Le voyage en Afrique, tout comme le recours à la procréation médicalement assistée (PMA), nécessite une préparation minutieuse et la prise en compte de certaines contre-indications. Combiner ces deux éléments requiert une attention accrue, notamment en raison des spécificités sanitaires de l'Afrique et des réglementations encadrant la PMA. Cet article explore les aspects essentiels à considérer pour un voyage en Afrique dans le contexte d'un parcours de PMA, en s'appuyant sur des informations factuelles et des recommandations de professionnels de la santé.
Préparation Médicale et Voyage
Traitements Médicaux et Autorisations de Voyage
Si vous voyagez avec un traitement médical, notamment dans le cadre d'une PMA, il est impératif de se munir de l'original de votre ordonnance. Une traduction en anglais est fortement recommandée pour faciliter les contrôles par les autorités compétentes. Certains pays exigent une attestation de transport personnel pour les médicaments. Chaque pays possède une réglementation spécifique, pouvant inclure la limitation du nombre d'unités autorisées, du nombre de jours de traitement, voire l'interdiction pure et simple de certains médicaments sur son territoire.
Pour obtenir une attestation de transport, il convient de contacter l'Agence Régionale de Santé (ARS) de la région où votre médecin prescripteur est enregistré. L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) est l'autorité compétente pour la délivrance de ces attestations. La demande doit être effectuée au moins dix jours avant la date de départ. Les attestations sont délivrées pour des quantités correspondant à une durée de traitement ne dépassant pas la durée maximale de prescription autorisée, soit 28 jours (14 jours pour la méthadone sirop). Il est conseillé de consulter le site des douanes françaises pour connaître les réglementations en vigueur.
Il est important de noter que l'ANSM n'établit pas d'attestation de transport personnel de médicaments stupéfiants pour les voyageurs se rendant en France, conformément aux données de l'Organe International de Contrôle des Stupéfiants (OICS).
Grossesse et Voyage : Précautions à Prendre
Si vous êtes enceinte, la prudence est de mise avant d'entreprendre un voyage, en particulier vers des destinations lointaines ou présentant des risques sanitaires spécifiques. Un séjour peut s'avérer dangereux pour la mère et le futur bébé. Il est essentiel de prendre des précautions pour minimiser ces risques et de les connaître en détail. En cas de doute, un test de grossesse est recommandé.
Lire aussi: Recommandations FIV et avion
Avant tout voyage pendant la grossesse, une consultation avec un gynécologue ou un obstétricien est indispensable. Le deuxième trimestre de la grossesse est généralement considéré comme la période la plus propice pour voyager, car les nausées sont moins fréquentes et le risque de fausse couche est plus faible qu'au premier trimestre.
Les pays tropicaux, les zones à forte transmission du paludisme, les pays où l'hygiène est précaire et ceux où les infrastructures médicales sont insuffisantes sont déconseillés aux femmes enceintes, surtout en début ou en fin de grossesse. Les femmes enceintes sont plus vulnérables aux infections, dont les conséquences peuvent être graves.
Les longs voyages aériens sont déconseillés en fin de grossesse, et la plupart des compagnies aériennes refusent les femmes enceintes dans le dernier mois de leur grossesse (les deux derniers mois en cas de grossesse multiple). Les croisières refusent les femmes enceintes au-delà du sixième mois. Un certificat médical précisant le terme de la grossesse peut être exigé à l'embarquement.
Pendant la grossesse, les risques de thrombose veineuse sont accrus. Lors de voyages en voiture, des pauses régulières toutes les heures sont recommandées. Si vous conduisez, limitez le trajet à cinq ou six heures avec des arrêts fréquents.
Vaccination et Contre-indications
La vaccination est un aspect crucial de la préparation d'un voyage en Afrique. Cependant, certaines vaccinations peuvent être contre-indiquées dans le cadre d'une PMA ou pendant la grossesse.
Lire aussi: Astuces Carnet de Voyage Maternelle
La fièvre jaune est une maladie endémique dans certaines zones tropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les personnes résidant en Guyane ou y séjournant. Une seule dose de vaccin confère une protection à vie.
Le vaccin contre la fièvre jaune étant un vaccin vivant, il peut être pathogène chez les personnes immunodéprimées. Une attention particulière doit être portée à l'identification des personnes présentant un risque accru d'effets indésirables suite à la vaccination. Dans de rares cas, des maladies neurotropes (YEL-AND) ou viscérotropes (YEL-AVD) associées à la vaccination ont été rapportées.
La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée à partir de l'âge de neuf mois pour les enfants se rendant dans un pays à risque. Elle est déconseillée pendant la grossesse en raison du risque lié au vaccin vivant. Pour les mères allaitantes, il est préférable d'attendre que le nourrisson ait atteint l'âge de six mois avant de se faire vacciner.
Lorsqu'une autre vaccination avec un vaccin viral vivant est envisagée, il est recommandé d'administrer les deux vaccins le même jour, dans des sites d'injection différents, ou à quatre semaines d'intervalle. Une seconde dose de vaccin amaril peut être recommandée dans certaines situations, telles que la primovaccination pendant la grossesse, chez les enfants de moins de deux ans, les personnes immunodéprimées ou vivant avec le VIH, et en cas de séjour dans une zone de circulation active du virus amaril.
Des réactions anaphylactiques très rares peuvent survenir, le plus souvent liées à une allergie à l'œuf ou à la gélatine. Les maladies neurologiques (YEL-AND) et viscérotropes (YEL-AVD) sont des effets indésirables graves, déclarés chez les personnes primo-vaccinées.
Lire aussi: Avis et conseils poussettes Bébé Confort voyage
PMA et Implications en Afrique
Contexte de la PMA en Afrique Subsaharienne
Les technologies de la reproduction ont été introduites en Afrique subsaharienne à partir des années 1980. L'introduction de ces technologies soulève des questions sur les effets sociaux de cette innovation médicale dans un contexte où les taux de stérilité sont parmi les plus élevés du monde, entraînant une stigmatisation des femmes.
La stérilité est rarement attribuée à l'homme, et les femmes sont souvent victimes de maltraitance. Pour pallier cette stérilité, la famille peut avoir recours à des pratiques traditionnelles telles que l'adoption intrafamiliale d'enfants, le mariage entre femmes, ou encore des guérisseurs et des devins.
Cependant, les couples ayant les capacités financières se tournent de plus en plus vers l'assistance médicale à la procréation (AMP), mettant à distance les pratiques ancestrales. Cette situation est favorisée par l'émergence de nouvelles classes moyennes en Afrique, l'attention portée à la santé et à la scolarisation des enfants, et le développement du secteur privé libéral dans le domaine de la santé.
Innovation et AMP : Perspectives Sociales
L'AMP est considérée comme une innovation dans le domaine de la santé, impliquant une transformation des structures sociales et des rapports sociaux. Elle permet de résoudre le problème de la stérilité à partir de solutions nouvelles. L'innovation sociale s'accompagne d'effets sur la structure sociale locale et transite par des porteurs sociaux.
L'acceptation socioculturelle de l'innovation, et en particulier de l'AMP, est essentielle. Il est important de comprendre les motifs historiques et contextuels de son apparition, et les conditions sociales qui conduisent les couples à se tourner vers la fécondation in vitro plutôt que vers d'autres solutions.
L'AMP est un processus qui met en jeu de nouvelles connaissances sur le corps, la médecine, et la reproduction humaine, avec une diversité d'acteurs, de savoir-faire, et de méthodes de travail. Elle correspond à la création d'un nouveau mode de reproduction humaine et a pour objectif de résoudre, en partie, le problème d'infertilité des couples inféconds.
Introduction de l'AMP en Afrique Francophone Subsaharienne
La mise en place de l'AMP en Afrique subsaharienne a impliqué l'installation de structures spécialisées, l'acquisition de nouvelles connaissances scientifiques, et l'apprentissage de nouveaux savoir-faire techniques. Les "porteurs sociaux" de ce dispositif, tels que les gynécologues et les biologistes, ont constitué un réseau social de la reproduction francophone en Afrique.
La mise en place de techniques de fécondation in vitro a été le résultat de pratiques professionnelles réalisées en équipe, avec une association entre gynécologues et biologistes. Plusieurs conditions ont dû être réunies pour mobiliser un ensemble de transferts et d'échanges de services, d'informations, et de techniques.
Risques et Considérations Ethiques
Menaces et Dérives Liées à la PMA à l'Étranger
Le recours à la PMA à l'étranger, notamment pour le don d'ovocytes rémunéré, peut entraîner des dérives et des risques pour la santé des femmes et des bébés. Des affaires ont été portées devant la justice, impliquant des médecins français et des cliniques étrangères proposant des pratiques non conformes à la législation française.
Les autorités sanitaires s'inquiètent du démarchage commercial poussé mené par certaines cliniques étrangères, et des événements indésirables qui peuvent en résulter. Des médecins ont signalé des cas de grossesses gémellaires chez des femmes d'âge avancé, présentant des risques pour la mère et les bébés.
Certains gynécologues ont dénoncé le fait que des demandes pour lesquelles il y a contre-indication médicale en France sont acceptées à l'étranger. Des cliniques étrangères proposent de l'argent aux médecins français pour qu'ils servent de relais et trouvent des clientes.
Hypocrisie et Nécessité d'Autosuffisance
Certains gynécologues estiment que la France fait preuve d'"hypocrisie" en matière de PMA, en raison des délais d'attente et des restrictions liées au don d'ovocytes. Ils plaident pour un dédommagement conséquent pour les donneuses d'ovocytes, comme en Espagne, afin de favoriser le don en France et de réduire le recours à l'étranger.
La Sécurité sociale rembourse en partie les PMA avec don de gamètes à l'étranger, malgré l'absence de décision officielle sur la question. Cette pratique soulève des questions éthiques et juridiques, et met en évidence la nécessité pour la France de devenir autosuffisante en matière de don de gamètes.
tags: #voyage #en #Afrique #et #contre #indications