Introduction
L'adrénaline est un médicament essentiel utilisé dans le traitement d'urgence de diverses affections, notamment le choc anaphylactique et la dyspnée aiguë laryngée. Bien que son utilisation en aérosol ne soit pas toujours conforme aux recommandations officielles (hors-AMM), elle est courante dans certains services, notamment en oto-rhino-laryngologie (ORL). Cet article vise à fournir un aperçu des indications et de la posologie de l'adrénaline en aérosol chez l'enfant, en s'appuyant sur les données cliniques disponibles et les pratiques actuelles.
Indications de l'adrénaline en aérosol chez l'enfant
L'adrénaline en aérosol est principalement utilisée pour traiter la dyspnée aiguë laryngée chez l'enfant. Cette affection peut être causée par divers facteurs, notamment :
- Œdème laryngé : L'œdème de la muqueuse laryngée peut entraîner une obstruction des voies respiratoires supérieures, provoquant une dyspnée aiguë.
- Laryngite aiguë virale : L'inflammation des cordes vocales et du larynx due à une infection virale peut également provoquer une dyspnée chez l'enfant.
Dans ces situations, l'adrénaline en aérosol peut aider à réduire l'œdème et à faciliter la respiration en induisant une vasoconstriction locale.
Posologie de l'adrénaline en aérosol chez l'enfant
Il est important de noter que la posologie de l'adrénaline en aérosol peut varier en fonction de l'âge, du poids et de la gravité de l'état de l'enfant. Il est donc essentiel de suivre les recommandations d'un médecin ou d'un professionnel de la santé qualifié.
Un protocole couramment utilisé chez l'adulte en ORL, bien que devant être adapté à l'enfant, consiste en l'administration de 1 mg d'adrénaline diluée dans 3 à 5 mL de chlorure de sodium à 0,9 % toutes les 6 à 8 heures, éventuellement associée à des corticostéroïdes (par voie intraveineuse, orale ou en aérosol) pendant 48 à 72 heures.
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Administration de l'adrénaline par différentes voies
L'adrénaline peut être administrée par différentes voies, en fonction de la situation clinique et de la disponibilité des ressources :
- Voie intramusculaire (IM) : La voie intramusculaire est généralement privilégiée dans la prise en charge initiale du choc anaphylactique.
- Voie intraveineuse (IV) : La voie intraveineuse est plus appropriée dans les unités de soins intensifs (USI) ou dans les services d'urgence. L'adrénaline est administrée en bolus de 0,1 mg après dilution (1 mg dans 9 mL de chlorure de sodium à 0,9 %), répétés jusqu'au rétablissement de l'état hémodynamique.
- Voie sous-cutanée (SC) : L'adrénaline peut également être administrée par voie sous-cutanée à une dose de 0,3 mg. L'amélioration apparaît généralement dans les 3 à 5 minutes suivant l'injection. Si nécessaire, ces doses peuvent être répétées plusieurs fois à intervalles de 5 à 15 minutes, en fonction de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque et de la fonction respiratoire.
Il est crucial de respecter les concentrations appropriées pour chaque voie d'administration. L'injection d'adrénaline à 1 mg / mL (1:1000) ne convient pas pour une administration intraveineuse et doit être diluée à 1:10 000 avant toute administration par voie intraveineuse si une solution injectable d’adrénaline à 0,1 mg / mL (1:10 000) n’est pas disponible.
Surveillance et sécurité
La surveillance de l'efficacité et de la sécurité de l'adrénaline en aérosol est essentielle. Elle repose principalement sur l'évaluation clinique de la disparition des signes de lutte respiratoire et sur un monitoring cardiovasculaire pendant et jusqu'à 48 à 72 heures après l'administration.
Effets indésirables potentiels
Comme tout médicament, l'adrénaline peut entraîner des effets indésirables, notamment :
- Effets indésirables fréquents (à faible dose) : palpitations, tachycardie, sueurs, nausées, vomissements, dyspnée, pâleur, étourdissements, faiblesse, tremblements, céphalées, inquiétude, nervosité, anxiété, refroidissement des extrémités.
- Surdosage ou injection intra-vasculaire accidentelle : peut provoquer une hypertension artérielle sévère responsable d’accidents cérébraux, cardiaques et vasculaires potentiellement mortels (hémorragie cérébrale, troubles du rythme tels que bradycardie transitoire suivie d’une tachycardie pouvant conduire à une arythmie, nécrose myocardique, œdème aigu pulmonaire, insuffisance rénale).
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante pour assurer une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.
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Précautions d'emploi
L'adrénaline doit être utilisée avec prudence chez les patients présentant certaines affections, notamment :
- Troubles du rythme ventriculaire graves par augmentation de l’excitabilité cardiaque.
De plus, des interactions médicamenteuses peuvent survenir avec certains médicaments, tels que les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO), augmentant le risque d'effets indésirables.
Adrénaline et grossesse
En clinique, l’utilisation de l’adrénaline au cours d’un nombre limité de grossesses n’a révélé aucun effet malformatif ou fœtotoxique particulier à ce jour. Cependant, il est important de peser les bénéfices et les risques potentiels avant d'utiliser l'adrénaline chez les femmes enceintes. Le passage de l’adrénaline dans le lait maternel n’est pas connu.
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