Introduction
La question de l'avortement suscite des débats passionnés et polarisés à travers le monde. En France, comme ailleurs, les opinions sur l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) sont diverses et parfois virulentes. Cet article se penche sur la position d'Alain Soral, figure controversée de la sphère politique française, sur l'avortement, en explorant les racines idéologiques de son discours et les liens avec les mouvances complotistes et d'extrême droite.
La Convergence des Discours Anti-IVG dans la Sphère Complotiste Française
Alors que l’IVG est fortement menacée aux Etats-Unis, une certaine frange de la sphère complotiste française adopte un discours ouvertement anti-IVG fondée sur une idéologie traditionnaliste des valeurs familiales.
Parmi les différents courants complotistes, on retrouve une certaine frange issue des catholiques conservateurs se regroupant notamment derrière l’avocat Fabrice Di Vizio ou la généticienne Alexandra Henrion-Claude. L’avocat avait déclaré en août 2021 que l’IVG « était un véritable problème » et ne pouvait pas être considéré comme un droit. De son côté, Alexandra Henrion-Claude avait co-signé le manifeste des 343 pro-vie. Elle avait notamment exprimé l’idée que l’IVG était un « pseudo-droit », qui « entrave le bonheur des femmes en ajoutant du malheur à leur détresse ».
Les antivax ne sont pas en reste sur leur position anti-IVG. Les plus radicaux voient dans l’avortement une machination de « Big Pharma ». Leur théorie repose notamment sur le fait que la recherche pharmaceutique se sert de cellules de fœtus avortés « pour le développement de ses vaccins ou injections géniques anti-coronavirus. ». Ces fausses informations ont été partagés par des complotistes très suivies comme Silvano Trotta qui souhaite se débarrasser de l’OMS qui serait sous le joug de Big Pharma et qui aurait un « énorme besoin de fœtus ». L’avortement serait vu comme un plan global menée par une élite qui a des intentions malveillantes envers la population.
Du côté de la sphère du bien-être et des médecines alternatives certaines personnes marquent aussi leur opposition à l’avortement.
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L'Avortement dans la Fachosphère Complotiste : Un Enjeu Démographique
La fachosphère complotiste n’est pas en reste concernant sa croisade anti-IVG. Elle perpétue un ancien fantasme de la pensée d’extrême-droite : celui du dépeuplement des populations dites « européennes ». Valérie Igounet, historienne spécialiste du négationnisme et de l’extrême droite, remarque que du côté de l’extrême droite, la lutte contre l’IVG et la lutte contre l’immigration se conjuguent parfaitement. En effet, l’avortement aiderait au remplacement progressif des Français par des personnes issues de l’immigration, et cela correspondrait à une volonté d’extermination menée contre le peuple français.
Ces propos sont notamment repris par l’un des principaux médias de la fachosphère : le site Égalité & Réconciliation fondé par Alain Soral. Peu de temps après l’annonce de la possible remise en cause du droit à l’IVG aux Etats-Unis, des commentateurs de la fachosphère française diffusaient des propos mêlant sexisme, racisme et climato-scepticisme. Ils fustigeaient les médias mondialistes et les féministes suite aux réactions suscitées par l’information américaine. Selon eux, le progressisme inciterait « à ne plus être mères, soi-disant pour la planète, le climat et autres fadaises. Les théories anti-avortement se retrouvent ainsi dans la plupart des discours complotistes français et trouvent un écho particulier en ligne que ce soit dans la francosphère, parmi la mouvance antivax ou encore chez les complotistes antisémites.
Égalité & Réconciliation : Un Relais des Thèses Anti-IVG
Le site Égalité & Réconciliation, fondé par Alain Soral, est un vecteur important de diffusion de ces idées. Il relaie des propos mêlant sexisme, racisme et climato-scepticisme pour critiquer le droit à l'avortement. Selon les commentateurs de ce site, le progressisme encouragerait les femmes à renoncer à la maternité au nom de préoccupations environnementales jugées fallacieuses.
Antisémitisme et Antiféminisme : Des Racines Communes
Depuis 2012, la contestation de l’égalité en matière de genre et de sexualité s’accompagne de diverses expressions antisémites dans les mouvements réactionnaires et nationalistes. Dans ces mouvements, les fantasmes d’altérité mobilisés visent principalement les juives et juifs et les homosexuel‑le‑s. Ces fantasmes s’enracinent dans une histoire longue de l’antisémitisme qui évolue dans un alter imaginé, dès la seconde moitié du xixe siècle. Si le discours antisémite est un des discours d’altérité constitutif des sociétés occidentales, notamment depuis la fin du xixe siècle, il ne saurait être totalement appréhendé indépendamment des liens qu’il a entretenus avec l’hétérosexisme, l’antiféminisme et l’homophobie, tant ils participent de la construction de l’identité nationale, que ce soit par effet d’opposition ou par intégration.
C’est cette fonction de l’antisémitisme - dans un contexte contemporain - face aux avancées égalitaires de genre et de sexualités que notre propos vise à analyser. L’axe principal de cet article est l’étude des codes de langage (discours, slogans, chansons) de ces groupes et la façon dont la résistance aux politiques d’égalité de genre et de sexualités participe de la résurgence de l’antiféminisme dans les groupes réactionnaires en France. De nombreux travaux en histoire et en philosophie politique ont montré que dans toutes les époques la crainte de l’émancipation des femmes suscite l’opposition acharnée des mouvements nationalistes. L’exemple de Vichy révèle le triomphe de l’antiféminisme qui couvait pendant l’entre‑deux guerres.
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Dans le contexte actuel, le discours sur « le » féminin, « le » masculin et « la » famille se présente chez les groupes opposés à une égalité des sexes sous la forme d’une évidence qui s’inscrit dans une conception d’une entité nationale stimulée par la fabrication du sujet national : blanc et hétérosexuel. Lorsque cette conception est mise à mal par des féministes et des chercheur‑e‑s, il arrive que ceux‑ci soient dénoncés comme juifs.
Quelles sont les esthétiques langagières mobilisées ? Que nous disent-elles des normes de genre qui alimentent la circulation nationale et internationale des idées se diffusant dans des partis politiques en lien avec les groupes réactionnaires qui se sont positionnés sur ces questions, et qui jouent un rôle important dans les rhétoriques du débat ? Quels sont les processus de leur diffusion ? En explorant les conditions de l’élaboration, de la diffusion et de la réception des concepts liés au genre et leur association à des expressions antisémites, l’objectif est de repérer les vecteurs de ces discours (acteurs, associations, organisations militantes, réseaux, organisations politiques, périodiques, sites internet). Comment les performances orales de ces groupes sociaux mettent-elles en scène les normes de genre ? Comment l’appellation « théorie du genre » mobilise-t-elle des figures juives ou des références au judaïsme en général ? Comment l’utilisation de termes antisémites se réactualise‑t‑elle dans les controverses autour de la « théorie du genre » ?
Cet article analysera dans un premier temps les supports de communication des mouvements d’opposition à la loi relative au « mariage pour tous » (flyers, tracts, affiches, messages sur les réseaux sociaux) et les slogans proférés dans ces manifestations. Puis, nous nous attacherons à analyser un phénomène d’une amplitude médiatique et politique depuis le début des années 2010 : l’émergence de groupuscules réactionnaires détournant volontairement les codes de communication de leurs adversaires. Enfin, nous terminerons par une analyse de la résurgence de groupes musicaux attenants à ces manifestations. La diffusion de leurs chansons aux paroles antisémites, hétérosexistes et antiféministes est grandement favorisée par Internet.
La "Théorie du Genre" : Un Épouvantail Idéologique
L’expression « théorie du genre » se répand depuis 2010 dans l’espace politique et médiatique et dans la blogosphère européenne, plus spécifiquement en France. Les premières polémiques « sur le genre » en France datent de 2011 et portent sur les nouveaux manuels de Sciences de la Vie et de la Terre2. À l’époque, quelques éducateurs catholiques avaient exprimé leurs réserves, craignant de devoir enseigner le genre à l’école. Le débat médiatique explose véritablement en 2012 à la faveur des mobilisations contre la loi Taubira ouvrant le mariage aux unions de personnes de même sexe. La notion même de genre a suscité parfois des réactions violentes dans le grand public et dans les manifestations qui ont suivi l’après 2012, notamment en 2014 avec les manifestations contre la loi relative au « mariage pour tous » et le programme dit « ABCD », lancé par le Ministère de l’Éducation Nationale pour lutter contre les stéréotypes de genre.
Si les mobilisations « anti‑genre » et anti‑« mariage pour tous » ne sont pas particulières à la France (elles sont présentes en Espagne, Italie, Slovénie, Croatie, Hongrie et, au-delà des pays européens, le mouvement est particulièrement développé au Brésil et sur la scène politique au sens strict : parlementaire et gouvernemental), il existe une spécificité française du succès relatif de « La Manif pour tous ». Cette dernière a en effet poussé le gouvernement de Manuel Valls (2014‑2016) à reculer sur plusieurs dossiers, dont l’accès à l’insémination artificielle pour les couples de femmes, l’amélioration des droits des personnes trans’ et les fameux « ABCD de l’égalité ».
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La genèse de la critique du « genre » comme variable d’analyse des rapports sociaux de sexe vient de l’Église catholique, notamment au moment des conférences onusiennes du Caire en 1994 et de Pékin en 1995. À partir de cette époque, l’ONU introduit la notion de genre pour comprendre les inégalités sociales entre les femmes et les hommes. Dans cette continuité d’évolution des politiques d’égalité des droits, on reconnaît officiellement les droits sexuels et reproductifs. Le Saint‑Siège s’oppose à ces évolutions, redoutant une reconnaissance à terme de l’homosexualité et de l’homoparenté, tandis que le Vatican considère qu’il s’agit de pédophilie. Dès lors, le Saint‑Siège a élaboré une contre‑stratégie qui a eu pour résultat les harangues sur « l’idéologie du genre ». Selon ce discours, le genre constitue un vaste projet idéologique conçu par des féministes, militant‑e‑s LGBT et chercheur‑e‑s en études de genre.
Les principaux groupes d’opposition à la loi relative au mariage pour tous que nous avons observés depuis l’année 2014 ont lutté contre un « ennemi unique » aux contours multiformes : le gender, à grand renfort, sur leurs blogs et sites internet, d’appels à manifester, réunions militantes, chansons et articles. Ainsi, des démonstrations présentées comme des paroles d’expert‑e‑s viennent expliquer au public (virtuel ou physique) comment le gender condense tous les maux du monde contemporain en ce qui concerne la transformation de « la » famille, les relations entre les sexes, la reproduction et la filiation.
Le modèle de la famille conservatrice s’oppose au modèle républicain égalitaire qui garantit une protection à tou‑te‑s les citoyen‑ne‑s, quelles que soient leur origine sociale, leur appartenance religieuse, ethnique ou sexuelle. D’un coup, cette protection républicaine est considérée par les détracteurs du « mariage pour tous » comme une dérive égalitaire. L’ensemble de ces messages sont relayés dans ce sens par le site de « La Journée de Retrait de l’École » (JRE) et de « Civitas ».
Une succession d’actions et de tags, notamment dans des universités et lors de manifestations publiques, prolongent l’expression des mouvements d’opposition à la loi relative au « mariage pour tous ». Dans ces protestations, les procédures d’altérisation font émerger des figures associées et mobilisées sur un mode fantasmatique qui les rend responsables de la « théorie du genre » : notamment les juifs, les lesbiennes, les gays ainsi que les Francs‑maçons.
L’affiche est complétée par les commentaires suivants : « Les Européens sont destinés à devenir des bâtards négroïdes » ; « La noblesse future des Juifs et des Khazars ».
Depuis les années 1990, de nombreux chercheur‑e‑s ont analysé les constructions croisées des altérités féminines et juives. D’autres travaux ont montré que l’antisémitisme, fondé sur l’altérité du juif, s’est exprimé, notamment aux xixe et xxe siècles, au moment même où les discours antiféministes se déployaient, « déplorant les foyers dévastés par des femmes en quête de travail et d’égalité juridique, condamnant le déclin des mœurs supposé mener inéluctablement au renversement des caractères sexuels ». Shulamit Volkov montre, dans ses travaux sur l’Allemagne wilhelminienne, que les ressorts communs à l’antisémitisme et l’antiféminisme sont les oppositions à la modernité et à l’idée d’émancipation, caractéristiques des partis politiques et des corporations réactionnaires. « Ainsi le stéréotype féminin de la juive se construit en opposition à un idéal national de féminité, qui entérinait la domination masculine ». En parallèle, l’homme juif est investi de tous les attributs (lubrique, véreux, maladif, efféminé) qui l’opposaient à l’identité masculine forgée au sein du nationalisme ; virilité ancrée dans une imagerie classique, grecque et qui doit perpétrer la race « originelle » et la nation. Le « Juif » est en effet un obstacle au nationalisme, dans la mesure où il est « un peuple sans terre », et très présent dans le communisme, car il est considéré comme internationaliste. De là découle une image en miroir que l’on retrouve dans la propagande. Le « Juif » est l’antithèse de l’idéologie nationaliste dans l’image du mâle qu’elle promeut. Les travaux de Sandrine Sanos montrent bien que, à partir de juin 1936, les dénonciations de Je suis Partout6 se sont concentrées sur la personne de Léon Blum que son double statut d’intellectuel et d’homme politique désignait comme cible privilégiée des attaques de Rebatet et de ses comparses : Blum fut ainsi dépeint tour à tour comme féminisé (semblable à une femme), efféminé (symbole d’un manque de masculinité), ou emblème d’une homosexualité perverse (symbole par excellence d’une masculinité déviante).
Le féminisme dans ses différentes étapes, de la fin du xixe siècle à aujourd’hui, est renvoyé par ses détracteurs à une idéologie mettant en crise les frontières traditionnelles entre féminité et masculinité. Cette transgression des frontières hétéronormatives de genre et le pluralisme de la pensée qui l’accompagne remettent en cause le socle épistémologique d’une évidence hétérosexuelle et d’une binarité des représentations et pratiques sexuées.
En termes de genre et de sexualité, les formes des altérités dangereuses qui ont parcouru toute la littérature conservatrice du xxe siècle jusqu’à nos jours sont « la » femme et/ou « le » féminin renvoyées à un espace de projections et de fantasmes, un corpus mythique et allégorique où la figure de « la » juive prend place. Dans cet imaginaire, « le Juif » efface et transgresse les frontières : celle des États, des sexes, des genres, des religions, des catégories stables de la pensée.
Le lien entre judaïsme et féminisme, né à la fin du xixe siècle, se transforme de nos jours en se fondant sur les deux figures du juif et de l’homosexuel. Cette récente transformation de la société, que certains évoqueraient sous le terme de « queerisation de la culture », contribue à une rupture des types-idéaux de genre.
Dans la continuité du milieu du xixe siècle, l’antisémitisme contemporain n’est pas sans lien avec l’antiféminisme par les figures qu’il mobilise. On peut prendre pour exemple les abondantes citations et émissions diffusées sur internet, notamment sur le site « Égalité et Réconciliation », par Claude Timmerman lors d’une conférence titrée : « Sur la “science anthropocentrée” ». Il y raille des théoriciennes citées comme : « névrosées, lesbiennes et juives », telles la philosophe Judith Butler ou la biologiste Anne Fausto‑Sterling, toutes deux associées à « la décadence morale de la famille et de l’ordre du genre ».
Au nom de l’écologie humaine et de la préservation des droits humains, les opposants au « mariage pour tous » et aux études de genre proclament que, pour éviter de détruire les fondements sociaux, il faut faire front aux avancées égalitaires.
Les débats autour de la loi Taubira ont vu les figures du/de la juif/ve et de l’homosexuel‑le associées à une élite, qui vit cachée et complote à la destruction d’un modèle.
Plus largement, c’est dans un discours complotiste déjà en pleine expansion que s’inscrit naturellement cette fusion rhétorique. Naturellement, car - comme l’a montré Pierre-André Taguieff - l’objectif de toute thèse complotiste est, en général, triple : désigner, pour les accuser, les responsables cachés des malheurs du genre humain. Réduire tous les ennemis à la figure d’un ennemi unique et démonisé, ce qui amène en 2014, notamment, à une fusion de la figure du de/la juif/ve et de l’homosexuel‑le dans certaines théories complotistes.
L’identification de responsables, agissant cachés, des malheurs du genre humain est donc le premier objectif de ces théories. Celles‑ci fonctionnent sur une mécanique de dévoilement, qui s’accorde bien, nous le verrons, avec les accusations de toutes sortes de pratiques occultes, aussi bien politiques (lobbying) que satanistes. Derrière les malheurs du genre humain, il y a toujours un responsable déroulant un plan, et ce responsable est toujours caché. Partant de ce postulat, les complotistes cherchent à relier des informations entre elles en posant la question magique : « à qui profite le crime ? ».
Selon les époques et les lieux, on parle ainsi de complot judéo‑maçonnique, judéo‑capitaliste, judéo‑bolchévique, complot juif mondial, complot sioniste mondial, judéo‑croisé, américano‑sioniste. Que ce soit sous la forme d’une alliance, d’une structure pyramidale ou d’un ennemi aux masques multiples, l’ennemi doit être unique pour être plus facilement combattu.
Par ailleurs, pour le complotiste canadien Henry Makow, le féminisme est un outil de ce projet de destruction auquel participe la loi relative au « Mariage pour tous ». Il explique ainsi, sur son site, dans la présentation de son livre, L’Arnaque Cruelle - Féminisme & Nouvel Ordre Mondial : L’attaque Contre Votre Identité Humaine (2013) que « Les Rockefeller et les Rothschild ont créé la seconde vague du féminisme pour empoisonner les relations homme-femme (diviser pour régner). Leurs buts jumeaux sont la dépopulation et un …
Condamnation pour Antisémitisme et Implications Financières
La justice a condamné la maison d'édition d'Alain Soral, Kontre Kulture, pour avoir remis en vente un livre antisémite de Léon Bloy, « Le Salut par les juifs », en dépit d’une décision de justice. La cour d’appel de Paris a estimé jeudi 24 septembre qu’elle devait verser 134 400 euros à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), plus 3 000 euros de frais de justice, pour avoir remis en vente Le Salut par les juifs, de Léon Bloy, en dépit d’une décision de justice. La décision est immédiatement exécutoire. La banque d’Alain Soral avait déjà dû bloquer un peu plus de 45 000 euros sur ses comptes, le 2 septembre, et le site négationniste s’en était alors inquiété : « La survie de la maison d’édition est engagée. »
La Licra avait saisi le juge des référés après la mise en vente, sur le site de Soral, Egalité et Réconciliation, de plusieurs livres clairement antisémites, dans la collection « Les InfréKentables », dont celui de Léon Bloy, paru en 1892. Le juge de Bobigny avait ainsi ordonné, le 13 novembre 2013, la suppression d’une quinzaine de passages dans Le Salut par les juifs pour injures et provocation à la haine raciale, sous astreinte de 300 euros par jour de retard. Il était objectivement difficile de caviarder l’ouvrage, et Soral a retiré le livre de la vente.
Alain Soral a bien essayé de faire appel, mais a trébuché dans la procédure, qui a été déclarée nulle. Mais il a estimé qu’après tout ce temps Kontre Kulture pouvait bien remettre le livre en vente. La Licra a demandé à la justice de faire appliquer les pénalités, et le juge de l’exécution a estimé, le 30 octobre 2019, que la maison d’édition devait verser à la Licra 201 600 euros.
La cour d’appel a aujourd’hui légèrement modifié la décision : elle a jugé que le livre avait été remis en vente le 11 juillet 2018, puis à nouveau retiré le 2 octobre 2019, lors d’une nouvelle initiative de la Licra : soit 448 jours à 300 euros, 134 400 euros, exigibles sans délai. « Avec sa maison d’édition, Alain Soral a érigé son racisme en entreprise lucrative, indique Me Michaël Bendavid pour la Licra. Il est à propos que son mépris affiché pour la justice soit ainsi sanctionné. »
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