Loading...

Allergie au lait maternel : symptômes et solutions pour soulager votre bébé

L'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est une réaction allergique fréquente chez les nourrissons et les jeunes enfants. Elle se manifeste par divers symptômes, notamment des boutons. Cet article explore les causes, les symptômes et les solutions pour soulager votre bébé.

Qu'est-ce que l'allergie aux protéines de lait de vache (APLV) ?

L'APLV est une réaction immunitaire à la consommation de protéines de lait de vache. Le système immunitaire réagit de manière excessive à ces protéines, les considérant comme une menace. Cette réaction peut se traduire par une variété de symptômes. En France, selon les données de la cohorte Elfe, elle était de 3,4 % en 2022.

Il existe trois types d'APLV :

  • APLV IgE-médiée : Les symptômes apparaissent immédiatement après la consommation de protéines de lait de vache.
  • APLV non IgE-médiée : Les symptômes se manifestent quelques heures après l'ingestion de protéines allergisantes, ce qui complique le diagnostic.
  • APLV mixte : Combinaison des deux types précédents.

Symptômes de l'allergie au lait maternel : les boutons et autres manifestations

Les manifestations de l'APLV peuvent varier d'un enfant à l'autre, mais plusieurs typologies de réactions sont généralement associées à cette allergie :

  • Symptômes cutanés : L'allergie au lait de votre nourrisson peut occasionner une réaction cutanée. Souvent, de petits boutons rouges, similaires à ceux qui se développent après une piqûre d'orties, apparaissent sur l'ensemble de son corps. Votre enfant peut aussi souffrir d'eczéma en raison de son allergie aux protéines de lait de vache. La peau du corps de votre enfant est alors recouverte de petits boutons rouges qui ressemblent à des piqûres d’ortie (urticaire aiguë).
  • Symptômes digestifs : vomissements, régurgitations, reflux gastro-œsophagiens (RGO), diarrhée, constipation, sang dans les selles, selles glaireuses, coliques, douleurs abdominales.
  • Symptômes comportementaux : pleurs excessifs, difficultés à s'endormir, réveils fréquents pendant la nuit, irritabilité, tortillements, demande constante de téter (notamment pour soulager une œsophagite).
  • Signes généraux dès l'introduction des premiers biberons.
  • Plus rarement, des signes neurologiques, assimilables à des malaises peuvent se produire.
  • Syndrome d’entérocolite aux protéines alimentaires (SEIPA) : Syndrome se traduisant, sous sa forme sévère, par de forts vomissements, un état léthargique et une pâleur du visage survenant entre 1 et 4 heures après l’ingestion.

Il est important de noter que certains vomissements, coliques, douleurs abdominales, reflux gastro-œsophagiens (RGO) seraient liés à l’APLV.

Lire aussi: Traitement allergie couches Pampers

Diagnostic de l'allergie au lait de vache

Le diagnostic se fait généralement en plusieurs étapes :

  1. Examen clinique et anamnèse : Le médecin effectuera un examen clinique de l’enfant et vous questionnera sur les habitudes de votre bébé (alimentation, sommeil, etc.).

  2. Régime d'éviction : En cas de suspicion d’allergie, les protéines de lait doivent être supprimées de l’alimentation de votre bébé pendant 2 à 4 semaines. En cas d’allaitement, votre médecin peut vous conseiller afin d’adapter l’alimentation de la maman et prévenir des carences nutritionnelles. Dans le cas contraire, il peut également proposer une formule hydrolysée spécifique aux bébés APLV. Si les symptômes disparaissent avec ce traitement, pas de doute : la nature de l’allergie au lait de vache est confirmée.

  3. Test de réintroduction : Si les symptômes s’améliorent, un test de réintroduction contrôlée par un médecin peut être envisagé pour confirmer ou pas le diagnostic de l’APLV. La réapparition des symptômes lors de la réintroduction des PLV après 2 à 4 semaines de régime d’exclusion fait poser le diagnostic d’APLV.

  4. Tests complémentaires : Pour établir le diagnostic, l’allergologue pratique une série de tests. En cas de doute, votre médecin prescrira une série de tests et d'examens complémentaires, destinés à vérifier s’il s’agit bien d’une allergie et à identifier la substance responsable.

    Lire aussi: Symptômes et diagnostic de l'allergie au lait de vache

    • Prick-test : Un allergène est alors déposé sur la peau sous forme liquide. Après 10 à 20 minutes d’observation, l’allergie est constatée si surviennent un bouton d’allergie, une rougeur localisée, un gonflement et/ou des démangeaisons.
    • Patch-test (test épicutané) : Il s’agit de déposer sur le dos du patient des petites doses d’allergène durant 48 heures. En cas de réactions allergiques, un érythème simple ou accompagné de vésicules et de bulles apparaît au bout de 24 heures sur la peau du sujet.
    • Test de provocation labiale : Le test de provocation labiale consiste à déposer une goutte de lait sur un côté de la lèvre inférieure. Après quelques heures, votre médecin recherche la présence d’inflammations là où la goutte a été déposée.

Allergie ou intolérance au lactose : quelle différence ?

L’allergie aux protéines de lait de vache et l’intolérance au lactose sont souvent confondues en raison de leurs symptômes similaires. Il est essentiel de différencier l’APLV de l’intolérance au lactose, car les traitements et les régimes alimentaires diffèrent.

  • APLV : c’est une réaction immunitaire déclenchant des symptômes cutanés, digestifs, comportementaux et respiratoires suite à la consommation de protéines de lait de vache.
  • Intolérance au lactose : L’intolérance au lactose (sucre contenu dans le lait) est due à une sécrétion insuffisante de lactase (enzyme qui digère le lactose) par l’intestin. Les symptômes ressemblent à l’allergie mais sont limités aux voies gastro-intestinales : diarrhée aigrelette et irritante pour le siège, vomissements, ballonnements, crampes d’estomac, gaz… Ils dépendent généralement de la quantité ingérée.

Solutions pour soulager bébé en cas d'allergie au lait

Allaitement maternel et régime d'éviction

Chez le nourrisson allaité, l’APLV est rare. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle à ce sujet que le lait maternel est le meilleur aliment pour votre bébé à sa naissance. « Il contient des protéines particulières appelées anticorps, qui interviennent dans la prévention des allergies », ajoute Magali Nadjarian, diététicienne.

En cas de suspicion d’allergie ou même d’APLV confirmée par un test de réintroduction après 2 à 4 semaines d’exclusion, l’allaitement est poursuivi. La mère est soumise à un régime sans PLV et supplémentée en calcium et vitamine D : selon l’ESPGHAN, 1 g/j de calcium et 600 UI/j de vitamine D. Attention aux mamans qui allaitent : les produits que vous consommez peuvent passer dans le lait maternel. Et donc être transmis au bébé.

Laits spéciaux et alternatives

Vous ne pouvez pas, ou ne souhaitez pas, allaiter, ou vous entamez le sevrage de bébé ? Si bébé ne présente aucun trouble de l'alimentation, des biberons de lait infantile premier âge (liquide ou en poudre) répondront aux besoins de votre nourrisson pendant les 4 à 6 premiers mois, avant de passer à un lait deuxième âge, puis à un lait de croissance. Toutefois, si votre petit est considéré « à risque », les préparations industrielles classiques sont à éviter. Votre pédiatre prescrira un lait hypoallergénique (HA) pendant au moins 6 mois. Ces conseils sont également à suivre dans le cadre d’un allaitement mixte (lait maternel et infantile). Sachez que bébé pourra plus ou moins apprécier certains laits.

Pour éviter les carences, on donnera à bébé des produits de substitution, comme les « laits spéciaux » appelés hydrolysats. La structure de leurs protéines a été modifiée pour qu’ils soient tolérés par les enfants allergiques. D’autres formules sont disponibles, comme des mélanges d’acides aminés et des formules à base de protéines de riz.

Lire aussi: Causes de l'allergie solaire pendant la grossesse

Chez les nourrissons nourris au lait infantile et ayant des symptômes légers à modérés, il est recommandé de prescrire un hydrolysat poussé de PLV ou un hydrolysat de protéines de riz (les deux étant disponibles en pharmacie).

Dans ce cas, le régime d'éviction est le plus souvent le seul traitement qui peut être mis en place. Il repose sur l’utilisation d’hydrolysat de protéines de lait. Mais ces formules sont très amères et parfois mal supportées par les bébés. Face à un échec, on recourt alors à des préparations à base d’acides aminés d’autres protéines solubles (soja, caséine) ou de synthèse.

Diversification alimentaire

Que votre bébé soit allergique ou non, l’introduction d’aliments autres que le lait est déconseillée avant l’âge de 4 mois révolus. La diversification obéit également aux mêmes règles qu’en l’absence d’allergie, mais les parents doivent être bien informés de la nécessité de lire attentivement les étiquettes et de « faire la chasse » aux PLV. Il est parallèlement essentiel de maintenir un apport de substitut de lait suffisant (au moins 500 mL par jour) pour s’adapter aux besoins nutritionnels de l’enfant, l’APLV et le régime d’éviction ayant un impact sur la croissance pondérale.

« L’arachide, le soja, les petits pois, les lentilles ainsi que les laits de chèvre, de brebis, de jument ou d’ânesse seront à introduire, un à un, le plus tard possible. En dernier recours, si malgré toutes ces précautions, votre enfant présente encore des symptômes allergiques, il sera alimenté avec des solutions à base d’acides aminés.

Traitement des symptômes

En plus du régime d’éviction, la prise d’antihistaminiques ou de corticoïdes est souvent recommandée pour traiter certains symptômes de l’allergie, notamment l’urticaire ou l’eczéma. Par ailleurs, un choc anaphylactique doit obligatoirement être traité par injection intramusculaire d’adrénaline.

Quand réintroduire les protéines de lait de vache ?

En cas d’APLV IgE médiée, le moment de la réintroduction des PLV est guidé par le taux d’IgE et est effectuée en milieu hospitalier. La prudence s’impose particulièrement en cas de manifestation initiale sévère. Après quelques mois de traitement, des tests sont à nouveau proposés pour déterminer s’il y a - ou non - une baisse de la sensibilité au niveau immunologique.

L’APLV de mon enfant peut elle disparaître ? Au moment du diagnostic, il n’est pas possible de prévoir la durée de l’allergie aux protéines de lait de vache. Cependant, selon l’ESPGHAN, la Société Européenne de Gastroentérologie, Hépatologie et Nutrition Pédiatrique, environ 50% des enfants voient leur allergie disparaître spontanément avant l’âge d’1 an, 75% avant l’âge de 3 ans, et à 90% avant l’âge de 6 ans. Cependant, il est important de noter que chaque cas est unique et que certains enfants peuvent garder leur allergie plus longtemps.

Prévention de l'allergie au lait de vache

Aucune méthode de prévention des allergies alimentaires ne fait aujourd’hui consensus auprès de la communauté scientifique. Plusieurs études récentes ont toutefois fait évoluer les pratiques des allergologues et des professionnels de santé. Ces études ont en effet pu démontrer que l’introduction précoce des aliments lors de la diversification alimentaire (en particulier des aliments à risque) réduisait les réactions allergiques chez le jeune enfant. Il est par exemple désormais conseillé de faire goûter du poisson à l’enfant dès l’âge de 4/6 mois, et d’introduire les fruits à coque sous forme de purée d’oléagineux par exemple (dont les cacahuètes) vers les six mois de l’enfant (mais pas avant). Par ailleurs, il peut aussi être recommandé de ne pas faire de régime d’exclusion lors de la grossesse et de l’allaitement.

Dans le cas où la maman ne pourrait pas, ou ne souhaiterait pas allaiter, l’utilisation d’un lait infantile hypoallergénique à l’efficacité prouvée permet de réduire le risque de dermatite atopique de 46 % à 12 mois et 33 % à l’âge de 10 ans. Toutefois, l’allaitement maternel est recommandé pendant les six premiers mois de vie de l’enfant. En effet, celui-ci favorise les mécanismes de tolérance orale, ainsi que la constitution d’une flore riche en bifidobactéries et en lactobacilles, dont la prédominance chez le jeune enfant protègerait contre le développement de l’allergie. Il contient également des AGPI-CL dont la présence pourrait influencer l’effet protecteur vis-à-vis de l’apparition de manifestations allergiques.

Eczéma du sein et allaitement

L’allaitement de bébé est parfois contrarié par l’apparition d’un eczéma, avec des rougeurs, des crevasses ou des démangeaisons au niveau du mamelon ou de l’aréole. Des douleurs aiguës peuvent même survenir et remettre en question la poursuite de l’allaitement. Les symptômes de l’eczéma peuvent apparaître au début de l’allaitement, mais aussi plusieurs semaines ou mois plus tard. Physiquement, le mamelon et l’aréole peuvent être touchés.

Un eczéma du sein ne signifie pas la fin de l’allaitement. Au contraire, les femmes peuvent continuer à allaiter leur bébé. Tout d’abord, l’avis d’un médecin est indispensable. Il peut notamment poser et valider le diagnostic de l’eczéma. Les femmes qui présentent des crevasses vivent un allaitement douloureux. Pour les soulager, elles peuvent décider de tirer le lait et de le donner à bébé au biberon. Pour celles qui allaitent leur enfant malgré la présence de petites crevasses, une autre astuce consiste à réaliser un massage du sein. Enfin, il faut savoir que le lait maternel présente des propriétés cicatrisantes, antibactériennes et anti-inflammatoires. Il peut donc être utilisé pour apaiser et soigner les lésions d’eczéma.

Il est recommandé de lutter contre l’humidité et la transpiration. Pour cela, il faut laisser le sein découvert dès que possible et bien le sécher après la douche. Troisièmement le parfum, les déodorants et les gels douche sont à proscrire en cas d’eczéma du sein. Utilisez des produits nettoyants surgras et sans savon pour limiter les risques d’irritation ou l’allergie.

tags: #allergie #lait #maternel #symptômes #boutons

Articles populaires:

Share: