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Actes de Naissance dans les Archives des Colonies Françaises : Guide et Ressources

Introduction

La recherche d'actes de naissance dans les archives des colonies françaises peut s'avérer complexe, mais elle est essentielle pour la généalogie et l'histoire familiale. Cet article offre un aperçu des ressources disponibles et des procédures à suivre pour retrouver ces documents précieux. Il aborde les spécificités de la conservation des actes, les particularités liées aux populations non blanches, et les évolutions législatives qui ont influencé la tenue des registres.

Ressources et Procédures de Recherche

Archives Diplomatiques

Les Archives diplomatiques mettent à disposition un formulaire électronique sur la plateforme "démarche.numérique.gouv.fr" pour les demandes d’actes d’état civil de plus de 100 ans. Ce formulaire a été conçu pour faciliter le processus de demande et assurer un suivi optimal par le demandeur et l’administration. Les Archives diplomatiques sont ouvertes aux remarques et suggestions concernant cet outil, dans le cadre d'une démarche qualité.

Service Central d'État Civil (SCEC)

Depuis le début du XIXe siècle, les agents diplomatiques et consulaires agissent comme officiers d'état civil pour les Français de l'étranger. Pour les actes transcrits, la demande doit être adressée au Service Central d'État Civil (SCEC). Le SCEC vérifiera si l’acte a été transcrit dans ses registres.

Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM)

Les archives des colonies françaises, pour l’essentiel, sont conservées aux Archives nationales d’Outre-mer (ANOM). Les colonies françaises dépendaient, jusqu’en 1894, du ministère de la Marine, puis du ministère des Colonies, devenu ministère de la France d’Outre-mer en 1946.

Ambassades et Consulats

Lors de l’accession des nouveaux États à l’indépendance, des ensembles de dossiers des administrations, parfois importants, ont été transmis aux ambassades et consulats de France nouvellement créés.

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Instruments de Recherche en Ligne

La plus grande partie des instruments de recherche détaillés est accessible sur le site Inventaires et archives en ligne des Archives diplomatiques.

Spécificités de l'État Civil dans les Colonies

Distinction Ségrégationniste Avant 1848

Avant 1848, l’état civil de la population comprenait les registres des hommes blancs et des Libres de couleur. Cette distinction ségrégationniste était instituée par l’ordonnance de l’intendant de la Guadeloupe du 15 octobre 1764 (art. 3), qui insistait sur le fait qu’il n’était pas « convenable » de mélanger les Blancs et les Noirs. Ce n’est qu’à partir de l’ordonnance royale du 7 septembre 1730 que les Blancs et les Libres de couleur voient leurs actes d’état civil inscrits sur le même registre.

Tables Décennales

Les tables décennales sont une clef d’entrée importante dans l’état civil. Les tables des registres paroissiaux sont peu nombreuses, car leur rédaction était laissée à l’initiative du curé. À partir de 1792, à la fin de chaque registre, une liste alphabétique des actes permet d’accéder rapidement à l’acte recherché. Dès 1793, les tables décennales apparaissent, regroupant l’ensemble des actes rédigés dans la décennie par ordre alphabétique des patronymes. Ce registre spécifique est tenu en double exemplaire. Pour chaque lettre de l’alphabet, il existe un ordre chronologique mais pas d’ordre alphabétique interne. Devant chaque patronyme est portée la nature de l’acte. Ces tables décennales sont très précieuses pour le généalogiste car elles permettent de retrouver rapidement un ancêtre dont la date de naissance ou autre n’était pas certaine, ou de retrouver une fratrie née dans la décennie.

Contenu des Registres de Naissances

Les registres des naissances peuvent également contenir, en fonction des périodes, les actes de reconnaissance, les actes d’affranchissement des esclaves, les transcriptions des jugements liés à la naissance et filiation, et les procès-verbaux de découverte d’enfants nouveaux-nés. Après la loi du 28 octobre 1922, les actes de naissances doivent indiquer la date et le lieu de naissance des parents.

Registres des Publications de Mariages

Les registres des publications de mariages permettent de connaître le lieu de mariage des personnes domiciliées dans la commune et se mariant à l’extérieur. Ils ont été supprimés en 1927.

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Registres d'Affranchissement

Quelques registres d’affranchissement sont conservés dans la sous-série 1 E (Anse-Bertrand : 1 E 2/195 pour l’année 1835 et Port-Louis : 1 E 22/17 pour l’année 1830). Ils apparaissent avec l’assouplissement des conditions d’affranchissement à partir des années 1830. Toutefois, les actes d’affranchissement sont à rechercher prioritairement dans les registres des naissances.

L'Esclavage et l'État Civil

Registres des Esclaves

En 1764, une première ordonnance de l’intendant Peynier impose la tenue des registres des esclaves en deux exemplaires : les propriétaires d’esclaves sont tenus de déclarer les décès en transmettant au curé le nom et l’âge du décédé ainsi que le nom du maître. Cependant, des curés tenaient des registres paroissiaux des esclaves au moins depuis le début du XVIIe siècle. Seuls deux registres de la collection des greffes sont parvenus aux Archives départementales et concernent tous deux Saint-François (1E 35 / 140-141).

Conséquences de l'Abolition de l'Esclavage

Le décret d’abolition de l’esclavage du 4 février 1794 permet aux anciens esclaves devenus des citoyens de se faire enregistrer dans les registres d’état civil. La loi du 24 avril 1833 reconnaissant en l’esclave le statut de « personne non libre », l’ordonnance royale du 4 août 1833 lui attribue donc un état civil dont les actes doivent être inscrits sur un registre tenu en deux exemplaires (un exemplaire communal et un exemplaire pour le greffe) et regroupant les naissances, mariages et décès. Cette disposition est réaffirmée par l’ordonnance royale du 11 juin 1839 (art. 17 et 18) relative au recensement général de la population libre et de la population esclave. Elle prévoit également le dépôt au greffe de ce registre à la fin de chaque année civile et non lorsque le registre est fini. Les déclarations de naissance d’un esclave donnent lieu à la délivrance d’un certificat de recensement pour le maître.

Registres des Nouveaux Libres

L’abolition générale de l’esclavage en 1848 donne lieu à l’ouverture, dans chaque commune, des registres des nouveaux libres. Chaque acte devait contenir les informations suivantes : le numéro de matricule de l’ancien esclave, le prénom (et éventuellement le surnom), le patronyme attribué par l’officier public le jour de l’inscription, le lieu de naissance, l’habitation sur laquelle il résidait avant l’abolition, et le domicile au moment de l’inscription. Il est à noter que la sous-série 1 E est cependant incomplète. Les registres de la Grande-Terre ont été mieux conservés que ceux de la Basse-Terre : la quasi-totalité des registres des nouveaux libres de la Côte-sous-le-vent (à l’exception de Bouillante) sont manquants suite à l’incendie du Palais de justice de Basse-Terre en 1918.

Accès aux Actes d'État Civil

Délai de Communication

La commission précise qu’en application du e) du 4° du I de l’article L213-2 du code du patrimoine, les actes d’état civil (naissances et mariages) sont librement communicables à toute personne qui en fait la demande dès lors qu’ils ont plus de soixante-quinze ans. En l'espèce, la commission estime que les actes d’état civil sollicités sont librement communicables à toute personne qui en fait la demande, dès lors qu’ils ont plus de soixante-quinze ans, conformément au e) du 4° du I de l’article L213-2 du code du patrimoine.

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Cas Particulier de l'Algérie

La commission rappelle le cas particulier des actes d'état civil de l’ancienne colonie française d’Algérie. Lors de l’indépendance, les originaux des registres d'état civil sont demeurés sur place. Seuls les actes concernant les « Français » tels qu’ils ont pu être identifiés à l’époque ont fait l’objet d’un microfilmage, en vertu d’un accord passé après l’indépendance, et sont aujourd’hui conservés, sous cette forme, au service de l’état civil des Français de l’étranger à Nantes, ou aux Archives nationales d’outre-mer. Cette campagne de microfilmage n’a pas été systématique et seulement deux tiers des registres ont été microfilmés. Si les Archives nationales d’outre-mer ne détiennent pas les actes de naissance sollicités, la demande d'avis sera déclarée sans objet.

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