Introduction
La promégestone, commercialisée sous le nom de Surgestone, est un progestatif de synthèse utilisé principalement dans le traitement de certains troubles gynécologiques et comme composant d'un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de la promégestone, en abordant sa composition, ses indications, son mode d'administration, ses contre-indications, ses effets indésirables potentiels et les alternatives thérapeutiques disponibles. Il est important de noter qu'en raison de difficultés d'approvisionnement, les professionnels de santé sont invités à ne plus initier de nouveaux traitements par Surgestone et à envisager des alternatives pour les patientes déjà sous ce médicament.
Qu'est-ce que la Promégestone ?
La promégestone, de formule chimique Méthyl-17 alpha propionyl-17 estradiène-4,9 one-3, est un progestatif de synthèse. Elle se distingue par son affinité élevée et très spécifique pour les récepteurs de la progestérone, surpassant même celle de l'hormone naturelle. Cette caractéristique lui confère une efficacité dans diverses applications cliniques.
Indications Thérapeutiques
Historiquement, la promégestone a été utilisée dans les cas suivants :
- Dysménorrhée : Soulagement des douleurs menstruelles.
- Ménopause (en complément d'un traitement estrogénique) : Dans le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause, la promégestone est utilisée pour contrer les effets de l'œstrogénothérapie isolée sur l'endomètre. L'estrogénothérapie isolée est déconseillée en raison du risque d'hyperplasie de l'endomètre.
Administration et Posologie
La promégestone est administrée par voie orale.
- Traitement substitutif de la ménopause : La promégestone doit être prescrite pendant les 12 derniers jours de chaque séquence thérapeutique, suivie d'une interruption d'une semaine environ, durant laquelle une hémorragie de privation est généralement observée. La posologie efficace est variable d'un sujet à l'autre, mais elle est habituellement de 0,250 mg à 0,500 mg par jour, en une seule prise.
Contre-indications
La promégestone est contre-indiquée dans les situations suivantes :
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- Antécédents d'accident thrombo-embolique veineux ou accident thrombo-embolique veineux en cours (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire).
- Pathologie thromboembolique artérielle active ou récente (par exemple, angor, infarctus du myocarde).
- Affections hépatiques aiguës, ou antécédents d'affections hépatiques, jusqu'à normalisation des tests hépatiques.
Précautions d'emploi et mises en garde
Ce médicament contient du lactose, ce qui doit être pris en compte chez les personnes intolérantes au lactose.
Dans le contexte du traitement des symptômes de la ménopause, un THS ne doit être instauré que si les symptômes altèrent significativement la qualité de vie de la patiente. Dans tous les cas, une réévaluation du rapport bénéfice/risque doit être effectuée au moins une fois par an.
Avant de débuter ou de recommencer un THS, une analyse complète des antécédents personnels et familiaux ainsi qu'un examen clinique et gynécologique complet (y compris pelvien et mammaire) doivent être réalisés, en tenant compte des contre-indications et précautions d'emploi. Des examens réguliers doivent être effectués pendant toute la durée du traitement, leur nature et leur fréquence étant adaptées à chaque patiente.
Les femmes doivent être informées du type d'anomalies mammaires pouvant survenir sous traitement et doivent les signaler à leur médecin traitant. Une surveillance étroite est nécessaire si l'une des affections suivantes survient, est survenue précédemment, et/ou s'est aggravée au cours d'une grossesse ou d'un précédent traitement hormonal : grossesse.
Cancer du sein
L'ensemble des données disponibles montre un risque accru de cancer du sein chez les femmes prenant un traitement oestroprogestatif, ou chez celles prenant un THS à base d'œstrogènes seuls, ce risque étant dépendant de la durée du traitement. Les études observationnelles ont généralement rapporté une légère augmentation du risque de cancer du sein diagnostiqué, ce risque étant plus faible que chez les utilisatrices d'associations estrogènes-progestatifs. Après l'arrêt du traitement, le risque additionnel diminue dans le temps.
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Thrombo-embolie veineuse (TEV)
Le THS est associé à un risque multiplié par 1,3 à 3 de développer une thrombo-embolie veineuse (TEV), c'est-à-dire une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire. Les patientes présentant des troubles thrombophiliques connus ont un risque majoré de TEV, et les THS peuvent accroître ce risque. Les facteurs de risque de TEV généralement reconnus incluent l'utilisation d'œstrogènes, l'âge avancé, une chirurgie lourde, l'immobilisation prolongée, l'obésité (IMC > 30 kg/m2), la période de grossesse/postpartum, le lupus érythémateux disséminé (LED) et le cancer.
Des mesures prophylactiques doivent être appliquées pour prévenir une TEV après la chirurgie. Si une immobilisation prolongée doit suivre une chirurgie programmée, l'arrêt provisoire du THS 4 à 6 semaines avant l'intervention est recommandé. Si une TEV se développe après l'initiation du traitement, ce dernier devra être arrêté.
Maladie coronarienne et accident vasculaire cérébral (AVC)
Le risque relatif de maladie coronarienne au cours de l'utilisation d'un THS estroprogestatif est légèrement augmenté. Une augmentation jusqu'à 1,5 fois du risque d'accident vasculaire cérébral ischémique a été montrée chez les femmes traitées par une association d'estro-progestatifs ou des œstrogènes seuls. L'utilisation de THS n'améliore pas la fonction cognitive.
Interactions médicamenteuses
Certains médicaments peuvent diminuer l'efficacité de la promégestone par induction enzymatique. Ces médicaments incluent :
- Anticonvulsivants (carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne, primidone)
- Anti-infectieux (par exemple rifabutine, rifampicine, nevirapine, efavirenz)
- Barbituriques
- Griséofulvine
Le ritonavir et le nelfinavir peuvent également interagir avec les hormones stéroïdes. Une augmentation du métabolisme des œstrogènes et des progestatifs peut entraîner une diminution de l'effet et des modifications du profil des saignements utérins.
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Effets indésirables potentiels
Les effets indésirables suivants ont été rapportés avec les THS, y compris les traitements contenant de la promégestone :
- Cancer ovarien : Une méta-analyse a signalé un risque accru de cancer ovarien chez les femmes prenant actuellement un THS.
- Thrombo-embolie veineuse (TEV) : Le THS est associé à une augmentation du risque de thrombose veineuse profonde ou d'embolie pulmonaire.
- Accident vasculaire cérébral (AVC) : L'utilisation d'un THS à base d'œstrogènes seuls ou d'une association estro-progestative est associée à une augmentation du risque relatif d'AVC ischémique.
Il est important de déclarer tout effet indésirable suspecté après l'autorisation du médicament pour permettre une surveillance continue du rapport bénéfice/risque.
Surdosage
Un surdosage éventuel peut entraîner des nausées, des vomissements et des saignements.
Propriétés pharmacodynamiques
La promégestone se caractérise par une affinité élevée et très spécifique vis-à-vis des récepteurs de la progestérone, supérieure à celle de l'hormone naturelle. Administrée du 5ème au 25ème jour du cycle à la dose de 0,500 mg par jour en une seule prise, elle supprime le pic ovulatoire des gonadotrophines, diminue le taux d'œstrogènes circulants et empêche la sécrétion de progestérone.
Propriétés pharmacocinétiques
La promégestone est hydroxylée en position C-21 dans l'organisme, mais cette hydroxylation n'inactive pas la molécule. Les concentrations plasmatiques maximales moyennes sont de 8,2 µg.
Conditionnement
La promégestone est présentée sous forme de comprimés sous plaquettes thermoformées (PVC/PVDC/Alu).
Difficultés d'approvisionnement et alternatives
En raison de difficultés majeures d'approvisionnement en principe actif, le laboratoire SERB a informé les professionnels de santé qu'il n'a identifié "aucune source fiable de promégestone pour remplacer le fabricant actuel qui n'est plus en capacité de produire de nouveaux lots". Par conséquent, il est recommandé aux prescripteurs de ne plus initier de traitements par Surgestone et de remplacer tous les traitements en cours par les alternatives thérapeutiques disponibles.
Alternatives Thérapeutiques
Face à l'arrêt de la production de Surgestone, il est crucial d'identifier des alternatives thérapeutiques pour les patientes qui utilisaient ce médicament. Les alternatives dépendent de l'indication pour laquelle la promégestone était prescrite :
- Pour la dysménorrhée : D'autres progestatifs, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou des contraceptifs oraux peuvent être envisagés.
- Pour le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause : D'autres progestatifs peuvent être utilisés en association avec des œstrogènes. Il est important de discuter des options disponibles avec un professionnel de santé pour déterminer le traitement le plus approprié en fonction des besoins individuels et des antécédents médicaux de chaque patiente.
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