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À quelle heure dorment les chauves-souris ? Un aperçu du sommeil et du style de vie des chiroptères

Bien qu’elles soient volantes et protégées par la LPO, les chauves-souris ne sont pas des oiseaux mais bien des mammifères ! Les femelles allaitent donc leur unique petit de l’année. Leurs mœurs nocturnes en ont fait des animaux mal connus et donc mal aimés. Pourtant, pour s’adapter à ce mode de vie particulier, ils ont dû développer des capacités exceptionnelles qui les rendent fascinantes et à part dans la classe des mammifères. Les chauves-souris, ces créatures nocturnes énigmatiques, suscitent souvent la curiosité et l'émerveillement. On se demande souvent à quelle heure ces mammifères volants se retirent pour se reposer. Cet article se penche sur les habitudes de sommeil des chauves-souris, en explorant leur mode de vie unique et les adaptations qui leur permettent de prospérer dans l'obscurité.

Les chauves-souris : Maîtres de la nuit

Toutes les espèces de chauves-souris qui existent de par le monde ont une activité majoritairement nocturne. Ce mode de vie en décalé est à l’origine de beaucoup de croyances et de peurs. Mais alors, pourquoi les chauves-souris vivent-elles presque exclusivement la nuit ?

Trois explications sont avancées. Tout d’abord cela leur permet d’échapper à de nombreux prédateurs, et en particulier aux rapaces. Ensuite la vie la nuit leur permet d’éviter la concurrence avec les oiseaux diurnes insectivores et d’accéder à une manne de nourriture jusque-là inexploitée. Enfin, les ailes ne sont pas adaptées à une exposition au soleil. En effet, la surface considérable du patagium agirait en véritable capteur solaire qui poserait des problèmes dans la régulation de la température corporelle.

Un sommeil prolongé pour des créatures nocturnes

Les chauves-souris dorment en général 20 heures par jour, la tête en bas. Elles passent une grande partie de leur vie à dormir, se reposant pendant près de 20 heures par jour. Ce sommeil prolongé est essentiel pour compenser l'énergie dépensée lors de leurs activités nocturnes, notamment la chasse aux insectes.

La position de sommeil unique des chauves-souris

Suspendues par les pattes la tête en bas, les chauves-souris dorment près de 20 heures par jour. A noter que cette position ne leur demande aucune énergie. Avoir la tête en bas leur permet de s'envoler plus vite si un prédateur tente de les attaquer. Les chauves-souris sont réputées pour dormir la tête en bas, une position qui peut sembler inconfortable pour nous, mais qui est parfaitement adaptée à leur anatomie. Plusieurs questions se posent alors : comment font-elles pour rester suspendues en dormant ? Comment peuvent-elles supporter de rester ainsi la tête en bas ?

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Les chauves-souris peuvent rester suspendues la tête en bas, sans craindre de tomber, grâce à un tendon fixé à la base de l'orteil qui réagit au poids de l’animal. Lorsque la chauve-souris se laisse aller de tout son poids vers le bas, il se tend et les griffes des pattes se referment sur la surface d’appui. L’animal n’a donc pas besoin de fournir un quelconque effort. Pour permettre de rester la tête en bas près des 4/5e de leur temps, le système circulatoire de l’animal est adapté. Les chauves-souris sont munis de valves qui ont pour rôle d’éviter que le sang s’accumule dans la tête. Pour répondre à la question du pourquoi avoir adopté une telle position, il faut rappeler que chaque espèce trouve, tout au long de son évolution, les meilleurs compromis pour assurer sa survie et sa reproduction. L'une des réponses essentielles qu’une espèce doit trouver concerne la menace des prédateurs. La grande majorité d’entre eux se trouvant au sol, le fait de rester accroché au plafond est un avantage. Ensuite, une chauve-souris illustre un compromis qui a privilégié la capacité de vol. Tout cela s’est fait au détriment des pattes qui se sont progressivement atrophiées et sont devenues trop faibles pour supporter la position verticale. Une chauve-souris est incapable d’assurer la course et le saut qui vont avec la prise d’élan pour un envol depuis le sol. Les chauves-souris peuvent tout de même décoller depuis le sol, mais avec beaucoup de difficultés. WWF avance que cette position leur permet de « pouvoir simplement partir en cas de danger en s’envolant rapidement ». Leurs griffes crochues sont fixées sur le support - une branche, par exemple - ce qui leur permet de dormir sans risque.

L'écholocation : un sonar naturel pour la chasse nocturne

Bien qu’elles ne soient pas aveugles, les chauves-souris ont dû développer une aptitude exceptionnelle pour se déplacer et repérer leurs proies dans l’obscurité : l’écholocation. Elles émettent donc des ondes sonores très rapides et directionnelles qui vont rebondir sur les objets environnants et revenir sous forme d’échos à leurs oreilles. Les chauves-souris se construisent ainsi une image sonore très précise de leur environnement au point de pouvoir attraper un moustique en plein vol !

Les chauves-souris émettent des cris dans des fréquences très hautes allant de 10 à 110 kHz qui ne sont pas audibles par l’Homme. L’analyse acoustique de ces ondes permet de distinguer les différentes espèces puisqu’elles émettent toutes des signaux qui leur sont propres, selon le milieu (ouvert ou fermé) et les techniques de chasse. Ainsi, le Murin de Natterer qui chasse en milieu fermé n’utilisera pas les mêmes fréquences et intensités de cri que la Noctule commune évoluant dans un milieu ouvert.

Rappelons que c’est l’écholocation, qui consiste à émettre des sons ou ultrasons et à écouter leur écho, qui permet aux chauves-souris de localiser les proies. La première consiste à se laisser tomber au sol, lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris. Du coup, plus rien sur le radar, en particulier si l’insecte reste immobile ce qu’il n’oublie pas de faire. La seconde, plus technique, consiste à émettre à son tour des ultrasons lorsque l’insecte détecte la présence d’une chauve-souris.

Régime alimentaire et techniques de chasse

En Europe, les chauves-souris se nourrissent exclusivement d’insectes et autres arthropodes tels que les araignées, les opilions, ou encore les carabes. Chaque individu peut consommer jusqu’à la moitié de son poids en insectes chaque nuit. Ainsi, il a été estimé qu’une colonie de 500 grands murins consomme au cours d’une saison d’activité près d’une tonne d’insectes !

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Chaque espèce chasse des proies particulières en fonction de sa taille, de son vol et de la puissance de ses mâchoires.

Selon leur régime alimentaire elles ont donc développé des techniques de chasse différentes comme le glanage au sol (Grand Murin) ou sur la végétation (Murin à oreilles échancrées), la chasse en poursuite (Murin de Bechstein) ou à l’affût (Grand Rhinolophe).

Milieu de vie et habitat

La présence des chauves-souris est souvent associée à leurs gîtes d’estive ou d’hibernation. Pourtant, les chiroptères exploitent des territoires relativement vastes et ont besoin d’un ensemble de critères environnementaux pour pouvoir s’établir. On distingue 3 zones à leur domaine vital :

À l’exception des zones glaciaires, ces petits mammifères volants ont conquis tous les milieux de la planète. On les trouve dans un nombre impressionnant de gîtes naturels : milieux souterrains, crevasses et fissures des parois rocheuses, sous les feuillages, derrière les écorces ou dans les cavités des arbres. Depuis que l’Homme s’est fait bâtisseur, elles occupent aussi la majorité des constructions, des charpentes aux caves, en passant par les ponts et les ouvrages militaires.

Les chauves-souris ont investi toutes les strates du milieu naturel. On les retrouve aussi bien dans les milieux ouverts tels que les prairies ou bocages, qu’en milieu fermé comme en forêt (Noctules, Grand Murin), en passant par les cours d’eau (Murin de Daubenton) ou sous les lampadaires des villages (Pipistrelles). La présence d’insectes est évidemment un critère essentiel.

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Les zones de chasse peuvent parfois être éloignées des gîtes et les distances parcourues quotidiennement varient en fonction des espèces et du milieu environnant (de 5 à 30 km du gîte). Lors de leurs déplacements, les chauves-souris empruntent des structures linéaires du paysage comme les alignements de buissons et d’arbres, les haies, les lisières forestières, les cours d’eau, etc. Elles sont donc particulièrement vulnérables à la fragmentation des habitats qui entraine une rupture dans le paysage. En effet, elles ne pourront s’orienter dans un milieu trop ouvert à cause du manque de points de repère (plaine de grande culture, grande surface de vignes…)

Reproduction et cycle de vie

Comme l’hirondelle est le symbole du « retour des beaux jours », la chauve-souris est celui du retour « des belles nuits ». Après s’être dégourdies les ailes et les pattes, et s’être « requinquées » pendant un mois, les femelles se regroupent dans des nurseries où vont avoir lieu fécondation, gestation, mise bas et élevage des jeunes. L’accouplement ayant eu lieu à l’automne, les mâles sont exclus et vivent isolés. Les femelles, quant à elles, choisissent avec minutie le lieu de leur nurserie pour élever leur petit. Ces lieux aux conditions multifactorielles sont impossibles « à imiter » avec de simples nichoirs. Les chauves-souris donnent naissance à 1, exceptionnellement 2, petit(s) par an : leur fécondité est très faible. Cela peut s’expliquer par un nombre de prédateur limité, l’élevage par un seul parent, et, est compensé par une grande longévité. Le petit peut peser le tiers du poids de sa mère à la naissance. C’est énorme, et en même temps une jeune chauve-souris nouvellement née, ne pèse pas 2 grammes et à la taille d’une grosse abeille pour la pipistrelle par exemple. Les jeunes sont allaités jusqu’à leur émancipation au bout de 4 à 6 semaines ce qui coïncide avec la fin de l’apprentissage du vol et ainsi la possibilité de se nourrir seul. N’ayant pas de réserves, et peu d’expérience, les jeunes sont particulièrement vulnérables à ce moment de leur vie, où les conditions météo peuvent être redoutables. Lorsque les femelles sortent pour se nourrir, elles laissent leurs nouveau-nés qui s’agglutinent les uns contre les autres pour limiter les pertes caloriques (thermorégulation sociale). A l’approche de l’automne, mâles et femelles se regroupent pour l’accouplement. Phénomène assez rare dans le monde animal, la fécondation est différée au mois de mai suivant pour permettre au jeune de voir le jour dans une période propice à sa survie. Enfin, il est temps de songer à faire des stocks pour la saison hivernale à venir. A cette occasion, les réserves emmagasinées par les chauves-souris peuvent représenter un tiers de leur poids. Après quoi, il est grand temps de rejoindre les quartiers d’hiver pour une hibernation de plusieurs mois où toutes les fonctions de leur organisme tournent au ralenti à l’image de la respiration qui passe, de 4 à 6 mouvements respiratoires par seconde, à des apnées pouvant durer 1 h, 1h 30. La température du corps n’est que de quelques degrés au-dessus de la température ambiante. Il s’agit donc le plus souvent de grottes, anciennes mines, caves accessibles et parfois de gros arbres creux à condition que leurs parois fassent plus de 10 cm d’épaisseur. Pour éviter des hivers trop rudes, certaines chauves-souris migrent pour hiberner plus au Sud, par exemple de la Pologne au lac Léman, de la Suisse à la région de Valence. Enfin, il est possible que les chauves-souris se réveillent pendant la période hivernale, les obligeant à remettre en route l’ensemble de leur machinerie. Cela nécessite une quantité d’énergie non négligeable épuisant les réserves de l’animal plus rapidement que prévu. Souvent causé par des dérangements comme des contacts légers, un éclairage prolongé ou des photos avec flash, cela peut leur être fatal. Naturellement, il arrive que les chiroptères sortent de leur léthargie pour voler dans leur gîte, uriner, déféquer, voire boire et manger selon la période.

Le rôle écologique des chauves-souris

En France, et même en Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores. Leur mode de vie leur permet d’avoir accès à une nourriture qui n’est, ni accessible par les autres mammifères bêtement cloués au sol, ni par les oiseaux ronflant sur une branche lors du festival des insectes nocturnes. Seul le hibou petit duc et l’engoulevent d’Europe sont « sur le même créneau ». Ce mode de vie permet également et, pour les mêmes raisons, de limiter le nombre de prédateurs, faisant ainsi d’une pierre deux coups. Le type de proies, la technique de chasse et les lieux de chasse différents d’une espèce à l’autre et permettent ainsi à plusieurs espèces de pouvoir partager le même lieu. Il est possible d’observer des chauves-souris chasser en plein jour surtout au printemps et à l’automne.

Les chiroptères consomment en une nuit l’équivalent du tiers de leur poids, soit 900 équivalents moustiques, ce qui permet de ne pas transformer vos soirées barbecue en enfer. Non spécialisées, elles ne font pas le tri parmi les insectes nocturnes et consomment « ce qui se présente » ayant ainsi un vrai rôle de régulateur des populations d’insectes nocturnes qui ont tendance à pulluler. Les chiroptères sont donc des alliés du jardinier, au même titre que les oiseaux du jardin : votre potager en permaculture est donc protégé 24h/24 si vous invitez tout ce petit monde, et décidez d’en prendre soin. Évoquons pour exemple la noctuelle, et sa larve le vers gris, friande des légumes du potager et des plantes d’ornement. Au menu : les jeunes plantations de betterave, poireau, pomme de terre, carotte, persil, fraisier et bien d’autres encore. Ces chenilles terricoles agissent, comme leur nom l’indique, au niveau du sol, c’est à dire au collet de la plante, zone intermédiaire entre la tige et la racine. Elles s’alimentent des racines naissantes dans cette zone, entraînant le flétrissement du plant. Puis, elles se déplacent sur le rang. Pour ne pas éveiller les soupçons, les fourbes travaillent la nuit et se cachent la journée.

Menaces et conservation

On estime avoir perdu les ¾ des populations depuis les années 50. Les raisons de cette hécatombe ne manquent pas. Au niveau international, européen, et national, les chauves-souris bénéficient d’un régime de protection total.

Anecdotes et idées reçues

J’ai déjà eu des témoignages du type « heureusement que j’ai eu le réflexe de me baisser, sinon, elle finissait dans mes cheveux » … Il arrive en effet, lorsque vous êtes dans la zone où une chauve-souris évolue, qu’elle vous contourne « au dernier moment ». Je vous le rappelle, les chauves-souris ne sont pas des rongeurs. Le seul inconvénient, vite transformé en avantage, c’est le dépôt de guano qui rappelons-le se vend dans le commerce une fortune. Toutes les chauves-souris d’Europe sont insectivores. 3 espèces seulement (cantonnées en Amérique du Sud) sur les 1200 espèces au total se nourrissent du sang des animaux. 2 espèces de chauves-souris sur les 34 espèces françaises peuvent être porteuses de la rage qui se transmet par la salive, généralement après morsure. Une chauve-souris contaminée est affaiblie. Elle ne mordra que si elle se sent en danger, par exemple si on la manipule. C’est pourquoi il est préférable de porter des gants en cuir épais lorsque l’on souhaite manipuler une chauve-souris qui semble en détresse. Pour ceux qui seraient tentés d’appliquer le principe de précaution en éliminant tout ce petit monde porteur potentiel de la rage, rappelons que les chiens font partis de la liste et que l’on a plus de risques de se faire mordre par Médor que par une chauve-souris.

Beaucoup d'histoires circulent au sujet des chauves-souris, bien souvent effrayantes et bien souvent fausses aussi. Objet de curiosité par leur physiologie unique, ce sont des animaux qui semblent brouiller les frontières entre diurne et nocturne, sauvage et domestique, ou encore haut et bas. Les chauves-souris sont des mammifères : cela signifie notamment qu’une partie de leur corps est couverte de poils et que les femelles allaitent les petits. Elles se reproduisent peu, n'ayant généralement qu'un seul petit par an. Les animaux que nous pouvons observer aujourd’hui -qui représentent autour de 1400 espèces différentes, dont 34 en France- présentent une “main-aile” qui est la caractéristique qui leur a donné leur nom scientifique de chiroptère : chiro- est tiré d’un terme grec ancien qui signifie “main” et -ptère, “aile”. Au niveau des membres antérieurs, quatre doigts supportent une membrane alaire appelée aussi patagium, constituée d'une fine peau. Le patagium est un élément qui permet le vol : les chauves-souris sont d’ailleurs les seuls mammifères à vol actif, se montrant capables, selon l’espèce, d’atteindre jusqu’à 3 000 mètres d’altitude et 158 km/h. Elle se distingue de la membrane interfémorale ou uropatagium, qui s'étend des membres inférieurs à la queue.

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