La maternité du Centre hospitalier René-Pleven à Dinan est un sujet de préoccupation pour la communauté médicale, le personnel hospitalier, la population locale et les élus du pays de Dinan. Cet article vise à fournir des informations complètes et structurées sur la situation actuelle, les défis rencontrés et les perspectives d'avenir de cette maternité, en tenant compte des différents points de vue et des enjeux territoriaux.
Contexte territorial et hospitalier
L'hôpital de Dinan, qui fait partie de la communauté hospitalière de territoire Rance Émeraude depuis 2011, est situé dans le territoire de santé n° 6 (Saint-Malo - Dinan). Ce territoire couvre 138 communes et 264 000 habitants, représentant 8 % de la population bretonne, et s'étend sur l'est des Côtes-d'Armor et le nord de l'Ille-et-Vilaine.
Avec une capacité de 603 lits, l'hôpital de Dinan est un établissement de proximité axé sur les activités de médecine, de gynécologie-obstétrique et de prise en charge des personnes âgées. Il dispose de sept plateaux techniques.
Un projet de fusion des trois centres hospitaliers de Dinan, de Cancale et de Saint-Malo est en cours d'élaboration à la demande de l'ARS Bretagne. Cette fusion devrait officiellement voir le jour au 1er janvier 2020.
La maternité de Dinan : chiffres clés et enjeux
En 2017, le territoire de santé a enregistré 2 457 naissances, dont environ 700 à la maternité de Dinan, contre 778 en 2014. Bien que seulement 59 % des femmes enceintes du bassin de vie de Dinan accouchent à la maternité locale, il existe des marges de manœuvre pour augmenter ce taux, notamment en proposant des services complémentaires comme l'accouchement naturel.
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La maternité de Dinan est une maternité de niveau II A, certifiée sans réserve par la Haute Autorité de Santé (HAS) en juillet 2018. En 2018, 630 accouchements ont eu lieu à la maternité de Dinan, dont 529 par voie naturelle. 425 femmes (80 %) ont pu bénéficier d'une anesthésie péridurale.
Difficultés financières et efforts de redressement
La situation financière de l'hôpital de Dinan est assez difficile, avec une hausse des dépenses de gestion de 1 % chaque année depuis 2014, une augmentation des charges de personnel de 1,7 % en moyenne annuelle, un endettement croissant et un déficit du service gynécologie-obstétrique.
Des efforts de redressement ont été menés en partenariat avec l'ARS. Il semble que cette dernière soutienne le maintien de la maternité de Dinan et souhaite que des investissements soient réalisés pour renforcer son attractivité.
Polémiques et inquiétudes
En janvier 2019, lors de la cérémonie des vœux au personnel hospitalier, la chef de service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital de Saint-Malo a suggéré que la fusion des centres hospitaliers ne pourrait avoir lieu que si la maternité de Dinan était fermée, ou du moins si elle ne pratiquait plus d'accouchements.
Cette déclaration a suscité un vif émoi dans la communauté médicale dinannaise, chez les personnels de l'hôpital, auprès de la population locale et chez les élus du pays de Dinan. Un communiqué paraphé par les médecins de la communauté médicale de Dinan a réagi aux propos du Dr Pascale Le Pors-Lemoine, cheffe de service de la maternité de Saint-Malo, en soulignant que le service de maternité de Dinan a été certifié sans réserve par la HAS et que les femmes ont le droit et le devoir de prendre leurs responsabilités. Les médecins ont également souligné que l'immense majorité des médecins (et conjointes de médecins) de l'hôpital de Dinan vivant dans le secteur ont décidé d'accoucher dans leur maternité.
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La communauté dinannaise a également souligné que la baisse de natalité est inférieure à la moyenne nationale, tant sur le littoral malouin que dans le bassin de Dinan, et que les deux maternités sont toutes les deux déficitaires financièrement, comme toutes les petites maternités de France.
Reprise des accouchements après une interruption temporaire
Les accouchements ont repris le 1er octobre à la maternité de Dinan (Côtes-d'Armor), après une interruption depuis le 5 juillet faute d'anesthésistes. Pendant cette période, les femmes enceintes ont été redirigées vers les hôpitaux de Saint-Malo et Saint-Brieuc.
L'agence régionale de santé et la direction de l'hôpital ont annoncé un objectif de reprise des activités au 1er octobre, avec une équipe de quatre anesthésistes et leurs remplaçants venant de région parisienne. L'objectif à moyen terme est d'avoir une équipe de territoire dinnanaise-malouine.
Sur les 154 patientes suivies à Dinan concernées par la suspension des activités, 87 ont accouché cet été : 56 bébés sont nés à Saint-Malo, les autres ont vu le jour à Rennes et Saint-Brieuc.
Position de l'ARS et projet médical partagé
Le secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé a affirmé que le socle populationnel du territoire permet d'envisager le maintien à Dinan d'un centre hospitalier de référence attractif, en mesure de couvrir les besoins des patients.
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L'objectif est de conforter le Groupement hospitalier de territoire (GHT) et de tendre vers la fusion des établissements, afin de renforcer la démographie médicale et de permettre une répartition et une graduation des soins adaptées aux besoins du territoire et de ses populations.
L'agence régionale de santé, en liaison étroite avec les trois présidents des conseils de surveillance, la direction du GHT et les trois présidentes des commissions médicales d'établissement, a décidé d'acter cette fusion, qui doit s'appuyer sur la construction d'un projet médical partagé.
Concernant la filière périnatalité, le projet médical partagé du Groupement hospitalier de territoire Rance Émeraude, approuvé par le directeur général de l'ARS Bretagne en 2017, affiche trois objectifs : assurer l'accès géographique aux soins dans deux bassins relativement étendus ; veiller à assurer la sécurité de la prise en charge sur les deux sites existants ; formaliser une réelle collaboration entre les deux sites.
Le projet de territoire ne remet aucunement en cause l'avenir de la maternité de Dinan, ce que confirme le deuxième projet régional de santé publié par l'ARS en juin 2018. Ce dernier prévoit pour le territoire de Saint-Malo-Dinan deux maternités. Par ailleurs, la sécurité et la qualité des soins n'ont pas été mises en cause.
Défis et perspectives
La maternité de Dinan, comme beaucoup de petites maternités en France, est confrontée à des défis financiers et à des difficultés de recrutement de personnel médical, notamment des anesthésistes.
Pour assurer son avenir, il est essentiel de :
- Renforcer son attractivité en proposant des services complémentaires et en développant des collaborations avec d'autres établissements de santé.
- Améliorer sa situation financière en optimisant les coûts et en recherchant des sources de financement supplémentaires.
- Consolider l'équipe médicale en recrutant de nouveaux professionnels et en favorisant la formation continue.
- Rassurer le personnel et la population en communiquant de manière transparente sur les projets et les perspectives d'avenir.
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