Les soins aux nouveau-nés englobent toutes les pratiques visant à maintenir la santé et le bien-être d'un nouveau-né, depuis sa naissance jusqu'à l'âge d'environ un mois. C'est un aspect essentiel des soins infirmiers, car il pose les bases du parcours de chaque enfant. Un spécialiste des soins aux nouveau-nés, également appelé infirmier de maternité ou sage-femme, joue un rôle important dans les soins aux nouveau-nés. Ces spécialistes sont des professionnels de santé qualifiés qui apportent un soutien complet à la fois à la mère et au nouveau-né. Les soins néonatals représentent un segment essentiel des soins infirmiers pédiatriques, centré sur la fourniture de soins de santé aux nouveau-nés, en particulier ceux qui sont nés prématurément ou qui souffrent de complications de santé. Les éléments fondamentaux des soins néonatals tournent autour de la garantie du bien-être du nouveau-né et de l'amélioration des résultats de santé.
Importance de l'alimentation en néonatologie
L'alimentation joue un rôle crucial dans le développement et la survie des nouveau-nés, en particulier chez les prématurés. Le mode d’alimentation de l’enfant prématuré dépend de multiples facteurs, tel que son état de santé, son terme de naissance et son âge. Mais lorsque l’alimentation est entérale, le seul aliment qu’il nécessite est le lait. L'alimentation peut être administrée de différentes manières, notamment par voie entérale (par le tube digestif) ou parentérale (par voie intraveineuse).
Alimentation entérale
L'alimentation entérale consiste à apporter les besoins nutritionnels à l’enfant par voie digestive en court-circuitant la bouche et l’œsophage de l’enfant. Certes cette méthode d’alimentation a marqué l’histoire de l’évolution médicale mais elle a en parallèle induit des troubles de l’oralité au décours de son utilisation. Elle permet l’apport de lait maternel ou artificiel directement par voie digestive en court-circuitant la bouche et l’œsophage de l’enfant.
Alimentation parentérale
Elle consiste à apporter les besoins nutritionnels à l’enfant par voie veineuse périphérique ou centrale. Cette technique est très lointaine de la physiologie de l’alimentation, car en plus d’exclure la bouche comme le fait l’alimentation entérale, elle exclut tout le processus digestif que se soit au niveau des sensations de faim et de satiété, ou au niveau des hormones en lien avec l’appétit. Le choix entre l’une ou l’autre est bien sûr médical, mais en général si le tube digestif est fonctionnel l’alimentation entérale est préférée à la parentérale, car elle est techniquement moins complexe et moins iatrogène.
Avantages et inconvénients de l'alimentation gérée par les parents
L'alimentation gérée par les parents, également connue sous le nom d'alimentation à la demande ou alimentation réactive, est une approche dans laquelle les parents répondent aux signaux de faim et de satiété de leur bébé, plutôt que de suivre un horaire rigide. Cette approche peut avoir des avantages et des inconvénients en néonatologie.
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Avantages
- Renforcement du lien parent-enfant : Cette approche favorise une plus grande sensibilité des parents aux besoins de leur bébé, ce qui peut renforcer le lien affectif.
- Amélioration de la régulation de l'appétit : En permettant aux bébés de manger en fonction de leurs signaux de faim, cette approche peut favoriser une meilleure régulation de l'appétit à long terme.
- Réduction du stress : Les parents peuvent se sentir moins stressés en n'ayant pas à se soucier de respecter un horaire rigide.
- Facilitation de l'allaitement maternel : L'alimentation à la demande est compatible avec l'allaitement maternel, car elle permet aux bébés de téter à leur propre rythme et selon leurs besoins.
Inconvénients
- Difficulté de mise en œuvre en néonatologie : Les bébés prématurés ou malades peuvent avoir des difficultés à exprimer clairement leurs signaux de faim, ce qui peut rendre l'alimentation gérée par les parents plus difficile à mettre en œuvre.
- Risque de sous-alimentation ou de suralimentation : Si les parents ne sont pas attentifs aux signaux de leur bébé, il peut y avoir un risque de sous-alimentation ou de suralimentation.
- Besoin de soutien et d'éducation : Les parents peuvent avoir besoin de soutien et d'éducation pour apprendre à reconnaître les signaux de faim et de satiété de leur bébé et à répondre de manière appropriée.
- Charge de travail accrue pour les soignants : L'alimentation gérée par les parents peut nécessiter plus de temps et d'attention de la part des soignants, ce qui peut être un défi dans les unités de soins néonatals surchargées.
Stratégies d'alimentation en néonatologie
Plusieurs stratégies d'alimentation sont utilisées en néonatologie pour répondre aux besoins spécifiques des nouveau-nés prématurés ou malades.
Allaitement maternel
Il est incontestablement que face à l’immaturité digestive de ces jeunes enfants, le lait maternel est favorable à une absorption intestinale idéale et permet de prévenir au mieux les risques infectieux digestifs. Les bénéfices de l’allaitement maternel, notamment chez l’enfant prématuré, ne sont plus à démontrer. Bien sûr, il est à encourager dans les services accueillant les enfants nés prématurément selon le libre choix des parents. Conserver une alimentation orale permet de stimuler la sécrétion de salive. Cette dernière apporte de la lipase permettant d’assimiler les graisses et compense le déficit pancréatique du nouveau-né prématuré. Un enfant né très prématurément ne peut pas survivre sans lait de femme, mais arrivé à un certain terme l’introduction de lait artificielle est alors possible bien que la surveillance de la tolérance soit nécessaire au départ.
Alimentation au biberon
L'alimentation au biberon est une alternative courante à l'allaitement maternel, en particulier lorsque la mère ne peut pas allaiter ou choisit de ne pas le faire. Il existe un risque de confusion sein-tétine chez certains enfant. Mais surtout, la rigidité de la tétine du biberon risque de surstimuler la zone orale en comparaison au mamelon. Ainsi elle peut induire chez l’enfant un manque de stimulation lorsque l’on proposera le sein et donc intensifier la difficulté, notamment chez l’enfant prématuré, à le saisir et le garder en bouche.
Alimentation à la tasse
Cette méthode de substitution de l’allaitement au sein ou au biberon est l’une des plus préconisées par l’OMS. Elle peut tout à fait être proposée à l’enfant prématuré dès 29 semaines d’aménorrhée. Elle représente un moyen de substitution du sein optimal et peut être présentée en complément de ce dernier au lieu d’un biberon. Il est préférable d’utiliser du lait de femme ou lait maternel chauffé afin que les vapeurs stimulent l’olfaction du nouveau-né. On doit venir effleurer la lèvre supérieure de l’enfant avec la tasse remplie de lait à moitié et inclinée pour que ce dernier remonte vers le bord. Ensuite il suffit d’attendre que l’enfant vienne de lui même en laper le contenu. À aucun moment le lait ne doit être versé dans la bouche.
Alimentation au doigt
C’est exactement le même principe que la tasse. C’est une méthode d’alimentation qui n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation mais qui est pratiquée dans certains services. Le préalable : avoir les mains propres et les ongles courts. Sélectionner le doigt le plus volumineux de la main et y fixer l’extrémité d’une sonde d’alimentation ou bien d’une sonde quelconque en matériaux souple, en veillant à ce qu’elle ne dépasse pas du doigt. Immerger l’autre extrémité dans un récipient contenant du lait ( corps de biberon par exemple) ou bien adapter une seringue d’alimentation de faible volume remplie de lait. Tenir l’enfant en position assise ou en ballon de rugby. Lui présenter le doigt choisi, la pulpe en direction du palais, en lui stimulant les lèvres afin qu’il ouvre la bouche et saisisse le doigt.
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Dispositif d'aide à l'allaitement (DAL)
Le DAL est composé d’un flacon d’où s’extériorisent de fins tubes en silicone que l’on peut clamper pour prévenir l’arrivée du lait. Il suffit de porter le flacon autour du cou, le bouchon dirigé vers le bas, de fixer l’extrémité d’un tube sur le sein en la laissant dépasser du mamelon ( d’environ 5 millimètres) pour pouvoir épouser au mieux la forme de ce dernier une fois saisi en bouche. Ensuite, l’enfant peut être mis au sein. On peut réguler le flot de lait en plaçant le flacon très haut pour que le lait coule aisément et plus on l’abaissera plus l’effort à fournir pour obtenir du lait sera important.
Recommandations de l'OMS
L’OMS avait déjà publié en 2011, 2012 et 2015 des lignes directrices traitant de la prise en charge des nourrissons prématurés ou de faible poids de naissance. Cependant, de nouvelles preuves sont apparues dans de nombreux domaines depuis l’élaboration de ces documents. Le nouveau document comprend 25 recommandations et 1 déclaration de bonnes pratiques pour améliorer la survie et la santé des prématurés et des nourrissons de faible poids de naissance. 16 recommandations portent sur les soins préventifs et promotionnels, 6 sur la prise en charge des complications et 3 sur la participation et le soutien de la famille. Les lignes directrices recommandent vivement l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois afin d’améliorer la santé d’un nouveau-né prématuré ou de faible poids de naissance, car il est prouvé qu’il réduit les risques d’infection par comparaison avec les préparations pour nourrissons. Lorsque le nouveau-né ne peut pas être allaité par sa mère, la meilleure alternative est le lait maternel provenant d’une donneuse, même si des « préparations pour prématurés » enrichies peuvent être utilisées en l’absence de lactarium. Ces nouvelles recommandations sont pertinentes pour tous les pays et les niveaux de revenus.
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