Le sommeil est un pilier fondamental du développement de l'enfant, au même titre que l'alimentation et la respiration. Il joue un rôle crucial dans la production de l'hormone de croissance, la maturation du système immunitaire et du cerveau, ainsi que dans la gestion des émotions et la mémorisation des apprentissages. Comprendre les besoins spécifiques de sommeil d'un enfant de 3 ans est donc essentiel pour favoriser son bien-être et son épanouissement.
L'évolution du sommeil de l'enfant
Le sommeil de l’enfant s’inscrit dans la continuité du sommeil du nourrisson. Il va continuer tout au long de l’enfance sa maturation pour se stabiliser peu à peu et présenter de plus en plus de caractéristiques communes avec le sommeil de l’adulte. Il est important de mettre en place des mesures adaptées et, éventuellement, de prendre en charge par exemple, des difficultés d’endormissement ou de réveils nocturnes persistants. De plus, à cette période de la vie, le sommeil, en pleine maturation, est plus propice à la survenue de ce que l’on appelle les parasomnies.
L’organisation du sommeil de l’enfant, dépend comme chez l’adulte, d’une part, d’un système relié à la pression du sommeil (on parle de régulation homéostatique) et, d’autre part, d’un système relié à l’alternance du jour et de la nuit (on parle de régulation circadienne). Le sommeil devient principalement nocturne entre 3 et 6 ans suivant les enfants. L’enfant s’endort en sommeil lent. Entre 2 et 6 ans, le temps d’apparition du sommeil paradoxal s’allonge, passant de 1 à 2 heures à 6 ans. Tout enfant présente dans la nuit quelques moments d’éveil d’une durée de quelques minutes. Le rythme de sommeil peut rapidement être perturbé par un environnement non propice ou par des habitudes de vie inadéquates.
Les besoins de sommeil d'un enfant de 3 ans
Même si ces indications ne sont que des moyennes, « un enfant a besoin entre 2 et 3 ans de 10 à 14 heures de sommeil par tranches de 24 heures », affirme Pascale Ogrizek, médecin généraliste et spécialiste du sommeil. Cette durée inclut le sommeil nocturne et la sieste de l'après-midi, qui reste importante à cet âge. Si la sieste du matin a, en moyenne, disparu avant que bébé fête ses deux ans, celle du début d'après-midi peut être encore bien utile, au moins jusqu'à 4 ou 5 ans. On essaie qu'elle se termine avant 15 h, afin qu'elle ne perturbe pas la mise au lit le soir. Pour autant, certains ne ressentiront plus le besoin de faire de siestes de toute la journée à partir de deux ans ou deux ans et demi. Il est essentiel de noter que chaque enfant est unique et que ses besoins en sommeil peuvent varier.
Plus que d’apporter du repos aux plus jeunes, le sommeil a aussi un rôle majeur dans leur développement. En effet, il participe à l’évolution physique, cognitive et émotionnelle de l’enfant. Selon l’âge de l’enfant, ses besoins en sommeil varient. Chaque enfant a bien entendu ses propres besoins qu’il faudra prendre en compte. Les horaires de coucher et de réveil sont aussi importants afin d’instaurer un rythme régulier pour l’enfant. Ce rythme lui permet de maintenir un équilibre jour après jour. Il doit être conservé la semaine comme le week-end.
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L'heure idéale du coucher
L'heure de coucher varie en fonction de celle du réveil, le but étant que notre enfant ait son quota de sommeil. On recommande en général de coucher un enfant de cet âge entre 19 h et 20 h 30, pour un réveil aux alentours de 7 h en moyenne. Un cycle de sommeil dure en moyenne 75 minutes chez un enfant entre 2 et 3 ans. Les experts du sommeil recommandent qu’un enfant soit endormi avant 21 heures, quel que soit son âge.
Il est important de se baser sur un agenda du sommeil (minimum 15 jours), sur les signes de fatigue de l'enfant, sur son état émotionnel et sur tout un tas de paramètres pour connaitre la quantité de sommeil dont il a besoin.
Les conséquences d'un manque de sommeil
Des études menées à l'Université et à l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, publiées en 2007 et 2008, démontrent qu'une seule heure de sommeil nocturne en moins chez les tout-petits, telle qu'une nuit de 9 heures au lieu de 10 heures, peut avoir un impact sur leur développement cognitif (par exemple, sur leur concentration et leur raisonnement logique), socio-affectif ( contrôle des émotions) ou encore physique (le manque de sommeil peut impacter la croissance et être responsable de surpoids).
Les effets immédiats d’un manque de sommeil se ressentent sur l’humeur de l’enfant, la gestion de ses émotions et sur sa santé (un enfant qui ne dort pas assez tombe plus souvent malade car le développement de son système immunitaire est moins rapide. Les autres conséquences d’un manque de sommeil ne sont visibles que sur le long terme. Les méfaits se ressentent notamment plus tard lors des apprentissages à l’école car le sommeil joue un rôle dans l'apprentissage récent, un enfant qui s'endort sur une tâche tout juste apprise augmente sa mémorisation de 30%. Le sommeil renforce et consolide la mémoire (consolidation de la mémoire déclarative et de l'apprentissage procédural). Les enfants de moins de 3 ans qui dorment moins que les 10h de nuit auront également plus de probabilités d’avoir un score élevé d’hyperactivité et d'impulsivité.
Mettre en place un rituel du coucher
Pour préserver la bonne qualité du sommeil, le moment du coucher est déterminant. Un endormissement qui se fait dans le calme et la sérénité présage d’un bon sommeil reposant. Qui plus est, les activités qui vont être pratiquées avant le coucher ont un impact sur la qualité de ce dernier. Il est donc recommandé d’éviter à tout prix les écrans le soir.
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Face à ce blocage, on peut remettre en place un rituel de sommeil - quelque chose de très répétitif qui l'amène progressivement sur le moment de la séparation et du dodo. De bonnes habitudes peuvent aussi apaiser ce moment, comme, par exemple, le fait de manger assez tôt pour que la digestion ne gêne pas le sommeil, de baisser la voix et la lumière en fin de journée pour instaurer un environnement calme et éviter l'excitation de début de soirée, bannir tous les écrans des yeux et mains de bébé…
Le rituel du coucher permet de donner un cadre à l’enfant et de le rassurer. Dès le plus jeune âge, votre enfant commence à assimiler les événements de la journée et a besoin de créer des habitudes pour s’endormir. La routine du coucher ne doit pas excéder 30 minutes maximum. Un rituel du coucher est idéal pour accompagner son enfant vers l’endormissement.
Conseils pour favoriser un bon sommeil
- Créer un environnement propice au sommeil: Dans la chambre de bébé, privilégiez une lumière douce avec une veilleuse, une température située autour de 18°C et 20°C et une ambiance propice au sommeil et au calme. Votre bébé doit différencier le temps d’éveil avec le temps dédié au sommeil. Selon son âge, rangez ses jouets avec lui et créez-lui un espace consacré au sommeil avec des livres et des coussins au sol par exemple. Côté bruit, le calme est de mise à la maison même si un silence absolu n’est pas nécessaire. Enfin, le choix de la literie peut aussi avoir un impact sur le sommeil de l’enfant. C’est tout particulièrement vrai pour le matelas qui doit offrir un soutien ferme adapté aux plus petits.
- Éviter les écrans avant le coucher: Nous l’avons dit, les écrans sont absolument à éviter avant le coucher. La lumière bleue de manière générale va en effet avoir un impact sur le sommeil de bébé. On parle souvent de l’absence d’écran avant 3 ans, mais après cet âge, les parents doivent strictement contrôler l’accès aux écrans de leur enfant.
- Être attentif aux signes de fatigue: Pour savoir si votre enfant a sommeil, soyez attentifs à son comportement et son humeur. Bébé s’énerve, baille ou se frotte les yeux ? Il est certainement temps de le mettre au lit.
- Instaurer un rythme régulier: Les horaires de coucher et de réveil sont aussi importants afin d’instaurer un rythme régulier pour l’enfant. Ce rythme lui permet de maintenir un équilibre jour après jour. Il doit être conservé la semaine comme le week-end.
- Gérer les terreurs nocturnes: Réveillés en sursaut, vous entendez votre enfant pleurer et crier, et vous pensez qu'il a fait un vilain rêve. Pourtant, il vous semble complètement endormi… Votre bout-de-chou est peut-être sujet à des terreurs nocturnes. Celles-ci se caractérisent par le fait que bébé est toujours endormi et ne se souviendra pas de cet incident le lendemain matin. « Ces parasomnies apparaissent au cours d'une phase de sommeil très profond. Si votre enfant est atteint de cette parasomnie, il est conseillé de ne pas le réveiller et de simplement surveiller qu'il ne risque pas de se blesser au cours de sa terreur nocturne.
Quand consulter un professionnel ?
Tout d’abord, il convient avant tout de comprendre ce qu’il se passe en observant l’enfant et en échangeant avec lui. Le sommeil étant absolument primordial pour le bien-être d’un enfant, il est nécessaire de consulter un professionnel si les troubles du sommeil rencontrés s’installent dans le temps. Néanmoins, la spécialiste alerte sur le fait que « 2 % des enfants de plus de 2 ans souffrent d'apnée du sommeil et n'ont donc pas un sommeil réparateur ».
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