L'accouchement est un processus physiologique complexe, souvent accompagné de divers changements corporels. Parmi ceux-ci, les modifications du transit intestinal sont fréquentes et peuvent susciter des interrogations chez les futures mamans. Cet article vise à éclairer les aspects liés à la vidange intestinale avant et pendant l'accouchement, en s'appuyant sur des données médicales et des recommandations de professionnels de la santé.
Contractions et transit intestinal : une relation complexe
En fin de grossesse, les contractions utérines signalent le début du travail. Ces contractions, parfois douloureuses, peuvent influencer le transit intestinal. Il est important de distinguer les contractions de travail des contractions de Braxton-Hicks, qui sont des contractions préparatoires, irrégulières et généralement indolores. Les vraies contractions de travail se régularisent, se rapprochent et augmentent en intensité.
Les contractions peuvent perturber la mobilité des intestins. Au début, la femme enceinte peut ressentir des ballonnements et de la constipation plutôt qu'un besoin urgent d'aller à la selle. La progestérone, une hormone de grossesse, ralentit la mobilité intestinale, entraînant une modification du transit. Pendant le travail, la pression exercée par le bébé sur le rectum peut accentuer le besoin d'évacuer les selles.
Craintes et réalités concernant l'évacuation des selles pendant l'accouchement
L'idée d'évacuer des selles pendant l'accouchement est une source d'anxiété pour de nombreuses femmes. Il est possible de perdre le contrôle de ses selles, que ce soit sous péridurale ou non. Cependant, l'équipe médicale est habituée à cette situation et sait la gérer discrètement. Dans la plupart des cas, cela passe inaperçu. Certaines femmes peuvent également éprouver des nausées et des vomissements.
Incontinence anale post-partum : un sujet tabou mais fréquent
Alors que l'incontinence urinaire après l'accouchement est bien connue, l'incontinence anale reste un sujet tabou et souvent mal pris en charge. Pourtant, elle touche une proportion significative de femmes. Après un premier accouchement, environ 13 % des femmes souffrent d'incontinence anale de novo, se manifestant le plus souvent par des fuites de gaz. Dans 1 à 2 % des cas, il s'agit de pertes de selles, ayant un impact important sur la qualité de vie.
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Cette condition est souvent vécue avec un sentiment de honte et de dégradation, conduisant les patientes à ne pas en parler spontanément. Il est donc crucial que les professionnels de la santé abordent ouvertement cette question.
Facteurs de risque et mécanismes de l'incontinence anale post-partum
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'incontinence anale après l'accouchement :
- Traumatisme du périnée : Une déchirure du périnée lors du premier accouchement augmente le risque de récidive lors des accouchements suivants. Les facteurs de risque de nouvelles déchirures incluent le poids du bébé, l'utilisation de ventouses, la dystocie des épaules, la durée de l'accouchement et la sévérité de la déchirure initiale.
- Lésions nerveuses : Le nerf pudendal, essentiel à la continence, peut être étiré pendant les efforts de poussée, entraînant une baisse de la contraction volontaire. Ces lésions peuvent être cumulatives lors des accouchements successifs.
- Lésions musculaires : Les déchirures du périnée de stade 3 et 4, qui affectent le sphincter externe, sont souvent associées à l'incontinence anale, même après réparation chirurgicale. Des ruptures sphinctériennes profondes peuvent également passer inaperçues lors de l'examen clinique.
- Modifications anatomiques : La grossesse entraîne des modifications de la muqueuse anale, qui peuvent être moins importantes chez les femmes développant une incontinence anale post-partum.
- Utilisation de forceps : L'utilisation de forceps est un facteur de risque majeur de lésions du nerf pudendal et des sphincters anaux. L'expérience de l'opérateur joue un rôle important dans la réduction de ce risque.
- Épisiotomie : Le rôle de l'épisiotomie est controversé. L'épisiotomie médiane augmente le risque d'incontinence anale, tandis que l'épisiotomie médio-latérale est moins univoque.
Évolution et prise en charge de l'incontinence anale post-partum
L'incontinence anale post-partum régresse souvent dans les mois qui suivent l'accouchement, spontanément ou grâce à la rééducation du périnée. En France, 10 séances de rééducation périnéale sont remboursées par la sécurité sociale. Cette rééducation vise à renforcer l'ensemble du périnée.
Si les fuites anales persistent au-delà de 6 mois, une prise en charge spécifique est nécessaire. Le bilan de première ligne est essentiellement clinique, comprenant un interrogatoire détaillé, une inspection de la marge anale, un toucher rectal, une anuscopie et une rectoscopie. La prise en charge associe une rééducation spécifique de l'anus (biofeedback) à une régulation du transit. Dans certains cas, une manométrie anorectale peut être réalisée pour guider la rééducation.
Dans la majorité des cas, cette approche suffit chez les jeunes femmes. En cas d'anomalies anatomiques, une discussion multidisciplinaire peut être nécessaire pour envisager une sphincterroraphie ou une neuromodulation des racines sacrées.
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Prévention de l'incontinence anale post-partum
La prévention de l'incontinence anale post-partum passe par plusieurs mesures :
- Formation des accoucheurs : Une formation adéquate des accoucheurs sur les techniques d'accouchement et l'anatomie du périnée peut réduire le risque de déchirures périnéales.
- Limitation de l'utilisation des forceps : Lorsque cela est possible, les ventouses peuvent être préférées aux forceps, car elles sont moins nocives pour le périnée.
- Évaluation de l'épisiotomie : L'épisiotomie médio-latérale doit être réalisée de manière standardisée et au moment opportun.
- Césarienne programmée : Dans certains cas, la césarienne programmée peut être envisagée pour préserver le périnée, en tenant compte des risques et des bénéfices pour la mère et l'enfant.
- Prise en compte des antécédents : En cas de rupture sphinctérienne ou d'incontinence anale transitoire après un premier accouchement, une césarienne peut être discutée pour les grossesses suivantes.
Lavements avant l'accouchement : utilité et risques
Les lavements consistent à injecter un produit par voie anale pour évacuer les selles situées dans l'ampoule rectale. Ils ne sont généralement pas proposés avant l'accouchement, sauf en cas de constipation sévère. Il n'y a pas de danger majeur à faire un lavement avant l'accouchement, mais son efficacité peut être limitée. Il n'est pas possible de demander systématiquement un lavement avant l'accouchement car son efficacité n'a pas été prouvée.
Pour limiter le risque de déféquer pendant l'accouchement, il est recommandé de consommer des aliments riches en fibres et de boire beaucoup d'eau à partir de 35 ou 36 semaines d'aménorrhée. Il est important de se rappeler qu'il est naturel de déféquer pendant l'accouchement et qu'il n'y a pas lieu d'en avoir honte.
Alimentation et hydratation pendant le travail
Les recommandations actuelles sont favorables à la consommation de liquides clairs (eau, thé, café noir, boissons gazeuses, jus de fruits sans pulpe) pendant toute la durée du travail, sans limitation de volume, pour les patientes à faible risque d'anesthésie générale. La consommation d'aliments solides n'est pas recommandée pendant la phase active du travail, car elle peut augmenter le contenu gastrique.
Boire et manger sont des besoins primaires et physiologiques, et leur restriction peut être préjudiciable. L'accouchement est un effort physique important, et il est donc essentiel de fournir au corps le "carburant" nécessaire.
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Le principal risque associé à l'interdiction de boire et de manger pendant le travail est l'inhalation bronchique, une affection rare mais grave qui peut survenir en cas d'anesthésie générale. Cependant, les études montrent que ce risque est très faible.
Dans les cas de grossesses et d'accouchements à risque, le jeûne peut être recommandé en raison d'un risque accru de césarienne.
Il est donc important de discuter avec son équipe médicale des options d'alimentation et d'hydratation pendant le travail.
En pratique : que mettre dans le sac de salle de naissance ?
Pour un accouchement physiologique, il est conseillé d'emporter :
- Des barres de céréales
- Des bonbons
- Un fruit
- Des fruits secs (dattes)
- Un thermos avec une tisane
- Des petites bouteilles de jus
- De l'eau
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