L'accouchement par voie basse, assisté par une péridurale, est une option courante pour de nombreuses femmes en France. Près de deux femmes sur trois optent pour cette méthode afin de soulager les douleurs du travail. Cependant, cette procédure suscite souvent des interrogations, notamment concernant son déroulement, le moment opportun pour la demander, ainsi que les potentiels effets secondaires et risques associés. Cet article vise à fournir une information complète et structurée sur l'accouchement par voie basse avec péridurale, afin de répondre aux questions fréquentes et de dissiper les inquiétudes.
Préparation à l'accouchement et consultation avec l'anesthésiste
Si vous envisagez une péridurale, il est conseillé d'en discuter lors des consultations prénatales ou des séances de préparation à l'accouchement. Vers le 7ème mois de grossesse, une consultation avec l'anesthésiste est obligatoire, même si vous n'êtes pas initialement favorable à la péridurale. Cette consultation permet de faire le point sur votre état de santé (groupe sanguin, antécédents médicaux et familiaux, allergies, traitements en cours, etc.) et de vérifier l'absence de contre-indications à la péridurale. Le médecin anesthésiste vous expliquera également le déroulement de la pose de la péridurale et ses avantages.
Déroulement de l'accouchement par voie basse
Admission et surveillance
Après votre enregistrement à la maternité, vous serez installée dans une salle d’admission, de pré-travail ou de naissance, en fonction de l’état de dilatation de votre col de l’utérus. Si votre enfant se présente bien (tête en bas ou siège) et que votre morphologie le permet, l’équipe envisagera un accouchement par voie basse.
Les étapes du travail
L'accouchement par voie basse se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Dilatation : Sous l'effet des contractions et de la pression de la tête de l'enfant, le col de l'utérus se raccourcit et s’ouvre. Cette phase peut durer plusieurs heures, c'est ce qu'on appelle le "travail". La sage-femme mesure l’ouverture du col avec ses doigts. 1 doigt correspond à 1 centimètre. « 2 doigts » correspond à la possibilité pour la sage-femme de placer deux doigts au niveau de votre col utérin.
- Expulsion : Lorsque le col de l'utérus est totalement dilaté et que le gynécologue-obstétricien ou la sage-femme jugent le moment opportun, vous devrez pousser en suivant leurs indications.
- Délivrance : La délivrance a lieu environ 15-20 minutes après l’accouchement. De nouvelles petites contractions vont se mettre en place, permises par l’ocytocine maternelle. Le personnel médical va vous aider à évacuer le placenta.
- Première heure post-partum : Cette première heure après la naissance est une période spéciale pour créer un lien avec votre nouveau-né. Si votre état le permet et que l’hôpital l’autorise, vous pourrez prendre votre bébé sur votre poitrine immédiatement après sa naissance.
La péridurale : quand et comment ?
La péridurale (ou épidurale) est une technique d'anesthésie loco-régionale qui consiste à injecter un produit analgésique ou anesthésique via un cathéter introduit dans la zone lombaire, près des nerfs qui transmettent la douleur.
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Dans la grande majorité des situations, le médecin anesthésiste pratique la péridurale lorsque les contractions se rapprochent et deviennent pénibles et lorsque le col de l'utérus est suffisamment dilaté. La pose de la péridurale s'effectue lorsque le col est dilaté d'environ 4 cm, mais parfois dès 2 cm si les douleurs sont importantes, les contractions sont installées, régulières, rapprochées, très douloureuses et que le travail a débuté.
En position assise ou couchée, le médecin anesthésiste vous demandera de faire le dos rond et de bien respirer. Placé derrière vous, il va commencer par désinfecter le bas de votre dos, puis fera une injection dans la région lombaire à l'aide d'une anesthésie locale : il place une aiguille entre la 3ème et 4ème vertèbre lombaire, puis pose un cathéter entre deux contractions, afin de permettre le passage du produit analgésique pendant toute la durée de l'accouchement. L'effet du produit commence à se ressentir au bout de 10 minutes et les douleurs disparaissent entre 20 et 30 minutes après, permettant d'insensibiliser la partie basse du corps afin d'anesthésier les nerfs du petit bassin.
La pompe autogérée
L'anesthésiste effectue une première injection, puis laisse en place le dispositif de la pompe. La maman appuie sur un bouton permettant de délivrer le produit lorsque les douleurs apparaissent. Il semble que cette pratique permette de délivrer moins de produit et que les mamans ressentent davantage le passage du bébé.
Alternatives à la péridurale
Il existe d’autres moyens de lutter contre la douleur pendant l’accouchement. Certaines reposent sur les techniques de relaxation et de respiration profonde, d’autres sur les principes de l’acupuncture. Quand la péridurale (ou la rachianesthésie) est contre-indiquée, il est possible de pratiquer une anesthésie générale, mais cette solution reste exceptionnelle. L’utilisation de médicaments contre la douleur injectés dans le sang reste également exceptionnelle, du fait des risques sur la mère et sur le fœtus (dépression respiratoire, baisse de la pression sanguine, diminution des contractions, etc.).
D'autres méthodes peuvent vous aider à mieux gérer votre douleur que vous pourrez choisir si celle-ci devient trop intense. Celles-ci peuvent aller du massage aux médicaments. Discutez-en au préalable avec votre personnel médical pour savoir ce qui est disponible pendant le travail et la naissance.
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Situations nécessitant une césarienne
Si l’accouchement commencé par voie basse se révèle impossible (ex. : bassin trop étroit, baisse du rythme cardiaque du bébé, présentation par le front ou l’épaule…) ou si votre grossesse nécessite obligatoirement une césarienne, cette intervention chirurgicale sera envisagée. En dehors des situations d'urgence, la plupart des maternités accepte la présence du père en salle de césarienne, s'il le désire. Le gynécologue-obstétricien incisera votre abdomen et votre utérus pour sortir votre bébé, puis les refermera avec des fils qui se résorberont tout seuls au bout d’une dizaine de jours.
Avantages de la péridurale
L'avantage principal de la péridurale est de permettre à la future maman de vivre son accouchement en pleine conscience, avec un meilleur confort. Elle permet d'être moins angoissée et d'accueillir son bébé avec plus de sérénité le jour de sa naissance.
Risques et effets secondaires potentiels
Bien que la péridurale soit généralement une procédure sûre, elle comporte certains risques et effets secondaires potentiels :
- Complications neurologiques : Elles sont très rares et le plus souvent transitoires. On note parfois des petits troubles neurologiques qui peuvent sembler étranges, comme par exemple une paupière qui bat toute seule. Même s'ils disparaissent rapidement, tous ces symptômes doivent être signalés au personnel médical.
- Baisse de sensibilité : On peut également ressentir une baisse de sensibilité au niveau des membres inférieurs, qui se manifeste par une gène à la marche, des fourmillements ou des engourdissements. Ceci est généralement lié à une compression nerveuse durant l'accouchement et est une conséquence de l'analgésie.
- Maux de tête : Des maux de tête peuvent survenir 12 à 24 heures après l'injection. Dans de rares cas en effet, l'aiguille utilisée pour poser la péridurale perce accidentellement l'espace céphalo-rachidien, créant une fuite de liquide céphalo-rachidien. Il existe un traitement efficace, appelé blood patch.
- Maux de dos : Les mamans qui viennent d'accoucher se plaignent fréquemment de mal de dos. La péridurale ne fait qu'exacerber des douleurs déjà présentes dues à la grossesse.
- Prolongation du travail : L’effet indésirable principal de la péridurale est sa tendance à prolonger l’accouchement, voire à réduire les contractions de l’utérus (selon le mélange anesthésique utilisé).
Idées reçues sur la péridurale
Il existe de nombreuses idées reçues concernant les accouchements sous péridurale. Il y a 20 ans, les femmes craignaient une paralysie, mais aujourd'hui, cette peur n'est plus justifiée et la péridurale se déroule très bien.
Contrairement à certaines craintes, l'anesthésie péridurale, si elle est bien faite, va concerner les sensations de froid et de chaud et surtout la douleur, mais pas les sensations motrices et le toucher. Ainsi, les jambes seront toujours mobiles et la sensation et l'envie de pousser resteront théoriquement intactes.
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Selon le dermatologue Nicolas Kluger, "il n'existe aucune contre-indication à ce que l'anesthésiste pique au travers du tatouage".
Contre-indications à la péridurale
Les contre-indications à la péridurale sont des situations où le risque de la péridurale est supérieur au bénéfice qu’elle pourrait apporter. La prise de médicaments tel que l’aspirine, les anti-vitamine K ou tout autre médicament fluidifiant le sang doit être signalée à votre médecin. Le saignement important et les infections bactériennes sévères sont des situations à risque d’hypotension artérielle. Certaines affections de la peau empêchent de trouver l’espace suffisant pour poser la péridurale, surtout en cas de surinfection des lésions. Les allergies aux anesthésiques locaux sont rares. Certaines maladies cardiaques sont pour la plupart connues des patientes, et celles-ci sont suivies par un spécialiste.
Rôle de l'accompagnant
L’accompagnant peut vous aider à garder des repères simples, poser des questions quand vous n’avez plus l’énergie, vous aider à vous installer, à bouger, à trouver une position confortable, gérer les petits besoins (eau, brumisateur, charger le téléphone, récupérer un vêtement, etc.), protéger votre bulle (moins de stimulations, plus de calme) et après la naissance, participer aux premiers instants, soutenir le peau à peau, aider à l’installation pour la première tétée / le premier biberon.
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