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Andrew Geddes: Du coach «charismatique» au «pervers manipulateur»

L'affaire Andrew Geddes, du nom de cet ancien entraîneur de tennis, a secoué le monde du sport et mis en lumière les mécanismes d'emprise et d'abus sur mineurs. Condamné en appel à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le viol de plusieurs de ses anciennes élèves mineures, Geddes, qui a exercé dans les clubs de Sarcelles (Val-d'Oise) et Levallois Sporting Club (LSC), incarne la figure de l'entraîneur prédateur, dissimulée derrière une façade de professionnalisme et de charisme.

L'ascension d'un entraîneur adulé

Au début des années 2000, Andrew Geddes était considéré comme l'un des « coaches phares » du Val-d'Oise, voire « le Boss ». Modeste joueur classé 5/6, il n'avait obtenu que la partie théorique du BE2 (brevet d'entraîneur), mais il s'était forgé une réputation d'homme influent grâce à son bagout, ses emportements maîtrisés, son investissement sur les courts et un charisme qui, avec le recul, apparaît glaçant. Il était celui qu'il fallait avoir à Sarcelles, puis à Levallois, si l'on avait de l'ambition pour ses enfants.

Pourtant, son expertise technique était contestée. Une plaignante le décrivait comme « incapable de lui faire changer (sa) deuxième balle "poussette" ». Hugues de Castilla, alors conseiller technique régional des Hauts-de-Seine, le qualifiait de « caméléon » qui se contentait de répéter les idées en vogue.

Geddes excellait surtout dans l'art de se mettre en valeur et d'enjoliver les faits. On le surnommait « Mister Mytho » et on lui prêtait une liaison imaginaire avec Sophie Marceau. Son addiction à l'alcool et aux médicaments était notoire. Son comportement excessif sur les courts, avec des accès de colère et des propos déplacés, faisait pleurer des enfants.

L'emprise et les abus

Derrière cette façade se cachait un prédateur qui profitait de sa position d'autorité pour abuser de jeunes filles vulnérables. Son mode opératoire était similaire dans les quatre cas : il s'immisçait dans la vie familiale de ses élèves, gagnait la confiance des parents, puis créait un lien très fort avec les joueuses afin de mettre en place un mécanisme d'emprise.

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Les victimes ont décrit un « processus d'emprise » au cours duquel il les a coupées de leur famille et de leurs amis, leur a imposé des relations sexuelles souvent violentes, dans sa voiture, dans les toilettes du club ou lors de stages à La Baule. Les rapports étaient filmés, et le coach s'en servait pour obtenir le silence de ses victimes.

Sa première victime, âgée alors de 12 ans, affirme avoir été violée près de 400 fois par son ancien coach, et ce jusqu'à ses 14 ans. La deuxième, environ 350 fois. Puis les agressions s'enchaînaient : « dans sa voiture sur des parkings mal éclairés ou dans les toilettes du club », Andrew Geddes procédait à « des pénétrations vaginales, digitales, anales et les forçait à effectuer des fellations ».

Il pouvait dire à l'une : « T'entraîner me fait bander ». Il parlait « orgasme », ou « sodomie » à des jeunes qu'il entraîne. « Mon sexe est tellement grand qu'en l'écrasant, on pourrait en faire une écharpe… »

La difficile libération de la parole

Pendant des années, les victimes ont gardé le silence, prisonnières de la honte, de la culpabilité et de la peur. Certaines ont confié avoir été « vampirisées » et « tétanisées ». Elles n'avaient plus que lui pour le tennis, perdues dans la honte et la culpabilité d'avoir été entraînées dans cet horrible jeu de rôle.

« Il pouvait me demander une pipe ou faire le poirier, c'était devenu la même chose », dira l'une d'elle. « Ça fait penser à une secte, à de l'endoctrinement ».

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Ce n'est que des années plus tard, grâce au courage de certaines victimes, que l'affaire a éclaté au grand jour. Leurs témoignages poignants ont permis de mettre en lumière la perversité d'Andrew Geddes et les conséquences dévastatrices de ses actes.

Les procès et la condamnation

Mis en examen en mai 2014, Andrew Geddes a d'abord nié les faits, avant de finalement les reconnaître lors de son procès en appel. Il a affirmé avoir pris conscience de sa « culpabilité » et des « horreurs » qu'il a commises.

« J'ai pris conscience de ma culpabilité (…) et de toutes les horreurs que j'ai faites », a déclaré à la barre Andrew Geddes, admettant avoir « commis des erreurs ».

Il a été condamné en appel à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le viol de plusieurs de ses anciennes élèves mineures. Une peine qui a été saluée par les victimes comme une victoire et un soulagement.

Les conséquences pour les victimes

Les victimes d'Andrew Geddes ont subi des traumatismes profonds et durables. Elles ont dû reconstruire leur vie après avoir été brisées par les abus de leur entraîneur.

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Elles ont témoigné des conséquences toujours palpables bien des années après : l'exil au Brésil pour oublier, la détestation du tennis, la sexualité débridée ou la libido en berne, les auto-étranglements comme marqueurs les plus impressionnants de crises d'angoisse, les boulimies, les tocs, les pleurs, les râles de désespoirs.

Malgré ces épreuves, elles sont toutes devenues des jeunes femmes remarquables, qui ont trouvé la force de se battre et de témoigner pour que de tels actes ne se reproduisent plus.

tags: #Andrew #Geddes #enfants

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