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Allergie aux Fraises chez l'Enfant : Symptômes, Causes et Gestion

Prendre soin de la santé de son enfant est une priorité, et cela passe aussi par la vigilance face aux allergies alimentaires. Les allergies alimentaires sont des hypersensibilités immédiates, déclenchées par le contact, l’ingestion, voire l’inhalation d’un allergène contenu dans un aliment. Parmi les aliments les plus fréquemment associés à des réactions allergiques chez les enfants, la fraise occupe une place notable. Cet article vise à informer les parents sur les symptômes, les causes, le diagnostic et la gestion de l'allergie aux fraises chez l'enfant, afin de leur permettre de prendre les mesures appropriées pour protéger la santé de leur enfant.

Qu'est-ce que l'allergie aux fraises ?

L’allergie alimentaire est une réaction anormale du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment particulier. Être allergique à un aliment signifie que le système immunitaire va réagir immédiatement (quelques minutes à une dizaine de minutes). Dans le cas des fraises, l'allergie se produit lorsque le système immunitaire identifie à tort certaines protéines présentes dans le fruit comme étant dangereuses. Ces protéines allergènes, telles que les fraise-1 et fraise-2, peuvent déclencher une réponse immunitaire excessive chez les individus sensibles.

Symptômes de l'allergie aux fraises

Comprendre les symptômes permet de mieux les prévenir. Les symptômes d'une allergie aux fraises peuvent apparaître immédiatement après la consommation du fruit ou dans les quelques heures qui suivent. La réaction à l'histamine peut inclure divers symptômes qui varient d'une personne à l'autre. Il est crucial d'être conscient des différents symptômes afin de réagir promptement.

Voici une liste des symptômes les plus courants, classés par niveau de gravité :

Symptômes Légers :

  • Urticaires : Éruptions cutanées rouges et démangeaisons sur la peau. C’est le symptôme le plus fréquent des allergies alimentaires : des boutons en relief qui grattent. Ça débute souvent autour de la bouche, mais on peut en retrouver sur tout le corps.
  • Démangeaisons : Sensations de démangeaison dans la bouche, la gorge ou les oreilles. Les premiers signes incluent généralement des démangeaisons autour de la bouche.
  • Gastro-intestinaux : Nausées, vomissements, crampes abdominales ou diarrhée. Certaines personnes peuvent avoir des nausées, des vomissements ou encore des douleurs abdominales après avoir mangé des fraises.

Symptômes Modérés à Sévères :

  • Rhinite allergique : Écoulement nasal, éternuements, congestion nasale.
  • Angioedème : Enflure des lèvres, du visage ou de la gorge, pouvant entraîner des difficultés respiratoires. Les symptômes peuvent être un gonflement des lèvres ou de la langue. Dans les formes les plus sévères (œdème de Quincke), l’œdème de la gorge peut bloquer la respiration et mettre la vie en danger.
  • Réaction anaphylactique : Une réaction potentiellement mortelle, provoquant des symptômes tels qu'un essoufflement, une chute de la pression artérielle et des pertes de connaissance. On observe parfois une perte de conscience et un coma (choc anaphylactique). Certaines réactions sont dangereuses car elles peuvent engager le pronostic vital, comme l'œdème de Quincke ou le choc anaphylactique.

Allergie IgE :

  • L’allergie « IgE » est la forme d’allergie qui vient en premier à l’esprit quand on pense à une réaction allergique à un aliment. L’enfant allergique a en lui des anticorps appelés « IgE » (pour immunoglobulines E) qui vont reconnaître une protéine allergène comme « indésirable ». La réaction survient quelques minutes après avoir ingéré un aliment qui contient la protéine allergène.

SEIPA (Syndrome d’Entérocolite Induite par les Protéines Alimentaires) :

  • On suspecte le SEIPA surtout au début de la diversification alimentaire. Les symptômes typiques du SEIPA sont des vomissements 1 à 4 heures après le repas, avec parfois une pâleur, un état léthargique, suivis d’une diarrhée en différé.

Causes de l'allergie aux fraises

Bien que la cause exacte de l'allergie aux fraises ne soit pas toujours claire, certaines personnes présentent un risque accru en raison de facteurs génétiques ou environnementaux. Dans le cas des fraises, plusieurs protéines allergéniques sont responsables des réactions allergiques. Ces protéines sont naturellement présentes dans le fruit et peuvent être modifiées par divers facteurs environnementaux. Voici quelques éléments pouvant contribuer à cette allergie :

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  1. Antécédents familiaux : Les personnes ayant des antécédents familiaux d'allergies alimentaires ou d'autres allergies peuvent être plus susceptibles de développer une allergie aux fraises. Lorsqu’un enfant présente un terrain allergique (rhume des foins, asthme, eczéma, etc.), il est essentiel de consulter un médecin dès les premiers signes de réaction inhabituelle suite à l’ingestion d’un aliment.
  2. Sensibilité croisée : Les personnes allergiques au latex (comme celles qui souffrent d'allergies au kiwi ou à la banane) peuvent réagir aux fraises en raison de similitudes entre les protéines présentes dans ces aliments et celles du latex, un phénomène connu sous le nom de sensibilité croisée.
  3. Préparation des fraises : La manière dont les fraises sont préparées ou traitées peut également influer sur leur potentiel allergénique. Par exemple, certaines personnes peuvent être allergiques aux fraises crues mais non pas aux fraises cuites, en raison de la dénaturation des protéines allergènes lors de la cuisson.

Diagnostic de l'allergie aux fraises

Si vous suspectez une allergie aux fraises chez votre enfant, il est crucial de consulter un professionnel de santé. Le seul professionnel de santé à savoir diagnostiquer une allergie alimentaire est l’allergologue. Le médecin va mener un interrogatoire chronologique et vous guider, si besoin, vers un spécialiste pour un bilan allergologique, avec tests cutanés (réalisables chez l’enfant dès six mois) et prise de sang. Voici les étapes généralement suivies pour diagnostiquer cette allergie :

  1. Anamnèse : Le médecin commencera par prendre un historique médical détaillé. Il posera des questions sur les symptômes, leur apparition, les antécédents d'allergies dans la famille et la consommation de fraises. Avant tout diagnostic, votre rôle de parents passe par l’observation minutieuse de tout ce qui vous paraît « anormal » dans les réactions de votre enfant. C’est quoi ces boutons ? Pour identifier l’aliment incriminé, il faut rigoureusement, sur un carnet réservé à cet effet, les moindres détails qui ont précédé ces symptômes (constitution du repas, étiquettes des emballages…). Même le détail le plus insignifiant aidera peut-être, le moment venu, le spécialiste à faire son diagnostic.
  2. Tests cutanés : Un test cutané peut être effectué pour évaluer la réaction de la peau à des extraits allergéniques de fraise. Une petite quantité d'extrait est appliquée sur la peau et la réaction est observée. des tests cutanés, les prick-tests ou patch-tests : le médecin dépose une goutte de solution contenant l’allergène suspecté (ou parfois l’aliment lui-même) sur la peau puis il pique à travers la goutte (ou l’aliment) dans la peau, ou il pose un patch contenant l'allergène suspecté. Il observe ensuite la réaction provoquée. Les tests cutanés peuvent être effectués dès les premières semaines de la vie.
  3. Tests sanguins : Dans certains cas, des tests sanguins peuvent être recommandés pour mesurer la présence d'anticorps IgE spécifiques aux protéines de fraises. Pour l’allergie IgE, c’est l’évolution des résultats des tests cutanés ou des prises de sang qui va guider le médecin.
  4. Test de provocation orale : Un test de provocation orale peut être effectué sous surveillance médicale pour confirmer l’allergie. Cela implique de consommer une petite quantité de fraises pour observer la réaction. Si les feux semblent « au vert », une tentative de réintroduction sera programmée à l’hôpital pour être en conditions sécuritaires : c’est le test de provocation par voie orale (TPO pour les médecins).

L’allergologue terminera l’enquête par une nouvelle analyse des tests pratiqués : s’ils expliquent les symptômes et confirment l’allergie, c’est gagné, l’allergène coupable aura enfin un nom !

Conseils pour gérer l'allergie aux fraises

La première étape dans la gestion de cette allergie est l'identification précise des symptômes et la consultation avec un professionnel de santé pour confirmer le diagnostic. Voici quelques conseils pour gérer efficacement l'allergie aux fraises chez votre enfant :

  1. Éviter les fraises : Le moyen le plus efficace de prévenir des réactions allergiques est d'éviter totalement les fraises. Cela inclut non seulement le fruit lui-même mais aussi tout produit contenant des extraits ou arômes de fraise. Cela inclut tous les produits alimentaires contenant des fraises, comme les confitures, les desserts, les smoothies et certains produits cosmétiques. Le meilleur moyen de prévenir une réaction, c’est d’éviter le ou les aliments auxquels l’enfant est allergique. Oui ! Et ce, pendant au moins six mois car c’est le seul moyen d’éviter une récidive.
  2. Lire les étiquettes : Il est essentiel de lire attentivement les étiquettes des produits alimentaires pour éviter la consommation involontaire de fraises. De nombreux produits transformés peuvent contenir des arômes ou des extraits de fraises. En France, l’étiquetage des aliments industriels ne permet pas forcément de détecter la présence d’éventuels allergènes. La présence d’additifs est obligatoirement mentionnée sur les étiquettes (arachide dans les pâtisseries, confiseries, chocolat, lysozyme du blanc d’œuf, caséine du lait, des quiches, préparations de flans, d’entremets, de sauce béchamel…). Mais les ingrédients ne sont mentionnés que si leur pourcentage dans l’aliment dépasse 25 % ! Dans la législation européenne, les 14 allergènes les plus fréquents sont obligatoirement mentionnés, soit dans la liste des ingrédients de l’aliment, soit par une mention claire et voyante figurant sur l’emballage du produit. Ces 14 allergènes sont aussi tenus à disposition dans les menus des restaurants.
  3. Accès rapide aux antihistaminiques : Si votre enfant est allergique, il est recommandé de toujours avoir un antihistaminique à portée de main pour gérer une réaction allergique mineure. Dans les cas graves, un auto-injecteur d'épinéphrine doit être à portée de main. Dans l’allergie IgE, une trousse d’urgence suit l’enfant dans ses déplacements. Elle comporte les médicaments nécessaires en cas de réaction allergique : un antihistaminique (sous forme de sirop ou comprimé) et parfois un stylo auto-injectable d’adrénaline et les traitements de crise d’asthme. En cas d'ingestion accidentelle, prendre des médicaments d'urgence (antihistaminiques, corticoïdes, adrénaline) peut soulager les symptômes. Par contre, ces médicaments ne feront pas totalement disparaître les allergies.
  4. Informer son entourage : Informez vos amis, votre famille et les personnes qui s'occupent de votre enfant de son allergie. Cela les sensibilisera à sa condition et leur permettra d’éviter de l’exposer aux fraises. En impliquant les amis et la famille, il devient plus facile de partager ce défi quotidien. Informer votre entourage permet de créer un cercle de soutien au sein duquel chacun veille à éviter toute exposition involontaire.
  5. Consultation régulière : Si votre enfant a des antécédents d'allergies alimentaires, consultez régulièrement un allergologue pour évaluer sa situation. Les allergies peuvent évoluer avec le temps. Régulièrement, le médecin s’attachera à évaluer la qualité de vie de l’enfant, notamment en cas d’allergies alimentaires multiples et/ou persistantes. Enfin, pendant le suivi, le médecin surveillera l’apparition d’autres maladies « atopiques ».
  6. Diversification alimentaire : Une diversification alimentaire dès 4 à 6 mois, incluant sans délai les aliments à fort potentiel allergisant en prenant en compte les habitudes alimentaires familiales car c’est ceux auxquels l’enfant sera exposé indirectement et cela garantira la régularité de la consommation dans le temps.

Allergie et cantine

Selon les cas, l’enfant mangera à la cantine le même menu que ses camarades sous réserve de l’absence de l’allergène, ou un plateau spécifique garanti sans allergène ou bien un panier-repas préparé par la famille.

Induction de tolérance

En cas de diagnostic confirmé, l’allergie pourra être traitée par induction de tolérance. Cette méthode protocolaire consiste à réintroduire, de façon régulière, de petites quantités de l’aliment incriminé dans l’alimentation du patient afin de désensibiliser son système immunitaire. Après plusieurs mois de traitement par induction de tolérance, le patient pourra consommer à nouveau l’aliment, à l’origine de son allergie, sans aucune réaction sévère. Parfois, lorsque la guérison traîne et/ou n’est que partielle, un protocole de désensibilisation peut être initié : c’est l’immunothérapie orale. Cela ne concerne qu’un nombre restreint d’aliments et nécessite un suivi spécialisé allergologique.

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Allergie et guérison

Pour l’allergie IgE, c’est l’évolution des résultats des tests cutanés ou des prises de sang qui va guider le médecin.

Pour d’autres, c’est plus compliqué avec une guérison dans seulement 1 cas sur 5 : c’est le cas de l’allergie à l’arachide, aux fruits à coque ou aux poissons.

Alternatives aux fraises

De nombreuses baies et fruits peuvent remplacer les fraises sans provoquer de réactions allergiques. Par exemple, les myrtilles ou framboises constituent de délicieuses alternatives.

Allergie et évolution

Généralement, les allergies alimentaires vont en s’aggravant : la réaction du système immunitaire est de plus en plus intense lors de chaque exposition à l’aliment responsable.

Allergie et exercice physique

Chez certaines personnes, des symptômes d’allergie alimentaire sont déclenchés par la pratique d’un exercice physique intense et prolongé après la prise de certains aliments (alors que ces aliments sont habituellement bien tolérés). Dans les trois-quarts des cas, l’ingestion des aliments incriminés a eu lieu avant le début de l’exercice physique (en général la course ou un entraînement de sport collectif). Quinze à trente minutes après le début de l’exercice, la personne ressent des symptômes annonciateurs : démangeaisons et picotements des mains, éternuements, toux, difficultés à respirer, rougeur du visage, maux de ventre, diarrhée, etc. L’arrêt immédiat de l’exercice dès les premiers signes suffit généralement pour soulager les symptômes. Dans les cas les plus sévères, une injection d’adrénaline peut s’avérer nécessaire.

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