L'anémie pendant la grossesse est une préoccupation fréquente chez les femmes enceintes. Cette pathologie, qui touche près d'un tiers des grossesses lors du dernier trimestre, se caractérise par une diminution du taux d'hémoglobine dans le sang. Bien que souvent physiologique en raison de l’hémodilution normale chez la femme enceinte, l’anémie peut aussi être causée par des carences en fer, en folates ou en vitamine B12. Il est important de ne pas la négliger. Quels sont les causes et les risques de l’anémie ? Quel impact une carence en fer peut-elle avoir sur votre santé et celle de votre bébé ? Prévention, symptômes, traitement, on vous explique tout ce qu’il se passe dans votre corps durant la grossesse.
L'anémie : Qu'est-ce que c'est ?
L’anémie correspond à un taux d’hémoglobine trop bas dans le sang. On parle d’anémie lorsque le taux de globules rouges dans le sang diminue. Ces globules rouges sont constitués d’hémoglobine, une protéine composée de fer qui donne sa couleur rouge au sang. La diminution des globules rouges dans le sang entraîne alors une carence en fer, pouvant impacter la santé de la femme enceinte et celle du fœtus.
Résultat : environ un tiers des femmes enceintes souffrent d’anémie au cours du 3ème trimestre. L’anémie pendant la grossesse, ou anémie gravidique, est une anomalie biologique fréquente. Elle touche environ un tiers des femmes enceintes au cours des trois derniers mois de grossesse. Caractérisée par une diminution de l’hémoglobine dans le sang, elle nécessite une attention particulière car dans certains cas, elle peut avoir des répercussions sur la santé de la mère et du bébé.
Au cours de la grossesse, le volume sanguin et les besoins en fer augmentent chez la femme enceinte. En cause : le fœtus qui grandit et puise dans les ressources de la mère. Les besoins en fer chez la femme enceinte peuvent augmenter de 5 à 10 mg par jour en fin de grossesse.
On considère qu’une femme enceinte souffre d’anémie lorsque son taux d’hémoglobine est inférieur 105 g/l dès le 2ème trimestre. Hors grossesse, on parle d’anémie lorsque le taux d’hémoglobine est inférieur à 120 g/l.
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Pourquoi le fer est-il important durant la grossesse ?
Le fer est crucial pendant la grossesse. En effet, c’est un élément essentiel qui entre dans la composition de l’hémoglobine des globules rouges et leur permet d’être fonctionnels pour transporter l’oxygène dans tout l’organisme. Il est indispensable d’ailleurs à la fois pour la future mère et pour son bébé à naître.
L’hémoglobine joue un rôle primordial dans le corps : transporter l’oxygène vers les organes. Au cours de la grossesse, ces apports ne concernent plus seulement la femme enceinte, mais aussi le fœtus. Le fer est non seulement essentiel au bon fonctionnement de l’organisme de la femme enceinte, mais est également indispensable pour la croissance du fœtus. In utero, bébé va puiser dans les réserves de fer de sa mère afin de se créer un stock en prévision de la naissance. L’enfant pourra ensuite constituer ses propres réserves lorsqu’il commencera la diversification alimentaire et aura une alimentation plus variée.
Côté femme enceinte, le corps travaille de manière très intense et certains organes, notamment l’utérus et les reins, fonctionnent à plein régime. Durant la grossesse, le volume sanguin augmente d’environ 50% donc les besoins en fer sont en toute logique accrus. La présence de ce minéral en quantité suffisante est donc essentielle pour assurer le bon développement du bébé et une grossesse en toute sécurité. C’est surtout dans les deux derniers trimestres que les besoins en fer augmentent considérablement. Au cours des trois premiers mois, l’arrêt des saignements des règles permet de compenser la légère augmentation des besoins. Or les capacités d’absorption intestinale de la future mère augmentent, ce qui va permettre de lutter contre l’épuisement des réserves maternelles en fer. Pour se faire une idée de l’importance des besoins, on estime que sur les 9 mois, la femme enceinte doit trouver dans son alimentation environ 1 000 grammes de ce minéral !
De plus, l’accouchement entraîne d’importantes pertes de sang, et par conséquent, de fer. Il est donc important d’anticiper cette perte pendant la grossesse, notamment grâce à une supplémentation en fer. Pour pallier les pertes de sang dues à l’accouchement, une transfusion sanguine peut être nécessaire à la maman après la naissance, surtout si elle a souffert d’anémie durant sa grossesse.
Causes de l'anémie au troisième trimestre de la grossesse
Le corps de la femme enceinte subit d’importants changements physiologiques pour s’adapter à la croissance du fœtus. Cependant, cette augmentation du volume plasmatique n’est pas toujours accompagnée d’une production suffisante de globules rouges, entraînant une dilution de l’hémoglobine, appelée hémodilution. Cette combinaison d’une hémodilution et d’une demande accrue en fer explique la fréquence de l’anémie chez les femmes enceintes, en particulier au troisième trimestre.
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Les besoins en fer augmentent considérablement au cours de la grossesse pour assurer le développement du fœtus et la création de ses propres réserves. Les réserves en fer préexistantes sont souvent insuffisantes, surtout en cas de grossesses rapprochées ou chez les femmes ayant des règles abondantes.
Différentes causes peuvent expliquer une anémie au cours de la grossesse :
- Des apports en fer trop faibles dans l’alimentation (en cas d’alimentation végétarienne ou végétalienne par exemple).
- Une grossesse multiple.
- Dans le cas de grossesses rapprochées (la mère n’a pas eu le temps de faire des stocks de fer depuis son dernier accouchement).
- Une mauvaise absorption du fer par l’organisme.
- Des apports nutritionnels en fer insuffisants, notamment en cas de régime végétalien ou végétarien. Jusqu’à 40 % des femmes en âge de procréer ont un taux de ferritine sérique inférieur à 30 g/l, ce qui traduit l’effondrement de leurs réserves en fer.
Outre la carence en fer, d’autres déficits nutritionnels peuvent provoquer une anémie durant la grossesse. Une carence en folates touche 0,5 à 1,5% des femmes enceintes. Elle augmente le risque d’anomalies du tube neural chez le fœtus, comme le spina bifida.
Bon à savoir : L’anémie n’est pas uniquement due à une carence en fer. Elle peut aussi être due à une carence en vitamines B9 (acide folique) ou B12. Dans le cas d’une carence en fer, celle-ci est dite anémie ferriprive. L’anémie ferriprive est la plus fréquente, elle représente 95% des cas d’anémie pendant la grossesse.
Symptômes de l'anémie pendant la grossesse
L’anémie pendant la grossesse peut parfois passer inaperçue car ses symptômes sont souvent discrets au début. Soyez attentive à ces signaux que votre corps vous envoie. Il est important de noter que l’anémie peut aussi être asymptomatique chez certaines femmes enceintes.
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Même s’il arrive que la femme enceinte ne ressente aucun symptôme particulier, le plus souvent, elle peut souffrir de :
- Fatigue
- Vertiges
- Nausées
- Maux de tête
- Sensation de faiblesse
- Accélération et irrégularité du rythme cardiaque
- Risque d’anémie sévère
- Manque d’oxygène pour son organisme
- Une grande fatigue, des vertiges, une pâleur, un essoufflement à l’effort, et parfois aussi des maux de tête, bourdonnements d’oreilles voire des troubles cardiaques.
- Les trois principaux signes de l’anémie pendant la grossesse sont la fatigue intense, la pâleur de la peau et des muqueuses, et l’essoufflement même lors d’efforts légers.
- Elle se traduit le plus souvent sous forme de fatigue généralisée, physique et mentale. La future maman pourra ressentir des faiblesses, des vertiges, des nausées, des bourdonnements d’oreille, des céphalées (maux de tête)… La femme enceinte anémiée est souvent plus irritable et pâle.
Conséquences d'un manque de fer pour le fœtus
L’anémie pendant la grossesse peut avoir de sérieuses répercussions sur le développement du fœtus. Ce déficit en oxygène peut entraîner un retard de croissance intra-utérin. Le fœtus grandit alors plus lentement que la normale et présente un poids inférieur aux courbes standard à la naissance. De plus, l’anémie maternelle augmente le risque d’accouchement prématuré, avant 37 semaines d’aménorrhée. Un bébé né trop tôt aura des organes immatures, en particulier ses poumons, et pourra rencontrer des difficultés respiratoires. Enfin, le nouveau-né d’une maman carencée en fer pendant la grossesse risque fort de souffrir d’anémie néonatale. Ses réserves en fer étant insuffisantes, il devra bénéficier d’une supplémentation dès les premiers jours de vie pour éviter tout retard de développement.
Une carence en fer au cours de la grossesse peut avoir des répercussions sur la santé de la future mère, mais aussi sur celle du bébé. En cas d’anémie, l’organisme de la femme enceinte peut rencontrer des difficultés à transporter suffisamment de sang vers le fœtus et l’utérus.
Les risques pour le bébé sont :
- Anémie dès la naissance
- Naissance prématurée
- Faible poids à la naissance
- Mort fœtale
En cas d’anémie pendant la grossesse, il est possible de réaliser une cure. « Il est recommandé de prendre du fer en prévention pendant la grossesse, surtout au troisième trimestre. Cela permettra d’avoir un niveau d’hémoglobine suffisant avant l’accouchement où l’on peut perdre beaucoup de sang et ainsi éviter d’avoir recours à une transfusion de sang », explique la médecin.
Diagnostic de l'anémie pendant la grossesse
Un diagnostic précoce de l’anémie est essentiel pour mettre en place un traitement adapté et éviter les complications pour vous et votre bébé.
Le diagnostic de l’anémie pendant la grossesse repose principalement sur deux examens sanguins : la numération formule sanguine (NFS) et le dosage de la ferritine. La NFS permet de vérifier le taux d’hémoglobine, protéine présente dans les globules rouges qui assure le transport de l’oxygène. Le dosage de la ferritine sérique, quant à lui, reflète les réserves en fer de l’organisme. Une valeur basse confirme une carence martiale, principale cause d’anémie gestationnelle.
Un dépistage systématique est réalisé au premier trimestre, puis les contrôles s’adaptent à votre situation. En l’absence de facteurs de risque, une nouvelle NFS sera effectuée au 6ème mois. Mais en cas d’anémie avérée, un suivi rapproché s’impose, avec des bilans sanguins mensuels pour surveiller l’efficacité du traitement et ajuster les doses de suppléments si besoin.
Réalisé grâce à une simple prise de sang (dosage de l’hémoglobine via une NFS - Numération Formule Sanguine, ou hémogramme), ce bilan des réserves en fer permet de mettre en place une supplémentation adaptée si nécessaire, dès les premiers mois de grossesse.
Afin de détecter une carence en fer ou en folates, une prise de sang vous sera prescrite chaque mois par votre médecin ou sage-femme.
Prévention et traitement de l'anémie pendant la grossesse
La solution passe par une supplémentation systématique en fer dès le début de la grossesse, associée à une alimentation riche en fer et en vitamine C qui favorise son absorption.
En cas d’anémie ferriprive durant la grossesse, le traitement repose sur une supplémentation médicamenteuse en fer. « La posologie dépend du dosage en fer du médicament, prévient Charline Gayault. Elle est, en général, de 80 mg par jour, soit un à deux comprimés ou gélules. La prescription en fer est associée à une prescription en acide folique (vitamine B9) qui favorise l’assimilation du fer. « Les femmes enceintes végétariennes sont souvent supplémentées en vitamine B12 durant leur grossesse », prévient la sage-femme.
Les doses recommandées sont de l’ordre de 30 à 60 mg de fer élément par jour, à adapter selon la sévérité de l’anémie. Dans les cas les plus sévères, le recours à des perfusions de fer peut s’avérer nécessaire. Cette solution permet de corriger rapidement l’anémie lorsque la voie orale est insuffisante ou mal tolérée.
Pour augmenter vos apports en fer pendant la grossesse, il est essentiel d’adapter votre alimentation. Cependant, une erreur courante est de penser que consommer ces aliments suffit. En réalité, l’absorption du fer peut être limitée par la présence de calcium ou de polyphénols dans le même repas. La solution est d’associer systématiquement des sources de vitamine C à vos aliments riches en fer. Un simple jus d’orange ou une portion de brocoli permet de booster l’absorption du fer jusqu’à 5 fois plus ! Répartissez aussi vos prises de fer et de calcium (produits laitiers) à différents moments de la journée.
Une alimentation variée et riche en fer constitue la meilleure façon de prévenir l’anémie. Le fer est présent dans les aliments suivants : les viandes rouges, les poissons et fruits de mer, les volailles, les céréales et pain complet, les légumes, les noix et fruits secs… il est à conseiller de manger ses aliments en s'associant aux produits qui contient de la vitamine C comme le jus d'orange. À l'inverse, il faut aussi éviter de prendre certains aliments comme le thé ou le café, car ils ralentissent l'absorption du fer. En outre, les aliments qui contiennent de l'acide folique ou de la vitamine B12 sont aussi à conseiller pour les femmes enceintes. On peut trouver ces matières organiques dans la levure alimentaire, les jaunes d'œuf, les poissons, le lait, les fromages…
Pour faire le plein de fer dès le début de sa grossesse, on peut privilégier certains aliments dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée. Il existe deux types de fer, le fer héminique qui provient des protéines animales et qui est assimilé à hauteur de 30 à 40 % d’après le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, et le fer non héminique ou minéral contenu dans les légumes, les légumineuses et les fruits. En revanche, certaines boissons sont ne font pas bon ménage avec le fer ! « C’est le cas du café et du thé qui réduisent l’absorption du fer, prévient la sage-femme.
Il peut être opportun aussi de prêter attention aux associations qui peuvent être faites, afin de favoriser l’absorption du fer et non la limiter. Ainsi, le Dr Marilyne Salvetat explique : « On note que l’absorption du fer est activée par la présence de vitamine C, alors que le thé, le café, le calcium et le zinc l’amoindrissent. Les aliments contenant de l’acide folique ou de la vitamine B12 (légumes verts, jaune d’œuf, lait, fromage) sont également conseillés pendant la grossesse. Et les carences dans ces deux vitamines peuvent aussi favoriser l’anémie entre autres problèmatiques, donc la supplémentation en B12 et en acide folique est systématiquement prescrite à la femme enceinte dès le début de la grossesse.
Des compléments alimentaires tels que Strath Iron peuvent également être utiles pour prévenir ou corriger l’anémie pendant la grossesse. Ce produit contient du fer issu du koji, de la levure végétale fermentée et de la vitamine C naturelle. Grâce à sa forme fermentée, le fer est particulièrement bien absorbé par l’organisme, favorisant ainsi son assimilation. De plus, la vitamine C présente dans Strath Iron optimise encore davantage l’absorption du fer. La prise d’un comprimé, qui couvre 100% des apports journaliers recommandés en fer, est conseillée 30 minutes avant le petit-déjeuner ou 2 heures après un repas.
En plus d'un régime alimentaire varié et adéquat en fer et en acide folique, la prise d'une multivitamine prénatale est aussi nécessaire pour équilibrer la nutrition de la femme enceinte. Si toutefois, l'anémie persiste encore après un bon régime alimentaire riche en fer et en acide folique, il est important de consulter son médecin pour une prescription de suppléments de fer et d'acide folique.
Gérer les effets secondaires de la supplémentation en fer
La supplémentation en fer peut être responsable de troubles digestifs. Charline Gayault conseille : « il faut voir avec son médecin généraliste, son gynécologue ou sage-femme pour changer de marque ou essayer une supplémentation en fer par complément alimentaire avec un dosage adapté. Il arrive que la carence en fer soit très importante.
La supplémentation en fer peut entraîner une constipation. Que faire alors ? « Lorsque la supplémentation en fer entraîne des diarrhées, on peut, bien sûr, jouer sur l’alimentation, en mangeant du riz, les carottes, les bananes, mais c’est rarement suffisant, prévient la sage-femme. Le changement de médicament est préférable.
Suivi médical régulier
Un suivi médical régulier est indispensable pour surveiller l’évolution de l’anémie tout au long de la grossesse. En l’absence d’anémie avérée, une numération formule sanguine sera prescrite au minimum à chaque trimestre. Mais si une carence en fer est détectée, un suivi mensuel s’imposera pour vérifier l’efficacité du traitement.
Conséquences d'une anémie non traitée
Une anémie non traitée pendant la grossesse expose la future maman à une fatigue intense qui peut devenir handicapante au quotidien. Lors de l’accouchement, les risques de complications sont accrus. Les pertes de sang, déjà conséquentes lors d’un accouchement normal, peuvent être d’autant plus mal tolérées en cas d’anémie. Pour prévenir ces complications, un suivi régulier par dosage de l’hémoglobine est indispensable tout au long de la grossesse. En cas d’anémie avérée, une supplémentation en fer et en vitamines sera mise en place pour rétablir des taux satisfaisants et sécuriser l’accouchement.
En cas de sévère carence en fer, la mère peut moins bien tolérer les pertes sanguines de l’accouchement.
« Les risques d’accouchement prématuré et de naissance d’enfants de faible poids sont respectivement 2,5 et 3 fois plus élevés chez les femmes présentant une anémie ferriprive que chez celles ayant une anémie d’une autre cause […] En revanche, les conséquences d’une carence de la mère sur le statut en fer du nouveau-né sont minimes, si elles existent.
« La maman peut rencontrer divers problèmes, prévient Charline Gayault. Elle peut, bien sûr, être plus fatiguée, mais également voir sa montée de lait retardée. De par le risque d'occasionner une plus grande fatigue, elle augmente aussi, par conséquent, le risque de dépression post-partum.
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