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Comprendre la procédure d'avortement : un guide complet

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est une procédure médicale permettant de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (ou chirurgicale). Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur les deux types de procédures, leurs étapes, leurs conditions de réalisation et les aspects importants à considérer.

Aperçu des méthodes d'IVG

IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse, qui représente 76 % des IVG réalisées, consiste à prendre deux médicaments différents pour interrompre la grossesse. Cette méthode est possible jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle peut être réalisée par un médecin ou une sage-femme, en cabinet de ville, en centre de santé ou en centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé. Dans certains cas, elle peut même être réalisée via une téléconsultation.

IVG instrumentale

L'IVG instrumentale, également appelée IVG chirurgicale par aspiration (ou aspiration intra-utérine), peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée). Elle consiste à vider l'utérus par aspiration et est réalisée en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés. L'IVG instrumentale se déroule sous anesthésie, locale ou générale, selon le choix de la patiente et l'avis du professionnel de santé.

Les étapes préalables à l'IVG

Quelle que soit la méthode choisie, l'IVG est précédée de deux temps essentiels : l'information et le recueil du consentement.

Le temps d'information

Ce premier temps a lieu lors d'une consultation avec un médecin ou une sage-femme, en cabinet de ville, en centre de santé, en établissement de santé ou en centre de planification. Il peut également être réalisé à distance, par téléconsultation.

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Au cours de cette consultation, le professionnel de santé :

  • Vous informe sur les deux méthodes d'IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide.
  • Vous propose de réaliser un entretien psychosocial (uniquement obligatoire pour les mineures).
  • Vous oriente vers un autre professionnel de santé s'il ne pratique pas lui-même l'IVG. Dans ce cas, il vous remet une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.

Le recueil du consentement

Lors de ce second temps, vous choisissez la méthode d'IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. Il s'agit également d'un moment privilégié avec votre médecin ou sage-femme pour :

  • Décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l'IVG si nécessaire.
  • Vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l'infection par le VIH, ainsi qu'un dépistage du cancer du col de l'utérus (à partir de 25 ans).

Il n'existe pas de délai légal entre les deux temps préalables à l'IVG. Si vous le souhaitez, il est possible de réaliser ces deux temps au cours d'une seule et même consultation.

Spécificités pour les mineures

Si vous êtes mineure, une autorisation parentale n'est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix et assister à une consultation psychosociale pour procéder à l'IVG.

La procédure d'IVG médicamenteuse en détail

La prise des médicaments

L'IVG médicamenteuse nécessite la prise de deux médicaments différents : la mifépristone et le misoprostol.

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  1. La prise du premier médicament : la mifépristone

    Ce médicament, également connu sous le nom de MYFEGINE, débute l'interruption de la grossesse. Il bloque l'action de l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. Il est pris soit à domicile, soit à l'occasion d'une consultation. Dès cette première étape, vous pouvez avoir des saignements et des douleurs plus ou moins importants, mais la plupart du temps, ils commencent après la prise du deuxième médicament.

    Les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc indispensable de prendre le deuxième médicament.

  2. La prise du second médicament : le misoprostol

    Ce médicament, également connu sous le nom de GYMISO, est pris 24 à 48 heures après la prise du premier médicament. Il augmente les contractions et provoque l'IVG. Il est pris soit à domicile, soit à l'occasion d'une consultation, soit au cours d'une courte hospitalisation. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes), mais qui peuvent être réduites grâce à la prescription d'antalgiques. Les saignements souvent assez abondants qui accompagnent l'interruption de la grossesse arrivent parfois très vite après la prise du misoprostol, parfois plus tard.

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    Si votre groupe sanguin est rhésus négatif, vous recevrez une injection de gamma-globulines anti-D au plus tard dans les 72 heures suivant le début du saignement pour éviter toute sensibilisation lors d'une prochaine grossesse.

  3. Gestion des saignements

    Les saignements lors d'une IVG médicamenteuse peuvent survenir entre 30 minutes et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du misoprostol. Dans 5 % des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone. La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu'il est important d'évacuer.

    Les saignements qui s'ensuivent, plus ou moins importants, peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d'aménorrhées), c'est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l'œuf, appelé aussi le sac ovulaire, dans les saignements.

    S'il n'y a pas de saignement après 24 heures, il faut contacter le médecin ou la sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24 heures, il faut reconsulter sans attendre.

La visite de contrôle

14 à 21 jours après la première prise de médicament, vous devez réaliser une visite de contrôle afin de s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications. Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme :

  • Confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin.
  • Vérifie l'absence de complications liées à l'IVG médicamenteuse.
  • Évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.

En cas d'échec de l'IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin ou la sage-femme vous oriente vers l'IVG instrumentale.

La procédure d'IVG instrumentale en détail

La préparation

Une infirmière vous donnera généralement d'abord deux comprimés de misoprostol afin d'assouplir le col de l'utérus. Ce médicament doit agir pendant au moins une heure ; il peut provoquer de légères contractions.

L'anesthésie

Vous pouvez opter pour une anesthésie locale ou pour une sédation (profonde). Si vous optez pour une sédation (profonde), dans la salle d'intervention, un somnifère à courte durée d'action vous sera administré par une perfusion posée sur votre bras. Vous vous endormirez en l'espace de 30 secondes et vous dormirez tout le temps de l'intervention. Ce somnifère n'est pas un anesthésique.

Pour une sédation profonde, votre estomac doit être complètement vide (vous devez être à jeun). C'est la raison pour laquelle vous ne devez rien manger pendant les 3 heures qui précèdent l'intervention. Vous pouvez boire de l'eau jusqu'au rendez-vous.

Attention : durant les 24 heures qui suivent une sédation profonde, vous ne devez pas faire de vélo, ni conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé. Ne prenez pas non plus de décisions importantes pendant ces 24 heures.

Si vous optez pour une anesthésie locale, le médecin la réalisera juste avant l'intervention. Il procédera par de petites injections dans le col de l'utérus. Ces injections ne sont en général pas douloureuses. Avec une anesthésie locale, l'utérus n'est pas complètement anesthésié ; c'est la raison pour laquelle vous pourrez malgré tout ressentir des contractions pendant l'intervention.

L'intervention

Pendant l'intervention, vous serez assise dans un fauteuil gynécologique. Un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG) procédera à l'avortement, assisté d'au moins une infirmière. À l'aide d'un spéculum (instrument en forme de bec de canard), le médecin va d'abord rendre visible le col de l'utérus. Le contenu de l'utérus sera ensuite retiré par aspiration au moyen d'une canule (petit tube).

À la suite de cette intervention, vous pourrez vous faire poser un stérilet ou un implant.

Après l'IVG

Après l'intervention, vous irez en salle de repos. Vous y resterez pendant une heure, sous surveillance. Nous vous donnerons des antibiotiques pour prévenir les infections.

Après l'intervention, des maux de ventre et des saignements peuvent survenir. Ces désagréments peuvent persister quelques jours ou quelques semaines ; ils s'atténueront progressivement. Les symptômes de la grossesse vont aller en diminuant dès la fin de la semaine qui suit l'intervention.

La consultation de suivi

14 à 21 jours après l'IVG instrumentale, vous devez réaliser une dernière consultation de suivi afin de s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.

Complications potentielles

IVG médicamenteuse

Les complications les plus fréquentes et non inquiétantes sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications graves sont très rares, mais peuvent inclure une infection ou une hémorragie. Il est important de consulter rapidement un professionnel de santé en cas de fièvre (température supérieure à 38°C), d'importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales ou de malaise.

IVG instrumentale

Les complications immédiates sont rares. Dans de rares cas, la survenue d'une hémorragie est possible. La perforation de l'utérus lors d'une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel. Les complications à distance d'une IVG sont rares. Cependant, dans les jours suivant l'intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d'importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l'établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d'urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.

Douleur et gestion de la douleur

Les contractions de l'utérus liées à l'IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d'IVG médicamenteuse. C'est pour cette raison que le médecin ou la sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.

Contre-indications à l'IVG médicamenteuse

Le professionnel de santé que vous consultez pour l'IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d'IVG adaptée à votre situation. La méthode médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l'utérus, par exemple dans une trompe). D'autres situations peuvent contre-indiquer cette méthode : les femmes présentant une allergie à l'un des deux médicaments utilisés, les femmes souffrant d'insuffisance rénale chronique ou de porphyrie héréditaire.

Fertilité après une IVG

La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé si nécessaire d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux. Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n'entraine pas de risque d'infertilité, n'a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.

Soutien psychologique

Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n'en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l'IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d'en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.

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