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La Famine Infantile en Angleterre : Un Aperçu Historique

Les guerres et les périodes de crise ont des impacts variés sur les populations, et les enfants, en particulier, sont souvent parmi les plus vulnérables. Cet article explore l'histoire de la famine infantile en Angleterre, en mettant en lumière les périodes de crise et les facteurs qui ont contribué à la malnutrition et à la mortalité infantile.

L'Impact des Guerres sur la Mortalité Infantile

Il est important de noter que toutes les guerres n'ont pas les mêmes conséquences sur les populations civiles. Certaines guerres, bien que dévastatrices pour les soldats, n'ont pas nécessairement entraîné une augmentation significative de la mortalité infantile dans des pays comme la Grande-Bretagne et la France. Une historienne britannique a même suggéré que "la guerre est bonne pour les bébés", en raison des efforts déployés pour protéger la santé des mères et des enfants pendant les conflits. C'est d'ailleurs de cette époque que datent certains systèmes modernes de protection maternelle et infantile, notamment en Grande-Bretagne et en Belgique.

Cependant, il est crucial de reconnaître que certaines catégories de la population, comme les personnes âgées, les jeunes femmes issues des zones rurales travaillant dans les usines de guerre, les enfants nés hors mariage et les enfants abandonnés, ont particulièrement souffert de la guerre, notamment en raison des perturbations dans les circuits de circulation.

La Seconde Guerre Mondiale et la Crise de Mortalité Infantile en France

Contrairement à la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale a été marquée en France par deux crises de mortalité infantile, en 1940 et en 1945. Le niveau moyen de la mortalité infantile était de 70 ‰ avant-guerre, mais il a atteint 93 ‰ en 1940 et surtout 112 ‰ en 1945. Il faudra attendre 1947 pour retrouver le niveau d'avant-guerre.

La crise de 1945 a été plus marquée et mieux documentée que celle de 1940. Les données publiées par l'Institut national d'hygiène (INH) en 1947 montrent que tous les départements ont été touchés, à quelques exceptions près. Par rapport à 1944, l'augmentation pouvait atteindre 50 % et même plus de 75 %. Les taux les plus élevés concernaient l'Ille-et-Villaine, la Moselle, la Sarthe et la Seine-Inférieure (plus de 140 ‰).

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Il est intéressant de noter que ce ne sont pas les départements les plus urbains, et donc les plus susceptibles de souffrir de graves pénuries alimentaires, qui ont été les plus touchés. L'augmentation de la mortalité infantile à Paris et à Marseille, par exemple, n'a été que moyenne par rapport au reste de la France. Les augmentations les plus fortes ont concerné les régions agricoles du Nord, de l'Ouest et du Centre. La crise de 1945 n'était donc pas seulement urbaine, mais nationale et générale.

Les Facteurs Expliquant la Recrudescence des Décès en 1945

Pour l'année 1945, la courbe mensuelle des taux de mortalité infantile permet de distinguer deux pics de mortalité : le premier, le plus important, durant l'été, qui fait penser au péril infectieux d'origine intestinale, et le second, durant l'hiver, qui renvoie plutôt au risque infectieux touchant l'appareil respiratoire. L'INH a distingué trois causes principales de mortalité : les gastro-entérites (22 ‰), les broncho-pneumonies (18,8 ‰) et la débilité congénitale (12,6 ‰).

Les deux crises de 1940 et de 1945 sont dues à des pics de mortalité post-néonatale : ce sont des bébés déjà âgés de quelques mois qui ont le plus souffert. On peut parler de causes exogènes de décès, dus au péril infectieux, qu'il soit d'origine intestinal ou respiratoire.

Le Rôle des Maladies Contagieuses et du Froid

Bien que la morbidité (tous âges réunis) ait été forte durant les années de guerre, avec des pics notamment en 1945, la mortalité contagieuse a été relativement bien contrôlée, malgré l'absence de vaccins ou de sérums contre la plupart des maladies (sauf la typhoïde, la diphtérie et la tuberculose).

Le froid a en revanche joué un rôle important dans la surmortalité des enfants, même des plus petits. Les vagues de froid ont provoqué chez les enfants une recrudescence des broncho-pneumonies, dans le contexte d'une pénurie en moyens de chauffage. L'exode en 1940, les conditions d'hébergement précaire qu'ont connu beaucoup de familles et le régime alimentaire ont dû accroître le risque. En 1945, les taux les plus élevés ont été relevés dans les départements ayant le plus souffert de la vague de froid, c'est-à-dire l'Est et le Nord de la France.

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L'Impact de l'Alimentation et de la Qualité du Lait

La question de l'alimentation a joué un rôle certain dans la montée des pathologies touchant l'appareil digestif. Tous les observateurs de l'après-guerre le confirment : « Une recrudescence des cas de diarrhée et d'entérite révèle en effet une mauvaise nutrition des nourrissons qui doit fatalement entraîner une augmentation des cas mortels pour toutes les autres maladies. » Le cercle vicieux nutrition/infection est bien décrit.

Les tout-petits ont souffert dès le printemps 1941 des restrictions alimentaires. Les spécialistes s'étaient préoccupés dès le début de la guerre non seulement de la question du lait frais, mais aussi des laits condensés ou en poudre, comme aliments de suppléance. Un rapport de l'INH a alerté les autorités sur le fait que ces laits étaient indispensables aux plus jeunes enfants en raison de la mauvaise qualité du lait frais liée aux difficultés de transport et aux mauvaises conditions de pasteurisation.

La quantité de lait et de farines disponible a certainement joué un rôle dans la fragilisation des petits enfants et de leur mère, mais les observateurs évoquent plus souvent la mauvaise qualité de ces produits comme étant responsable des pics de diarrhée et de choléra infantiles. En 1945, les gastro-entérites ont été particulièrement virulentes dans quelques départements.

Des études ont également été menées sur le bacille tuberculeux bovin qui peut entraîner chez l'enfant de graves tuberculoses par l'intermédiaire du lait de vache qui peut contenir de grandes quantités de bacilles si les animaux sont atteints de mammite tuberculeuse. Au cours de la guerre, les observateurs notent en effet une recrudescence des cas de méningite tuberculeuse chez l'enfant. La contamination pourrait être liée à la difficulté de pasteuriser et de stériliser les laits mais aussi à la vente, les premières années de guerre, de « fromages blancs » qui ont pu subir de nombreuses et douteuses manipulations. Une enquête lancée en 1944 montre que le lait pasteurisé livré à la consommation parisienne est contaminé par le bacille de Koch : 4 % des fromages caillés et des fromages maigres sont touchés.

La Surmortalité Néonatale et les Conditions de Santé des Mères

Entre les deux crises de 1940 et de 1945, le maintien d'une forte mortalité (70-78 ‰) est dû à la surmortalité néonatale : au cœur du conflit, ce sont les touts nouveau-nés qui ont le plus souffert. La mortalité périnatale et les malformations congénitales sont restées élevées pendant toutes les années d'occupation. La normale n'est revenue que très lentement pour cet ordre de cause : en 1946 encore, les observateurs de l'INH notent pour Paris et Marseille la persistance d'un péril congénital beaucoup plus élevé qu'avant-guerre.

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Ceci renvoie aux conditions de santé des mères durant la guerre. Moins bien nourries pendant leur grossesse, souffrant de carences, elles ont mis au monde des enfants de plus petit poids.

La Famine au Moyen Âge

Malgré une espérance de vie au Moyen Âge qui reste faible (25 ans en moyenne du fait d'une mortalité infantile très élevée), la population européenne a connu du Xe siècle à la fin du XIIIe une indéniable période de croissance démographique.

Disettes et famines persistent mais sont moins nombreuses. La mortalité infantile reste néanmoins assez forte, les proportions d’enfants mourant avant 20 ans demeurent les mêmes au XIIIème dans la famille royale capétienne que dans la famille royale carolingienne au IXème. Dans cette dernière, 45% des enfants mourraient avant 20 ans. Blanche de Castille (XIIIème siècle) a ainsi perdu 7 enfants sur les 12 qu’elle a eues. On peut supposer que la proportion était encore plus forte dans les autres milieux. Les études faites à partir de cimetières hongrois montrent que la mortalité infantile était restée stable entre le Xème et le XIVème. Par ailleurs, l’espérance de vie à la naissance reste faible (30ans, bien que ce ne soit pas la moyenne de vie). Cet accroissement de la population au moyen âge tient donc essentiellement à l’effet cumulatif de la croissance. L’apogée de la croissance démographique est atteint entre 1290 et 1347 à la veille de la grande peste. On est alors dans ce qu’on appelle un « monde plein ».

Le Combat Moderne contre la Pauvreté Infantile : L'Exemple de Marcus Rashford

L'histoire de la famine infantile en Angleterre ne s'arrête pas aux conflits passés. Aujourd'hui encore, la pauvreté infantile reste un problème majeur. En 2019, 30 % des enfants vivaient sous le niveau de pauvreté en Angleterre, et cette proportion grimpe à plus de 40 % dans certains quartiers londoniens en raison de la cherté des loyers.

Le footballeur anglais Marcus Rashford s'est mobilisé pour lutter contre cette honte nationale. En octobre, il a déposé au Parlement britannique une pétition à l'attention du 10 Downing Street pour « en finir avec la pauvreté infantile : aucun enfant ne devrait avoir faim ». Il a souligné que 14 % des parents et 10 % des enfants ont connu l'insécurité alimentaire ces six derniers mois et que 32 % des familles ont perdu des revenus à cause du Covid-19.

Grâce à sa mobilisation, plus d'un million d'enfants bénéficieront de repas gratuits pendant les vacances scolaires, jusqu'en décembre 2021. Près de 200 millions d'euros ont été débloqués par le gouvernement.

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