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L'insémination artificielle et les dynamiques familiales : perspectives sur l'homoparentalité

L'étude des projets parentaux des personnes homosexuelles offre un éclairage unique sur les motivations et les dynamiques qui sous-tendent le désir d'enfant, en dehors des normes hétérosexuelles traditionnelles. Cette exploration met en évidence les points communs et les différences dans l'expression de ce désir chez les hommes et les femmes.

L'asymétrie face à la parentalité

En France, les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à la parentalité, que ce soit en termes de procréation ou d'adoption. Les femmes ont acquis le droit de disposer de leur corps et de choisir d'avoir un enfant quand elles le souhaitent. La maternité est perçue comme un statut naturel, tandis que pour un homme, devenir père nécessite de reconnaître la mère de l'enfant et de déclarer sa volonté d'être père.

Les personnes homosexuelles sont confrontées à cette asymétrie. Les femmes peuvent recourir à l'insémination artificielle avec donneur (IAD) à l'étranger, faire appel à un donneur connu ou adopter. Les hommes, quant à eux, ne peuvent ni se faire inséminer ni porter un enfant, ce qui les oblige à passer par une femme ou à adopter. L'adoption est souvent plus difficile pour les célibataires, et la maternité de substitution est interdite en France.

Projets parentaux : individuels ou de couple ?

Une étude de 2001 auprès des adhérents de l'APGL (Association des parents gays et lesbiens) révèle que les femmes sont plus nombreuses à vivre en couple et à être en couple depuis plus de cinq ans. Les études sur la sexualité montrent également que les femmes ont tendance à associer la sexualité à l'amour et au couple, tandis que les hommes la considèrent davantage comme une étape dans l'apprentissage.

Parmi les personnes homosexuelles souhaitant devenir parents, la majorité vit en couple. Cependant, être en couple ne suffit pas à garantir que le projet parental soit un projet de couple. Dans de nombreux cas, le désir d'enfant est celui d'un seul des deux partenaires.

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Exemples de projets individuels

  • Alain (projet d'adoption) : Il avait ce projet avant de rencontrer son compagnon, qui a ensuite déposé un dossier d'agrément. Alain envisage que chacun mène son histoire jusqu'à l'adoption plénière.
  • Fabien (projet de coparentalité) : Son désir d'enfant était présent avant même la découverte de son homosexualité.

Une enquête quantitative confirme cette tendance. Cependant, il est important de noter que se définir comme parent dans un discours ne reflète pas nécessairement la réalité concrète de la vie quotidienne avec l'enfant. Le terme "parent" recouvre des significations multiples : statut légal, lien du sang et lien affectif.

Projets de couple

Dans certains cas, le désir d'enfant est clairement énoncé comme un projet de couple, un aboutissement de leur amour.

  • Nathalie : Elle considère qu'il est injuste et frustrant de ne pas pouvoir avoir un enfant, car il représente l'aboutissement de leur amour.
  • Jeanne : Le désir d'enfant est né du couple et est partagé par les deux partenaires.

Carla et Marie-Laure ont médiatisé leur situation, où les enfants nés de Marie-Laure par IAD portaient les noms des deux femmes dès la naissance. Elles ont entrepris des démarches pour que Carla adopte les enfants de Marie-Laure, puis pour que Marie-Laure retrouve ses droits parentaux.

Configurations familiales : biparentales ou multiparentales ?

Les hommes ont tendance à élaborer des projets parentaux individuels, tandis que leurs compagnons s'investissent dans les fonctions parentales une fois l'enfant présent, sans nécessairement se positionner comme un second père. Les femmes, quant à elles, élaborent plus souvent des projets de couple, où l'enfant est perçu comme l'aboutissement de leur relation.

Cette différence peut s'expliquer par des représentations sociales différentes. Être mère réintègre une lesbienne dans la féminité, tandis que la paternité peut désigner un homme homosexuel comme "monstrueux". De plus, les femmes privilégient souvent les relations de couple, ce qui facilite la combinaison des rôles parentaux et conjugaux.

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La configuration familiale, qu'elle soit biparentale (deux parents) ou multiparentale (plus de deux parents, comme dans le cas de la coparentalité), est un facteur important à considérer.

Motivations pour différents types de parentalité

Les motivations pour choisir l'adoption, l'IAD, la gestation pour autrui ou la coparentalité sont diverses. Les parents homosexuels examinent chaque possibilité et écartent celles qui ne correspondent pas à leur vision de l'intérêt de l'enfant, de la parentalité ou de la famille.

  • Biparentalité (hommes) : Concrétise une représentation de la paternité axée sur la relation à l'enfant et sa prise en charge quotidienne.
  • Biparentalité (femmes) : Concrétise une représentation de la famille comme prolongement du couple.
  • Coparentalité : Hommes et femmes souhaitent offrir "un père et une mère" à leur enfant.

La paternité sans contrainte

La spécificité de l'identité paternelle est de plus en plus floue. Être géniteur ne suffit pas à fonder l'identité paternelle. Les pères sont encouragés à s'impliquer dans la relation parentale, loin de l'autorité traditionnelle.

De nombreux hommes homosexuels choisissent d'être pères par l'adoption ou la gestation pour autrui afin de vivre leur paternité sans contrainte. Ils écartent la coparentalité, car ils ne veulent pas dépendre du bon vouloir d'une femme pour accéder à leur enfant et souhaitent s'impliquer pleinement dans sa vie.

Le risque de fragilisation du couple

Les femmes homosexuelles qui choisissent l'adoption, l'IAD ou un donneur connu écartent la coparentalité en raison du risque de fragilisation du couple face à l'introduction d'un tiers dans la relation. Elles sont conscientes des difficultés liées à la construction d'une relation de couple durable et ne souhaitent pas complexifier davantage la situation.

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Bien qu'elles soient sensibles au discours social selon lequel l'enfant a besoin d'un père et d'une mère, elles optent parfois pour la solution du "donneur connu" afin de répondre à cette exigence tout en préservant la stabilité de leur couple.

Coparentalité : un modèle d'altérité sexuelle

La coparentalité est souvent présentée comme l'unique possibilité pour les hommes homosexuels de devenir pères, car le recours à une mère porteuse est rare et l'adoption est difficile. Elle offre l'avantage de ne pas être soumise à un contrôle social strict.

La coparentalité donne un père et une mère à l'enfant, un modèle d'altérité sexuelle qui est en accord avec les représentations véhiculées par les médias et les professionnels de la santé. Ce discours est déculpabilisant par rapport à la transgression des normes sociales et répond aux questions concernant ce qui sera renvoyé à l'enfant à l'école et dans d'autres contextes sociaux.

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