La grossesse et l'allaitement sont des périodes de changements physiologiques importants pour la femme. Le corps s'adapte pour nourrir et soutenir le développement du bébé, ce qui entraîne une augmentation des besoins nutritionnels. Pour répondre à ces besoins accrus, l'alimentation joue un rôle primordial, mais dans certains cas, elle peut s'avérer insuffisante. C'est là que les vitamines et les compléments alimentaires peuvent intervenir, à condition d'être utilisés de manière éclairée et sous contrôle médical.
Besoins Nutritionnels Spécifiques Pendant la Grossesse
Durant la grossesse, le corps de la femme travaille sans relâche pour assurer la croissance du bébé. Il a besoin de plus d’énergie, de vitamines et de minéraux. Les besoins en nutriments augmentent pour accompagner la croissance des tissus maternels et le bon développement du fœtus. Certains minéraux et vitamines deviennent alors essentiels. Une alimentation équilibrée reste essentielle, mais dans certains cas, elle ne suffit pas à couvrir tous les besoins.
Acide Folique (Vitamine B9)
L’acide folique (ou vitamine B9) est essentiel dans la croissance des tissus maternels et dans le bon développement du fœtus. Elle limite aussi le risque d’anomalie du tube neural. Les folates (acide folique ou vitamine B9) participent à la multiplication des cellules de notre organisme. L’embryon, dont les cellules se divisent très rapidement pendant les trois premiers mois de la grossesse, est particulièrement sensible à une carence en folates. L’apport en folates est capital dans la prévention d’une malformation du système nerveux de l’enfant, le spina bifida. Idéalement, l’apport en folates doit être optimal plusieurs semaines avant le début de la grossesse, en particulier chez les femmes de moins de vingt ans, chez celles qui fument et chez celles dont la grossesse suit immédiatement l’arrêt des contraceptifs oraux (pilule). Le médecin peut prescrire des compléments riches en folates.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande ainsi une supplémentation systématique en folates au tout début de la grossesse, voire dès le désir d’enfant.
Vitamine D
La vitamine D favorise la fixation du calcium sur le squelette du fœtus. Dans certains cas, le médecin peut prescrire une supplémentation en vitamine D, soit sous forme de gouttes à prendre tous les jours, soit sous forme d'une dose unique prise au septième mois de la grossesse. Cependant, un excès de vitamine D présente un risque pour le fœtus. Elle contribue à l’absorption du calcium dans le sang et participe à la santé osseuse du bébé. L’importance de la vitamine D pendant la grossesse en font un des éléments les plus recommandés. Elle est essentielle à l’absorption du calcium dans le sang et à la formation du squelette du fœtus. Les autorités de santé, dont l’Anses, recommandent souvent une supplémentation, notamment en hiver, ou en cas d’exposition solaire insuffisante.
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Fer
Les besoins en fer s’accroissent fortement pendant la grossesse. Un apport suffisant en fer permet d’assurer le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Les besoins sont particulièrement importants pendant les deuxième et troisième trimestres. En France, il est fréquent qu’une femme ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Pour cette raison, le médecin effectue systématiquement un dosage du fer dans le sang lors des premières semaines. Il contribue à la formation normale des globules rouges et de l’hémoglobine ainsi qu’à réduire la fatigue.
Iode
Une étude a montré qu’en région parisienne, un tiers des femmes enceintes avait une alimentation trop pauvre en iode et que certaines d’entre elles étaient en état de carence avérée. La consommation de sel iodé et de produits de la mer bien cuits (crustacés, moules, poissons de mer…) est indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde pendant la grossesse et au développement du cerveau de l’enfant. L’Anses évoque également l’importance de l’iode, indispensable au fonctionnement de la glande thyroïde.
Oméga-3
Les oméga-3, souvent issus d’huiles de poisson ou d’algues, sont tout aussi importants. Ils soutiennent le développement du cerveau et de la rétine du fœtus. Leur présence dans l’alimentation est souhaitable, mais les apports peuvent être renforcés par des compléments si nécessaire. Viennent ensuite les oméga-3, en particulier le DHA, un acide gras qui participe au développement du cerveau et des yeux du bébé. Ils sont présents dans certains poissons gras, mais leur consommation doit rester limitée pendant la grossesse. D’où l’intérêt d’un complément de qualité, souvent d’origine marine ou végétale.
Autres Nutriments
Le magnésium aide quant à lui à lutter contre la fatigue et favorise un bon équilibre nerveux. Il peut être recommandé à certaines périodes, notamment en cas de stress ou de troubles du sommeil.
Compléments Alimentaires Avant la Grossesse
Avant même le début de grossesse, certaines femmes choisissent de préparer leur corps à accueillir un bébé. Ce moment du désir d’enfant est une phase relativement importante où de bons réflexes peuvent aider à poser des bases solides. Parmi eux, l’alimentation joue un rôle majeur, mais certains compléments alimentaires peuvent aussi s’avérer profitables.
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Pour soutenir la fertilité et anticiper les besoins du corps, plusieurs éléments méritent une attention particulière. L’acide folique est souvent recommandé en première intention. Ce nutriment essentiel aide à réduire le risque d’anomalie du tube neural chez le futur bébé. Il est d’ailleurs conseillé d’en prendre au moins un mois avant la conception, selon les recommandations de l’Anses.
D’autres vitamines et minéraux sont également utiles, comme la vitamine D, le magnésium, ou l’iode chez la femme. Ils participent tous à un meilleur équilibre hormonal, au bon fonctionnement de la glande thyroïde et à la qualité des ovocytes.
Certaines formules spécifiquement pensées pour cette période contiennent aussi des oméga-3. Ces compléments sont généralement proposés sous forme de formule à base naturelle, ou formule vegan, selon les besoins.
Les compléments alimentaires pour fertilité féminine regroupent en général plusieurs actifs idéaux : Vitamine D, acide folique, zinc, iode, oméga-3 et parfois maca, plante réputée pour son action tonique sur le système hormonal.
Certains produits comme les multivitamines grossesse sont aussi formulés pour être pris avant la conception, dès les premières semaines du cycle de préconception. Ils permettent de faire le plein de nutriments nécessaires sans risquer de carences dès le début de grossesse.
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Compléments Alimentaires Pendant la Grossesse
Le bébé grandit, les réserves maternelles diminuent et l’alimentation seule ne suffit pas toujours à couvrir tous les apports recommandés. C’est pourquoi certains compléments alimentaires peuvent accompagner cette période, à condition d’être bien choisis.
Parmi les compléments les plus prescrits, on retrouve en première ligne la vitamine D. Les oméga-3 et le fer sont aussi des nutriments souvent surveillés. Les multivitamines grossesse combinent plusieurs de ces éléments (fer, iode, zinc, acide folique, vitamine D, B12, etc.) dans une formule unique. Cela permet de simplifier la prise au quotidien et d'assurer une couverture large des nutriments nécessaires. Il existe aussi des formules vegan, pensées pour les femmes qui ne consomment ni viande ni poisson. Enfin, le magnésium est parfois conseillé pour améliorer la détente musculaire, le sommeil ou atténuer les crampes.
Compléments Alimentaires Déconseillés Pendant la Grossesse
Certains compléments ne sont pas adaptés pendant la grossesse. Les extraits de plantes, par exemple, ne sont pas tous inoffensifs. Le millepertuis, la sauge ou certaines tisanes mal dosées peuvent avoir des effets indésirables, ou même interférer avec le bon fonctionnement de la glande thyroïde.
Il faut également se méfier de certaines vitamines en excès. Un surdosage en vitamine A peut être toxique pour le bébé. Il en va de même pour des formules trop concentrées en iode ou en fer. Elles peuvent provoquer des troubles digestifs ou des déséquilibres hormonaux.
L’Anses rappelle l’importance d’adapter les compléments aux besoins réels, en évitant la multiplication des sources sans contrôle. Un excès de vitamine D, par exemple, peut entraîner une hypercalcémie néonatale. Ce risque existe surtout si plusieurs produits en contiennent sans que cela ne soit repéré.
Soyons bien d’accord, avant toute chose : sans l’avis de votre médecin, ne vous lancez pas dans la consommation de compléments alimentaires pendant la grossesse. Mais pour certains ingrédients, le choix est encore plus vite fait. En effet, certains ont déjà montré leurs effets néfastes sur la santé pendant la grossesse. En voici un récapitulatif non exhaustif :
- Les algues non bio : Privilégiez donc les algues issues de l’Agriculture Biologique, dont le mode de production permet de garantir une absence de métaux lourds.
- La caféine : Les compléments alimentaires à base de caféine, tout comme le café en lui-même, sont donc à éviter pendant la grossesse. De même, la caféine passant aussi dans le lait, évitez d’en consommer pendant la période d’allaitement de votre enfant.
- Les phytostérols et suppléments anti-cholestérol : Dans le doute, évitez donc d’en consommer pendant la grossesse.
- Les compléments alimentaires minceur et brûle-graisse : Evitez tous les régimes amincissants, complément alimentaire pour maigrir, les coupe-faim comme le konjac et les compléments de type brûle-graisse.
Compléments Alimentaires Après la Grossesse (Post-Partum)
La grossesse et l’accouchement mobilisent énormément d’énergie. Une fois bébé arrivé, le corps a besoin de retrouver son équilibre. Fatigue, chute de cheveux, baisse d’immunité ou troubles hormonaux sont fréquents dans les semaines qui suivent. Des compléments alimentaires peuvent alors soutenir la récupération, surtout si la maman allaite.
La vitamine D reste essentielle, notamment pendant l’allaitement, car elle contribue au calcium dans le sang et à la santé osseuse, autant pour la mère que pour le nourrisson. Le fer est aussi important, surtout en cas de perte de sang importante pendant l’accouchement. Il aide à limiter la fatigue, à restaurer les réserves et à soutenir le système immunitaire.
Les oméga-3, notamment le DHA, participent à l’équilibre émotionnel et au bon développement du bébé allaité. Certaines femmes remarquent aussi un meilleur confort articulaire ou une récupération plus rapide avec un apport adapté.
On retrouve également des formules post-natales qui combinent plusieurs vitamines et minéraux (B9, B12, D, zinc, sélénium…). Elles sont parfois enrichies en extraits de plantes comme la levure de bière ou l’ortie, qui sont connues pour favoriser la repousse des cheveux.
Vitamines et Compléments Alimentaires Pendant l'Allaitement
Alors que le marketing autour du post-partum et de l’allaitement va bon train, il y a lieu de s’interroger : faut-il prendre des vitamines et compléments alimentaires lorsqu’on allaite, hors prescription médicale ?
« A priori, je n’en vois qu’une qui puisse compromettre l’allaitement, c’est la carence en vitamine B12 », nous indique Carole Hervé. Or, une alimentation omnivore, avec de la viande et/ou du poisson et/ou des œufs, et/ou des produits laitiers, permet a priori de couvrir les besoins en vitamine B12. Ce sont les femmes allaitantes et végétaliennes qui doivent surveiller leurs apports et, si besoin, se supplémenter, en période d’allaitement comme le reste du temps, puisque leur alimentation ne leur en apporte pas a priori.
En dehors de ce cas spécifique, le risque de ne pas couvrir ses besoins en vitamines, minéraux, et autres oligo-éléments alors qu’on allaite, c’est de pousser l’organisme à puiser dans ses réserves. En d’autres termes, le lait maternel contiendra tout ce qu’il faut, mais, à défaut d’obtenir ce qu’il faut via l’alimentation, l’organisme de la mère ira chercher ce qu'il manque dans les réserves maternelles.
« Dans l’idéal, le mieux serait que les jeunes mamans qui allaitent fassent une prise de sang pour faire le point sur leurs éventuelles carences individuelles, et adapter le traitement en fonction. Il n’existe pas, a priori, de contre-indication à la prise de vitamines et minéraux lorsqu’on allaite, que ce soit du fait d’une carence avérée, ou pour s’assurer de bons apports et se rassurer. Cela dit, on l’a vu, ça n’est pas obligatoire ni toujours nécessaire, car l’alimentation peut suffire. Attention toutefois à ne pas dépasser les doses journalières recommandées.
Plantes Galactogènes
Si globalement il n’y a aucune obligation à prendre des compléments alimentaires à base de vitamines et minéraux durant l’allaitement, hors carence avérée, certains peuvent être judicieux. Pourtant, ces plantes sont loin d’être indispensables à la réussite de l’allaitement maternel, et peuvent avoir des effets secondaires peu agréables, voire dangereux. Ainsi, le fenugrec donne faim, et peut provoquer des hypoglycémies. Le fenouil, quand son goût est agréable à notre palais, est réputé imiter l’action des œstrogènes dans le corps, ce qui pourrait en théorie aider à stimuler la lactation. Le moringa oleifera serait toutefois « une plante intéressante », estime Carole Hervé.
Chute de Cheveux Post-Partum
Les étals des parapharmacies regorgent de produits spécial « chute de cheveux », ciblant entre autres les jeunes mamans. Car le post-partum peut être synonyme de chutes de cheveux significatives. Cela dit, ce phénomène n’a rien d’inquiétant s’il est progressif et ne dure pas dans le temps (3 mois environ). Car la chute de cheveux du post-partum résulte de la chute hormonale : là où la grossesse freine le processus naturel de chute de cheveux et est synonyme de chevelure dense, le post-partum voit les cheveux qui n’étaient pas tombés durant la grossesse, tomber les uns après les autres une fois la grossesse terminée. Dès lors, les compléments alimentaires anti-chute de cheveux ne seront pas forcément efficaces, puisque ce phénomène est naturel, physiologique.
Compléments Alimentaires : Ce Qu'il Faut Savoir
Un complément alimentaire est une denrée alimentaire qui a pour but de compléter une alimentation normale. C’est une source concentrée de nutriments (vitamines, minéraux…) ou d’autres substances, comme des plantes, qui peut avoir un effet nutritionnel ou physiologique. Attention cependant, les compléments alimentaires ne remplacent pas une alimentation équilibrée.
Les compléments alimentaires, contrairement aux supplémentations médicamenteuses, ne sont pas des médicaments. Ils sont disponibles à l’achat en pharmacie ou même dans les rayons des supermarchés.
Précautions et Recommandations
Il est important de souligner que la prise de compléments alimentaires pendant la grossesse et l'allaitement doit toujours se faire sous contrôle médical. Seul un professionnel de santé peut évaluer les besoins individuels de chaque femme et prescrire les compléments adaptés, en tenant compte de son état de santé, de son alimentation et du stade de sa grossesse ou de son allaitement.
- Consultez un médecin ou une sage-femme : Avant de prendre un complément alimentaire, il est indispensable de consulter un professionnel de santé.
- Ne vous auto-médicamentez pas : Évitez de prendre des compléments alimentaires sans avis médical, même s'ils sont en vente libre.
- Vérifiez la composition des compléments : Lisez attentivement les étiquettes et privilégiez les produits de qualité, validés par des autorités sanitaires comme l’Anses.
- Respectez les dosages : Ne dépassez pas les doses journalières recommandées, car un excès de certaines vitamines peut être dangereux.
- Privilégiez une alimentation équilibrée : Les compléments alimentaires ne doivent pas remplacer une alimentation saine et variée.
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