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Administration Pédiatrique par Seringue en Milieu Infirmier: Protocoles et Optimisation

L'administration de médicaments par seringue, notamment en pédiatrie, est une pratique courante en soins infirmiers, mais elle requiert une compréhension approfondie des protocoles et des dispositifs utilisés. Cet article explore l'utilisation des pousse-seringues électriques (PSE), les techniques d'injection intramusculaire, et les considérations spécifiques à l'administration de vaccins, en mettant l'accent sur la sécurité et la précision.

Pousse-Seringues Électriques (PSE): Optimisation de l'Utilisation

Les pousse-seringues électriques (PSE), également appelés seringues auto-pousseuses (SAP), sont des outils essentiels en soins infirmiers. Cependant, leur utilisation n'est pas toujours optimale. Pour une utilisation judicieuse, il faut comprendre leur fonctionnement et les différents modes disponibles.

Composants et Fonctionnement des PSE

Le PSE combine des éléments mécaniques, électriques et électroniques. La partie mécanique supporte différents types de seringues avec un berceau et un piston. Le berceau est équipé de capteurs et d'une encoche pour verrouiller la seringue. Le piston du PSE, actionné par un système de vis sans fin, pousse le contenu de la seringue vers le patient.

Un moteur électrique, alimenté par le secteur ou une batterie, alimente la partie mécanique. L'utilisation d'une batterie est cruciale pour assurer une administration continue, même en cas de coupure de courant. La partie électronique gère l'ensemble des opérations, vérifiant les débits, les pressions et effectuant des calculs de doses selon divers protocoles.

Modes de Perfusion des PSE

Les PSE offrent différents modes de perfusion, adaptés à divers besoins cliniques.

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Mode Perfusion Continue

C'est le mode le plus simple et le plus utilisé. L'opérateur règle un débit en millilitres par heure, et l'appareil le délivre. Les PSE modernes permettent également de régler une dose/kg/heure (ou par minute/24h), mais sans calculer la posologie. L'opérateur doit déterminer lui-même la dose, contrairement au mode TIVA. Les PSE récents disposent d'une base de données médicamenteuse modifiable selon les protocoles locaux.

Mode TIVA (Total Intra-Veinous Anesthesia)

Dans ce mode, l'utilisateur règle le débit de perfusion et une posologie, et le PSE détermine la quantité de produit à perfuser. Il faut renseigner l'âge, le sexe et le poids du patient. Plus fréquemment utilisé en anesthésie, il permet de délivrer une dose d'induction, puis un débit constant selon la posologie souhaitée.

Mode AIVOC (Anesthésie Intra-Veineuse à Objectif de Concentration)

Considéré comme un sous-mode du TIVA, l'AIVOC fonctionne avec des modèles pharmacocinétiques déterminés en fonction de la molécule et des données du patient (Marsh et Schnider). Ce mode est spécifique à l'anesthésie et est rarement utilisé dans d'autres contextes, bien qu'il puisse être utile. Un PSE capable d'AIVOC peut faire du TIVA et de la perfusion continue, mais un PSE TIVA ne peut pas faire d'AIVOC.

Stations d'Accueil des PSE

Certains PSE sont conçus pour être branchés sur une station d'accueil, fournissant une source d'énergie pour charger les batteries et faire fonctionner l'appareil. Ces stations peuvent offrir des fonctions de commande à distance ou d'asservissement, permettant de commander ou surveiller les PSE à distance, ou effectuer un relais de médicament lorsqu'une seringue arrive à son terme.

Précautions et Bonnes Pratiques

Fonction Purge

La plupart des PSE sont équipés d'une fonction de purge pour éliminer l'air de la tubulure. Utiliser cette fonction garantit une pression continue sur le piston, améliorant la précision et la rapidité de mise en œuvre du traitement. Purger manuellement peut nuire à la précision.

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Détection des Surpressions (Occlusions)

Tous les PSE, même anciens, possèdent une alarme de surpression. Il est crucial de régler le niveau d'alarme d'occlusion le plus près possible de la pression de perfusion pour détecter rapidement toute variation et identifier un problème sur la ligne de perfusion. La vitesse de perfusion influence la rapidité du déclenchement de l'alarme. Des débits d’administration suffisamment élevés sont importants pour délivrer la médication en toute sécurité.

Précision et Débit

La précision des PSE est fonction du débit réglé. Plus le débit est faible, moins la précision est élevée. La précision est également faible en début de perfusion. Il est essentiel de renseigner avec précision le modèle de seringue utilisé, car les taux de friction et de résistance varient selon les marques et les capacités. Il faut trouver le meilleur compromis entre le débit nécessaire à la posologie administrée et le confort d'entretien de ce débit.

Modalités d'Utilisation des PSE

Mise en Route

La mise en route d'une perfusion avec un PSE est relativement simple, mais doit suivre des règles précises pour garantir l'efficacité. Le matériel est soumis aux règles de Matériovigilance et doit être révisé périodiquement. Les batteries doivent être maintenues et remplacées si l'autonomie diminue. Il faut se référer aux protocoles locaux de l'établissement. Les appareils sont conçus pour fonctionner à environ un mètre de hauteur par rapport au cœur du patient et ne doivent pas être placés verticalement pour éviter l'entrée de bulles d'air.

Matériel Nécessaire

Le matériel utilisé doit être adapté au pousse-seringue. Chaque modèle est compatible avec un certain nombre de consommables. Utiliser un consommable non validé expose à des risques d'erreur de dose et d'alarmes. Un prolongateur relie la seringue et la tubulure de perfusion. Chez l’enfant, il faut tenir compte du volume résiduel de la tubulure. La connexion sur la perfusion est réalisée avec un robinet trois voies, idéalement muni d’une valve anti-reflux, pour éviter tout reflux vers le soluté.

En cas d’occlusion, il ne suffit pas d’identifier la cause et de lever l’occlusion. Le PSE monte en pression avant de déclencher l'alarme. Pour éviter un bolus délétère, il faut désengager les pinces à griffe du chariot pour libérer le piston de la seringue, puis les réengager aussitôt. Les PSE récents disposent d’une fonction spécifique pour éliminer cette surpression.

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Relais Médicamenteux

Le relais d’un médicament est un problème fréquent lors de l'utilisation d'un PSE. Certains systèmes proposent des relais automatiques, mais les protocoles locaux sont plus courants. Une étude de 1999 identifie quatre modes de changement de seringues (d’amines) :

  • Le chevauchement : Mise en place d'une seconde seringue au même débit lorsque la première est à 3 minutes de la fin.
  • La double seringue : Mise en route d'une seconde seringue avant la fin de la première, en augmentant graduellement les débits.
  • Le bolus : Remplacement direct de la seringue avec un bolus ajusté en fonction de la posologie et des variations observées.
  • Le demi-débit : Deux seringues sont mises en route simultanément, mais remplies de façon inégale, divisant le débit initial par deux.

Injection Intramusculaire : Technique et Sites

L'injection intramusculaire consiste à administrer un médicament directement dans un muscle. Cette voie est choisie pour une action rapide et une bonne absorption des traitements.

Sites d'Injection

  • Deltoïde (Épaule) : Face externe de l’épaule, au centre d’un triangle inversé. Attention au nerf axillaire et à l’artère circonflexe humérale postérieure.
  • Fessier (Muscle glutéal) : Diviser le fessier en 4 quadrants. Plusieurs travaux suggèrent de privilégier le site moyen glutéal. Éviter ce site pour les vaccins COVID-19.
  • Muscle droit antérieur (Cuisse) : Piquer dans la partie antérieure du tiers moyen de la cuisse.

Procédure

Le choix de l’aiguille dépend du muscle, du type de solution, de la quantité de tissu adipeux et de l’âge de la personne. Avant l'administration, vérifier la concordance entre la dose prescrite et la dose préparée. Prévenir le patient avant de piquer. La technique du « trajet en Z » est conseillée pour les injections intramusculaires. Ne pas injecter le produit en présence d’un reflux sanguin. Comprimer le point d’injection avec une compresse si nécessaire.

Recommandations

Pour les vaccins, l’aspiration n’est pas recommandée quel que soit le site d’injection. Pour les autres médicaments intramusculaires, les recommandations varient. En France, suivre les protocoles institutionnels en priorité. Après toute injection vaccinale, surveiller le patient au moins 15 minutes.

Administration des Vaccins

L’efficacité des vaccins dépend de leur bonne administration. Chez l’adolescent et l’adulte, le muscle deltoïde est privilégié, sauf si la masse musculaire ne le permet pas. Le vaccin antirotavirus peut être administré par sonde nasogastrique ou nasojéjunale.

Voies d'Administration des Vaccins

  • Intra-musculaire : Rapide, pour les vaccins systémiques nécessitant une réponse rapide (Hépatite B, grippe).
  • Sous-cutanée : Lente, pour les vaccins à diffusion progressive (ROR, fièvre jaune).
  • Intradermique : Locale et rapide, pour les vaccins ciblant les cellules immunitaires de la peau (BCG).
  • Orale : Variable, pour les vaccins gastro-intestinaux ou systémiques (Rotavirus, choléra).
  • Nasale : Locale (Muqueuse), pour les vaccins contre les infections respiratoires.

La bulle d’air présente dans les seringues prêtes à l’emploi ne doit pas être purgée. Les symptômes post-vaccinaux sont généralement bénins.

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