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Les Règles Pendant l'Allaitement : Ce Qu'il Faut Savoir

De nombreuses questions se posent lorsque l'on devient parent, notamment concernant les transformations du corps après l'accouchement. L'allaitement et le retour des règles sont deux phénomènes qui s'influencent mutuellement, et il est important de bien comprendre leur interaction. On pense souvent, à tort, que l’allaitement empêche d’avoir ses règles car il met en pause le cycle menstruel.

Le Retour de Couches : Définition et Délai

Avant d'aborder la question des règles et de l'allaitement, il est important de revenir sur le phénomène que l’on appelle le retour de couches. Le retour de couches correspond aux premières règles après l’accouchement. Il marque la première ovulation après l’accouchement et la reprise du rythme habituel de cycles menstruels. Ce retour de couches peut être inconfortable après plusieurs mois sans avoir eu ses règles. Ces dernières peuvent être plus abondantes, plus douloureuses et davantage inconfortables. Si c’est effectivement le cas, pas de quoi paniquer, elles seront (en principe) moins éprouvantes les mois qui suivront ! Pour plus de confort durant cette période, il peut être utile de se tourner vers des protections périodiques adaptées.

Après l’accouchement, le corps a besoin de temps pour se remettre de la naissance de l’enfant. Avant une nouvelle ovulation, il peut donc se passer plusieurs semaines. Comme toujours, le phénomène varie d’une personne à l’autre et d’une grossesse à l’autre, mais on estime qu’il faut compter entre 6 et 8 semaines après l’accouchement. Qui dit retour de couches, dit ovulation. De ce fait, il est important de rapidement mettre en place une nouvelle contraception après l’accouchement, dans le cas où vous ne souhaitez pas tomber à nouveau enceinte.

Si la femme n’allaite pas, le retour de couches (qu’il faut bien différencier des lochies post-accouchement) intervient dans les trois mois après l’accouchement. Mais l’allaitement, a fortiori s’il est exclusif et si les tétées sont fréquentes, va venir retarder ce retour de couches, parfois jusqu’à l’arrêt complet de l’allaitement (ou sevrage). Il est difficile de prévoir ce qu’il adviendra, car chaque femme est différente.

Allaitement et Règles : Compatibilité et Influence

Règles et allaitement ne sont pas incompatibles, mais ces deux phénomènes vont avoir tendance à s’influencer l’un et l’autre. De nombreuses personnes souhaitent allaiter leur bébé. Certaines allaitent jusqu’au retour de couches, ce qui signifie que règles et allaitement seront simultanés. Règles et allaitement sont liés. Le fait d’allaiter son enfant peut avoir tendance à retarder le retour des règles. Certaines personnes n’ont pas du tout leurs règles durant toute la période d’allaitement, même si ce dernier dure un an. Pour d’autres, le retour des règles se fera tout naturellement, allaitement ou non. Une nouvelle fois, tout dépend du corps de chacune et les choses peuvent même être différentes d’une grossesse à l’autre pour une même personne. Il n’y a de toute façon pas de contre-indication à allaiter pendant ses règles puisque cela n’impacte pas la lactation. La production de lait continuera de se faire durant la période menstruelle.

Lire aussi: Comprendre les causes de l'ovulation en l'absence de règles

L'allaitement provoque une aménorrhée de lactation qui varie selon les femmes, de quelques semaines à quelques mois, voire parfois quelques années ! Cette variation dépend de l’intensité de l’allaitement : durée, fréquence des tétées… mais aussi d’un équilibre hormonal ! C’est la prolactine, l‘hormone sécrétée abondamment pendant l’allaitement qui empêche l’ovulation et donc le retour de couches. La prolactine est une hormone qui a besoin d’être activée (notamment par la succion). Donc plus baby sera au sein, plus le taux de prolactine sera élevé, et plus le retour de couches tardera ! Ainsi, des événements espaçant les tétées (comme la diversification alimentaire ou le fait que bébé fasse des nuits complètes) peuvent amener un retour de couches.

Si l'on souhaite continuer à allaiter lors du retour de couches, il est possible de mettre en place des actions pour gérer une éventuelle baisse de lactation : compresser le sein pour aider à l’écoulement du lait, alterner davantage les deux seins, proposer le sein plus souvent, prendre des aliments galactogènes (fenugrec etc.), compléter avec des aliments solides si bébé est déjà diversifié, stimuler sa lactation en tirant son lait (power pumping) etc.

Contraception et Allaitement : Méthodes et Fiabilité

L’idée selon laquelle l’allaitement maternel exclusif qui succède immédiatement à l’accouchement serait contraceptif est une idée reçue. En effet, en théorie, la prolactine, qui est l’hormone de l’allaitement par excellence, lorsqu’elle est présente en quantité suffisante, bloque l’ovulation. Toutefois, la fréquence de l’allaitement (nombre de tétées par 24 heures et espacement entre les tétées), l’âge du bébé et les propres niveaux hormonaux d’une femme peuvent influer sur cet effet contraceptif de la prolactine.

On l’a vu, il est possible d’ovuler tout en allaitant, l’allaitement ne suffisant pas toujours à bloquer l’ovulation et le déroulé du cycle menstruel. Aussi, si l’on ne souhaite pas retomber enceinte de suite (on parle souvent de « bébé retour de couches »), il est conseillé d’opter pour une méthode de contraception efficace. L’utilisation d’hormones (pilule contraceptive) n’est pour autant pas obligatoire : le port du préservatif peut très bien convenir, et constitue une méthode mécanique très efficace. Si l’on préfère la pilule, une pilule microprogestative peut être prescrite dès la sortie de la maternité ou lors des visites post-natales.

La Méthode MAMA

La méthode MAMA, méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée, est donc un moyen de contraception naturel, sans ajout d’hormones. Il s’agit d’orchestrer les tétées de façon à maintenir un taux de prolactine suffisant pour inhiber l’ovulation, avec au moins six tétées par 24 heures, espacées d’au moins une heure. On le devine au vu de ce qui a été dit plus haut, c’est une méthode qui demande donc une certaine rigueur, mais aussi une certaine souplesse dans son efficacité : il est possible que malgré tous ses efforts, une jeune maman voit arriver son retour de couches alors qu’elle allaitait régulièrement son bébé. Aussi faut-il être prête à retomber enceinte, ou, à défaut, à recourir à une interruption volontaire de grossesse en cas d’échec de cette méthode contraceptive. Le taux d’efficacité théorique de cette méthode contraceptive est élevé, autrement dit, si elle est appliquée à la lettre (ce qui nécessite rigueur et charge mentale), elle est efficace à 99,1 %. En revanche, son efficacité pratique, en conditions réelles, tombe à 98 % : deux femmes sur 100 ayant adopté cette méthode contraceptive pendant 1 an ont été enceintes dans l’année (Source Inserm).

Lire aussi: Mythes sur l'ovulation

Allaiter n’empêche pas le retour de couches ! Cette méthode est peu fiable, car elle n’est pas adaptée à tout le monde. D’autant plus qu’absence de règles ne rime pas systématiquement avec absence d’ovulation. Les personnes qui souhaitent opter pour des méthodes de contraception naturelles pourront se tourner vers des solutions plus adaptées en consultant leur gynécologue ou leur sage-femme.

Particularités et Conseils

Le cycle menstruel pendant l'allaitement peut présenter certaines particularités par rapport au cycle menstruel précédant la grossesse. Les règles peuvent ne pas être régulières et peuvent varier en débit et en durée. Cette irrégularité est souvent attribuée aux déséquilibres hormonaux provoqués par l’allaitement et la prolactine. De plus, le retour de couches peut affecter la production de lait. Bien qu’il ne soit pas scientifiquement prouvé que le retour du cycle menstruel affecte directement la production de lait, certaines femmes peuvent remarquer une légère diminution de leur production de lait pendant leur période menstruelle. Toutefois, cette diminution est généralement temporaire et ne compromet pas l’allaitement global. Il est important de maintenir une bonne alimentation, de bien s'hydrater et de continuer à suivre les recommandations en matière d'allaitement tout au long de l'accouchement et du cycle menstruel.

L'abondance des règles après l'accouchement peut varier d’une femme à l’autre et certaines femmes peuvent avoir un flux menstruel plus léger que la normale. Cette situation peut être influencée par plusieurs facteurs, comme les déséquilibres hormonaux post-partum, l'allaitement ou d'autres facteurs individuels. Certaines femmes peuvent avoir un flux menstruel plus abondant que la normale pendant le retour de couches. Cela peut être dû à l’accumulation de l’endomètre pendant la grossesse, qui est excrété pendant le cycle menstruel post-partum.

L'ovulation peut survenir avant le retour effectif des règles, il est donc bon d'en tenir compte en cas de rapports sexuels non protégés. Il faut également rappeler que l’allaitement, bien qu’il puisse inhiber temporairement le cycle ovulatoire, ne constitue pas une protection contraceptive. C’est pourquoi la conception pendant l’allaitement (bien que peu probable) n’est pas du tout impossible. Et, en effet, l’absence de règles pourrait retarder considérablement la prise de conscience d’une nouvelle grossesse en cours.

Syndrome Prémenstruel (SPM) et Allaitement

Les douleurs du SPM sont souvent exacerbées lors du retour de couche après une grossesse. Elle se manifeste non seulement par de fortes douleurs, mais également un rejet soudain de l’allaitement. Son expression est à la fois physique et psychologique. Les diagnostics ne sont pas courants, car les femmes n’osent pas en parler. Des douleurs aux mamelons liées au taux de progestérone. Un réflexe d’éjection dysphorique.

Lire aussi: Pourquoi l'ovulation peut-elle survenir juste après les règles ?

Si l’aversion est temporaire, les mamans peuvent essayer de se divertir au moment des tétées pour ne pas se focaliser sur la douleur ou les ressentis. De nombreux facteurs interviennent dans l’allaitement et parmi eux, les mécanismes hormonaux ont une place centrale. Ainsi tout changement dans l’équilibre hormonal peut avoir des conséquences et les douleurs du SPM en sont une. Cependant, d’une part, elles ne sont pas une fatalité.

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