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Anicée Alvina : Une Étoile Discrète du Cinéma Français

Anicée Alvina, née Anicée Schahmaneche le 23 janvier 1953 à Boulogne-Billancourt et décédée le 10 novembre 2006 à Paris, fut une actrice française dont la carrière, bien que relativement courte, a marqué le cinéma des années 1970 et 1980. Son parcours, entre rôles audacieux et tentatives musicales, témoigne d'une personnalité riche et d'une quête artistique constante.

Jeunesse et Débuts Prometteurs

Issue d'une mère française et d'un père iranien, Anicée Alvina grandit au Vésinet, une petite fille sans histoires. Elle abandonne rapidement ses études pour suivre les cours du Conservatoire d'Art Dramatique de Saint-Germain-en-Laye, où elle développe son talent de comédienne. Son premier rôle, elle l'obtient en 1969 dans le film de Michel Audiard, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !, une comédie devenue culte dès sa sortie. Bien qu'elle n'ait aucune scène avec les stars féminines du film, Mireille Darc et Annie Girardot, cette première expérience lui ouvre les portes du cinéma français.

L'Ascension dans le Cinéma des Années 1970

Les années 1970 marquent un tournant dans la carrière d'Anicée Alvina. Elle se fait remarquer en 1972 dans Le rempart des Béguines de Guy Casaril, d'après Françoise Mallet-Joris, où elle vit une histoire d'amour avec Nicole Courcel, maîtresse de son père. Ce rôle lui vaut une certaine notoriété et lui permet d'intégrer l'univers intellectuel et érotique d'Alain Robbe-Grillet. Elle devient sa muse et tourne dans deux de ses films les plus marquants : Glissements progressifs du plaisir (1973) avec Olga Georges-Picot et Le jeu avec le feu (1974) avec Jean-Louis Trintignant et Philippe Noiret.

Ces rôles, souvent audacieux et dénudés, contribuent à forger l'image d'Anicée Alvina comme une actrice libérée et sensuelle, incarnation du cinéma libertaire des années 1970. Elle est également choisie pour incarner le rôle principal dans Isabelle devant le désir de Jean-Pierre Berckmans, aux côtés de Jean Rochefort. Sa beauté exotique et diaphane enflamme les cœurs et embrase les fantasmes.

En Italie, elle est la partenaire de Vittorio Gassman et Catherine Deneuve dans Âmes perdues de Dino Risi (1975), ce qui lui permet d'étendre son répertoire et de travailler avec de grands noms du cinéma européen.

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Diversification et Reconnaissance Télévisuelle

À la fin des années 1970, Anicée Alvina s'oriente vers un cinéma plus populaire, sans toutefois rencontrer le succès escompté. Elle joue dans Un second souffle (1977) de Gérard Blain, où elle interprète la maîtresse de Robert Stack, qui délaisse sa femme jouée par Sophie Desmarets. La même année, elle participe à One, Two, Two: 122, rue de Provence de Christian Gion, un film qui relate le quotidien d'une maison close parisienne.

C'est finalement la télévision qui lui apporte la reconnaissance du grand public. En 1979, elle est l'héroïne de la série Les 400 coups de Virginie de Bernard Queysanne, où elle incarne une jeune femme fantasque et délurée dont les aventures font rire les téléspectateurs. Ce rôle lui vaut une grande popularité et la consacre comme une actrice talentueuse et attachante. Anicée y était un vrai Gaston Lagaffe en jupe et elle avait adoré l’expérience.

La Musique et une Longue Éclipse

Après le succès des 400 Coups de Virginie, Anicée Alvina s'éloigne des écrans et se consacre à sa vie privée. Elle s'intéresse de plus en plus à la musique et entame une carrière de chanteuse. Elle remplace la chanteuse du groupe Ici Paris, l'un des plus singuliers engendrés par le rock français, et interprète les titres de l'album Allo le monde. Elle enregistre également un 45 tours intitulé Maman je n'veux plus aller à l'école, mais le succès ne dépasse pas le milieu du rock français branché.

En 1983, Bernard Queysanne lui offre le rôle-titre du téléfilm Diane Lanster avec Jacques Spiesser, mais ce retour s'avère sans lendemain. Lasse, elle cesse toutes ses activités professionnelles, se marie à Boncourt dans l'Eure-et-Loir avec Jean-Bernard Faline et donne naissance à quatre enfants : Shirzane, Azadée, Rostam et Yassamine. C'est dans sa vie privée qu'Anicée a pris ce fameux virage. Non seulement elle s’intéresse de plus en plus à la musique et entame une carrière de chanteuse, mais elle s’est mariée. Elle s’est mariée et elle va devenir la maman de quatre beaux enfants.

Le Retour Discret et la Fin Prématurée

À la fin de sa vie, Anicée Alvina renoue avec son métier de comédienne par amitié pour Gérard Blain. Il l'avait déjà dirigée en 1978 dans Un second souffle. Il fait d’elle l’héroïne de Jusqu’au Bout de la Nuit. Il la rappellera encore en 2000 pour Ainsi Soit-il. Elle apparaît dans plusieurs de ses films, dont Jusqu'au bout de la nuit (1995), où elle joue une mère de famille à la dérive, et Ainsi soit-il (2000). Ces rôles, plus discrets, témoignent de son attachement au cinéma d'auteur et de sa fidélité à ceux qui l'ont soutenue.

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En 2002, son rôle dans La vérité sur Charlie de Jonathan Demme est coupé au montage. En 2003, elle fait une dernière apparition dans un épisode de la série Les enquêtes d'Eloïse Rome, dont Christine Citti est l'héroïne.

Rongée par un cancer des poumons, Anicée Alvina décède prématurément le 10 novembre 2006, à l'âge de cinquante-trois ans, à Paris. Elle est inhumée dans le petit cimetière de Boncourt, dans l'Eure-et-Loir. L’aspect délabré (stèles renversées, herbes folles…) donne au petit cimetière de Boncourt un air buccolique charmant.

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tags: #anicee #alvina #enfants

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