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Accouchement chez les chevaux : Guide complet pour une mise bas réussie

La mise bas chez les chevaux est un événement naturel, mais qui peut présenter des risques pour la jument et son poulain. Une préparation minutieuse et une surveillance attentive sont essentielles pour assurer le bon déroulement de l’accouchement. Cet article détaille les étapes clés, de la reconnaissance des signes précurseurs aux soins post-partum, pour une mise bas réussie et sans complications.

Préparation à la mise bas

La préparation optimale commence plusieurs semaines avant la date prévue de la mise bas. Une surveillance régulière de la jument permet de détecter les signes précurseurs et d’anticiper d’éventuelles complications obstétricales. Une jument en bonne santé a plus de chances de mener à bien sa gestation.

Surveillance de la jument gestante

Observez quotidiennement ses comportements par rapport aux autres chevaux ou à son environnement. Le confort, la protection et la santé de votre jument gestante doivent être vos priorités. Les points-clés d’une bonne gestation sont un bon état général de la jument tout en veillant qu’elle ne soit pas en surpoids et des contrôles santé réguliers par votre vétérinaire.

C’est une période particulière pour votre jument. Écartez toute source de stress : privilégiez un environnement familier qui lui évitera ainsi des crises d’angoisses pouvant provoquer des blessures ou développer des maladies. De plus, si vous optez de faire pouliner votre jument dans un endroit différent de son environnement habituel, il est vivement conseillé de respecter une période d’adaptation d’au moins un mois avant la mise-bas.

Signes précurseurs de la mise bas

Plusieurs signes annoncent l’accouchement imminent :

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  • Chute de lait : Visible 2 à 3 jours avant la mise bas, c'est un indicateur fiable.
  • Gonflement de la vulve : La vulve gonfle et se relâche, devenant plus lâche et détendue.
  • Agitation accrue : La jument peut manifester une agitation accrue, se coucher et se relever fréquemment, et présenter une légère augmentation de la fréquence respiratoire.
  • Baisse de la température rectale : Une baisse de la température rectale, en dessous de 37,5°C, dans les 24 heures précédant l’accouchement, est un signe fort précurseur.

N’oubliez pas de noter régulièrement ces changements comportementaux et physiologiques.

Aménagement du lieu de mise bas

Un environnement sécurisé et confortable est essentiel. Choisissez un box spacieux (au minimum 12m²), propre, bien éclairé et aéré, à l’abri des courants d’air et du bruit. Le sol doit être sec, non glissant, et la litière propre et abondante (paille ou copeaux de bois). Un accès facile pour le vétérinaire est crucial. Prévoir de l’eau propre et fraîche à disposition en permanence.

Il va falloir déplacer votre jument au moins 4 à 6 semaines avant la date de poulinage. Pour ce faire, mettez-lui à disposition un grand box propre préalablement contrôlé pour éviter tout risque de blessure potentiel. Disposez une litière abondante et épaisse dans le box : la paille est particulièrement adaptée car elle ne colle pas au poulain nouveau-né. Si vous n'avez qu'un pâturage à disposition, délimitez-en une petite parcelle propre, et protégée des intempéries ; vérifiez que la clôture est bien sûre et qu’il n’y a pas de trous ou de zones humides dans le sol.

Alimentation de la jument gestante

La jument gestante doit être alimentée normalement jusqu’au 8ème mois. Ensuite, durant le dernier tiers de la gestation, la taille du poulain augmente considérablement. C’est pourquoi, il est fortement recommandé, pour que la jument soit physiquement prête à la mise-bas, de lui donner une alimentation enrichie en énergie, comme des protéines, des vitamines et des minéraux. Breeding Mix de la gamme Equifirst est un complément alimentaire adapté aux juments en gestation. Cet aliment floconné spécifique « élevage » est riche en protéines et acides aminés. Enfin, le Linamix à donner 1 mois avant la mise-bas sert à améliorer la richesse du lait de la jument.

La base de l'alimentation d’une jument gestante reste l’accès à l’herbe du pâturage, ou au fourrage de qualité en quantité suffisante. Certaines juments mettent bas au cours du premier trimestre de l'année, et à cette période il n’y a pas ou peu d’herbe à disposition. Le fourrage ne fournit alors pas assez de nutriments pour la jument et son poulain ; il faudra alors, dans ce cas, compenser avec des aliments concentrés pour juments gestantes et poulinières. Dans les trois derniers mois de gestation, la jument (ainsi que la jument allaitante d’ailleurs) a besoin de beaucoup plus de protéines tout d’abord, d'acides gras et de vitamines (particulièrement en vitamines A, D et E).

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Préparation du matériel

Gardez toujours à portée de main : le numéro de votre vétérinaire, une montre, un stylo et du papier pour noter par écrit (ou sur votre smartphone si vous préférez) les différentes étapes du poulinage. Votre vétérinaire pourrait en avoir besoin en cas de problème.

Avant le poulinage, préparez juste un seau d'eau propre et chaude et un savon antiseptique. Vous aurez également besoin d'un bandage pour bander la queue de votre jument lorsque les contractions commenceront.

Déroulement de la mise bas

L’accouchement du cheval se divise en trois phases distinctes, chacune caractérisée par des signes spécifiques.

Phase 1 : Préparation

Cette phase est marquée par des contractions utérines irrégulières et de faible intensité. La jument peut être agitée, présenter des sueurs légères et une augmentation de la fréquence cardiaque et respiratoire. La durée de cette phase est variable, allant de quelques heures à plus d’une journée, avec une moyenne de 2 à 4 heures. Une augmentation de la fréquence des mictions est souvent observée.

Lorsque le poulinage est imminent, la jument change de comportement : coliques légères, tourne en rond, couchers et levers fréquents.

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Phase 2 : Expulsion

Cette phase est caractérisée par des contractions utérines fortes et régulières, qui expulsent le poulain. La jument se couche et se relève fréquemment. L’expulsion dure généralement entre 15 et 30 minutes, avec une moyenne de 20 minutes. Il est crucial que le poulain soit correctement positionné, membres antérieurs en premier, tête entre les membres. Une mauvaise présentation nécessite une intervention vétérinaire immédiate. Une surveillance attentive est primordiale. La durée maximale avant intervention vétérinaire étant de 30 minutes.

La présentation normale est antérieure, en position dorso-sacrée, en posture étendue.

Phase 3 : Délivrance

Cette phase correspond à l’expulsion du placenta et des membranes fœtales. Elle survient généralement dans les 2 à 4 heures suivant la naissance du poulain. Une rétention placentaire (non-expulsion du placenta) peut survenir dans environ 5 à 10 % des cas et nécessite une intervention vétérinaire. Une rétention placentaire peut engendrer des complications infectieuses graves. Il faut donc surveiller attentivement la sortie complète du placenta.

Examinez le placenta. Le retourner comme une chaussette pour pouvoir observer la face rouge et veloutée (qui était en contact avec l’utérus). L’étaler par terre en F et observer son apparence, sa structure et son intégrité à la lumière. Le placenta normal est entier, fin avec un aspect de velours uniforme et rouge plus ou moins foncé. Quelques heures après la mise-bas, il prend une couleur marron.

Quand faire appel au vétérinaire ?

Environ 10% des accouchements présentent des complications, une surveillance attentive est donc importante. Contactez immédiatement un vétérinaire équine en cas de signes anormaux : présentation anormale du poulain (postérieurs en premier, position dorsale), durée du travail excessive (plus de 30 minutes pour la phase 2), détresse respiratoire de la jument, absence de progression du travail après plusieurs heures, signes de souffrance (agitation extrême, cris, sueurs abondantes). Un poulain ne respirant pas correctement ou ne se tenant pas debout après 30 minutes nécessite une intervention urgente. De même, l’absence de travail après 365 jours de gestation est un motif d’alerte.

Des difficultés peuvent survenir : les dystocies. Les causes sont diverses : présentation anormale du poulain (postérieurs, présentation dorsale, etc.), faiblesse de la jument, rupture utérine, torsion utérine, ou hypocalcémie (manque de calcium). Ces situations nécessitent une intervention vétérinaire rapide et experte. Une intervention rapide est cruciale pour minimiser les risques pour la jument et le poulain. Environ 2 à 5 % des mises bas nécessitent une assistance vétérinaire, le pourcentage est plus important si la jument présente des facteurs de risques.

Soins post-partum

Des soins attentifs sont essentiels après la naissance.

Soins à la jument

Surveillez attentivement la jument. Vérifiez sa température rectale, la quantité et la qualité du lait, et son état général. Observez les lochies (écoulements post-partum) ; une odeur fétide ou un volume anormal doivent alerter. Une alimentation équilibrée et une hydratation suffisante sont cruciales pour sa récupération.

Une jument présentant de la fièvre (température > 38,5°C), des douleurs abdominales, un refus de nourriture, ou des lochies malodorantes nécessite une consultation vétérinaire immédiate. Des métrites (infections utérines) peuvent survenir après un accouchement difficile.

Soins au poulain

Examinez le poulain dès sa naissance. Assurez-vous qu’il respire normalement, qu’il se tient debout et qu’il tète. L’absence de réflexe de succion, une faiblesse importante, ou des difficultés respiratoires sont des signes d’alerte nécessitant une intervention rapide. Un poulain en bonne santé doit téter dans l’heure qui suit sa naissance et se lever dans les 30 minutes. Dans environ 90 % des cas, les poulains sont capables de se lever et de téter dans la première heure suivant la naissance.

Le poulain est vulnérable car il naît sans anticorps. Le poulain reçoit les anticorps nécessaires par le colostrum et le lait maternel. Le volume total de colostrum est situé entre 1,8 et 2,8 litres. Le poulain doit boire ce premier lait maternel pendant les trois premières heures. Ensuite, sa barrière intestinale se referme et il ne peut absorber les anticorps qu’en petites quantités, voire plus du tout.

L’étape suivante est aussi très importante : il s’agit de la désinfection du cordon ombilical. Lorsque la jument ou le poulain se lève, le cordon ombilical se rompt au niveau du point de rupture naturel, à environ 15 cm sous la paroi abdominale du poulain. Cette plaie ouverte est un point d’entrée parfait pour les germes. Le nombril doit être enduit d’iode ou trempé dans une solution iodée pour être asséché. Le spray d’aluminium agit ensuite sur la plaie comme un pansement et le protège des germes. Le cordon ne doit en aucun cas être coupé tant que le poulain et la jument sont encore couchés. Le poulain continue d’être alimenté en sang par la jument, ce qui est important pour son système vasculaire. Ce n’est que si le cordon ombilical ne se rompt pas, même après que la jument et le poulain se sont levés, que l’on peut essayer de le rompre délicatement avec les mains.

En règle générale, le poulain essaie de se mettre debout et fait ses premiers pas 20 à 45 minutes après la naissance. Peu après, le poulain rejoint sa mère et commence à téter. Le mouvement et le lait aident tous deux le poulain à expulser le méconium. Le méconium représente les premiers excréments du poulain. Il est assez épais et provient de l’ingurgitation de liquide amniotique, de poils et de sécrétions tissulaires pendant la gestation. Les poulains peuvent avoir des problèmes pour expulser le méconium en raison de l’étroitesse de leur bassin. L’utilisation d’un lavement peut être nécessaire pour extraire un éventuel bouchon méconial. Ces premières selles doivent être expulsées dans les 3 à 24 heures qui suivent la naissance. Si le poulain n’évacue pas le méconium sous 24 heures, le vétérinaire devra être immédiatement appelé pour soulager le poulain à l’aide de médicaments antispasmodiques et de lavements.

Il convient aussi d’observer l’aspect et la fréquence de ses mictions. L’urine doit avoir un aspect normal et le poulain ne doit pas se contracter pour uriner. La température corporelle du poulain est mesurée au bout de 4 à 5 heures avec le thermomètre préparé. Elle devrait se situer entre 37,1 et 38,9°C.

Complications possibles

Des complications peuvent survenir : métrites (infections utérines), rétention placentaire, hypocalcémie. Une intervention vétérinaire rapide est indispensable pour éviter des conséquences graves. Une absence de lochies ou des lochies malodorantes sont des signes importants à surveiller. Une jument présentant de la fièvre, des douleurs abdominales, ou une dépression nécessite un examen vétérinaire urgent.

Systèmes de surveillance adaptés

Généralement, la mise bas est un événement nocturne qui une fois commencé peut se dérouler très rapidement. On retrouve d’abord les systèmes de poulinage comme le Birth Alarm qui est un indicateur de poulinage. Il est également possible de placer une caméra de surveillance dans le box de poulinage. Vous pourrez ainsi avoir un contact visuel direct sur l’état de la situation et agir en conséquence.

Dans le contexte spécifique de l'éleveuse enceinte, confrontée à la difficulté de faire des allers-retours fréquents entre son domicile et la ferme, l'utilisation d'une caméra de surveillance devient cruciale. Bien que l'accès au Wi-Fi soit un obstacle, des alternatives existent, telles que les caméras fonctionnant avec la 4G et permettant un visionnage direct sur smartphone.

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