Alain Stevez est un nom qui résonne de plus en plus fort dans le paysage musical français, non pas pour ses propres compositions originales, mais pour sa capacité à incarner vocalement et physiquement Jean-Jacques Goldman. Fondateur et leader du groupe Goldmen, il dédie sa carrière à faire vivre l'œuvre de l'artiste préféré des Français, absent de la scène depuis 2002.
Un parcours atypique : de l'ouvrier au sosie vocal
Originaire de Douai, dans le Nord de la France, Alain Stevez n'était pas destiné à une carrière musicale sous les projecteurs. Dès l'âge de 5 ans, il mimait ses idoles devant le miroir, des Cloclo à Brel, en passant par Johnny et Queen. La musique le passionne, il l'écoute et la dissèque. Il commence à jouer de la guitare à 14 ans, en autodidacte, encouragé par Bruno, le premier claviériste des Goldmen. Ensemble, ils rejoignent un groupe appelé Galactica dans les années 80, écumant les bals et les cafés-concerts.
Cependant, la musique ne lui permettant pas de gagner sa vie, il travaille dans le bâtiment en Haute-Savoie. Il revient ensuite à la musique dans les années 90, en tant que chanteur dans un orchestre de variétés. C'est dans ce contexte qu'il affine sa voix, trouvant une résonance particulière qui rappelle celle de Jean-Jacques Goldman.
La naissance des Goldmen : une évidence
En 2010, un ami, Pierre-Marie, lui suggère de reprendre le répertoire de Jean-Jacques Goldman. L'idée s'avère être une évidence. Stevez connaissait l'œuvre de Goldman sur le bout des doigts et constatait un manque croissant de l'artiste auprès du public. Il en parle à ses amis musiciens, Bruno, David, Pierre Henri et Jérémy, qui acceptent immédiatement. Quelques mois plus tard, ils donnent leur premier concert au théâtre de Denain, un véritable succès.
Le groupe prend le nom de Goldmen, un clin d'œil au patronyme de Jean-Jacques Goldman, mais aussi une référence à leur propre succès grandissant. Au départ, Alain Stevez portait une perruque pour accentuer sa ressemblance avec Goldman, mais il finit par laisser pousser ses cheveux, adoptant une coupe similaire à celle de son modèle à l'époque de ses premiers tubes.
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Un succès fulgurant : la tournée des Zénith
L'ascension des Goldmen est progressive mais fulgurante. Les concerts s'enchaînent, des petites salles aux festivals, attirant un public de plus en plus nombreux. Leur producteur, Philippe, croit en leur potentiel et leur permet de se lancer dans une véritable tournée. Ils foulent même la scène de l'Olympia, à deux reprises, devant une salle comble.
Leur agenda est rempli jusqu'au printemps 2025, témoignant de l'engouement du public pour leur spectacle. Les Goldmen ne se contentent pas de reproduire fidèlement les chansons de Goldman, ils les interprètent avec passion et énergie, offrant un véritable show à leurs fans. Chaque concert est unique, avec des arrangements différents et des morceaux moins connus du répertoire de Goldman.
La bénédiction de l'idole : une reconnaissance ultime
La consécration ultime pour Alain Stevez et les Goldmen est la reconnaissance de Jean-Jacques Goldman lui-même. Lors d'une rencontre à la SACEM, Stevez a pu échanger quelques mots avec son idole, qui lui a confié apprécier les Goldmen et le fait que ses chansons soient chantées et reprises. Goldman aurait même déclaré, avec humour, qu'Alain Stevez chantait mieux que lui !
Cette bénédiction est une source de fierté et de motivation pour Alain Stevez, qui considère son rôle comme une "mission" : celle de faire perdurer l'œuvre de Jean-Jacques Goldman et de combler le manque de l'artiste auprès de son public.
L'humilité et la passion : les clés du succès
Malgré leur succès grandissant, Alain Stevez et les Goldmen restent humbles et proches de leur public. Ils sont avant tout des fans de Jean-Jacques Goldman, et ils abordent chaque concert avec la même envie et le même trac. Ils se remettent constamment en question, cherchant à améliorer leur spectacle et à offrir une expérience unique à leurs spectateurs.
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Alain Stevez décrit son travail avec les Goldmen comme un "rêve". Il est conscient de la chance qu'il a de pouvoir vivre de sa passion et de rendre hommage à l'artiste qu'il admire tant. Il apprécie sa vie d'artiste et est heureux de rendre hommage à l'œuvre de Jean-Jacques Goldman.
Un répertoire riche et varié : 107 chansons à l'honneur
Les Goldmen puisent dans un répertoire de 107 chansons de Jean-Jacques Goldman, offrant un panorama complet de sa carrière. Des tubes incontournables comme "Envole-moi", "Encore un matin" et "Il suffira d'un signe" aux morceaux moins connus, ils revisitent l'œuvre de Goldman avec talent et respect.
Alain Stevez a une affection particulière pour la chanson "Le coureur", qui évoque la quête du bonheur et la critique de la société de performance. Il souligne également la complexité des chansons de Goldman, qui sont à la fois accessibles au public et stimulantes pour les musiciens.
Collaborations prestigieuses : Michael Jones et l'Héritage Goldman
Le talent des Goldmen leur a également ouvert les portes de collaborations prestigieuses. Ils ont notamment eu l'occasion de partager la scène avec Michael Jones, l'ancien acolyte de Jean-Jacques Goldman, qui les a encensés pour leur fidélité à l'esprit de Goldman.
Ludivine Cueille, une artiste savoyarde, s'est également produite aux côtés de Michael Jones et de l'équipe de l'Héritage Goldman, témoignant de la reconnaissance du groupe au-delà de sa région d'origine.
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