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Concert Critique : Les Tétines Noires et The Young Gods à la Machine du Moulin Rouge

Ce soir, malgré le froid mordant qui sévit dans la capitale, l'appel de deux groupes mythiques, Les Tétines Noires et The Young Gods, est trop fort pour être ignoré. Après une prestation mémorable au Hellfest, il est impensable de manquer The Young Gods en salle. La Machine du Moulin Rouge devient donc le théâtre d'attentes cristallisées, et fort heureusement, le groupe suisse ne déçoit pas. La foule est venue non seulement pour The Young Gods, mais aussi pour la prestation d’un groupe culte reformé en 2018 : Les Tétines Noires.

Les Tétines Noires : Un spectacle punk, théâtral et dissonant

Créé dans les années quatre-vingts, le collectif français Les Tétines Noires possède une identité unique qu'il affiche dès son entrée en scène. Un claviériste orné d'ailes noires, un chanteur vêtu de blanc avec des cheveux noirs hirsutes, un mannequin nu servant de micro, et des os disséminés sur la scène : l'ensemble ne laisse personne indifférent. La musique est à l’avenant de leur mise en scène : punk, théâtrale et dissonante. Et le résultat fonctionne.

L’ambiance angoissante s’installe avec un Comte d’Eldorado usant de sa voix nasillarde, tandis que la basse bien lourde envoûte le public. Mais ce ne sera que pour mieux le réveiller avec les hurlements sporadiques du Comte et autres pétages de câbles à la fois vocaux et instrumentaux. Tout y passe, des cris aux incantations, des moments de chaos musical aux scènes surréalistes où le chanteur frappe son micro avec un petit marteau. Bref, on ne s’ennuie pas en regardant les Tétines Noires et chaque minute qui passe révèle son lot de surprises.

En février 2001, lors de leur passage à la Coopérative de Mai, Les Tétines Noires avaient déjà marqué les esprits avec un chanteur androgyne utilisant un pied de micro humain et un bassiste déchaîné jetant des bouteilles d'eau dans la foule. Si le bassiste a changé et que le chanteur utilise désormais un pied de micro normal, arborant un look à la Marylin Manson en robe moulante, la musique de LT NO n'a quant à elle pas beaucoup changé : elle est toujours furieusement électro-rock. Des parties de guitares samplées évoquant les Young Gods viennent s'empiler sur l'énorme son de la basse pour former un magma sonore surpuissant ; les hurlements en anglais du chanteur trouvent donc un terrain favorable pour donner une dimension bien déjantée au résultat final, pour le moins scotchant ! De temps en temps, le chanteur empoigne une guitare et en sort des sons bizarroïdes concurrençant la vrombissante basse. Au fil du concert, on pense - encore - à Marylin Manson pour le côté métal glam et à Brian Molko de Placebo pour le côté ambigu et androgyne.

Le clou du spectacle reste une version très personnelle du tube de Sabrina, "Boys, boys, boys", agrémentée de l'apparition d'un gorille à la fourrure rose armé d'une poupée gonflable, le tout culminant dans une scène de strip-tease improvisée. LT NO vaut vraiment son pesant de cacahouètes sur scène, le public assiste à un véritable happening dont la provoc, si elle a déjà était vue mille fois dans le rock ‘n' roll circus, permet toutefois de rompre avec la routine d'un concert classique…

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The Young Gods : Une transe dansante irradiant de classe

Après l’expérience que constituent Les Tétines Noires, la salle est noire de monde. La fosse est pleine à craquer, les autres spectateurs se bousculent aux balcons et tous attendent avec impatience l’arrivée des trois Helvètes. Après l'univers déjanté des Tétines Noires, The Young Gods arrive dans un décor d’une simplicité extrême : une batterie au milieu, un chanteur, un guitariste et un homme aux samples et claviers sur le côté. Cela change du tout au tout par rapport au groupe précédent. La musique aussi.

Irradiant de classe, Franz Treichler et sa bande entament le concert avec des titres de leur dernier album Data Mirage Tangram. "Entrée en Matière" distille déjà une atmosphère aérienne qui plonge lentement le public vers la transe dansante du groovy "Figure sans Nom". Le son est impeccable, le light show plutôt joli avec des alternances de bleus et de rouges, on reste dans les traces du Hellfest 2019. C’est ensuite au tour de "Tear Up the Red Sky" de muscler le jeu avec des fulgurances agressives qui font headbanguer la salle, puis vient le tour d’"All My Skin Standing" et son ambiance exotique incroyable. On ne peut que rester scotché devant le jeu de batterie d’une grande finesse de Bernard Trontin et le travail millimétré des samples. Le public est à fond, se laissant emporter par le solo de guitare tordu de Franz Treichler. Et ce n’est rien par rapport au final qui finit de conquérir tout le monde.

C’est à partir de cet instant que les Suisses gagnent leur pari et envoûtent entièrement la salle. Le groupe enchaîne les titres d’une efficacité redoutable. Si "Moon Above" fait office de répit bien posé, la folie reprendra avec l’incroyable "Kissing the Sun" et son intensité rythmique redoublé par un jeu de lumière presque stroboscopique. Démentiel ! Une folie qui sera reprise par la très rock "Envoyé" pour laisser cours ensuite à la folie de Franz Treichler, saisissant son micro auquel est accroché une lampe torche. Il éclaire la foule tel un vieux marin scrutant les mers, appelle le public puis lance la très dansante "You gave Me A Name". Le morceau est bon, les spectateurs se trémoussent, mais le final est un peu frustrant pour un tel concert et lorsque le groupe se retire de scène, un goût de trop peu plane sur la salle.

C’est alors que les festivaliers hurlent le nom des stars du soir et les Genevois reviennent avec leurs morceaux les plus cultes et les plus rock de la soirée. "Tenter le grillage" impressionne, son corrosif, light show épileptique, un grillage qui défile en fond - le morceau défonce et les têtes se mettent à headbanguer et à hurler le refrain. "L’Amourir" elle est tout en rythmiques froides, métalliques, qui s’allient parfaitement avec la voix rauque de Franz tandis que le dernier morceau "Skinflowers" est un grand classique rock du groupe.

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