Introduction
La fibrillation auriculaire (FA) est le trouble du rythme cardiaque le plus courant. Le service de rythmologie utilise depuis peu une technologie futuriste pour traiter la fibrillation auriculaire : un système de navigation par Stéréotaxie. Le CHU de Saint-Etienne est le 2e centre français à avoir développé cette nouvelle technique. Cet article explore en profondeur la fibrillation auriculaire, les méthodes de traitement conventionnelles, l'innovation apportée par la stéréotaxie, et, en filigrane, l'importance de chaque contraction cardiaque qui éjecte environ 80 cm³ d'informations vitales à chaque battement.
Qu'est-ce que la Fibrillation Auriculaire ?
La fibrillation auriculaire (FA) est le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque. Elle fait partie des troubles du rythme supra-ventriculaires. Elle correspond à une action non coordonnée des cellules myocardiques auriculaires, ce qui va entraîner une contraction rapide et irrégulière des ventricules cardiaques. Elle est parfois appelée arythmie bien que ce terme correspond, en toute rigueur, à l’ensemble des troubles du rythme et non pas à la seule fibrillation.
La prévalence de la FA augmente avec l'âge, de façon exponentielle. Avant 50 ans, la prévalence est inférieure à 1 %, mais elle augmente ensuite rapidement, atteignant 2 à 3 % entre 50 et 65 ans, 4 à 5 % entre 70 et 80 ans, et plus de 5 % au-delà de 80 ans. Ces chiffres sous-estiment systématiquement la fréquence réelle de la fibrillation auriculaire, car la plupart des formes paroxystiques ne sont pas comptabilisées dans les études épidémiologiques. On estime que la FA paroxystique est très fréquente avant le stade de FA permanente. Si on estime à 2 % à 3 % de la population adulte globale la prévalence de la fibrillation auriculaire, on obtient donc un chiffre, pour 500 000 habitants dans la région stéphanoise, de 20 000 à 25 000 personnes.
Traitements Conventionnels de la FA et leurs Limites
Ces dernières années, des techniques d’ablation par radiofréquence ont montré une efficacité beaucoup plus importante dans le traitement curatif de la FA. En effet, la plupart des fibrillations auriculaires proviennent de foyers d’activation situés au niveau de l’arrivée des veines pulmonaires dans l’oreillette gauche : l’isolement électrique des veines pulmonaires par voie endocavitaire (ablation par radio-fréquence) permet de diminuer très sensiblement le risque de récidive par rapport au traitement antiarythmique classique et est pratiqué dés la fin des années 2000.
L'ablation par radiofréquence est une technique qui a montré une efficacité accrue dans le traitement curatif de la FA. La plupart des fibrillations auriculaires proviennent de foyers d'activation situés au niveau de l'arrivée des veines pulmonaires dans l'oreillette gauche. L'isolement électrique des veines pulmonaires par voie endocavitaire (ablation par radio-fréquence) permet de diminuer très sensiblement le risque de récidive par rapport au traitement antiarythmique classique et est pratiqué dés la fin des années 2000.
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Il s’agit cependant d’une technique longue et complexe (nécessitant d’introduire un cathéter spécial dans l’oreillette gauche en passant à travers le septum inter-auriculaire : (cathétérisme trans-septal), avec un risque de complications d’un peu moins de 5% avec, essentiellement, des rétrécissements des veines pulmonaires et des épanchements péricardiques compressifs (tamponnade). Ces techniques, sont pour l’instant, surtout utilisées en cas de fibrillation auriculaire récidivante et mal tolérée malgré un traitement anti-arythmique optimal. Son utilisation en cas d’insuffisance cardiaque semble se révéler intéressante quant au confort des patients. Le pourcentage de succès après une ou deux procédures approche 70 à 80% des cas pour des patients en échec de traitement médical.
Cependant, cette technique est longue et complexe, nécessitant l'introduction d'un cathéter spécial dans l'oreillette gauche en passant à travers le septum inter-auriculaire (cathétérisme trans-septal). Elle comporte un risque de complications d'un peu moins de 5%, avec essentiellement des rétrécissements des veines pulmonaires et des épanchements péricardiques compressifs (tamponnade). Ces techniques sont surtout utilisées en cas de fibrillation auriculaire récidivante et mal tolérée malgré un traitement anti-arythmique optimal. Son utilisation en cas d'insuffisance cardiaque semble se révéler intéressante quant au confort des patients. Le pourcentage de succès après une ou deux procédures approche 70 à 80% des cas pour des patients en échec de traitement médical.
La Stéréotaxie : Une Révolution dans le Traitement de la FA
Pour pallier ce problème, mais aussi afin de diminuer le taux de complications en vue d’améliorer le ratio bénéfice/risque de la procédure, de nouvelles technologies ont été développées en robotique. Il s’agit d’un système de navigation permettant la manipulation à distance des cathéters. Jusqu’à présent seul le CHU de Bordeaux était équipé de cet appareillage. Dans le cadre de son projet d’établissement, le CHU de Saint-Etienne a permis au service de Cardiologie l’acquisition du deuxième stéréotaxie en France.
La stéréotaxie représente une avancée significative, un système de navigation permettant la manipulation à distance des cathéters. Jusqu’à présent seul le CHU de Bordeaux était équipé de cet appareillage. Dans le cadre de son projet d’établissement, le CHU de Saint-Etienne a permis au service de Cardiologie l’acquisition du deuxième stéréotaxie en France.
L'Atout de la Robotique
Le cathéter est inséré en fémoral puis remonté jusqu’à l’oreillette gauche. La nouveauté, c’est que le positionnement du cathéter est guidé par le champ magnétique généré par trois aimants. L’opérateur pilote à distance avec la souris de l’ordinateur (figure 1). Là, l’opérateur était à 180 m du patient, un homme de 74 ans porteur de FA. Une fois le foyer arythmogène identifié, le cathéter délivre un courant de radiofréquence comme lors de l’ablation classique.
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Le cathéter est inséré en fémoral puis remonté jusqu’à l’oreillette gauche. Le positionnement du cathéter est guidé par le champ magnétique généré par trois aimants. L’opérateur pilote à distance avec la souris de l’ordinateur. Une fois le foyer arythmogène identifié, le cathéter délivre un courant de radiofréquence comme lors de l’ablation classique.
L’avantage est la précision : le guidage de la sonde à la main est souvent difficile car nous sommes à 80 cm du coeur. Le pilotage du cathéter à son extrémité par le champ magnétique permet de gagner en précision et en rapidité. On peut espérer une intervention automatisée et la réalisation d’une intervention plus courte pour la majorité des opérateurs. Comme la pression est constante sur le cathéter, on peut espérer aussi une plus grande sécurité et surtout une réduction de l’exposition aux rayons-X.
La précision est un avantage majeur : le guidage de la sonde à la main est souvent difficile car nous sommes à 80 cm du coeur. Le pilotage du cathéter à son extrémité par le champ magnétique permet de gagner en précision et en rapidité. On peut espérer une intervention automatisée et la réalisation d’une intervention plus courte pour la majorité des opérateurs. Une pression constante sur le cathéter permet également d'espérer une plus grande sécurité et surtout une réduction de l’exposition aux rayons-X.
Toutes les études sont concordantes et montrent une plus grande efficacité des procédures, une réduction très significative de l’exposition aux rayons X et surtout une diminution très importante des complications graves. A l’heure actuelle les centres de rythmologie de tous les grands centres européens sont équipés d’un système de navigation à distance par stéréotaxie.
Les études montrent une plus grande efficacité des procédures, une réduction très significative de l’exposition aux rayons X et surtout une diminution très importante des complications graves. Actuellement, les centres de rythmologie de tous les grands centres européens sont équipés d’un système de navigation à distance par stéréotaxie.
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Conséquences et Traitement de la Fibrillation Auriculaire
La FA est la première cause cardiaque d’infarctus cérébral 15 % des accidents ischémiques transitoires surviennent chez des patients en FA. L’âge est le premier des facteurs de risque d’accident embolique, avec la cardiopathie sous jacente. Globalement la présence d’une FA multiplie la mortalité par un facteur 2. La morbidité est dominée par les accidents ischémiques cérébraux sources de handicaps lourds et de coûts socio-économiques élevés.
La FA est la première cause cardiaque d'infarctus cérébral, avec 15% des accidents ischémiques transitoires survenant chez des patients en FA. L'âge est le premier des facteurs de risque d'accident embolique, avec la cardiopathie sous-jacente. Globalement, la présence d'une FA multiplie la mortalité par un facteur 2. La morbidité est dominée par les accidents ischémiques cérébraux, sources de handicaps lourds et de coûts socio-économiques élevés.
La population cible à traiter est large, pratiquement toutes les FA devant être traitées, à la fois par traitement antithrombotique et par un traitement à visée rythmique, antiarythmique ou ralentisseur. Le problème du traitement médicamenteux est représenté par son inefficacité à guérir les patients, voire même à contrôler les symptômes. En effet, le pourcentage de patients pour lesquels le maintien du rythme sinusal sera possible sous traitement anti-arythmique ne sera que de 50% à 6 mois de suivi.
La population cible à traiter est large, pratiquement toutes les FA devant être traitées, à la fois par traitement antithrombotique et par un traitement à visée rythmique, antiarythmique ou ralentisseur. Le problème du traitement médicamenteux est représenté par son inefficacité à guérir les patients, voire même à contrôler les symptômes. En effet, le pourcentage de patients pour lesquels le maintien du rythme sinusal sera possible sous traitement anti-arythmique ne sera que de 50% à 6 mois de suivi.
Le Cœur : Un Moteur Vital et ses Contractions Essentielles
Chaque contraction du cœur humain éjecte environ 80 cm³ de sang. Cette quantité, bien que paraissant modeste, est essentielle à la vie. Imaginez un moteur qui, à chaque tour, envoie une information vitale à tout le système. Dans le cas du cœur, cette "information" est l'oxygène et les nutriments distribués à chaque cellule du corps.
Un cœur en fibrillation auriculaire perturbe cette distribution. Les contractions irrégulières réduisent l'efficacité de l'éjection sanguine, privant potentiellement certains organes de l'apport nécessaire. D'où l'importance de traiter la FA pour rétablir un rythme cardiaque régulier et optimiser la fonction vitale de chaque contraction.
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