel que soit l’âge de l’enfant, faites-lui part du décès d’une manière simple, honnête et adaptée à son âge. Expliquez le caractère définitif de la mort.
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