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L'alphabet grec contracté : Un aperçu approfondi

Introduction

L'étude de l'alphabet grec contracté révèle des aspects fascinants de l'évolution linguistique et de l'onomastique grecque. Cet article explore les caractéristiques, les formations et les significations des noms et des mots en grec ancien, en s'appuyant sur des recherches récentes et des analyses approfondies.

Le projet Lexonyme : Un dictionnaire étymologique des anthroponymes grecs

Un projet majeur dans ce domaine est le Lexonyme. Dictionnaire étymologique et sémantique des anthroponymes grecs antiques. Ce dictionnaire, dont le premier volume a été remis en juillet 2021, vise à mettre en évidence l'importance du lexique dans la formation des noms de personnes. Organisé par lemmes étymologiques selon le modèle du Dictionnaire étymologique de la langue grecque de Pierre Chantraine, le volume 1 couvre les lemmes de A à E inclus, représentant une part importante des noms connus, principalement grâce à l'épigraphie.

Ce volume contiendra un peu moins de 20 000 noms lemmatisés et analysés. Un grand nombre de ces noms sont formés de la composition de deux bases lexicales, apparaissant ainsi sous au moins deux lemmes étymologiques dans les volumes suivants. Le Lexonyme met à jour le dictionnaire de Friedrich Bechtel de 1917, Die historischen Personennamen des griechischen bis zur Kaiserzeit, qui contient environ 15 000 noms classés et analysés.

Conférences invitées sur l'onomastique

Des conférences invitées enrichissent également ce domaine d'étude. Dominique Mulliez a présenté une conférence sur l'onomastique des esclaves, un sujet peu abordé dans les volumes du LGPN d'Oxford. Sa conférence, intitulée « Les actes d’affranchissement de Delphes. Quel nom pour un esclave ? », explore les noms des esclaves dans les actes d'affranchissement de Delphes. Laurent Dubois a également donné une conférence sur l'onomastique normande, intitulée « Vieux noms de métiers normands et français : le témoignage de l’anthroponymie », examinant les noms de métiers normands et français à travers l'anthroponymie.

Analyse de noms rares : Βρεχᾶς et Γρεχᾶς

L'étude des noms rares, ou hapax, est particulièrement complexe. Un nom rare, sans parallèle ni paronyme attesté, suggère souvent une création locale ou une dérivation basée sur des éléments de contexte spécifiques. Par exemple, le nom Βρεχᾶς, attesté une seule fois en Thessalie, est associé au nom du père, Ὑβρίστας. Cette corrélation de parenté peut aider à expliquer morphologiquement et sémantiquement le nom du fils. Le nom paronyme Γρεχᾶς, également rare, se rencontre en Béotie et est associé au nom du père, Ἀρίστων.

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Le suffixe -ᾶς dans les sobriquets

Le suffixe -ᾶς est souvent utilisé dans la formation de sobriquets, caractérisés par un sémantisme trivial et non héroïque. Ces noms simples, accentués périspomène, sont souvent des surnoms stigmatisant la stature, l'apparence, la peau, le sexe, l'élocution ou le comportement. L. Dubois a consacré une étude à ce suffixe, montrant comment il caractérise des sobriquets tels que Πυρρᾶς « Leroux », Φακᾶς « Tache de rousseur », Κερκᾶς « Lequeutard », Βαττᾶς « Lebègue » et Φρικᾶς « Lefrissonnant ».

Le développement de ces suffixés dans l’onomastique anthroponymique est caractéristique chronologiquement de l’époque hellénistique : ils se répandent à la fin de cette période et sont très présents à l’époque impériale. Cela annonce la situation du grec moderne, où ce suffixe s’est développé dans le lexique pour désigner soit des difformités (κεφαλᾶς « qui a une grosse tête »), soit des métiers (ψωμᾶς « boulanger »), soit des noms de lieux (καλαμᾶς « la roselière »). Chantraine, Formation, § 27, rappelle le développement que le suffixe avait déjà connu dans les papyri, dans les mêmes usages triviaux, et avant cela, dès l’époque classique, chez les comiques où il est employé pour forger des noms d’animaux, comme ἀτταγᾶς « le francolin » ou des désignations péjoratives, comme κορυζᾶς « morveux » : on songe à un suffixe dépréciatif comme ce même -eux en français ou -ard, dans « boiteux », « boitard », etc. Mais Chantraine y voit avant tout, dans l’onomastique anthroponymique, un suffixe formateur « de noms abrégés, de caractère populaire », type Νικομᾶς < Νικομήδης, Μηνᾶς < Μηνόδωρος, Γονατᾶς, fait sur le nom du genou.

Origine onomastique ou lexicale du suffixe -ᾶς

L'origine du suffixe -ᾶς, qu'elle soit onomastique ou lexicale, est une question intéressante. Chantraine suggère une formation hypocoristique de noms propres, évoluant vers des sobriquets, des noms d'animaux et des noms de métiers. L'hypocoristique, terme utilisé pour les formes raccourcies de composés, implique une réduction formelle et une connotation de tendresse ou de douceur, souvent associée à la sphère familiale ou à la petite enfance. Cette minoration intra-familiale peut facilement évoluer vers une dépréciation dans un contexte social plus large.

Dans l’anthroponyme seulement, il arrive que le suffixe soit précédé d’une géminée, dite de troncation, ou expressive, c’est selon ; le sujet serait à traiter plus avant, car à nouveau, le passage se fait allègrement de la morphologie à la sémantique. Devrait être pris en compte aussi dans ce dossier la question, difficile, de l’origine de cet accent, qui semble garder la trace d’une contraction.

Interprétation du nom Βρεχᾶς

Concernant le Thessalien Βρεχᾶς, il est interprété comme un sobriquet en -ᾶς basé sur la base βρεχ- du verbe βρέχω « inonder, mouiller », signifiant « Le mouillard ». Cette interprétation est soutenue par l'existence d'un Μρεγ̣ᾶς ou Μρεχ̣ᾶς à Dodone, bien que certains chercheurs proposent une dérivation de l'adjectif βραχύς. L'attestation de Βροχᾶς en Thessalie rend moins probable une dérivation de la base adjectivale de βραχύς.

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Toponymie : L'exemple de Grynchai

L'étude des toponymes offre également des perspectives intéressantes. La petite ville de Grynchai, située sur la côte orientale de l'Eubée, pourrait dériver d'un toponyme antique *Γρύγχαι. Les inscriptions mentionnent l'adverbe Γρυγχῆθεν et l'ethnique Γρυνχς / Γρυγχς. La variation entre Βρυνχεις / Βρυγχεις et Γρυνχς / Γρυγχς suggère des adaptations phonétiques d'un nom étranger.

La variation de forme à la finale de l’ethnique semble partir de -εις, dont résultent, par contraction, -ς et -εῖς. Cela rappelle Γρυνεις, sic IG I3 264, ethnique d’une cité d’Éolide, cf. Hodot, Le dialecte éolien d’Asie, p. 116-117, qui propose d’interpréter le /i/ comme un glide, dans le cadre de la flexion en -εύς : -έ(ϝ)ες > -έες noté -εῖες avec glide anti-hiatique pour garder à l’identique le nombre de syllabes ; cependant, la cité est dite à la fois Γρῦνοι et Γρύνεια chez Étienne de Byzance, avec Γρυνεύς (mais non *Γρυνειεύς) comme ethnique. Il pourrait en aller un peu de même pour Βρυνχεις en face de Γρυγχς : la suffixation du toponyme aurait pu osciller entre -ειαι, dans *Βρύγχειαι, d’où l’ethnique Βρυγχει-εύς comme pour att.

Évolution phonétique et formes contractées

L'évolution phonétique joue un rôle crucial dans la formation des formes contractées. Par exemple, les racines verbales se terminant par une occlusive subissent des transformations au contact du σ futur. De même, le futur attique, ou futur contracté en ῶ, se rencontre avec les racines ou thèmes à liquide ou nasale finale.

Conjugaison et formes verbales

La conjugaison des verbes en grec ancien implique l'ajout de désinences à un radical. Les verbes en -ω sont les plus courants, avec des désinences spécifiques pour chaque personne. Le verbe εἰμί (être) est irrégulier et doit être appris par cœur. L'imparfait des verbes thématiques se caractérise par un augment et des désinences secondaires.

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tags: #alphabet #grec #contracte

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