Yves Dandonneau est une figure complexe dont la vie oscille entre les faits réels et les interprétations romanesques, particulièrement en ce qui concerne l'affaire d'escroquerie à l'assurance-vie qui a marqué sa biographie.
Naissance et Jeunesse
Yves Dandonneau est né le 1er novembre 1937. Son enfance à Béziers a été marquée par la figure d'un père gendarme, ancien combattant de la guerre d'Algérie, décrit comme autoritaire et alcoolique, et d'une mère violoniste. Un événement traumatisant a marqué sa jeunesse : un soir, son père a brisé les doigts de sa mère, rentrée tard d'une répétition.
Parcours Professionnel
Après avoir quitté l'école de police, Dandonneau a travaillé comme dessinateur pour la police, puis comme courtier pour la compagnie d'assurances Legal and General. Après son deuxième divorce, il s'est mis en ménage avec Marie-Thérèse, surveillante dans une clinique.Il a ensuite quitté le secteur des assurances pour se lancer dans divers projets, dont la création d'une société, Baby Ball, spécialisée dans la commercialisation d'un nouveau modèle de chaise pour bébé.
L'Affaire Dandonneau: Un Roman Policier Vécu
L'affaire Yves Dandonneau est une histoire d'escroquerie à l'assurance-vie qui s'est déroulée le soir du 6 juin 1987 au Col de l'Homme Mort, dans l'Hérault. Cette affaire a été perçue par certains comme un sujet de roman policier, d'autant plus qu'elle s'inspirait d'un scénario déjà décrit dans un roman policier américain.
Les Faits
Dans la nuit du 6 au 7 juin 1987, les pompiers sont appelés pour un accident de voiture sur une petite route près de Ceilhes-et-Rocozels. Une Austin Metro rouge a percuté un rocher. Le conducteur, Daniel Blouard, indemne, explique que son ami Yves Dandonneau, passager, est blessé et inconscient. Il craint que la voiture ne prenne feu. À l'arrivée des pompiers, la voiture est en flammes et un corps totalement carbonisé se trouve sur le siège passager.
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Marie-Thérèse Héraut, la compagne de Dandonneau, et Danièle Simonin, sa secrétaire, identifient le corps. Dandonneau avait souscrit huit contrats d'assurance-vie au bénéfice de sa compagne, pour un total de 11.900.000 FF (1.800.000 €). Il avait également souhaité être incinéré. Aucune autopsie n'étant ordonnée, le corps est incinéré rapidement.
L'Enquête
Les premières constatations concluent à un accident mortel dû à un choc contre un obstacle, l'incendie étant causé par un court-circuit des phares. Blouard explique les raisons de leur présence sur cette route sinueuse. Les gendarmes concluent à un banal accident de la route.
Une compagnie d'assurance britannique, sollicitée directement par Dandonneau, remarque que le souscripteur a omis de déclarer le cumul des assurances préalablement contractées. Soupçonneux, les assureurs britanniques envoient un inspecteur pour enquêter.
L'inspecteur relève plusieurs incohérences : la voiture roulait en seconde, ce qui implique une vitesse basse ; il n'y a qu'un seul obstacle sur la route ; la voiture est entièrement calcinée, ne laissant que l'ossature métallique et des os calcinés.
Une compagnie française mandate également la cellule Anti-Fraude (ALFA) de la Fédération Professionnelle des Assureurs. L'inspecteur ALFA relève que le chemin est en ligne droite, que le rocher est disposé de manière à ce qu'il soit difficile de ne pas l'éviter, qu'il n'y a aucune trace de freinage et qu'une route plus facile d'accès existe.
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Sur la base du rapport de l'inspecteur ALFA, une plainte est déposée auprès du tribunal de grande instance de Montpellier et une enquête judiciaire est ouverte.
Les Révélations
Malgré l'enquête, cinq des huit compagnies d'assurance règlent le sinistre. Les trois autres suspendent leur règlement. Les résultats de l'enquête confirment que la thèse de l'accident est à écarter et que Dandonneau n'est pas le mort brûlé. Un expert scientifique reconstitue une partie de sa mâchoire, qui ne correspond pas à la radiographie conservée par le dentiste de Dandonneau.
L'escroquerie avérée, il restait à retrouver Dandonneau.
Le Scénario Machiavélique
Le scénario imaginé par Yves Dandonneau était complexe : trouver un ravin pour y précipiter sa voiture, tuer un individu dont la disparition n'étonnerait personne, incendier son cadavre dans sa propre voiture accidentée et disparaître, permettant ainsi à sa veuve de toucher les assurances-vie.
Dandonneau avait retenu deux leçons de son expérience dans les assurances : l'absence de fichier national permettant de détecter les assurances multiples et la nécessité de trouver un corps.
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Jacques Pradel et l'Affaire Dandonneau
Jacques Pradel, spécialiste des faits divers et affaires criminelles, a inclus l'affaire Dandonneau dans ses archives personnelles. Il la décrit comme un exemple d'intelligence criminelle sans limite, où il s'agit de faire disparaître un corps ou de maquiller un crime pour échapper à la Justice.
Tentative de Biographie Journalistique
Le 1er janvier 2004, Yves Dandonneau travaillait à sa biographie, remontant jusqu'à sa naissance le 1er novembre 1937. Il consignait des extraits de son journal manuscrit sur Internet, un journal commencé à la fin de 1980 et comptant, au 18 janvier 2016, 182 tomes et 54.490 pages.
Vie Personnelle et Anecdotes
Le journal d'Yves Dandonneau révèle des aspects de sa vie personnelle, notamment ses relations tumultueuses avec son entourage. Le 1er janvier 2004, il reçoit la visite de Céline et Etienne. La soirée est gâchée par le comportement de Céline, qui se plaint de sa pension et accuse Dandonneau d'avoir eu une aventure avec l'ex-femme d'Etienne. Le lendemain, Dandonneau nettoie le désordre et prépare le petit-déjeuner sans aide.
Le 3 janvier, il apprend le décès de son oncle Jean-Pierre Duesberg, décédé en octobre dernier, par l'intermédiaire de Céline. Il téléphone à son frère Etienne pour obtenir des explications.
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