La puériculture, un terme inventé dans les années 1860 par le Dr. Caron, désigne l'« élevage des tout-petits ». Bien que le projet initial de Caron de donner des cours sur le sujet ait échoué, l'idée a persisté et a été reprise par Adolphe Pinard peu avant 1900. Ce dernier, obstétricien de renom, a lutté contre des pratiques telles que la basiotripsie et a consacré sa vie à la puériculture.
Définition et objectifs de la puériculture
Si la pédiatrie se concentre sur l'enfant malade, la puériculture se veut préventive et normative. Pour Pinard, elle englobe l'ensemble des règles relatives à la procréation, à la conservation et à l'amélioration de l'espèce humaine, avec un objectif essentiel : l'élevage des enfants déjà nés.
L'essor de la puériculture au début du 20ème siècle
En 1892, Budin crée la première consultation de nourrissons, appelée « l'école des Mères ». Ce système de consultations est adopté par de nombreuses œuvres d'assistance maternelle et infantile, publiques ou privées, telles que les Gouttes de lait. Des conférences, des cours et une propagande active s'organisent, tandis que les ouvrages traitant de puériculture se multiplient.
Ce mouvement s'amplifie entre les deux guerres, avec le pouvoir médical s'imposant entre la jeune mère et son enfant, diffusant des conseils rigides visant à normaliser toute la fonction de reproduction.
La puériculture : une science normative et culpabilisante ?
En 1916, le Dr Bonnaire propose de « défendre l'enfant nouveau-né contre la négligence et l'ignorance de la mère ». La puériculture, se voulant une science, traite les femmes en coupables, en mineures à éduquer, combattant « l'ignorance », les « préjugés » et l'impulsivité. Les mères sont considérées comme ne sachant pas ou ayant un savoir entaché d'idées préconçues.
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Comme la matrone pour la sage-femme, la voisine déjà mère et surtout la grand-mère sont, pour le puériculteur, des rivales dont il faut combattre les préceptes pour asseoir le pouvoir médical. Il faut aussi discipliner les émotions et les sentiments maternels, en passant « de l'acte réflexe à l'acte réfléchi ».
La puériculture veut substituer dans tous les milieux sociaux la norme médicale intangible et indiscutable aux héritages et particularismes culturels. Elle s'érige en maximes simples, dont la principale est de s'en remettre au conseil médical.
La diffusion des principes de puériculture
La puériculture agit comme un antidote aux préjugés populaires, ciblant particulièrement les femmes du peuple, celles des classes moyennes ou élevées étant plus perméables au discours médical. Elle vise à régler la vie quotidienne, à influer sur la vie privée et à « civiliser ».
Même l'ouvrage patronné par le Front Populaire consacre un long chapitre aux « usages mondains » dans la plus pure tradition bourgeoise, après des pages de conseils techniques et un répertoire des droits des mères à l'assistance publique et privée.
La puériculture entend régir toute la fonction de reproduction, dès avant la conception. Cependant, la puériculture antéconceptionnelle est encore trop discutée pour être appliquée, et l'éducation sexuelle reste une nécessité dont personne n'ose traiter. La puériculture anténatale se pratique surtout dans les consultations pour femmes enceintes et par la diffusion d'ouvrages sur l'hygiène de la grossesse.
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Les moyens mis en œuvre pour diffuser la puériculture post-natale
Le congrès international pour la protection de l'enfance de 1933 met en avant l'importance de l'éducation technique des mères dans la lutte contre la mortalité infantile. L'enseignement technique doit être diffusé par les infirmières spécialisées et propagé par les mères intelligentes. Dès l'école primaire, l'esprit des fillettes et des futurs papas doit être attiré vers la nécessité de la puériculture.
Si les médecins reçoivent un enseignement de pédiatrie et de puériculture, cette dernière matière n'est pas obligatoire. En 1920, Pinard crée l'Institut de Puériculture, centre de soins pour les enfants, de perfectionnement pour les médecins et d'enseignement pour les futures infirmières visiteuses.
L'enseignement scolaire de la puériculture est généralisé, agissant sur les jeunes cerveaux féminins pour faire disparaître les préjugés.
En 1923, les décrets Bérard et Strauss rendent officiel l'enseignement de la puériculture dans les écoles de jeunes filles et autorisent des visites dans les crèches et les consultations de nourrissons.
Les aides-soignants et auxiliaires de puériculture : une même passion, un même projet
La formation d'auxiliaire de puériculture partage des points communs avec celle d'aide-soignant : une même volonté de prendre soin des plus vulnérables, un socle commun de connaissances en soins, hygiène, communication, mais aussi des attentes similaires en matière d'évaluation.
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Des sites pédagogiques sont créés pour accompagner tous les étudiants soignants, en leur proposant des outils de révision simples, concrets, efficaces et conformes au programme officiel.
Réviser le bloc 1 auxiliaire de puériculture
Les étudiants auxiliaires de puériculture doivent obligatoirement réviser le bloc 1 auxiliaire de puériculture pour le réussir. Plus précisément, ce sont les Modules 1 & 2 du DEAP qui doivent être validés par des examens à l'IFAP, ainsi que sur le terrain lors des stages. Les connaissances théoriques sont indispensables pour valider le bloc 1, il convient donc de relire et apprendre l'ensemble des cours de ces Modules.
Dans le Module 1, on retrouve des notions de raisonnement et démarche clinique, mais aussi d'évaluation de la situation et des besoins, concepts de la santé, situations de vie, rôle de l'AP, mais également l'accompagnement des aidants & soins de la vie quotidienne. Puis dans le Module 2, on retrouve principalement des notions liées à l'identification et l'analyse de situations à risque, les fragilités, mesures préventives ainsi que leur évaluation et réajustement.
Il est impossible de réussir sans réviser le bloc 1, car il s'agit de notions, concepts, protocoles à connaître « par cœur ». Même les cas où il y a de la pratique, en stage ou simulé à l'IFAP, s'appuient sur une base théorique ainsi que des protocoles de soins dont il faut connaitre les étapes une à une, sans erreur.
Pour réviser le Bloc 1 auxiliaire de puériculture, il faut choisir le support le plus adapté, parmi les suivants :
- Fiches de révisions synthétisées : Elles synthétisent les cours de l'IFAP, en passant d'une diapo d'une centaine de pages à une feuille A4 avec l'essentiel à retenir pour les examens de l'IFAP.
- MindMap : Il s'agit d'une forme plus graphique de présentation des informations, avec le sujet choisi au centre, puis sous forme de « toile d'araignée » les informations à retenir relative à ce sujet.
- Examens : L'idée est de partir à l'envers dans sa méthode, en connaissant à quoi s'attendre en termes de format, de sujet, de type de réponse, etc.
Le support privilégié pour réviser le Bloc 1 IFAP reste les fiches de révisions, un classique dont la qualité de vos révisions et votre réussite aux examens des Modules 1 et 2 dépendra fortement de qui les font et avec quelles caractéristiques.
Pour réaliser des fiches de révisions efficaces, il est conseillé de :
- Faire le point sur les compétences théoriques à apprendre.
- Reprendre ses supports de cours.
- Identifier les informations importantes.
- Synthétiser le ou les cours en les organisant par de petits chapitres.
- Mettre en forme à travers des fiches de révisions dédiée à chaque module, chaque thème ou sujet avec des titres, informations en couleur ou surligné selon leur importance.
- S'organiser sur le temps qu'il reste avant l'examen pour lisser l'apprentissage de celles-ci par de petites sessions de révisions.
Il est important de choisir le bon site et les bonnes fiches de révisions pour réussir ses examens BLOC 1 auxiliaire de puériculture.
De l'Antiquité à nos jours : un bref aperçu historique de la puériculture
La pédiatrie et la puériculture sont des termes relativement récents, datant respectivement de 1872 et 1883. Cependant, les pratiques qui s'y rapportent sont bien plus anciennes.
Dès l'Antiquité, on retrouve des recommandations sur l'hygiène, les soins et l'alimentation des nouveau-nés. Hippocrate, Celse et Galien s'intéressent aux enfants dans le monde grec. À Rome, Soranos d'Ephèse consacre des chapitres de son ouvrage d'obstétrique à la prise en charge du nouveau-né par les sages-femmes.
Au Moyen Âge, Rhazès le Perse est l'auteur de nombreux livres et traités incluant la gynécologie, l'obstétrique et la pédiatrie. De nombreux auteurs à travers l'Europe s'intéressent aux enfants, mais ces études restent dans le domaine de la médecine générale.
C'est grâce aux philosophes du 17ème et 18ème siècle que certains médecins prennent conscience que l'enfant mérite une attention particulière. De nombreux ouvrages sur le sujet paraissent, abordant également l'éducation et l'alimentation des enfants.
À la fin du 18ème siècle et au 19ème siècle, les médecins accoucheurs se spécialisent également en pédiatrie, face à une mortalité infantile très élevée. L'État décide d'interférer en créant la « Protection de l'Enfance ».
La loi de Protection de l'enfance de 1874 établit une surveillance administrative et médicale des enfants placés en nourrice. En 1893, l'assistance médicale gratuite pour les femmes enceintes est instaurée. La scolarité obligatoire est instaurée en 1874, et le travail des enfants n'est plus admis avant douze ou treize ans en 1892.
Des initiatives privées voient également le jour, telles que la « Société de charité maternelle » et les crèches. Le Dr Jean-Baptiste Fonssagrives crée en 1869 un « Livret maternel pour prendre des notes sur la santé des enfants ».
À la fin du 19ème siècle, les médecins peuvent imposer aux mères des règles de conduite, mettant l'accent sur l'éducation des mères et leur donnant des repères stricts sur la propreté, les pesées régulières, les horaires des tétées et du sommeil.
La première partie du 20ème siècle est marquée par le bilan démographique catastrophique suite aux deux guerres mondiales. Durant la deuxième guerre mondiale et dans la période d'après-guerre apparaissent les théories sur l'hospitalisme et la carence maternelle. La psychanalyse fait irruption dans la pédiatrie, avec l'apparition de l'affectivité dans les soins prodigués aux enfants.
Après la deuxième guerre mondiale, la création de la sécurité sociale et de la Protection Maternelle et Infantile a comme objectif principal la lutte contre la mortalité et la morbidité infantile. Des consultations de suivi de grossesse et de pédiatrie préventive, ainsi que des visites à domicile par des infirmières se mettent en place.
Dans les années 50 se développe la médecine néonatale. Dans les années 1970-1920, l'école de puériculture de la faculté de médecine de Paris est créée, et en 1947, le Diplôme d'État de Puéricultrices est créé.
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