L'aménorrhée, ou absence de menstruations, peut être une source d'inquiétude pour les femmes. Cet article vise à explorer les causes potentielles de l'aménorrhée et à fournir des informations sur le gel Estreva, un traitement hormonal substitutif (THS) utilisé pour soulager les symptômes de la ménopause.
Comprendre l'aménorrhée
L'aménorrhée peut être due à diverses causes, notamment :
- La ménopause : l'arrêt définitif des menstruations, généralement entre 45 et 55 ans.
- La préménopause : la période de transition vers la ménopause, caractérisée par des cycles irréguliers et des symptômes tels que des bouffées de chaleur.
- Des pathologies chroniques : certaines maladies peuvent entraîner l'arrêt des règles.
- Des contraceptions progestatives : les dispositifs intra-utérins hormonaux (DIU) et certaines pilules contraceptives peuvent provoquer une aménorrhée.
- Des facteurs liés au mode de vie : le stress, une alimentation déséquilibrée ou une activité physique excessive peuvent perturber le cycle menstruel.
Le gel Estreva : un traitement hormonal substitutif
Le gel Estreva est un médicament contenant une hormone naturelle de la famille des œstrogènes. Il est utilisé pour soulager les symptômes de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale.
Mode d'action
L'œstradiol contenu dans Estreva traverse la peau et passe progressivement dans le sang, compensant ainsi la diminution de la production d'œstrogènes par les ovaires pendant la ménopause.
Indications
Estreva est indiqué pour :
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- Soulager les symptômes de la ménopause.
- Prévenir l'ostéoporose chez les femmes ménopausées à risque de fractures.
Contre-indications
Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :
- Accident thromboembolique en cours.
- Cancer hormonodépendant.
- Saignement génital intermittent (l'origine de ce saignement doit être déterminée par des examens appropriés avant la mise en route du traitement).
- Maladie grave du foie.
Précautions d'emploi
Un bilan initial suivi d'une surveillance médicale régulière sont nécessaires, surtout dans les cas suivants :
- Anomalie de la circulation sanguine cérébrale et rétinienne.
- Obésité.
- Diabète.
- Hypertension artérielle.
- Affection bénigne du sein et de l'utérus.
- Tumeur de l'hypophyse.
- Lupus érythémateux disséminé.
- Certaines maladies rares (porphyrie, otospongiose).
- Ictère (jaunisse) chronique ou survenu lors d'une grossesse.
- Insuffisance rénale.
- Épilepsie.
- Asthme.
- Antécédents familiaux de cancer du sein.
Si vous devez subir une intervention chirurgicale ou rester alitée, prévenez votre médecin ; il peut être nécessaire d'arrêter temporairement le traitement.
Interactions médicamenteuses
L'efficacité du traitement peut être diminuée par la prise conjointe d'un médicament inducteur enzymatique. Certains médicaments peuvent interférer avec les effets d'ESTREVA 0,1 %, gel. Cette interférence peut entrainer des saignements irréguliers.
- Le traitement de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) par les associations ombitasvir/paritaprévir/ritonavir et dasabuvir avec ou sans ribavirine, glécaprévir/pibrentasvir ou sofosbuvir/velpatasvir/voxilaprévir peut entraîner une augmentation des résultats des tests sanguins de la fonction hépatique (augmentation du taux d’ALAT, une enzyme du foie) chez les femmes utilisant des contraceptifs contenant de l’éthinylestradiol.
Grossesse et allaitement
Ce médicament n'a pas d'indication chez la femme enceinte. Si une grossesse survient sous traitement, éventualité rare mais possible en début de pré-ménopause, consultez votre médecin et arrêtez le traitement.
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Mode d'emploi et posologie
La posologie usuelle est de 1,5 g de gel par jour (3 pressions sur la pompe doseuse) pendant 24 à 28 jours par mois, suivis de 2 à 7 jours sans traitement. Des saignements évoquant les règles peuvent survenir pendant la période d'interruption du traitement.
Étaler le gel, de préférence après la toilette, sur une grande surface de peau (environ 2 fois la taille d'une main), sauf sur les seins. Il n'est pas nécessaire de masser ou de frotter. Laisser sécher 1 ou 2 minutes avant de remettre un vêtement. Ce gel ne tache pas.
Effets indésirables possibles
- Démangeaisons, rougeur au site d'application, réaction allergique locale.
- Nausées, tension des seins, irritabilité, jambes lourdes (qui traduisent généralement un surdosage).
- Saignement génital intermittent (à signaler à votre médecin).
Surdosage
Le surdosage peut provoquer des nausées, des vomissements et des saignements du vagin.
Traitements hormonaux pour les personnes transgenres
Les traitements hormonaux jouent un rôle crucial dans la transition des personnes transgenres, en leur permettant de développer les caractéristiques physiques correspondant à leur identité de genre.
Féminisation (Femmes Transgenres)
La féminisation est obtenue par une œstrogénothérapie (OT) orale ou percutanée. L’utilisation d’œstrogènes à dose conventionnelle ne permet pas, seule, d’obtenir un freinage de la testostérone chez les hommes, ce qui implique d’y associer des traitements anti-androgéniques (TAN).
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Effets attendus et délais d'apparition :
- Développement mammaire : maximal après deux à trois ans de traitement, avec une poussée prédominant pendant les six premiers mois.
- Redistribution des graisses : selon un schéma corporel gynoïde.
- Diminution de la pilosité : obtenue par l’abaissement des taux circulants de testostérone.
- Repousse de la chevelure : du fait de l’interruption d’un processus de calvitie androgénique en cours.
- Augmentation de la densité minérale osseuse (DMO).
Traitements anti-androgéniques (TAN) :
- Analogues agonistes de la GnRH (a-GnRH) : traitements injectables qui suppriment la testostérone testiculaire.
- Acétate de cyprotérone (ACP) : progestatif anti-androgénique et anti-gonadotrope.
- Spironolactone : diurétique épargneur du potassium, avec une action anti-androgénique.
Suivi du traitement :
Les TAN sont interrompus après l’orchidectomie, quand celle-ci est effectuée, avec une poursuite de l’œstrogénothérapie jusqu’à l’âge de la ménopause.
Risques et bénéfices :
- Risque cardiovasculaire (RCV) augmenté : nécessite des mesures préventives (arrêt du tabagisme, vigilance diététique, activité physique).
- Risque de cancer mammaire faible : justifie un dépistage selon les mêmes modalités que chez les femmes cisgenres.
- Effets complexes sur la libido : tendance à la baisse dans les premiers mois, avec une amélioration par la suite.
Masculinisation (Hommes Transgenres)
La masculinisation ou virilisation est obtenue par une androgénothérapie à base de testostérone.
Modalités pharmacologiques :
- Testostérone énanthate (Androtardyl®) ou undécanoate de testostérone (Nebido®) : formes injectables.
- Gels de testostérone (Androgel®, Fortigel®) : application percutanée.
Effets attendus :
- Mue de la voix : complète et irréversible après neuf mois de traitement.
- Stimulation de la musculature.
- Pilosité corporelle et faciale.
- Aménorrhée : obtenue par des traitements progestatifs.
Suivi du traitement :
La testostéronémie recherchée correspond aux normes trouvées chez les hommes cisgenre de la même catégorie d’âge (20 à 30 nmol/L).
Risques et bénéfices :
- Polyglobulie (PG) : effet secondaire établi de la supplémentation en testostérone.
- Modification de la composition corporelle selon un schéma androïde.
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