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La Famine Infantile en Angleterre : Histoire et Lutte Contre la Pauvreté

Cet article se penche sur l'histoire de la famine infantile en Angleterre, en explorant les causes, les conséquences et les efforts déployés pour lutter contre ce problème persistant. Des données démographiques du Moyen Âge aux initiatives contemporaines, nous examinerons les différents aspects de la pauvreté infantile et les mesures prises pour assurer la sécurité alimentaire des enfants.

La Démographie et la Mortalité Infantile au Moyen Âge

Malgré une espérance de vie relativement faible au Moyen Âge, due en grande partie à une mortalité infantile élevée, la population européenne a connu une croissance démographique significative entre le Xe et le XIIIe siècle. Cette croissance peut sembler paradoxale compte tenu des guerres, des famines et des épidémies de l'époque.

La mesure de cette croissance démographique est complexe, car elle repose principalement sur des sources indirectes, à l'exception de l'Angleterre, qui possède le Domesday Book, un recensement exhaustif réalisé pour Guillaume le Conquérant en 1086, bien que son exploitation soit difficile. Selon le démographe Josuah Russel, on estime à 3,6 le nombre moyen de personnes par famille en Angleterre au Moyen Âge, un chiffre inférieur à celui du continent carolingien à la même époque (5 ou 6 personnes par famille). Ces chiffres sont obtenus en reconstituant les généalogies ou en étudiant les listes de témoins figurant au bas des actes.

Les chiffres avancés par Benet semblent les plus plausibles. On estime qu'en France, la population est passée de 5 millions à 9,2 millions d'habitants entre la fin du Xe et la fin du XIIe siècle. En Italie, la population est passée de 5 millions à 8 millions. En Angleterre, la population est passée de 2,2 millions à la fin du XIe siècle à 6 millions vers 1300. La tendance du début du millénaire est donc à une forte augmentation, notamment au nord.

La natalité ne semble cependant pas avoir augmenté, le nombre moyen d'enfants par famille demeurant quasiment identique. On estime qu'il y a 5 enfants par ménage fécond et 30 % de célibataires ou de ménages sans enfants. Disettes et famines persistent, mais sont moins nombreuses. La mortalité infantile reste néanmoins assez forte, les proportions d'enfants mourant avant 20 ans demeurant les mêmes au XIIIe siècle dans la famille royale capétienne que dans la famille royale carolingienne au IXe siècle. Dans cette dernière, 45 % des enfants mourraient avant 20 ans. Blanche de Castille (XIIIe siècle) a ainsi perdu 7 enfants sur les 12 qu'elle a eus. On peut supposer que la proportion était encore plus forte dans les autres milieux. Les études faites à partir de cimetières hongrois montrent que la mortalité infantile était restée stable entre le Xe et le XIVe siècle. Par ailleurs, l'espérance de vie à la naissance reste faible (30 ans, bien que ce ne soit pas la moyenne de vie). Aucun roi capétien n'a ainsi atteint l'âge de 60 ans, alors que des rois carolingiens sont morts à plus de 60 ans (Charlemagne, Louis II ou encore Charles le Chauve).

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Cet accroissement de la population au Moyen Âge tient donc essentiellement à l'effet cumulatif de la croissance. L'apogée de la croissance démographique est atteint entre 1290 et 1347, à la veille de la grande peste. On est alors dans ce qu'on appelle un « monde plein ». L'Occident ne semble pas pouvoir nourrir plus de monde eu égard aux conditions techniques de l'époque. Au Moyen Âge, la population est assez jeune, la moitié des Européens ayant moins de 20 ans. Ces jeunes gens entrent ainsi très vite dans l'âge adulte. La majorité légale se situe elle entre 12 et 15 ans. Le mariage au Moyen Âge est précoce, hormis dans les milieux aristocratiques où l'âge de mariage des frères cadets est retardé. Chez les paysans toutefois, on se marie avant 20 ans. La population européenne est d'autre part très mobile, notamment dans la paysannerie. Les migrations se font souvent à faible distance, de village à village ou d'un village à la ville la plus proche. Elles se mesurent à la multiplication du nombre d'hôtes dans les villages (des étrangers ou tout le moins des gens qui sont arrivés depuis peu). Le début du deuxième millénaire de l'ère moderne est également le témoin des prémisses d'une immigration urbaine. La croissance de la population urbaine est en effet très forte et ne se fait pratiquement pas par croissance naturelle. C'est dans l'aire de recrutement des villes à vocation marchande que cette croissance est la plus forte, celles qui connaissent la croissance la plus forte. Mais il y a aussi des déplacements plus lointains. Au Moyen Âge, certaines régions comme la Bretagne demeureront des zones d'émigration jusqu'au XIXe siècle. Des Français sont présents en Espagne. Flamands et Hollandais vont vers le nord de l'Allemagne, tandis que des Allemands migrent vers l'est européen. L'étude de ces flux migratoires plaide pour une progression des populations vers des régions plus à l'est et faiblement peuplées.

Pauvreté Infantile en Angleterre : Une Honte Nationale

La pauvreté infantile reste un problème majeur en Angleterre. En 2019, 30 % des enfants vivaient sous le niveau de pauvreté, et ce chiffre atteint plus de 40 % dans certains quartiers londoniens en raison de la cherté des loyers. Cette situation a incité des personnalités publiques et des citoyens à agir.

Marcus Rashford, le célèbre footballeur de Manchester United, est devenu un symbole de cette lutte. Le 15 octobre, il a déposé au Parlement britannique une pétition demandant d'« en finir avec la pauvreté infantile : aucun enfant ne devrait avoir faim ». Son constat est alarmant : 14 % des parents et 10 % des enfants ont connu l'insécurité alimentaire ces six derniers mois, et 32 % des familles ont perdu des revenus à cause de la Covid-19. L'épidémie a exacerbé une situation déjà critique.

L'Action de Marcus Rashford et la Réponse Gouvernementale

Marcus Rashford a réussi à faire plier le gouvernement britannique pour que la distribution de repas gratuits ne soit pas interrompue pendant les vacances scolaires. À seulement 23 ans, la mobilisation du footballeur anglais a permis à plus d'un million d'enfants de bénéficier de repas gratuits pendant les vacances scolaires, jusqu'en décembre 2021.

Avant sa mobilisation, les enfants des familles pauvres au Royaume-Uni n'avaient de repas gratuits que pendant les périodes scolaires. En octobre, le gouvernement avait refusé de prolonger ces repas gratuits pendant les vacances de la Toussaint. Mais les nombreuses difficultés liées au coronavirus ont poussé Marcus Rashford à s'exprimer publiquement et à demander au gouvernement de nourrir gratuitement plus d'un million d'enfants pendant les vacances.

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Le message de la star de Manchester United a touché de nombreux Britanniques, le gouvernement ayant été accusé dans la presse "d'être sans cœur". Finalement, ce sont près de 200 millions d'euros qui ont été débloqués par Boris Johnson. "J'ai eu une bonne conversation avec le Premier ministre pour mieux comprendre le plan qu'il proposait, et je salue ces mesures qui ont été prises pour lutter contre la pauvreté alimentaire infantile", a écrit le footballeur dans un communiqué.

Le footballeur, originaire du Nord de l'Angleterre, a lui aussi grandi dans la pauvreté. Il s'est dit "très fier" de ceux qui avaient soutenu sa campagne et a promis de "se battre pour le reste de (sa) vie" afin d'éviter que de petits Britanniques ne souffrent de la faim. Marcus Rashford avait déjà fait reculer le gouvernement et l'avait contraint à prolonger pendant l'été ce programme de repas gratuits mis en place pendant le confinement et la fermeture des écoles.

Le Rôle des Enfants dans l'Histoire

Historiquement, l'enfance a souvent été négligée, les enfants étant perçus comme de la main-d'œuvre potentielle plutôt que comme des individus ayant des besoins spécifiques. On ne pense aux premiers qu’en cas de disette ou de famine, pour déplorer la cruauté de leur sort. Le reste du temps, ils doivent travailler comme leurs parents. Seuls, les petits rois monopolisent l’intérêt des contemporains et des historiens. Exception à la règle, la cour sous Henri IV. Le petit roi peut être fiancé bien avant ses 10 ans et le mariage (souvent avec une princesse étrangère) n’est pas une question d’amour - la raison d’État s’impose. Majeur à 13 ans, il apprend ce métier depuis la prime enfance. À 5 ans, le Parlement s’adresse à lui comme à un adulte. À 8 ans, terrifié à l’idée de subir le même sort, le petit Louis XIII doit se conduire en roi devant le corps de son père Henri IV assassiné par Ravaillac. La régence s’impose, elle va se passer très mal sous le règne de sa mère Marie de Médicis. Seul Louis XIV s’en tire bien : roi à 4 ans, déjà impatient de régner, initié par Mazarin et seul roi de l’Histoire vraiment fait pour « ça » .

Autre souci qui tourne à l’obsession en monarchie héréditaire : la succession. Il faut avoir un fils et ce n’est pas toujours facile. Le problème de l’éducation des enfants commence à se poser au XVIIe siècle et l’éducation des filles vaut débat de société. Au siècle des Lumières, un seul philosophe s’en préoccupe : Rousseau. Même s’il abandonne ses cinq enfants naturels aux Enfants-trouvés, son traité sur l’éducation fait école auprès des parents. À partir de la Révolution… tout change, ou presque. Le problème de la succession se posera une fois encore sous l’Empire héréditaire : Napoléon divorce de Joséphine pour devenir enfin père. Le problème de l’éducation est réglé de manière dictatoriale et quasi militaire par l’Empereur. La Troisième République s’y intéressera passionnément, les lois Ferry créant l’éducation nationale, gratuite et obligatoire à la fin du XIXe siècle. La natalité devient pour la première fois un problème majeur - la dénatalité étant l’une des causes de la guerre perdue en 1939. Pétain s’empare du problème à sa manière, de Gaulle fait de même et le « règle » étonnamment vite et bien en 1946. Seul point commun à toutes les époques, la métaphore de l’enfant et de l’enfance fait symbole et multiplie les allégories poétiques et populaires - surtout en temps de crise, de guerres ou de révolutions. La France est notre mère malade et nous sommes ses enfants depuis la Renaissance. Le mythe de Saturne dévorant ses enfants ressuscite sous la Révolution et reparaît pour fustiger le travail au nom du socialisme utopique né au XIXe siècle.

La Mortalité Infantile en France Pendant la Seconde Guerre Mondiale

L'histoire de la mortalité infantile en France pendant la Seconde Guerre mondiale offre un contraste frappant avec la situation en Angleterre pendant la Première Guerre mondiale. Contrairement à cette dernière, la France a connu deux crises de mortalité infantile pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1940 et en 1945. Le niveau moyen de la mortalité infantile était de 70 ‰ avant-guerre, il a atteint 93 ‰ en 1940 et surtout 112 ‰ en 1945. Le niveau d'avant-guerre n'a pas été atteint avant 1947.

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L'année 1940 a été marquée par deux pics de mortalité, le premier, en début d'année, étant dû à un hiver très froid, le second, à partir de mai, étant lié à l'exode. La crise de 1945 a été plus marquée que celle de 1940 et mieux documentée. Les données publiées par l'Institut national d'hygiène (INH) en 1947 montrent que tous les départements ont été touchés, sauf exception. Par rapport à 1944, l'augmentation peut atteindre 50 % et même plus de 75 %. Les taux les plus élevés concernent l'Ille-et-Villaine, la Moselle, la Sarthe et la Seine-Inférieure (plus de 140 ‰).

Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, ce ne sont pas les départements les plus urbains qui ont été les plus touchés. L'augmentation de la mortalité infantile à Paris et à Marseille, par exemple, n'est que moyenne par rapport au reste de la France. Les augmentations les plus fortes concernent les régions agricoles du Nord, de l'Ouest et du Centre.

Les causes de ces pics de mortalité infantile sont multiples. En 1945, la courbe mensuelle des taux de mortalité infantile permet de bien distinguer deux pics de mortalité, le premier, le plus important, durant l'été, qui fait penser au péril infectieux d'origine intestinale, le second, durant l'hiver, qui renvoie plutôt au risque infectieux touchant l'appareil respiratoire. Pour l'année 1945, l'INH a distingué trois causes principales de mortalité : les gastro-entérites (22 ‰), les broncho-pneumonies (18,8 ‰) et la débilité congénitale (12,6 ‰). Les deux crises de 1940 et de 1945 sont dues à des pics de mortalité post-néonatale : ce sont des bébés déjà âgés de quelques mois qui ont le plus souffert. On peut parler de causes exogènes de décès, dus au péril infectieux, qu'il soit d'origine intestinal ou respiratoire.

Le froid a également joué un rôle important dans la surmortalité des enfants, même des plus petits. Les vagues de froid ont provoqué chez les enfants une recrudescence des broncho-pneumonies, dans le contexte d'une pénurie en moyens de chauffage. L'exode en 1940, les conditions d'hébergement précaire qu'ont connu beaucoup de familles et le régime alimentaire ont dû accroître le risque. En 1945, les taux les plus élevés sont relevés dans les départements ayant le plus souffert de la vague de froid, c'est-à-dire l'Est et le Nord de la France.

La question de l'alimentation a également joué un rôle certain dans la montée des pathologies touchant l'appareil digestif. Tous les observateurs de l'après-guerre le confirment. Les tout-petits ont souffert dès le printemps 1941 des restrictions alimentaires, avec une insuffisance de la quantité de lait et des difficultés à se procurer des farines pour les bouillies des enfants.

La quantité de lait et de farines disponible a certainement joué un rôle dans la fragilisation des petits enfants et de leur mère, mais les observateurs évoquent plus souvent la mauvaise qualité de ces produits comme étant responsable des pics de diarrhée et de choléra infantiles. En 1945, les gastro-entérites ont été particulièrement virulentes dans quelques départements.

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