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Anti-inflammatoires et FIV: Impact sur la Fertilité et Stratégies pour Optimiser les Chances de Succès

Les anti-inflammatoires, parmi les médicaments les plus répandus et utilisés dans le monde, soulèvent des questions quant à leur incidence potentielle sur la fertilité, tant chez les hommes que chez les femmes. Cet article explore les effets des anti-inflammatoires sur la fertilité et propose des stratégies nutritionnelles et de style de vie pour optimiser les chances de succès lors d'une fécondation in vitro (FIV).

Anti-inflammatoires: Effets sur la Fertilité

La première préoccupation de nombreuses femmes en âge fertile est de savoir si la prise d'anti-inflammatoires peut affecter leur fertilité à court terme.

  • Paracétamol: La réponse est généralement négative.
  • Ibuprofène: Son utilisation est souvent associée à la diminution des douleurs menstruelles intenses, qui peuvent être un signe d'endométriose, une condition potentiellement liée à des problèmes de reproduction. Chez les jeunes hommes, une consommation continue d'ibuprofène pourrait entraîner des déséquilibres hormonaux générant un "hypogonadisme compensé" lié à des troubles de la reproduction, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires.

Ibuprofène et Grossesse

Une attention particulière doit être accordée à la prise d'ibuprofène pendant la grossesse. Bien que son utilisation soit contre-indiquée à partir de la 24e semaine en raison des risques de malformations, les directives ne sont pas aussi catégoriques sur son usage au cours des premières semaines. Environ 30 % des femmes enceintes prennent de l'ibuprofène à un moment donné de leur grossesse, soit par méconnaissance de leur état, soit par ignorance de la composition du médicament. Ces premières semaines sont cruciales pour le développement du fœtus, et la prise d'ibuprofène par la mère pourrait affecter le développement des testicules ou des ovaires du fœtus, avec des conséquences négatives potentielles sur la capacité de reproduction de la génération future.

Impact sur le Développement Ovarien

Ce processus complexe débute tôt au cours de la vie embryonnaire, dès les premières semaines de gestation. La réserve ovarienne constituée au cours de la vie utérine comporte de l’ordre de 1 à 2 millions de follicules - ces structures qui renferment les futurs ovules - au moment de la naissance. Elle diminue ensuite progressivement au cours de la vie de la femme. Une réserve initiale insuffisante de follicules peut conduire à une réduction de la durée de vie reproductive et à une entrée précoce en ménopause. Ainsi, un développement ovarien adéquat du fœtus est fondamental pour la capacité reproductive de la femme en devenir. Certains facteurs externes peuvent perturber ce processus, et les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène font partie des potentielles menaces. Ils exercent en effet leur activité analgésique en inhibant l’action d’enzymes appelées cyclooxygénases. Leur action est toutefois bien plus large, et elles participent également au développement ovarien in utero. L’inhibition des cyclooxygénases peut ainsi avoir des conséquences délétères sur les ovaires, comme l’ont suggéré différents travaux de recherche. Des études ont montré que les médicaments anti-douleurs peuvent induire la mort cellulaire dans les lignées de cellules cancéreuses ovariennes humaines. Pour cerner les effets de l’ibuprofène sur le développement ovarien, des chercheurs ont mené une série d’investigations sur des ovaires humains à différents stade de gestation (entre 7 et 12 semaines). L’antalgique a tout d’abord provoqué une baisse de la production de prostaglandine E2, qui a atteint 66,3% après un jour d’exposition à une concentration de 10 μM. Il a par ailleurs provoqué une réduction du nombre de cellules ovariennes, de 50% en moyenne avec cette même concentration appliquée durant 7 jours. Les investigations ont souligné que les cellules détruites étaient en majorité les cellules germinales du fœtus, les précurseurs des gamètes. Enfin, une dernière expérience a montré l’irréversibilité partielle des dommages subis par les ovaires. Ces tests menés en laboratoire ont de quoi susciter l’inquiétude. D’autant que l’équipe a pu confirmer que la prise du médicament par la mère se traduit par une élévation de sa concentration dans le cordon ombilical. L’Agence Nationale du Médicament (ANSM) indique que l’ibuprofène est formellement contre-indiqué après 5 mois de grossesse. Il peut en effet à ce stade exercer une toxicité cardio-pulmonaire sévère et altérer le fonctionnement des reins du fœtus. Les méfaits des anti-inflammatoires non stéroïdiens sur la physiologie des femmes semblent se poursuivre à l’âge adulte. Les cyclooxygénases sont présentes dans le tissu utérin et sont impliquées dans l’ovulation, la fécondation et l’implantation de l’embryon. Dans les 24 à 36h qui précèdent l’ovulation, le taux d’hormone lutéinisante (LH) augmente de façon brutale dans le sang. L’élévation de la concentration en PGE2 favorise l’expansion d’un groupe de cellules entourant l’ovule, préparant sa libération prochaine du follicule. Les PGE2 provoquent également une transition dans la production d’hormones, favorisant la sécrétion de progestérone à la place des œstrogènes. Il arrive toutefois que ce processus s’enraye. Dans ce cas, un follicule ovarien pourtant mûr ne parvient pas à se rompe pour libérer l’ovule qu’il contient. Cette situation, appelée syndrome du follicule lutéinisé non rompu, peut entraîner une infertilité temporaire. La littérature scientifique a rapporté des cas de femmes pour lesquelles un lien a pu être démontré entre la prise d’AINS et la survenue du syndrome du follicule lutéinisé non rompu.

Rôle de l'Alimentation et des Compléments Alimentaires dans la FIV

Les aliments que vous consommez sont fondamentaux car ils créent une base nutritionnelle sur laquelle toutes les fonctions corporelles sont construites. Votre alimentation contribue à la production d'hormones, à la production de sperme, au nombre d'ovules, à la qualité des ovules, à la qualité de l'endomètre et à un grand nombre d'autres fonctions corporelles essentielles liées à la fertilité. Un régime anti-inflammatoire contribue au succès de la FIV, il est donc important de supprimer ou de minimiser la consommation d'aliments transformés, de fast-foods et de sucre, car tous ces éléments peuvent augmenter l'inflammation dans le corps et entraver la grossesse. De plus, des études ont montré que l'inflammation pendant la grossesse est liée au développement du cerveau du bébé, il est donc important de la maintenir aussi basse que possible pendant cette période cruciale.

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Macronutriments Essentiels

  • Protéines: Macronutriment crucial pour la croissance du bébé, fournissant les éléments constitutifs des cellules et aidant au développement de la peau, des cheveux, des ongles et des muscles. Pendant la grossesse, un apport de 60 à 100 grammes de protéines par jour est généralement recommandé, en fonction du poids et du niveau d'activité physique. La viande (poulet, dinde, bœuf, porc) constitue une excellente source de protéines de haute qualité. Le bœuf et le porc sont riches en fer, en choline et en vitamines B, essentiels pendant la grossesse. Les œufs sont également un super aliment, contenant 13 vitamines et minéraux différents, des oméga-3, des antioxydants et tous les acides aminés essentiels. Les produits laitiers, comme le yaourt grec et le fromage, sont d'excellentes sources de protéines, de calcium, de probiotiques et de vitamine D, tous utiles pour l'ovulation. Des recherches suggèrent que la consommation de lait entier pourrait diminuer le risque de certains types d’infertilité.
  • Lipides Sains: L'apport en graisses devrait provenir principalement de sources comprenant des graisses monoinsaturées et polyinsaturées, présentes dans les noix, les avocats et les huiles végétales comme l'huile d'olive et l'huile de noix de macadamia. L'huile d'olive est considérée comme l'une des graisses les plus saines, offrant une protection contre les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et certains types de cancer. Le saumon est une excellente source d'oméga-3, un acide gras essentiel que le corps ne peut pas produire naturellement, riche en protéines de haute qualité, en graisses saines et en vitamines B.
  • Glucides: Ils fournissent le carburant essentiel pour la mère et le bébé pendant la grossesse. Les légumes vert foncé comme les épinards et le chou frisé sont riches en folate, une vitamine B qui favorise la santé cardiaque et aide à prévenir certains défauts de naissance. Les baies (myrtilles, fraises, framboises) contiennent de grandes quantités de vitamine C, d'antioxydants, de fibres, de potassium et de folate. Les céréales comme le blé entier, l'avoine, l'orge, le maïs et le riz sont riches en minéraux (fer, sélénium, magnésium) et en vitamines B, nécessaires au développement du bébé.

Compléments Alimentaires et PMA

En PMA, les compléments alimentaires peuvent jouer un rôle crucial dans l’amélioration des résultats en optimisant la qualité des ovocytes et en favorisant un environnement favorable à la conception.

  • Coenzyme Q10 (CoQ10): Antioxydant essentiel qui joue un rôle clé dans la production d’énergie au niveau cellulaire. Des études sur la santé de la femme montrent que la supplémentation en CoQ10 peut améliorer la qualité des ovocytes, particulièrement chez les femmes de plus de 35 ans. La CoQ10 augmente la production d’énergie dans les mitochondries des ovocytes, aidant ainsi à maintenir leur intégrité et à réduire les dommages oxydatifs. En conséquence, les taux de fécondation et les taux de grossesse peuvent être améliorés lors des cycles de FIV.
  • Déhydroépiandrostérone (DHEA): Hormone produite par les glandes surrénales et les ovaires, qui diminue avec l’âge. Des recherches indiquent que la supplémentation en DHEA peut améliorer la réserve ovarienne et la qualité des ovocytes, en particulier chez les femmes ayant une faible réponse ovarienne.
  • Acide Folique: Bien connu pour son rôle dans la prévention des anomalies du tube neural, mais il est également crucial pour le développement embryonnaire et la fertilité. La supplémentation en acide folique avant et pendant la FIV peut améliorer la maturation des ovocytes et la qualité des embryons.
  • Acides Gras Oméga-3: Tels que ceux trouvés dans l’huile de poisson, sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. L’inflammation chronique peut nuire à la qualité des ovocytes et à l’environnement utérin, affectant ainsi les résultats de la FIV. Les acides gras oméga-3 peuvent réduire l’inflammation systémique et améliorer le flux sanguin vers les ovaires et l’utérus, favorisant ainsi un environnement plus favorable à la conception et à l’implantation embryonnaire.
  • Vitamine D: Essentielle pour de nombreux aspects de la santé, y compris la reproduction. Des niveaux adéquats de vitamine D sont associés à une meilleure qualité des ovocytes et à des taux de réussite plus élevés en FIV. La vitamine D joue un rôle dans la régulation des hormones reproductives et peut améliorer l’implantation embryonnaire en modulant l’expression des gènes dans l’endomètre.

Conseils Post-Transfert d'Embryon

Après un transfert lors d’une FIV, il est important de suivre certains conseils pour favoriser la nidation de l'embryon.

  • Détente et Bien-être: Consacrer du temps à des activités qui apportent de la joie et de la sérénité est essentiel.
  • Éviter la Surchauffe: Éviter les bains chauds, spas, saunas ou l'immersion dans une piscine, car la surchauffe peut avoir un impact négatif sur le processus d'implantation de l'embryon.
  • Maintien du Soutien Hormonal: Il est indispensable de maintenir le soutien hormonal prescrit par votre médecin. Il est impératif de ne pas interrompre votre médication hormonale, ni l'acide folique.
  • Gestion de la Douleur: Le paracétamol peut être pris en respectant la dose maximale recommandée.
  • Activité Physique Modérée: Une mobilisation douce et active, comme la marche rapide, est souvent préconisée.
  • Gestion du Stress: Il est important de trouver des moyens efficaces pour rester calme et détendu durant cette période, car le stress peut diminuer les chances d'implantation.
  • Hydratation et Alimentation Saine: Boire environ 2 litres d'eau par jour et suivre les conseils donnés aux femmes enceintes en matière d'alimentation.
  • Vascularisation de l'Endomètre: Certains aliments et suppléments peuvent aider à améliorer la circulation sanguine vers l'utérus. Les aliments riches en nitrates, tels que la betterave, les épinards et d'autres légumes verts, peuvent se transformer en oxyde nitrique dans le corps, un composé qui aide à dilater les vaisseaux sanguins et à améliorer la circulation. Un exercice physique léger, comme la marche ou le yoga doux, peut également augmenter la circulation sanguine. Ces activités, pratiquées de manière modérée, peuvent stimuler le flux sanguin sans imposer de stress excessif sur le corps. De plus, les techniques de relaxation comme le yoga, la méditation, ou même des massages doux peuvent aider à détendre le corps et à favoriser la circulation. Enfin, il est important d'éviter les habitudes qui peuvent restreindre la circulation sanguine, comme le tabagisme ou la consommation excessive de caféine.
  • Rapports Sexuels: Après le transfert d’embryon, les relations intimes ne sont pas à proscrire. Certaines études suggèrent même qu'elles pourraient être bénéfiques dans la plupart des cas, car le liquide séminal pourrait influencer le système immunitaire de la mère d'une manière qui favorise l'acceptation de l'embryon et facilite son implantation dans la cavité utérine. Avant le transfert d’embryon et durant la phase de stimulation ovarienne et à l'approche du déclenchement de l'ovulation, les rapports sexuels doivent être protégés. Cette précaution est conseillée pour éviter le risque, bien que rare, d'une grossesse multiple.

Rôle des Cytokines Anti-inflammatoires

La grossesse est considérée comme un état de semi-allogreffe. Il est reconnu qu'une grossesse réussie nécessite un équilibre entre cytokines pro-inflammatoires (Th1) et anti-inflammatoires (Th2) afin de réguler le dialogue à l'interface mère-embryon. Une étude s'est concentrée sur deux cytokines anti-inflammatoires, l'IL-10 et le TGF-ß1, dont le profil d'expression dans le liquide folliculaire est cohérent avec un rôle potentiel dans l'implantation.

Une étude prospective et longitudinale a été menée au sein du centre d'AMP du CHU Amiens-Picardie entre janvier et juillet 2022, en collaboration avec le laboratoire d'immunologie. Les taux de cytokines ont été mesurés dans le liquide folliculaire de 134 patientes prises en charge en FIV, et comparé les résultats entre les patientes de bon (groupe 1, n=59) et de mauvais pronostic (groupe 2, n= 75). Le groupe bon pronostic était représenté par les femmes âgées ≤ 35 ans et en cours de première ou seconde tentative de FIV. Le groupe mauvais pronostic comprenait les femmes > 35 ans ou ayant eu plusieurs échecs d'implantation auparavant, ou avec des antécédents de SOPK ou d'endométriose Au sein du groupe mauvais pronostic, un sous-groupe a été ajouté permettant d'exclure les patientes ayant un SOPK ou de l'endométriose (groupe 3, n= 50). L'IL-10 était significativement diminuée dans le groupe 1 comparé au groupe 2 (6,26 pg/ml vs 12, (pg/ml ; p = 0,007) et négativement corrélée au taux de fécondation, au taux de blastulation et au taux de grossesse (avec un cut-off à 6,65 pg/ml pour le taux de grossesse). Concernant le TGF-β1, il était seulement corrélé au taux d'oestradiol et de progestérone au jour du déclenchement de l'ovulation. Il n'a pas été trouvé de corrélation entre le taux de grossesse et le TGF-ß1. D'après les résultats obtenus, il semblerait que le dosage de l'IL-10 avant un transfert d'embryon, et au jour de la ponction ovocytaire pourrait être informatif sur la chance d'obtenir une grossesse évolutive.

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tags: #anti-inflammatoires #et #FIV

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