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YouTube et IVG : Démêler le vrai du faux

L'accès à des informations fiables sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est crucial, en particulier à l'ère numérique où la désinformation peut se propager rapidement. Cet article vise à examiner les fausses informations circulant en ligne, notamment sur YouTube, et à fournir des informations factuelles sur l'IVG en France.

Rumeurs et désinformation : une analyse

Une rumeur courante, souvent diffusée avec une vidéo poignante, prétend montrer la souffrance d'un fœtus lors d'un avortement. Ces vidéos sont souvent accompagnées de textes émotionnels condamnant l'avortement. Cependant, il est essentiel de faire preuve d'esprit critique face à ces affirmations et de vérifier leur véracité.

Scènes de fiction utilisées hors de leur contexte

Ces vidéos sont souvent des extraits de films anti-IVG, comme le film américain "Unplanned". Ce film est une adaptation du récit d'Abby Johnson, une ancienne responsable d'une antenne américaine du Planning familial, qui raconte avoir assisté à l'avortement d'un fœtus de treize semaines et avoir radicalement changé d'opinion sur l'IVG. Ces scènes, bien que tirées d'une œuvre de fiction, sont réutilisées pour dénoncer les supposés dangers de l'avortement.

La question de la douleur fœtale

Un élément important à considérer est l'âge gestationnel du fœtus. Contrairement à ce qui est avancé dans "Unplanned", un fœtus de treize semaines ne peut pas ressentir consciemment de douleurs. Une étude du Royal College of Obstetricians and Gynaecologists a affirmé en 2010 qu'avant 24 semaines, un fœtus est insensible car ses terminaisons nerveuses ne sont pas suffisamment formées dans le cortex. Les auteurs de l'étude considèrent même qu'il serait « naturellement insensible et inconscient dans l’utérus », ce qui rendrait l'administration d'anesthésiants au fœtus inutile dans le cadre d'un avortement.

Le délit d'entrave à l'IVG : protéger l'accès à l'information

En France, le délit d'entrave à l'IVG réprime la désinformation sur ce sujet, y compris en ligne. La loi prévoit des peines pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour « la diffusion ou la transmission d’allégations ou d’indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales d’une IVG ».

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IVG : Informations clés et procédures en France

En France, une femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption. La pratique de l'avortement est réglementée et plusieurs étapes doivent être respectées, avant et après l'intervention.

Les deux méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes d'IVG :

  • L'IVG instrumentale (chirurgicale) : elle est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie).

  • L'IVG médicamenteuse : elle est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé.

La technique d'avortement utilisée dépend du choix de la femme et du terme de sa grossesse.

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Étapes obligatoires avant la réalisation d'une IVG

Deux temps sont obligatoires avant la réalisation d'une IVG.

  1. La consultation d'information : la femme fait sa demande d'avortement et reçoit des informations sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation et les effets indésirables possibles. Un entretien psycho-social est proposé (obligatoire pour les mineures).

  2. Le recueil du consentement : la femme remet son consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement.

IVG instrumentale (chirurgicale) : la procédure

La technique instrumentale (chirurgicale) consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. L'hospitalisation dure en général quelques heures, mais l'intervention en elle-même dure une dizaine de minutes.

IVG médicamenteuse : la procédure

La technique médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments (le premier servant à interrompre la grossesse et le second à provoquer l'expulsion de l’œuf). Les deux médicaments sont délivrés par le médecin ou la sage-femme lors de la consultation ou par le pharmacien dans le cas où une téléconsultation a été effectuée. Cette méthode ne nécessite ni anesthésie, ni intervention chirurgicale. Des médicaments antalgiques sont prescrits.

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Prise en charge financière

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.

Suivi post-IVG

Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse. Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que la femme dispose d'un moyen contraceptif adapté à sa situation si nécessaire.

Désinformation sur les réseaux sociaux : un enjeu majeur

Un rapport récent de la Fondation des Femmes et de l’organisation indépendante à but non lucratif britannique ISD met en lumière les stratégies de mobilisation anti-avortement sur les réseaux sociaux, notamment en divulguant de fausses informations. Ces organisations alertent sur la difficulté pour une utilisatrice de pouvoir s’informer correctement sur le droit à l’avortement sans être exposée à de la désinformation.

Ciblage des jeunes utilisatrices

Les réseaux sociaux sont utilisés par la galaxie des anti-avortements pour menacer le droit à l’IVG en propageant de fausses informations à l’intention des jeunes utilisatrices. Des profils Instagram d’adolescentes qui cherchent à s’informer sur l’avortement sont créés, et les algorithmes de recommandation sont utilisés pour diffuser des contenus dissuasifs ou potentiellement trompeurs.

Types de désinformation

Les discours qui nourrissent des affirmations fallacieuses sur la souffrance présumée du fœtus avorté ou sur les effets secondaires de l’IVG sont courants. Des témoignages d’expériences négatives, impossibles à vérifier, sont également diffusés.

Rôle de YouTube et des autres plateformes

Seul YouTube dispose de règles claires pour lutter contre certaines fausses informations sur l’avortement. La plateforme américaine interdit les contenus qui contredisent les recommandations des autorités sanitaires locales ou de l’OMS. Cependant, la modération reste défaillante. Google est moins utilisé à ces fins que les réseaux sociaux où se reporte cette mobilisation anti-avortement.

Acteurs de la désinformation

Dans la cartographie des émetteurs de contenus, on retrouve des sites ou personnalités catholiques conservatrices, des royalistes et des militants venus de l’extrême droite.

Grossesse non désirée : que faire ?

Découvrir que l’on est enceinte alors que ce n’était pas prévu peut surprendre, voire inquiéter. Il est conseillé de se rendre dans un centre de planification pour être accueillie et prise en charge. Un entretien avec un médecin permet d'obtenir des informations sur les techniques d’IVG et une aide psychologique et/ou sociale. Une conseillère conjugale et familiale peut également être consultée pour un entretien psychosocial.

Accord parental pour les mineures

Si une jeune fille mineure non émancipée désire interrompre sa grossesse, la règle reste que le consentement des parents (ou des tuteurs légaux) doit être recueilli. Si elle désire garder le secret de l’IVG, la conseillère conjugale et familiale l’encouragera à informer ses parents. Si l’autorisation écrite des parents n’est pas obtenue, l’IVG et tous les soins afférents peuvent tout de même avoir lieu. La jeune fille devra alors se faire accompagner d’une personne majeure de confiance.

Soutien et confidentialité

Il est important de se confier à une personne de confiance (ami, membre de la famille, partenaire) pour se sentir moins seule. La décision finale appartient à la jeune fille, quel que soit son âge. L’IVG est prise en charge à 100 % et de manière anonyme.

L'IVG dans la fiction : un sujet encore tabou ?

Dans les œuvres de fiction, l’avortement est un sujet qui peine à être abordé. Certaines œuvres, comme "Never Rarely Sometimes Always" et "Sex Education", abordent ce sujet avec sensibilité et réalisme.

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