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Accouchement à domicile à Reims : Conditions et perspectives

L'accouchement à domicile (AAD) est une option qui gagne en visibilité en France, bien qu'elle reste minoritaire. À Reims, comme ailleurs, des femmes souhaitent pouvoir choisir cette alternative à l'accouchement en maternité. Cet article explore les conditions de l'accouchement à domicile à Reims, les enjeux liés à cette pratique, et les initiatives locales visant à mieux l'encadrer.

L'accouchement à domicile : un choix minoritaire mais légal

En France, l'accouchement assisté à domicile (AAD) concerne moins de 2% des naissances. Bien que peu connu, l'AAD est une pratique légale, envisagée uniquement pour les femmes en bonne santé, ne présentant pas de grossesse à risque et dont le domicile est situé suffisamment proche d’une maternité, selon l’appréciation de la sage-femme qui pratiquera l’AAD.

Conditions et Contre-indications

L'accouchement à domicile n'est pas une option pour toutes les femmes. Les contre-indications concernent principalement les grossesses à risques, l'hypertension, et les pathologies liées au placenta. Même si une femme est suivie à domicile, la sage-femme peut prendre la décision de l'emmener à la maternité en cas de problème lors de l'accouchement.

L'accompagnement par une sage-femme

L’AAD est un accouchement physiologique, respectant le rythme de la mère et de l’enfant, se déroulant à domicile et accompagné par une sage-femme. L’#AAD est centré sur les besoins particuliers de la femme enceinte : la femme bénéficie d’un accompagnement global à la naissance, ce qui signifie qu’un seul praticien (ou binôme de praticiens le cas échéant) assure la surveillance médicale de la grossesse lors des consultations prénatales, la préparation à la naissance, la surveillance et la responsabilité de l’accouchement, les soins postnataux de la mère et de l’enfant. À tout moment lors de ce suivi, la sage-femme peut orienter la future maman vers un médecin spécialisé, si elle le juge nécessaire.

L’accompagnement se fait sur le plan médical (prescription d’échographies, d’analyses médicales…) mais également psychologique (implication de la famille, du papa et visite du domicile avant le dernier mois de grossesse). Lorsque le grand moment arrive, le conjoint prévient la sage-femme, qui arrive avec son matériel médical (de quoi oxygéner le bébé, désobstruer les voies aériennes et du matériel de suture), et assiste la maman dans son accouchement.

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Le Collectif de Défense de l'Accouchement à Domicile (CDAAD) en Champagne-Ardenne

Des initiatives locales visent à promouvoir l'accouchement à domicile et à informer les femmes sur leurs options. À Reims, les Sparnaciennes Marjorie Muller et Peggy Marache ont créé le relais Champagne-Ardenne du Collectif de Défense de l’Accouchement à Domicile (CDAAD). Leur but n'est pas de convertir les femmes à l'accouchement à domicile, mais de les informer pour qu'elles aient un choix éclairé.

Témoignages et perceptions

L'accouchement à domicile suscite des réactions contrastées. Certains le considèrent comme rétrograde, dangereux ou inconscient. Cependant, de nombreuses femmes témoignent d'une expérience positive, soulignant le contrôle accru sur leur accouchement et le cadre plus convivial et moins "hypermédicalisé".

Un père témoigne : « Après quelques jours de questionnement, l’accouchement accompagné à domicile est devenu une évidence pour moi également : je pouvais soutenir ma compagne comme je le souhaitais, la sage-femme m’encourageais, et le jour J a été magique. Nous avons formé la plus belle des équipes pour accueillir notre petit bonhomme. J’admire la force dont ma compagne a fait preuve et je suis fier d’avoir pu lui communiquer ma force également. »

Le manque de sages-femmes et l'ouverture d'un plateau technique

Un des enjeux majeurs est le manque de sages-femmes disponibles pour accompagner les accouchements à domicile. Pour un accouchement à domicile, c’est la même sage-femme qui suit la grossesse, jusqu’à la naissance. En maternité, aujourd’hui, on est loin de compter une sage-femme pour une parturiente. Dans l'esprit de laisser le libre choix aux femmes, le CDAAD envisage d'organiser de nouveaux événements et souhaite ouvrir un plateau technique, un intermédiaire entre l’accouchement à domicile et une maternité. Il s’agit d’une salle au sein d’une maternité que loueraient les sages-femmes libérales pour mener des accouchements naturels. Les parents viennent, restent le temps de l’accouchement et repartent chez eux. En cas de souci, la maternité est à côté.

L'aspect financier et juridique

L’AAD est légal, remboursé par la sécurité sociale et par certaines mutuelles. Dans la pratique, il représente toutefois moins de 0,2% des naissances car non intégré au système de soins. Depuis la loi Kouchner de 2002, les professionnel.les de santé sont tenus de se doter d’une assurance Responsabilité Civile Professionnelle. Or, à ce jour, aucun assureur français ne propose d’offre adaptée aux pratiques des sages-femmes couvrant les AAD. Les sages-femmes se retrouvent ainsi à exercer sans couverture. Une question politique se pose.

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Comparaison internationale

L’#AAD en Europe, une naissance à la maison semble un choix si singulier en France, alors qu’ il est parfaitement intégrée dans le parcours de soins périnatals chez nos voisins néerlandais (15% des naissances), britanniques (2,5%), suisses (1,2%) ou belges (1,5%) ? Seules 0.2% des françaises peuvent accéder à ce service chaque année en France alors qu’elles sont plus de 35% à souhaiter avoir accès à cette possibilité.

Les raisons du choix de l'AAD

Le professeur Jaqueline Wendland (Université Paris Descartes), psychologue clinicienne dans l’unité Petite enfance et Parentalité à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) explique cet intérêt pour l’accouchement à domicile comme une volonté de la part des mères d’avoir plus de contrôle sur leur accouchement: «Jusque dans les années 1930-40, les accouchements se passaient à domicile, puis ils se sont progressivement déroulés dans des maternités pour plus d’hygiène et de sécurité maternelle et infantile. On observe actuellement un mouvement de «retour au naturel»: les mamans veulent accoucher dans un cadre plus convivial, moins «hypermédicalisé» et surtout être actrices dans leur accouchement.

Accouchement à domicile : un droit fondamental

L'Union Professionnelle des Sages-femmes Belges reconnait à « Chaque femme a le droit d’accoucher là où elle se sent en sécurité. L'AAD reprérente 2,1 % des naissances. L’Association canadienne des sages-femmes (ACSF/CAM) reconnaît que « les accouchements planifiés à domicile pour des femmes en santé sont sécuritaires et que la définition de sécurité dans le cadre des soins de maternité inclut la sécurité physique, mais aussi une sécurité émotionnelle, culturelle et spirituelle, dans le respect des valeurs propres à chaque femme, en ce qui a trait à son bébé, sa famille et à elle-même. » et affirme qu’un « accouchement planifié à domicile devrait être recommandé à toutes les femmes en bonne santé et à faible risque. » (2013)La Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada soutient également l’AAD : « La SOGC réaffirme et souligne l’importance du choix des femmes et de leurs familles dans le processus d’accouchement. La SOGC fait la promotion de soins de santé intégrés à la communauté et à l’accouchement afin de garantir la sécurité des soins à la mère et au nouveau-né. Au Canada, planifier l’accouchement avec une sage-femme enregistrée ou un médecin dûment formé dans le système intégré décrit est un choix raisonnable pour les personnes présentant un risque faible lorsque la naissance ne devrait pas être compliquée et que ni la mère ni le nouveau-né n’auront besoin de ressources supplémentaires. L’AAD représente 1,5 % des naissances.L’American College of Nurses and Midwives soutient l’AAD. Cette instance affirme « Les femmes qui planifient des accouchements à domicile optent pour des soins qui facilitent l’accouchement normal et physiologique et réduisent le besoin d’interventions obstétricales et néonatales ». (2016)L’Association Midwives Alliance « reconnaît la sécurité de la naissance à la maison pour les femmes en bonne santé ayant une sage-femme qualifiée et un accès rapide aux soins médicaux en cas de besoin. L’accouchement comporte des risques inhérents, comme toute la vie. Chaque lieu de naissance comporte un ensemble particulier de risques et d’avantages. Chaque femme doit évaluer quels sont les risques et les avantages qui lui conviennent le mieux et qui correspondent le mieux à son système de croyances et aux intérêts de sa famille. Il n’y a pas de différence statistique significative dans les résultats en termes de mortalité maternelle ou périnatale entre la naissance à l’hôpital et la naissance à l’extérieur de l’hôpital; Cependant, la morbidité à l’hôpital est accrue. Les complications pour les mères et les bébés associées aux taux inacceptables d’inductions, de césariennes et d’autres interventions surutilisées dans les hôpitaux américains sont bien documentées et préoccupantes» (2012).L’American College of Obstetricians and Gynecologists précise « Bien que l’American College of Obstetricians and Gynecologists estime que les hôpitaux et les centres de naissance agréés sont les lieux de naissance les plus sûrs, chaque femme a le droit de prendre une décision éclairée du point de vue médical concernant l’accouchement. L’AAD représente 6 à 10% des naissances.Le New Zealand College of Midwives affirme « Les femmes qui connaissent une grossesse normale devraient se voir proposer l’option et être encouragées à accoucher dans les maternités primaires ou à la maison. L’AAD représente 2.5% des naissances.« Le Collège Royal des Sages-Femmes (RCM) et le Collège Royal des Obstétriciens et des Gynécologues (RCOG) soutiennent la naissance à domicile pour les femmes ayant des grossesses sans complications. Il n’y a aucune raison de ne pas offrir la possibilité d’accoucher à la maison aux femmes à faible risque de complications, cela peut leur apporter des bénéfices considérables à elles et leurs familles. Il y a de nombreuses preuves qui indiquent qu’accoucher à la maison augmente la probabilité pour une femme d’avoir une naissance qui soit à la fois satisfaisante et sans danger, avec des implications pour sa propre santé et celle de son bébé. L’AAD représente 1,2 % des naissances.La Fédération Suisse des Sages-femmes déclare : « Un accouchement à domicile, sélectionné et accompagné selon l’état actuel de l’obstétrique, ne comprend pas plus de risques pour la mère et l’enfant qu’un accouchement à l’hôpital. Les accouchements à domicile diminuent les frais dans le domaine de la santé parce que les sages-femmes considèrent l’accouchement comme un événement physiologique qui ne nécessite que peu d’interventions. De plus, il est prouvé que les accouchements dans un environnement familier donnent lieu à moins de complications.

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