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Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant : Recommandations de l'OMS et Guide Pratique

Introduction

L'alimentation du nourrisson et du jeune enfant est un sujet crucial pour assurer une croissance et un développement optimaux. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise des recommandations spécifiques pour répondre aux besoins nutritionnels de cette tranche d'âge. Cet article détaille ces recommandations, en mettant l'accent sur les besoins nutritionnels essentiels, l'allaitement maternel, les préparations infantiles et la diversification alimentaire.

Besoins Nutritionnels Spécifiques du Nourrisson et du Jeune Enfant

Les besoins nutritionnels du nourrisson et du jeune enfant sont définis pour assurer un bon fonctionnement tissulaire, en tenant compte de l'absorption intestinale et de la maturation rénale. Ces besoins varient en fonction de l'âge, du terrain génétique, de l'activité physique, de la vitesse de croissance et de l'environnement.

Besoins Énergétiques

Les besoins énergétiques doivent couvrir la dépense énergétique totale (DET) et les besoins liés à la croissance. Exprimés en kilocalories (kcal), ils sont particulièrement élevés durant les deux premières années de vie et au moment de la puberté, périodes de croissance rapide. La croissance nécessite environ 5 kcal/g de tissu formé. Un nourrisson qui prend 30 g/jour utilise environ 150 kcal/jour pour sa croissance, soit 20 à 30 % de sa DET. Après 6 mois, la vitesse de croissance diminue et le coût énergétique devient négligeable vers 3 ans.

Besoins en Eau

Les besoins en eau sont élevés en raison de la constitution corporelle du nourrisson, où l'eau représente 75 % du poids les premières semaines et 60 % à 1 an. Les apports en eau doivent couvrir les pertes cutanées, respiratoires, urinaires et fécales, ainsi que les besoins liés à la croissance. L'alimentation lactée assure ces besoins chez le nourrisson de moins de 1 an.

Besoins en Macronutriments

Glucides

Les glucides jouent un rôle énergétique essentiel (4 kcal/g). Avant 1 an, 40 % des calories proviennent du lait maternel ou des préparations infantiles. Après 1 an, les glucides doivent représenter 50 à 55 % de l'apport énergétique total.

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Lipides

Les lipides fournissent 9 kcal/g et sont cruciaux pour l'apport en acides gras essentiels (AGE), notamment l'acide alpha-linolénique (oméga 3) et l'acide linoléique (oméga 6), indispensables au développement neurocognitif. Ils contribuent à 50 % des apports énergétiques totaux jusqu'à 6 mois, puis diminuent progressivement pour atteindre 35 % à 3 ans. Les apports en DHA doivent être de 100 mg/jour durant les trois premières années de vie, et de 140 mg durant les six premiers mois pour l'ARA.

Protéines

Les protéines jouent un rôle enzymatique, hormonal et de transport. Les besoins sont d'environ 10 g/jour jusqu'à 3 ans, puis 0,8-1 g/kg/jour, représentant 10 à 15 % de la ration énergétique. Idéalement, 50 % des protéines devraient être d'origine animale et 50 % d'origine végétale.

Besoins en Micronutriments

Fer

L'absorption intestinale du fer est faible, variant de 20 à 30 % pour le fer héminique (viandes, poissons) et de 2 à 5 % pour le fer non héminique (lait, végétaux). La vitamine C favorise l'absorption du fer. Le lait maternel couvre les besoins jusqu'à 6 mois grâce à un coefficient d'absorption de 50 %. Pour les enfants non allaités, les laits infantiles enrichis en fer et vitamine C sont une bonne alternative.

Sodium et Chlore

Les besoins en sodium et chlore sont estimés à 1 à 3 mEq/kg/jour.

Calcium

Les apports en calcium sont essentiels pour la minéralisation osseuse. Les besoins sont de 280 à 450 mg/jour avant 3 ans, 800 mg/jour entre 3 et 10 ans, et 1150 mg/jour de 11 à 17 ans. L'absorption dépend de la vitamine D et du rapport calcium/phosphore. Après la diversification, les nourrissons doivent consommer au moins 500 mL de lait de suite par jour.

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Vitamine D

La vitamine D est cruciale pour la minéralisation osseuse et l'absorption du calcium. Une supplémentation quotidienne de 400 UI/jour est recommandée pour tous les enfants de 0 à 18 ans. La quantité peut varier selon l'âge et les facteurs de risque (obésité, peau noire, etc.).

Vitamine K

La vitamine K est importante pour la synthèse des facteurs de coagulation et la formation osseuse. Une supplémentation de 2 mg de vitamine K est nécessaire à la naissance et entre le 4e et le 7e jour. Une dose supplémentaire est recommandée à 1 mois pour les nourrissons allaités exclusivement.

Allaitement Maternel : L'Alimentation Idéale

L'OMS recommande l'allaitement maternel exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois. Le lait maternel est adapté aux besoins du nourrisson et offre de nombreux avantages.

Composition du Lait Maternel

La composition du lait maternel varie selon l'âge gestationnel, le stade de la lactation, le moment de la tétée et le régime alimentaire de la mère.

  • Protéines : 1 g/100 mL, composées de caséines et de protéines solubles (alpha-lactalbumine, lactoferrine, IgA, lysozymes).
  • Lipides : 3,5 g/100 mL, principalement des triglycérides.
  • Glucides : 6 à 7 g/100 mL, principalement du lactose et des oligosaccharides.
  • Vitamines : Apports en vitamines B, E et A.
  • Oligo-éléments : Taux faible mais biodisponibilité élevée.
  • Facteurs anti-infectieux : IgA, lactoferrine, lysozymes, macrophages et lymphocytes T.

L'allaitement maternel diminue la mortalité infantile et réduit le risque d'affections respiratoires et gastro-intestinales. Il est particulièrement recommandé pour les prématurés.

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Influence de l'Alimentation Maternelle sur le Lait Maternel

L'alimentation de la mère influence la composition lipidique du lait maternel. La consommation de poissons gras augmente la teneur en oméga 3. La teneur en protéines du lait maternel reste relativement stable, indépendamment de l'alimentation de la mère.

Allaitement et Prématurité

Le lait maternel des mères d'enfants prématurés a une teneur en protéines plus élevée. Les bébés prématurés avec un poids de naissance élevé reçoivent un lait moins riche en protéines, tandis que ceux avec un faible poids de naissance reçoivent un lait plus riche en protéines.

Pratique de l'Allaitement Maternel

Une mise au sein précoce avec un contact peau à peau doit être initiée dès la salle de naissance. Les tétées sont proposées à la demande, y compris la nuit (6 à 12 fois par 24 heures), pendant environ dix minutes.

Préparations Infantiles : Alternatives à l'Allaitement Maternel

Lorsque l'allaitement maternel n'est pas possible ou souhaité, les préparations infantiles constituent une alternative.

Types de Préparations Infantiles

  • Préparations pour nourrissons (0-6 mois) : Leur composition doit répondre aux recommandations de la législation européenne (2006/141/EC). Elles contiennent des protéines de lait de vache ou de chèvre, des graisses végétales (parfois laitières), et sont enrichies en fer, vitamine D et acide folique.
  • Préparations de suite (6-12 mois) : Elles contiennent plus de glucides et de protéines, avec une teneur lipidique abaissée.
  • Laits épaissis : Ils contiennent de l'amidon ou de la farine de caroube pour augmenter leur viscosité.
  • Laits sans lactose : Le lactose est remplacé par de la dextrine maltose.
  • Laits partiellement hydrolysés : Ils contiennent des protéines solubles partiellement hydrolysées.
  • Laits hypoallergéniques (HA) : Ils contiennent des protéines hydrolysées de façon extensive pour réduire l'allergénicité. Leur efficacité pour prévenir les allergies n'est pas prouvée.

Utilisation des Préparations Infantiles

Le volume de lait infantile doit être adapté aux besoins de l'enfant, variant selon l'âge. Le biberon peut être reconstitué avec de l'eau du robinet ou de l'eau minérale. Il peut être donné à température ambiante ou chauffé, mais ne doit pas être administré plus de 30 minutes après le chauffage.

Diversification Alimentaire : Introduction des Aliments Solides

La diversification alimentaire est l'introduction progressive d'aliments autres que le lait. Elle est généralement recommandée entre 4 et 6 mois.

Recommandations Générales

  • Introduire tous les aliments entre 4 et 6 mois, y compris les plus allergisants (œuf, poisson, fruits exotiques, céleri, arachide, fruits à coque), quel que soit le terrain atopique.
  • Éviter une diversification trop précoce (avant 4 mois) pour prévenir les carences en calcium, fer et AGE.
  • Débuter par des légumes, puis des fruits, suivis de la viande, du poisson et de l'œuf.
  • Introduire le gluten dès 4 mois, en limitant la quantité au début.
  • Introduire l'arachide entre 4 et 6 mois pour diminuer le risque d'allergie.

Méthodes d'Introduction des Aliments

La diversification peut débuter soit par l'ajout de légumes mixés dans le biberon, soit par l'utilisation de la cuillère. Les quantités sont indicatives et varient selon l'appétit de l'enfant.

Textures et Préparation des Aliments

  • Entre 4 et 8 mois : alimentation mixée, lisse.
  • Vers 8 mois : purées granuleuses.
  • Vers 10 à 12 mois : textures molles et aliments durs fondant en bouche.
  • Après 10 à 12 mois : aliments durs nécessitant une mastication développée.

L'ajout de matières grasses (beurre, crème, huile) est requis dans tous les plats salés pour assurer les besoins en lipides.

Lait Végétal : Alternatives à Éviter

Les boissons végétales (lait d'amande, lait de soja) ne sont pas du lait et ne peuvent pas remplacer le lait maternel ou le lait infantile, même enrichies en calcium, car elles ne répondent pas aux besoins nutritionnels des enfants de moins de 1 an.

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