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Accouchement Après Terme : Causes Psychologiques et Prise en Charge

Lorsque la grossesse entre dans sa dernière ligne droite, l'impatience de nombreuses futures mamans grandit. La fatigue, les désagréments physiques et les difficultés de mobilité rendent la fin de grossesse parfois difficile à vivre. Certaines femmes, comme M., qui a accouché après le terme prévu, à 41 semaines d'aménorrhée + 8 jours, pensent que des facteurs psychologiques peuvent également influencer le dépassement du terme. M. témoigne de sa peur de devenir maman comme un facteur possible de son accouchement post-terme.

Le Témoignage de M. : Peur et Accouchement Tardif

M., jeune maman, raconte son expérience. Elle est tombée enceinte dès le premier mois d'essai, une situation qu'elle considère chanceuse. Cependant, elle avoue avoir ressenti une certaine appréhension face à cette grossesse rapide. Initialement, elle s'attendait à avoir plus de temps pour s'adapter à l'idée de devenir mère, imaginant plusieurs mois avant la conception. La réalité de tomber enceinte si vite l'a terrifiée.

M. a finalement accouché par voie basse après un long déclenchement de 48 heures. Son accouchement a nécessité l'utilisation de forceps, une épisiotomie et une révision utérine. Malgré ces interventions, elle ne regrette rien. Elle est persuadée que son accouchement après terme était lié à un manque de préparation psychologique à la maternité. Cette expérience ne l'a pas traumatisée, et elle est aujourd'hui enceinte à nouveau, abordant cette nouvelle grossesse avec sérénité et confiance en ses capacités maternelles et en le soutien de son mari.

Risques Psychologiques de la Périnatalité

La maternité est souvent présentée comme un moment merveilleux dans la vie d'une femme. Cependant, il est crucial de reconnaître les nombreux risques psychologiques qui peuvent survenir pendant la période périnatale. Une note de cadrage de la Haute Autorité de la Santé (HAS) datée du 25 novembre 2020 révèle que 20% des causes de mortalité maternelle sont liées au suicide. Ces risques psychologiques concernent toutes les femmes, qu'elles soient primipares ou multipares.

Le baby blues et la dépression post-partum sont des sujets de plus en plus médiatisés, bien que le terme "post-partum" puisse parfois minimiser la gravité de ces troubles. Près de 16,7% des femmes sont confrontées à ces difficultés, selon l'enquête périnatale de 2020. Devenir parent représente un défi majeur, tant pour les hommes que pour les femmes. L'arrivée d'un enfant, qu'il s'agisse du premier ou non, est une expérience bouleversante.

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Les Complications Psychologiques Courantes

Plusieurs complications psychologiques peuvent survenir autour de la naissance, affectant la vulnérabilité somatique et psychologique des mères :

  • Le Baby-Blues : Apparaissant généralement dès le troisième jour après l'accouchement, il peut durer de quelques jours à trois semaines. Il est souvent associé à la baisse hormonale et à l'afflux d'émotions fortes liées à l'arrivée du bébé et au changement d'identité de la femme.

  • La Dépression Post-Partum : Également connue sous le nom de dépression postnatale ou maternelle, elle englobe une gamme complexe de difficultés maternelles. Elle ne se limite pas à un simple diagnostic de dépression.

  • L'Épisode Psychotique (Psychose Puerpérale) : Ce trouble psychiatrique sérieux survient généralement dans la semaine suivant l'accouchement. Une prise en charge spécialisée est cruciale dès les premiers signes, car la confusion et les idées délirantes peuvent menacer la sécurité de la mère et de l'enfant.

  • L'Effondrement Maternel : Souvent confondu avec le baby blues, il s'agit d'un effondrement intérieur, un précurseur de la difficulté maternelle, souvent gardé secret par peur du jugement.

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  • Le Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) : Selon un article paru dans Perinatalité 2020/4 (Vol 12), il affecte entre 6% et 10% des femmes après l'accouchement, indépendamment du déroulement de celui-ci.

Ces troubles peuvent se manifester par un sentiment d'être dépassée, des doutes sur la capacité à s'occuper de l'enfant, des difficultés à apaiser ses pleurs, un manque d'affection, ou un sentiment de tristesse et d'isolement.

Accouchement Prématuré et Difficulté à Investir la Grossesse

Un accouchement prématuré se définit par des contractions utérines ou des signes de maturation du col de l'utérus avant terme, parfois dès la 22e semaine d'aménorrhée. Au-delà de 37 semaines, on ne parle plus de prématurité. Les menaces d'accouchement prématuré peuvent être liées à une infection, un stress ou une grande fatigue.

Derrière des symptômes médicaux, peut se cacher une difficulté à investir sa grossesse. Certaines femmes supportent mal d'être enceintes et se considèrent inaptes à mener leur grossesse à terme. D'autres ont vécu un traumatisme lié à une interruption médicale de grossesse et ont du mal à investir l'enfant à venir. Des relations difficiles avec leur propre mère peuvent également jouer un rôle.

Le repos est souvent le premier conseil donné aux femmes souffrant de menaces d'accouchement prématuré. Un traitement médicamenteux peut également être administré pour arrêter les contractions, en fonction du stade de la grossesse.

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La Grossesse : Une Période à Haut Risque Psychiatrique

La grossesse et la naissance d'un enfant sont des événements socialement valorisés, mais ils représentent des épreuves physiques et psychiques pour les femmes. Il existe un continuum entre les manifestations psychiques normales et les manifestations pathologiques. La grossesse est une période à haut risque psychiatrique, avec une prévalence des troubles psychiatriques oscillant entre 15 et 29%, alors que seulement 5 à 14% des femmes reçoivent un traitement.

Pendant la grossesse, la femme traverse des bouleversements somatiques, hormonaux, psychologiques, familiaux et sociaux. Son corps et son psychisme doivent s'adapter à ces remaniements. Le processus psychoaffectif qui mène à l'état d'être mère, appelé maternalité, est favorisé par la "transparence psychique", qui permet à la mère d'être à l'écoute de sa propre histoire infantile. Des conflits anciens peuvent ainsi émerger et être réaménagés.

Des craintes concernant la grossesse, les changements corporels, une malformation fœtale, l'accouchement ou l'aptitude à s'occuper de l'enfant sont fréquentes. La transparence psychique peut également favoriser la réactivation de traumatismes anciens et réactualiser des symptômes de stress post-traumatique. La dépression anténatale touche environ 10 à 20% des femmes enceintes et peut être à l'origine d'une dépression post-natale.

Troubles Psychiatriques et Grossesse : Besoins Spécifiques

La survenue d'une grossesse chez une femme présentant un trouble psychotique chronique ou une addiction nécessite une surveillance stricte, tant somatique que psychique. Ces grossesses sont à risque en raison du manque d'observance aux suivis, de la prise (ou de l'arrêt imprévu) de médicaments, de l'existence d'addictions multiples et de conditions de vie précaires. Le déni de grossesse, qui touche environ 3 femmes sur 1 000, se définit comme la non-conscience involontaire de son propre état de grossesse.

La consommation de substances psychoactives pendant la grossesse est également à haut risque, car toutes les substances traversent la barrière hématoplacentaire, avec un risque de toxicité pour l'embryon et le fœtus. La consommation est souvent minorée par les personnes, rendant l'évaluation difficile.

L'Accouchement : Un Événement Fondateur et Vulnérable

L'accouchement est un événement fondateur dans la vie d'un parent avec son enfant. Le vécu de vulnérabilité, de perte de contrôle ou la perception de complications obstétricales peuvent induire des symptômes de trouble de stress aigu, voire des troubles de stress post-traumatique. Au moment de la naissance, la mère est dans un état psychique particulier, appelé préoccupation maternelle primaire, qui oriente son attention vers le nouveau-né.

La première rencontre avec le nouveau-né confronte l'enfant imaginaire à l'enfant réel. Les interactions sont complexes, comportementales, affectives, imaginaires et fantasmatiques. Elles sont réciproques et le nourrisson lui-même agit sur ses parents.

Jusqu'à 80% des accouchées présentent un baby blues, qui apparaît entre le deuxième et le cinquième jour et disparaît spontanément en quelques jours. Les manifestations sont à type de labilité émotionnelle, d'hyperesthésie affective et de pleurs. Il s'agit d'un processus adaptatif physiologique qui permet à la mère d'acquérir une sensibilité particulière à l'égard du nouveau-né.

Les symptômes anxieux peuvent être isolés ou associés à d'autres entités cliniques du post-partum. Les phobies d'impulsion au cours du post-partum sont des angoisses de passage à l'acte à l'égard du nourrisson.

Troubles de l'Humeur et Dépression Post-Partum

Les troubles de l'humeur touchent 15% des mères dans la période du post-partum. Souvent, il s'agit du premier épisode dépressif. Le diagnostic de dépression du post-partum peut être envisagé en cas de prolongation des symptômes du baby blues au-delà de dix jours, ou dans l'année suivant l'accouchement.

La dépression du post-partum est marquée par une humeur triste, une irritabilité, une asthénie importante et une anxiété. Le sentiment d'incapacité et les auto-accusations concernent la fonction maternelle et les soins à l'enfant. Ces troubles sont souvent minimisés ou dissimulés par la femme par crainte d'être jugée. Ils peuvent s'exprimer indirectement par des plaintes somatiques, des craintes excessives pour la santé de l'enfant, des troubles fonctionnels précoces du nourrisson ou des troubles des interactions mère-enfant.

Psychose Puerpérale : Un Trouble Grave et Rare

La psychose puerpérale, ou psychose périnatale, est un trouble psychiatrique grave qui survient généralement dans la semaine suivant l'accouchement. Dès l'apparition des premiers symptômes psychotiques, une prise en charge spécialisée est essentielle. Elle se manifeste par un état délirant aigu associé à des troubles thymiques et des éléments confusionnels.

Les symptômes incluent des troubles thymiques récurrents et des phases maniaques, sans antécédents de maladies mentales. Les caractéristiques comprennent une impossibilité de dormir, des pertes de mémoire, des oscillations entre état normal et hallucinations, une confusion, des sentiments d'incapacité et de culpabilité, une peur d'être tuée ou empoisonnée, et des propos incohérents centrés sur l'enfant.

Bien que rare, la psychose puerpérale nécessite une hospitalisation d'urgence et, idéalement, une hospitalisation conjointe avec l'enfant dans un milieu thérapeutique contenant.

Interventions et Soutien Psychologique

Les interruptions volontaires ou médicales de grossesse, ou une mort fœtale in utero, peuvent avoir un impact traumatique. Le sentiment de culpabilité maternelle est alors massif et favorise le risque de survenue d'une dépression lors d'une autre grossesse.

Certains facteurs prédisposent à un trouble psychique de la grossesse et du post-partum, comme des antécédents de troubles psychiques, des événements de vie stressants, un manque de soutien social, des difficultés relationnelles ou des complications obstétricales.

Lors des consultations de suivi de grossesse, il est essentiel d'informer et d'écouter attentivement la femme enceinte et le couple, afin d'appréhender leur situation dans sa globalité. Il faut être attentif à toute situation de vulnérabilité et d'insécurité. Si la femme a un suivi en secteur spécialisé, la grossesse doit faire l'objet d'un projet thérapeutique, avec co-suivi par des psychiatres, obstétriciens ou sages-femmes. La grossesse ne devrait être envisagée que lorsque la pathologie psychiatrique est équilibrée depuis plusieurs mois.

Toute prescription de psychotropes pendant la grossesse implique de mettre en balance les bénéfices par rapport aux risques. Il est généralement recommandé de ne pas prescrire de psychotropes au cours du premier trimestre et de diminuer, voire d'arrêter, tout traitement juste avant l'accouchement.

Pendant les périodes de la grossesse et du post-partum, l'abord psychothérapeutique est d'une particulière efficacité. Les soins concernent la mère, le lien mère-enfant et les relations père (autre parent)-mère-enfant. L'abord de la situation dans sa globalité implique des professionnels multiples dont la concertation et la coordination sont fondamentales.

Dépassement du Terme : Causes et Prise en Charge

En France, environ 15 à 20% des femmes accouchent après le terme, entre 41 semaines d'aménorrhée (SA) et 41 SA + 6 jours, et 1% au-delà de 42 SA. Le dépassement du terme peut présenter des risques pour le bébé, notamment une souffrance fœtale due à la calcification du placenta et à une diminution des échanges.

Causes Psychologiques Possibles

Certaines femmes peuvent inconsciemment prolonger leur grossesse pour des raisons psychologiques :

  • Manque de préparation psychologique : Certaines femmes n'ont pas assez profité de leur grossesse ou mettent du temps à conscientiser leur état.
  • Peur de la période post-natale : Elles peuvent craindre de ne pas être à la hauteur en tant que mère, ou de ne pas savoir comment s'occuper de leur bébé.
  • Pression sociale : La maternité fait l'objet d'une forte pression sociale, avec des idées reçues qui pèsent lourd sur les épaules des femmes.
  • Peur de l'accouchement : L'accouchement est un passage symbolique fort, mais aussi une source d'inquiétude. Les questions de violences obstétricales peuvent également être une source d'appréhension.
  • Peur de la séparation : La mère peut avoir peur d'être séparée de son enfant après l'accouchement.
  • Réactivation de l'histoire personnelle : L'arrivée d'un bébé peut réactiver des éléments de l'histoire personnelle et familiale.

Surveillance et Déclenchement

En cas de dépassement du terme, une surveillance fœtale régulière est mise en place. À partir de 41 semaines d'aménorrhée, la future maman et son bébé sont surveillés tous les deux jours, avec une échographie et un monitoring.

Un déclenchement d'accouchement peut être décidé si la surveillance révèle des anomalies. En l'absence d'anomalies, il n'y a pas d'indication formelle à déclencher le travail tant que la date prévue du terme n'est pas dépassée d'au moins 6 jours.

Congé Maternité

Si l'accouchement a lieu après le terme, le congé prénatal est prolongé d'autant de jours de retard, tandis que la durée du congé postnatal reste inchangée.

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