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Allaiter sans avoir accouché : Comment faire ?

L'allaitement est souvent perçu comme un acte intrinsèquement lié à la grossesse et à l'accouchement. Pourtant, il est tout à fait possible d'allaiter sans avoir vécu ces étapes. Ce phénomène, appelé lactation induite, offre une opportunité unique aux mères adoptives, aux couples de femmes, et à d'autres situations spécifiques de nourrir leur enfant au sein. Il s'agit d'un processus complexe mais réalisable, qui demande de la motivation, de la patience, et un accompagnement médical adéquat.

Comprendre la lactation induite

La lactation induite est le processus par lequel une femme peut stimuler et produire du lait maternel, même sans avoir été enceinte. Cette pratique n'est pas nouvelle, des femmes ayant allaité les bébés d'autres femmes à travers l'histoire. Cependant, le protocole moderne pour induire la lactation a été formulé en 1999 par le Dr. Newman, suite à une étude menée auprès de 250 femmes.

Le fonctionnement de la lactation

Pour comprendre comment la lactation peut être induite, il est essentiel de connaître le processus naturel de production de lait. Pendant la grossesse, le corps de la femme produit une quantité croissante de progestérone, d'œstrogènes et de prolactine, préparant ainsi les seins à la lactation. Après l'accouchement, les niveaux d'œstrogènes et de progestérone chutent, tandis que la prolactine augmente, déclenchant la production de lait.

Le processus mécanique de stimulation du sein, par la succion du bébé ou par l'utilisation d'un tire-lait, envoie un signal au cerveau, qui libère de l'ocytocine, une hormone favorisant l'éjection du lait et stimulant la production de prolactine. Il est important de noter qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un appareil reproducteur fonctionnel pour induire la lactation.

Les motivations derrière l'induction de la lactation

Plusieurs situations peuvent amener une femme à envisager l'induction de la lactation :

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  • Adoption : Les mères adoptives peuvent ainsi nourrir leur enfant avec leur propre lait maternel, favorisant le lien d'attachement et offrant une nutrition optimale.
  • Gestation pour autrui (GPA) : Les couples faisant appel à une mère porteuse peuvent souhaiter que la mère non biologique puisse allaiter l'enfant.
  • Couples de femmes : L'une des partenaires peut porter l'enfant, tandis que l'autre induit sa lactation pour partager l'expérience de l'allaitement.

Au-delà des bienfaits nutritionnels du lait maternel, l'induction de la lactation permet de créer un lien émotionnel et relationnel fort avec le bébé, en particulier pour les mères qui n'ont pas vécu la grossesse.

Les méthodes d'induction de la lactation

Il existe différentes approches pour induire la lactation, allant des méthodes naturelles à l'utilisation de médicaments.

La méthode du Dr. Newman

La méthode du Dr. Newman, détaillée dans un guide par Lenore Goldfarb, implique une préparation minutieuse plusieurs mois avant l'arrivée de l'enfant. Elle vise à reproduire les variations hormonales qui se produisent pendant et après la grossesse.

  1. Prise de pilule contraceptive : Une pilule contraceptive combinée, contenant à la fois des œstrogènes et de la progestérone, est prescrite pendant 22 à 24 semaines. Cela simule l'état de grossesse et prépare les glandes mammaires.
  2. Arrêt de la pilule : L'arrêt brutal de la pilule, 6 à 8 semaines avant la date prévue de l'accouchement, imite la chute hormonale qui se produit après la naissance.
  3. Dompéridone : De la dompéridone, un médicament anti-nauséeux ayant pour effet secondaire de stimuler la production de prolactine, est prescrite tout au long du protocole. Le dosage doit être progressif et adapté à chaque femme, sous surveillance médicale. Il est crucial de consulter un médecin, une sage-femme ou un conseiller en lactation pour déterminer le dosage approprié. La dompéridone est contre-indiquée en cas d'insuffisance hépatique, de pathologies cardiaques, etc. Il est impératif de demander conseil à son médecin.
  4. Stimulation des seins : Après l'arrêt de la pilule, la stimulation des seins commence, soit manuellement, soit à l'aide d'un tire-lait. Pendant les deux semaines suivant l'arrêt de la contraception, il est recommandé d'exprimer le lait 5 à 7 minutes, de masser les seins, puis de recommencer, toutes les trois heures.
  5. Hydratation : Il est essentiel de s'hydrater correctement en buvant 6 à 8 verres d'eau par jour.

Normalement, du lait devrait apparaître avant la naissance du bébé si les délais sont respectés. Dès la naissance, il est conseillé de mettre le bébé au sein le plus tôt possible pour continuer à stimuler la lactation.

Autres méthodes

  • Stimulation exclusive par tire-lait : Cette méthode consiste à stimuler les seins avec un tire-lait de manière répétée, plusieurs fois par jour, jusqu'à l'obtention d'une production de lait. Cette approche est plus naturelle mais peut être plus longue et exigeante.
  • Compléments galactogènes : Des compléments alimentaires à base de plantes réputées pour stimuler la lactation, comme le fenugrec ou le chardon béni, peuvent être utilisés en complément des autres méthodes.
  • Dispositif d'aide à la lactation (DAL) : Un DAL est un dispositif qui permet de donner un complément de lait (maternel ou artificiel) au bébé pendant qu'il tète au sein. Une fine sonde est fixée sur le mamelon et introduite dans la bouche du bébé, stimulant ainsi la succion et la production de lait.

Préparation et accompagnement

Avant de se lancer dans l'induction de la lactation, il est crucial de se préparer physiquement et émotionnellement.

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  • Soutien : Il est indispensable d'être soutenue par son partenaire, sa famille, et ses amis. L'allaitement induit peut susciter l'incompréhension ou le découragement de l'entourage, il est donc important d'avoir un soutien solide.
  • Consultation : Il est recommandé de se faire accompagner par une consultante en lactation et un professionnel de santé (médecin, sage-femme) pour établir un plan personnalisé et suivre l'évolution de la lactation.
  • Objectifs réalistes : Il est important de se fixer des objectifs réalistes et de comprendre que chaque femme et chaque bébé réagissent différemment. L'allaitement induit peut prendre du temps et demander de la persévérance.

Les défis de l'induction de la lactation

L'induction de la lactation peut présenter des défis, notamment :

  • Production de lait insuffisante : La quantité de lait produite peut varier considérablement d'une femme à l'autre. Il est important de ne pas se décourager et de persévérer dans la stimulation des seins.
  • Difficultés d'attachement : Les mères qui n'ont pas vécu la grossesse peuvent ressentir des difficultés à établir un lien d'attachement avec leur bébé. L'allaitement peut contribuer à renforcer ce lien.
  • Fatigue : La stimulation régulière des seins, associée à la prise de médicaments, peut entraîner de la fatigue. Il est important de se reposer et de prendre soin de soi.
  • Préjugés : Les mères qui allaitent sans avoir été enceintes peuvent être confrontées à des préjugés et à un manque de compréhension de la part de leur entourage ou du corps médical.

Relactation

Il est possible de relancer sa lactation après avoir arrêté l’allaitement et cela s’appelle la relactation. La relactation consiste à relancer la lactation après une période plus ou moins longue d’arrêt de l’allaitement ou d’arrêt d’utilisation du tire-lait. Cela veut dire, que la mère peut reprendre un allaitement maternel, sevré depuis plusieurs jours, semaines ou mois, et même si elle n’a pas donné le sein. Néanmoins, ce n’est pas la durée de l’arrêt qui présage de la facilité à relancer la lactation. Il faut compter 3 fois plus de temps que la durée de l’arrêt pour espérer une reprise complète de la production.

Allaiter souvent ! Il faut stimuler la production de lait de manière efficiente : donc le corps de la mère doit recevoir le signal de produire du lait. La stratégie sera adaptée en fonction de l’âge de l’enfant. Utiliser un dispositif d’aide à l’allaitement (DAL) pour offrir un complément en attendant la production optimale de lait. Ces actions permettront la mise en place des mécanismes hormonaux (prolactine, ocytocine, insuline…). Voici également quelques astuces, naturelle et très accessibles, afin d’augmenter la production de lait. Parfois, ce sont même de véritables boosters ! - du repos ! - des aliments “amis” galactogènes qui stimulent la lactation, la montée de lait : le fenouil, le fenugrec… mais aussi le chardon-marie ! Si la lactation était complète avant le sevrage, il faudra compter en général le temps qu’il a fallu pour arrêter l’allaitement.

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