Lorsqu'on s'engage dans un parcours de procréation médicalement assistée (PMA), notamment la fécondation in vitro (FIV), l'optimisation de la fertilité devient une priorité absolue. Une alimentation saine et nutritive est cruciale, et la supplémentation en vitamines peut jouer un rôle déterminant. Cet article explore l'importance de la vitamine E et d'autres nutriments essentiels pour l'implantation en FIV, en s'appuyant sur les données disponibles et les recommandations actuelles.
L'importance des compléments alimentaires dans la fertilité
Les compléments alimentaires sont des substances destinées à compléter l'alimentation en fournissant des nutriments spécifiques sous forme de pilules, capsules, comprimés, poudres ou liquides. La question de savoir si les compléments sont nécessaires pour augmenter la fertilité fait l'objet de nombreux débats. La fertilité est une question complexe, car chaque corps est différent et réagit légèrement différemment. Les vitamines jouent un rôle essentiel dans toutes nos fonctions corporelles, y compris le système reproducteur.
Si votre alimentation est équilibrée et que vous atteignez tous vos besoins en micro et macronutriments tout au long de la journée avec la nourriture seule, vous n'aurez peut-être pas besoin de prendre des compléments du tout. Il est important de se souvenir que, bien qu'il y ait un facteur de commodité à prendre des compléments, ils sont appelés compléments pour une raison - ils complètent votre alimentation. Vous ne devriez donc jamais compter uniquement sur la consommation de compléments.
Bien que la plupart des vitamines soient vendues sans ordonnance, elles ne sont pas sans risques. De nombreux compléments peuvent interférer négativement avec certains médicaments que vous prenez déjà, ce qui peut entraîner des effets secondaires désagréables et potentiellement dangereux. Il est également important de noter qu'il est possible de consommer trop de vitamines. De grandes quantités de vitamines peuvent endommager les organes et d'autres zones du corps si vous en consommez trop. Il est donc important de toujours respecter la dose recommandée, et de consulter un spécialiste de la santé si nécessaire.
Le rôle crucial de la vitamine E
La vitamine E est un antioxydant bien connu qui joue un rôle essentiel dans la fertilité féminine. Elle a pour effet d'augmenter la vascularisation de l'endomètre, c'est-à-dire la prolifération des petits vaisseaux sanguins qui parcourent la muqueuse utérine.
Lire aussi: Grossesse saine et vitamines prénatales
Vitamine E et Endomètre
Un endomètre fin peut affecter votre fertilité. En parcours PMA, l'épaisseur de l'endomètre est un facteur clef pour permettre l'implantation de l'embryon. Un endomètre trop fin peut ainsi venir compromettre les chances de réussite d'une FIV. L'épaisseur de l'endomètre est mesurée le plus souvent par échographie vaginale. En début de cycle, c'est à dire pendant les règles, l'endomètre est à son épaisseur minimum : environ 2 à 4mm. En phase folliculaire, il commence à s'épaissir pour atteindre 5 à 7mm. Lors de l'ovulation, il est à son épaisseur maximale, soit environ 16mm. Cette épaisseur sera maintenue tout le reste du cycle sous l'influence de la progestérone. Un endomètre qualitatif est essentiel à l'implantation de l'embryon.
Un endomètre fin ou anormal, est le signe d'un déséquilibre plus profond qui touche à l'équilibre hormonal global. Le principal déséquilibre à l'origine du mauvais épaississement de l'endomètre est le manque d'oestrogènes (taux < 45 pg/ml à J3 du cycle).
Vitamine E et Fertilité masculine
Les hommes ayant des problèmes de fertilité ont souvent un faible niveau de vitamine E. La mauvaise qualité du sperme est un des plus grands facteurs de risque de fausse couche, de la diminution des taux de fertilisation et d'avortement spontané. Les résultats de la plupart des recherches ont lié la vitamine E avec la fertilité masculine, mais cela ne signifie pas qu'elle est inutile pour les femmes. Chez les femmes, la vitamine E rend l'environnement de la muqueuse cervicale favorable à la survie des spermatozoïdes.
Autres vitamines et nutriments essentiels pour la fertilité
Outre la vitamine E, plusieurs autres vitamines et nutriments jouent un rôle crucial dans la fertilité et l'implantation en FIV :
Acide folique (Vitamine B9)
L’acide folique, ou vitamine B9, est une vitamine nécessaire au développement de l’embryon, et en particulier de son système nerveux. Les besoins quotidiens sont de 0,4 mg. Son apport pour toute femme ayant un désir d’enfant fait l’objet d’une recommandation de la part des autorités de santé, afin de prévenir les anomalies de fermeture du tube neural (spina bifida). Le traitement, à raison de 400 g/jour, doit être commencé au moins un mois avant la conception et se prolonger le premier mois de grossesse. Par ailleurs, certaines études évoquent un rôle préventif pour d’autres malformations ainsi que pour les accouchements prématurés. Enfin, un faisceau d’arguments forts suggère que l’acide folique puisse avoir un impact important sur la fertilité. L'acide folique évitera des déformations du cerveau ou de la moelle épinière, comme par exemple le spina bifida.
Lire aussi: Vitamin d'Aubert : Notre Avis
Vitamine D
La vitamine D apparaît également utile, une carence importante diminuant fortement les chances de grossesse. La vitamine D est essentielle, car elle intervient dans la formation des hormones sexuelles, un processus appelé la stéroïdogenèse. Les récepteurs de la vitamine D sont d’une très grande importance dans de nombreux organes féminins comme l'ovaire, le placenta et l'utérus. Il a été démontré que la vitamine D était un élément essentiel à l’endomètre lors de l’implantation. Il existe une corrélation entre le taux de vitamine D et la probabilité d’une grossesse après transfert. Une étude a été réalisée avec des femmes en parcours PMA/FIV et FIV avec donneuse d'ovocyte, ce qui montre que la vitamine D a un rôle prépondérant sur la qualité de l'endomètre. Les femmes de cette étude ayant reçu une supplémentation en vitamine D ont eu des résultats avoisinants les 30% de chances d'implantation en plus. Quoi qu'il en soit, il a été démontré qu'une carence en vitamine D était associée à une augmentation des risques de fausse-couche, de grossesse anormale, de prééclampsie et de retard de croissance intra-utérine.
Vitamine B12
La vitamine B12 est aussi conseillée lorsque l’on souhaite avoir un enfant. D’une part, elle participe à la synthèse de l’ADN et de l’ARN. D’autre part, elle contribue à la fabrication des protéines et des globules rouges. Enfin, elle permet de métaboliser les glucides et les lipides. Chez la femme qui souhaite procréer, la vitamine B12 influence les hormones reproductives. La vitamine B12 assure des hormones sexuelles équilibrées et de qualité. En outre, des niveaux de vitamine B12 optimaux pourraient vous éviter l’anovulation et l'infertilité masculine, comme le montrent de nombreuses études.
Vitamine C
La vitamine C est un antioxydant essentiel aux hommes et aux femmes qui veulent devenir parents. Le stress oxydatif est un des plus grands facteurs de risque à la fois pour la fertilité masculine et féminine.
Vitamine B6
La vitamine B6 aide dans le processus de fertilisation, car elle augmente la durée de la phase lutéale lors de la menstruation. Dans la phase lutéale, l'utérus devient réceptif à la fertilisation et dans l'implantation d'embryons.
Zinc
Le zinc est un micronutriment présent dans la viande et les fruits de mer, agit comme un cofacteur d’enzymes impliqués dans la transcription d’ADN et la synthèse des protéines. Vu que la transcription d’ADN est la partie essentielle du développement des cellules germinales (destinées à devenir les gamètes), il joue un rôle essentiel dans la reproduction. Le zinc a par ailleurs des propriétés antioxydantes et antiapoptotiques.
Lire aussi: Optimiser la FIV
Sélénium
C’est un oligoélément et un nutriment essentiel dont l’importance est fondamentale pour la biologie humaine. Il se comporte à la fois comme un antioxydant et un anti-inflammatoire. On sait depuis longtemps qu’il est essentiel à la réussite de la reproduction. Une carence modérée en cet oligoélément pourrait accroitre la sensibilité à diverses maladies et contribuer à l’aggravation de l’hypothyroïdie et de l’infertilité masculine et féminine.
DHA (acide docosahexaénoïque)
Cet acide gras de la famille des omégas 3 est notamment présent dans les poissons gras. De plus en plus d’études montrent qu’il jouerait un rôle majeur dans la gamétogenèse aussi bien chez l’homme que chez la femme. On remarque une altération des profils lipidiques et plus spécifiquement ceux du DHA chez plusieurs profils d’hommes infertiles. Par ailleurs, différentes études montrent que les populations des pays développés ont un régime globalement carencé en DHA.
Coenzyme Q10 (CoQ10)
Le coenzyme Q10 (CoQ10) est un des antioxydant les plus connus. Le CoQ10 est une substance présente en grande quantité dans notre organisme et qui ressemble à une vitamine (sa structure est assez proche de celle de la vitamine K). Il sert également à la production d'énergie par nos cellules, ainsi qu'à réduire le stress oxydatif responsable du vieillissement, d'où son nom "d'antioxydant". Le CoQ10 est synthétisé par notre organisme à partir de différents éléments, comme la vitamine C, les vitamines du groupe B, les acides aminés… Une supplémentation en coenzyme Q10 aura un effet bénéfique sur toutes les cellules de notre corps, par conséquent il peut améliorer la qualité des cellules de l'endomètre, mais aussi la qualité ovocytaire.
Iode
Dans notre pays, environ 12 à 25% des femmes ont des apports en iode en dessous des recommandations faites par l’organisation mondiale de la santé. Un déficit en iode maternel peut avoir des conséquences sur l’enfant : baisse du QI, hypothyroïdie modérée transitoire chez le nouveau-né. Les données de la littérature semblent permettre de recommander une supplémentation par des doses modérées (100-150 μg par jour) en iode au cours de la grossesse et en particulier au 3ème trimestre.
Magnésium
En France, 23% des femmes consomment moins de 2/3 des apports nutritionnels conseillés en magnésium (étude SU VI MAX). Or, la déficience magnésique chronique primaire chez la femme est facteur de dysménorrhée (règles douloureuses), d’oligospanioménorrhée (règles espacées et peu abondantes) et de moindre fécondité. Par ailleurs, le magnésium joue un rôle dans le bon déroulement de la grossesse.
Facteurs de style de vie influençant la fertilité
Au-delà de la supplémentation en vitamines, certains facteurs et habitudes peuvent agir comme de véritables boosters de fertilité.
- Alimentation équilibrée: Une alimentation équilibrée riche en antioxydants, vitamines (notamment folates, vitamine D) et oméga-3 peut soutenir la santé reproductive.
- Activité physique régulière: L’activité physique régulière mais modérée, la gestion du stress et un sommeil de qualité jouent également un rôle clé.
- Éviter les toxiques: Éviter l’alcool, le tabac et les excès de caféine contribue à préserver la fertilité.
Importance de l'IMC
La nature est très tolérante, et on peut avoir des ovulations normales en étant très mince, ou au contraire plutôt en surpoids. Si l’on dépasse trop ces limites, des conséquences négatives sur la fertilité risquent d’apparaître. L’intervalle de tolérance se mesure par l’indice de masse corporelle (IMC). L’IMC se calcule par une formule simple = poids/(taille en mètre)². L’excès de poids a des conséquences prouvées scientifiquement sur la fécondité, même si l’on peut rencontrer des personnes obèses qui ont beaucoup d’enfants. Le lien avec l’infertilité est une certaine résistance des ovaires au traitement de stimulation, de moins bons résultats en FIV (-30%), un risque de fausse-couche plus élevé (+33%), et des complications de grossesse plus fréquentes (diabète - hypertension - prématurité - césarienne). La trop grande maigreur est également un handicap.
Impacts de l’environnement sur la fertilité féminine
Chez la femme comme chez l’homme, l’âge n’est pas le seul responsable de la diminution de la fertilité. En 50 ans, plusieurs études révèlent une réduction de plus de 50% du nombre de spermatozoïdes ainsi que de leur mobilité dans le fluide séminal de nombreux hommes. Environ un homme sur vingt présente des difficultés pour se reproduire. « L’explication environnementale de l’infertilité devient de plus en plus une réalité. C’est très probablement ce que nous mangeons, ce que nous buvons, ce que nous respirons, qui est à l’origine d’un grand nombre d’infertilités.
Impacts du stress oxydatif sur la fertilité féminine
Même s’il y a plus d’études sur les animaux ou in vitro que sur l’humain, une littérature de plus en plus abondante s’accorde à reconnaître une responsabilité importante du stress oxydatif sur de nombreux processus impliqués dans la reproduction féminine. Le stress oxydatif influencerait toutes les étapes de la chaîne de la reproduction : maturation ovocytaire, fécondation, développement embryonnaire, implantation de l’embryon et même au-delà (i.e. la ménopause).
tags: #vitamine #e #et #implantation #fiv