La question du droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) reste un sujet de vives tensions et de mobilisation en France, comme en témoignent les événements survenus à Angers. Suite à la révocation aux États-Unis de l’arrêt garantissant l’avortement, des rassemblements de soutien au droit à l'IVG ont été organisés. Cependant, ces manifestations ont également suscité des réactions hostiles de groupes d'extrême droite, illustrant la persistance d'une opposition active à ce droit fondamental.
Mobilisation en Soutien au Droit à l'IVG
Mercredi 29 juin 2022, à l’appel du Planning familial du Maine-et-Loire, un rassemblement a eu lieu place du Ralliement à Angers. Environ 200 personnes, selon les sources policières, voire près de 300 selon les organisateurs, se sont rassemblées pour réaffirmer leur soutien au droit à l’IVG. Ce rassemblement faisait suite à la décision de la Cour suprême des États-Unis de révoquer l’arrêt garantissant le droit à l’avortement, une décision qui a suscité inquiétude et colère au-delà des frontières américaines.
Parmi les participants, on pouvait compter des militants de longue date, comme Chantal, qui, à 67 ans, rappelait son engagement dès l’âge de 16 ans pour le droit des femmes à choisir. La présence majoritaire de jeunes et de jeunes femmes soulignait l'importance de cette question pour les nouvelles générations. Un tract du NPA intitulé "Mon corps, mon choix" a été largement distribué, témoignant de l'engagement politique en faveur de ce droit.
Tentative de Perturbation par l'Extrême Droite
La manifestation pacifique a été perturbée par l’irruption d’une dizaine de militants du Rassemblement des étudiants de droite (RED), successeur de l'Alvarium. Ces militants ont tenté de déployer une banderole assimilant l’IVG à un génocide nazi, une provocation qui a suscité l’indignation des manifestants. La police est intervenue rapidement pour arracher la banderole et disperser les militants d’extrême droite. Deux d'entre eux ont été interpellés, l'un pour participation sans autorisation à un attroupement aggravée de violences contre personne dépositaire de l’autorité publique, et l'autre pour port d'arme (une matraque télescopique). Malgré cette tentative de perturbation, les manifestants ont continué à scander des slogans antifascistes, réaffirmant leur détermination à défendre le droit à l’IVG.
Réactions et Condamnations
La tentative de perturbation par l'extrême droite a été largement condamnée. Une représentante du Planning familial 49, partie civile dans l'affaire, s'est dite "choquée par le message clairement antisémite" véhiculé par la banderole. Le procureur de la République, Éric Bouillard, a rappelé l'importance de la loi Veil et a souligné que, bien que la comparaison puisse être jugée déplacée, elle relevait de la liberté d'expression.
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En juillet 2023, deux hommes impliqués dans cette affaire ont été jugés par le tribunal correctionnel. L'un d'eux, porteur d'un bâton télescopique, a reconnu les faits. Le Planning familial 49 a réclamé 15 000 € de dommages et intérêts.
Le Planning Familial Face à des Défis Croissants
Le Planning familial, acteur majeur de la défense des droits sexuels et reproductifs, est confronté à des défis croissants. Outre les attaques directes lors des manifestations, l'association est la cible de désinformation, de coupes budgétaires et de pressions politiques.
Désinformation et Attaques Idéologiques
Le Planning familial est régulièrement accusé de diffuser des "propagandes wokes" et de promouvoir des idéologies controversées. Ces accusations, souvent relayées sur les réseaux sociaux et les plateaux télévisés, visent à discréditer l'association et à semer la confusion auprès du public. Léa Delahaye, chargée de communication au Planning de Grenoble, souligne l'importance de démystifier le contenu des séances d'éducation à la sexualité, qui sont essentielles pour la prévention des violences sexuelles.
Coupes Budgétaires et Désengagement des Financeurs Publics
Depuis plusieurs années, le Planning familial est confronté à des coupes budgétaires et à un désengagement progressif des financeurs publics. La région Pays de la Loire a résilié une convention de quatre ans avec l'association pour cause d'"économies", tandis que d'autres régions ont réduit leurs subventions. Cette situation met en péril la pérennité de nombreux centres et compromet leur capacité à assurer leurs missions.
Menaces et Intimidations
Le Planning familial est également la cible de menaces et d'intimidations, notamment lors de la Journée mondiale pour le droit à l'avortement. Des tags anti-IVG, des lettres de menaces et des attaques de stands sont régulièrement recensés. Sarah Durocher, la présidente de l'association, a même été victime d'une menace d'attentat suicide.
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La Marche Pour La Vie et l'Opposition à la Constitutionnalisation de l'IVG
Alors que le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pourrait être constitutionnalisé, ses opposants ne rendent pas les armes. Ils organisent régulièrement des manifestations, comme la « Marche pour la vie », qui a lieu chaque année autour de l’anniversaire de la loi Veil. En 2024, les organisateurs ont mis en exergue l’opposition à l’inscription de l’avortement dans la Constitution, promise par Emmanuel Macron. Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie, considère ce projet "indécent, inutile et dangereux", appelant à mettre plutôt en place des "politiques de prévention".
Les organisateurs de la marche réclament également une échographie obligatoire dès la sixième semaine de grossesse et un délai de réflexion de trois jours avant toute IVG.
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