Depuis les années 70, on observe un net recul de l’âge auquel les femmes choisissent d’avoir leur premier enfant. En moyenne, les pères conçoivent leur enfant 3 ans plus tard que les femmes. Cet âge plus tardif de la maternité n’est pourtant pas une exception française. Mais quel est le meilleur âge pour faire un enfant ? Est-ce encore possible à 35, 40, 45 ans ou plus ? Quels sont les risques d’une grossesse dite tardive ? Cet article explore ces questions en profondeur, en tenant compte des aspects biologiques, sociaux et économiques.
Fertilité et âge : une réalité biologique
Il n'y a pas d'âge idéal pour débuter une grossesse. En termes de fertilité féminine, la meilleure période pour concevoir un enfant se situe entre 18 et 31 ans. Les grossesses débutent en général après 6 mois d'essai ou au bout d'un an. Après 30 ans, les femmes voient leur fertilité diminuer. Cette baisse s’accentue encore nettement après 37 ans.
La fertilité des femmes atteint son maximum vers 20 ans, puis diminue progressivement à partir de 30 ans jusqu'à 35 ans, jusqu'à diminuer beaucoup plus rapidement ensuite. "La chance de concevoir diminue avec l'âge, car la quantité d'ovocytes disponibles (ce que l'on appelle la réserve ovarienne) diminue avec le temps qui passe pour arriver à 0 à la ménopause", explique le Dr Stéphane Bounan. Après 45 ans, la fertilité des femmes est presque nulle.
Pour les hommes, la question de l’horloge biologique est beaucoup moins connue et soumise à la pression sociale, mais elle existe. Chaque année qui passe, pour l’homme comme pour la femme, augmente le risque de ne pas parvenir à obtenir de grossesse de 11 % et de ne pas aboutir à une naissance vivante de 12 %. Le taux maximal de fertilité du père est entre 30 et 34 ans. La fertilité diminue ensuite également mais sans une moindre mesure que celle de la femme.
Selon les chercheurs de l’Insee, la moyenne pour devenir maman d’un premier enfant est de 31 ans.
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35 ans : un âge charnière ?
35 ans est l’âge maternel charnière auquel la fertilité commence à diminuer. Les chances de succès restent bonnes, mais la mise en route d’une grossesse sera peut-être plus longue et le taux de réussite sera moins élevé. Une grossesse à 35 ans est également considérée comme plus à risque. Après 35 ans, les résultats des études montrent que les accouchements prématurés augmentent de 5 à 10 %.
On parle de grossesse gériatrique lorsque la femme enceinte a 35 ans ou plus au moment de la conception. Ce terme médical ne signifie pas que la grossesse est dangereuse, mais il indique que certains risques obstétricaux peuvent être plus élevés à partir de cet âge, comme les complications lors de l’accouchement, le diabète gestationnel ou certaines anomalies chromosomiques. Les femmes de 35 ans et plus bénéficient généralement d’un suivi médical renforcé, incluant des examens prénataux spécifiques et des conseils adaptés pour assurer la santé de la mère et du bébé.
Grossesse tardive : 40 ans et plus
A 40 ans, on se sent encore jeune et en bonne santé, mais la fertilité baisse très rapidement et les risques pendant la grossesse et à la naissance sont très nettement multipliés. Les cycles menstruels peuvent être plus espacés et la réserve ovarienne plus basse. On parle alors de « grossesse tardive » voire de « grossesse gériatrique », terme stigmatisant qui peut à juste titre faire grincer des dents.
Le nombre de grossesses à 40 ans ou plus ne cesse d’augmenter depuis les années 80. Selon l’Insee, sur un groupe de 100 femmes entre 40 et 50 ans, il y aura au total 10 naissances. Ces grossesses dites tardives interviennent généralement chez les cadres et les futures mamans nées à l’étranger. 6 fois sur 10, l’enfant né après 40 ans est au moins le troisième enfant du couple. Ces grossesses après 40 ans donnent lieu à un suivi médical plus poussé qu'au début de la trentaine, en raison du risque de complications plus élevé.
Un facteur important est également à prendre en compte : l’âge du couple. Les effets négatifs de l’âge de chaque partenaire au moment de la conception sont en effet cumulatifs. Une femme de plus de 40 ans aura plus de facilité à concevoir avec un homme plus jeune qu'elle qu’avec un homme de son âge, et inversement.
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Risques et complications liés à l'âge
La fertilité est maximale à 20 ans, diminue dès l'âge de 30 ans puis chute après 40 ans. Les risques de fausse couche augmentent également avec l'âge. Le taux de FC précoce varie avec l'âge maternel. Il est stable entre 20 et 40 ans avec un minimum inférieur à 10 % des grossesses chez les femmes de 22 ans.
Le Pr Tournaire se veut franc mais rassurant. Oui, le risque de fausse couche est élevé, avec un taux de 40%. Oui, le risque de trisomie passe de 1 pour 900 à 30 ans, à 1 pour 100 à 40 ans. Mais une fois passé le premier trimestre, une fois écartée l’angoisse de la malformation, ces grossesses tardives se déroulent à peu près normalement. C’est ensuite l’accouchement qui peut être plus problématique, pour la maman plus que pour le bébé.
Les enfants nés de mères de plus de 35 ans et de pères âgés de plus de 45 ans courent plus de risques que les autres d’être affectés par des troubles génétiques et neuro-développementaux, comme la schizophrénie et l’autisme. Ce qui pourrait évidemment affecter leur qualité de vie. Par ailleurs, des parents plus âgés sont davantage susceptibles d’avoir besoin de recourir à des techniques de procréation assistée telle que la fécondation in vitro (FIV). Or il existe un lien entre le recours à ces techniques et des risques d’accouchement précoce ou de poids plus faible à la naissance. Les bébés nés par fécondation in vitro sont également plus vulnérables aux maladies cardiovasculaires et métaboliques plus tard dans leur vie.
Assistance médicale à la procréation (AMP/PMA)
Bon à savoir : en France, l’assistance médicale à la procréation (AMP/PMA) n’est prise en charge par la Sécurité sociale que jusqu’à 43 ans. En Espagne, l’âge limite pour avoir accès aux techniques de PMA, comme l'insémination artificielle ou la fécondation in vitro (FIV), est de 50 ans.
La FIV est considérée par beaucoup comme une méthode de conception infaillible, mais son succès est lui aussi dépendant de l’âge des couples qui y ont recours. Pour une femme qui utilise ses propres ovules, le succès de la FIV après 40 ans est inférieur à 10 %.
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La préservation de la fertilité est une autre option. Il s’agit d’une technique très simple qui consiste à congeler les ovules d’une femme par vitrification, afin qu’elle puisse retarder la procréation jusqu’à ce qu’elle le juge opportun. La vitrification est un processus de congélation ultra-rapide qui préserve la qualité et les caractéristiques de l’ovule à ce moment-là. Lorsque la femme désire une grossesse, ces ovules sont décongelés et inséminés par ICSI avec le sperme de son partenaire (ou d’un donneur anonyme). Les embryons présentant les meilleures caractéristiques sont ensuite transférés dans l’utérus de la femme. Le diagnostic génétique préimplantatoire est une autre technique intéressante pour les femmes âgées. Il s’agit d’un test visant à détecter d’éventuelles anomalies génétiques et chromosomiques dans les embryons, afin de sélectionner les embryons sains.
Facteurs sociaux et économiques
À cette période, l’évolution professionnelle des femmes actives leur garantit souvent un emploi stable avec des revenus suffisants, et elles ont pu établir une relation de couple solide. Par ailleurs, le taux de fécondité diminuant avec l’âge, les chances de concevoir sans assistance médicale sont plus élevées à cet âge. Les parents qui ont des enfants relativement tôt ont aussi plus de temps pour les voir grandir et profiter pleinement de la vie de famille.
Selon une étude américaino-danoise parue en janvier 2016, le fait de faire son premier bébé après 30 ans engendrait moins de pertes financières, tant au niveau du salaire que du congé maternité, que lorsqu’on a son premier enfant avant 25 ans. Pour Raùl Santaeulalia-Llopis, auteur principal de l’étude : «Les enfants ne détruisent pas une carrière, mais plus tôt ils arrivent et plus le revenu de la mère en pâtit ».
Bien que la FIV en elle-même soit coûteuse, il existe d’autres coûts indirects importants lorsqu’on décide d’avoir un enfant. La « pénalité salariale liée à la maternité » est souvent citée dans les discussions économiques sur l’effet de la maternité sur la carrière des femmes. On désigne par cette expression la perte de revenus à laquelle les femmes sont confrontées en raison de leur grossesse puis de leur maternité.
Conseils pour augmenter ses chances de grossesse
"Un couple arrive à faire un bébé au bout de 4 à 7 mois en moyenne", informe d'emblée le Dr Stéphane Bounan. Le pourcentage des femmes ayant conçu un enfant après un an de rapports réguliers sans contraception est de 84%. Après 2 ans, il atteint 92%. "On commence à s'inquiéter au bout d'un an sans conception chez les femmes de moins de 35 ans.
Pour favoriser une grossesse, il est recommandé d'augmenter la fréquence des rapports sexuels", indique le Dr Stéphane Bounan. Un rapport sexuel tous les deux jours maximiserait les chances de conception. Par ailleurs, pour augmenter ses chances de grossesse, quel que soit l'âge, il est important de perdre du poids si on est en surpoids. "Nous savons que l'obésité réduit fortement la fécondité", explique le Dr Stéphane Bounan. Arrêter de fumer est également recommandé. "La mobilité des trompes est altérée par la cigarette", explique le gynécologue-obstétricien.
L'importance de la sensibilisation et de l'information
Plus de 75 % des jeunes sous-estiment l’impact de l’âge sur la fertilité masculine et féminine. Or seuls 27 % des médecins abordent le sujet avec leurs patients âgés de 18 à 34 ans qui évoquent leur souhait de retarder le moment d’avoir un enfant pour des raisons sociales. Une plus grande sensibilisation aux risques liés au fait de repousser le moment de devenir parents est donc nécessaire, et les médecins de famille devraient jouer un rôle plus proactif à cet égard.
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