Le mal de dos est une affection courante qui touche une grande partie de la population. Chez les femmes, les causes peuvent être multiples, allant des douleurs menstruelles à l'endométriose, en passant par la grossesse et les cicatrices post-opératoires. Il est donc essentiel de comprendre comment déceler un problème gynécologique lorsque l'on souffre de douleurs dorsales.
Lombalgie : Définition et Prévalence
La lombalgie, communément appelée « mal de dos », « lumbago » ou « tour de rein », est une douleur située dans le bas du dos, au niveau des vertèbres lombaires. Elle peut s'accompagner d'une sensation de blocage ou d'une difficulté à effectuer certains mouvements. La lombalgie est la forme de mal de dos la plus fréquente, touchant 84 % des personnes à un moment donné de leur vie. Sa prévalence ne cesse d'augmenter, et elle peut survenir à tout âge, avec des pics d'apparition à l'adolescence et autour de 45 ans.
Il est important de distinguer les causes locales des causes à distance de la lombalgie. Les causes locales sont liées à une affection se situant directement au niveau de la zone entourant les vertèbres lombaires. Cependant, il est rassurant de savoir que ces pathologies ne représentent que 5 % des douleurs en bas du dos. Les 95 % restants sont des douleurs sans gravité au sens médical. Il est recommandé de consulter un médecin généraliste si la douleur persiste plus de trois mois sans amélioration ou si les symptômes s'aggravent.
Causes Gynécologiques des Douleurs Lombaires
Les causes à distance des douleurs lombaires sont liées à un problème situé dans un organe non loin de la zone vertébrale. En ce qui concerne la zone vertébrale lombaire, les pathologies d'organes pouvant expliquer une douleur en bas du dos sont : l’anévrisme de l’aorte abdominale, les pathologies rénales (ex : pyélonéphrite), les pathologies digestives (ex : colopathie fonctionnelle) et également les affections gynécologiques.
Douleurs de Règles
Pour de nombreuses femmes, les règles sont souvent synonymes de douleurs à type de crampes dans le bas-ventre et de douleurs en bas du dos. Ces douleurs sont liées aux contractions de l'utérus. Lors du cycle menstruel, en l'absence de fécondation, l'ovaire cesse de produire les hormones de la grossesse et déclenche les contractions utérines. Ce phénomène est généralement plus intense à la fin de la puberté et lors des années qui précèdent la ménopause, en raison des changements hormonaux. De plus, la perception des contractions utérines pendant les règles est très variable d'une femme à l'autre.
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Pour soulager les douleurs de règles et le mal de dos associé, il existe des méthodes simples, naturelles et efficaces. La marche peut aider à soulager les douleurs, tout comme l'application d'une bouillotte chaude sur les lombaires pour détendre les muscles. La prise de médicaments anti-inflammatoires et antidouleur à base d'ibuprofène peut également être efficace, mais il est important de respecter la posologie et de ne pas en abuser. Les massages aromathérapeutiques aux huiles essentielles de lavande, de gaulthérie odorante, de menthe poivrée ou de romarin, connues pour leurs propriétés antalgiques et anti-inflammatoires, peuvent également apporter un soulagement. L'endorphine sécrétée lors du plaisir sexuel peut également supprimer la douleur, et l'orgasme peut détendre les muscles. L'acupuncture et les infusions de plantes médicinales peuvent également être envisagées.
Endométriose
L'endométriose est une maladie gynécologique qui se caractérise par la présence et le développement de muqueuse utérine hors de la cavité utérine. Les cellules endométriales peuvent migrer sur la vessie, le côlon ou même le péritoine, ce qui explique que certains des symptômes ressentis en période de règles ne sont pas que d'ordre gynécologique (diarrhée, constipation, brûlure à la miction, miction fréquente, sang dans les urines).
Cancers Gynécologiques
Il est important de noter que les cancers gynécologiques (cancer de l'utérus, des ovaires, du col de l'utérus) peuvent également causer des douleurs lombaires. Il s'agit ici de cancers primaires, c'est-à-dire de cancers se situant au niveau d'un organe, et non de cancers à métastases ayant une répercussion locale sur les vertèbres lombaires. Il est possible que ces cancers ne causent pas de signes ni de symptômes aux premiers stades de la maladie. Il est également important de noter que la majorité des femmes présentant ces symptômes n'auront pas de cancer.
Grossesse
La douleur en bas du dos est une conséquence directe des modifications physiologiques de la grossesse. Au début de la grossesse, l'utérus prend du volume au fil des semaines et déplace le centre de gravité du corps vers l'avant. Pour ne pas tomber en avant, la maman doit se cambrer vers l'arrière, augmentant ainsi la courbure des lombaires. Cette bascule du bassin et cette cambrure sont facilitées par une hormone augmentant l'élasticité des ligaments (la relaxine), donnant plus de mobilité aux articulations pour donner plus d'espace pour le bébé. Les structures du bas du dos peuvent donc être fortement mises en contrainte, d'autant plus qu'il existe une diminution de la tonicité de la sangle abdominale qui ne joue plus correctement son rôle de « corset ». Tout ceci peut donc à terme faciliter des douleurs lombaires qui peuvent être prises en charge par votre ostéopathe.
En début de grossesse ou lorsque vous tentez de tomber enceinte, il faut être particulièrement vigilant par rapport à la Grossesse Extra-Utérine, pouvant se traduire par des douleurs lombaires. C'est lorsque que le bébé ne s'implante pas dans la cavité utérine mais ailleurs (trompe de Fallope, proche de l'ovaire, col de l'utérus ou la cavité abdominale).
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Les douleurs aux lombaires peuvent également apparaître après l'accouchement, toujours à cause de cette sangle abdominale moins tonique, d'où l'importance de faire ses séances de rééducation abdominale et périnéale. Elles vont vous permettre de mieux gainer le ventre, renforcer votre sangle abdominale et de retrouver une courbure harmonieuse de vos lombaires.
Cicatrices
Que ce soit pour l'endométriose, une césarienne ou une résection d'un cancer ou d'un fibrome, la prise en charge chirurgicale a souvent vu naître des douleurs post-opératoires associées à des adhérences cicatricielles. Ces adhérences peuvent avoir une grande répercussion sur votre posture globale et provoquer des douleurs à terme. Lorsqu'une femme vient de subir une césarienne, elle va vouloir naturellement protéger son bas ventre en évitant de tirer sur la cicatrice. Et pour ceci, elle va se pencher vers l'avant relâchant ainsi les tensions abdominales.
Il se peut donc que la couche superficielle au niveau de la peau ait bien cicatrisé, mais qu'il y ait encore de nombreuses adhérences cicatricielles au niveau des couches intermédiaires ou profondes.
Posture et Périnée
Une mauvaise posture peut avoir des conséquences sur votre périnée ou plancher pelvien. Associée à une courbure lombaire normal, tous les muscles du périnée servent de protection aux organes du petit bassin en jouant un rôle de hamac. En cas de mauvaise posture, les contraintes qui s'appliquent sur cet hamac peuvent le désaxer, donc désaxer les organes qui s'appuient dessus, et des complications peuvent apparaître sur le long terme. En cas de cambrure lombaire trop importante par exemple, associé à des fortes poussées (toux, constipation, etc), l'axe du vagin peut se verticaliser, et favoriser une descente d'organe (ou prolapsus). Cette descente d'organe peut par la suite venir tirer sur les ligaments qui maintiennent ce dernier et crée des douleurs sur les structures osseuses sur lequel il s'attache, à savoir le bassin et le bas du dos.
Ostéopathie et Troubles Gynécologiques
Votre ostéopathe aura pour rôle d'identifier si vos douleurs en bas du dos sont bien à cause d'un trouble gynécologique grâce à des questions et des tests. En fonction du trouble gynécologique, votre ostéopathe pourra vous accompagner dans la prise en charge de ce trouble, et plus particulièrement si les causes sont : les règles, l'endométriose, des adhérences cicatricielles post-opérations ou un trouble de la posture lié à une faiblesse périnéale.
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Ensuite, selon le trouble gynécologique, votre ostéopathe pourra vous proposer un traitement exclusivement manuel afin de soulager vos lombalgies, ayant pour but de redonner de la mobilité aux zones de votre corps qui favorisent ces troubles. Ces zones vous sont propres, c'est pour cela que le traitement sera adapté à vos besoins à vous et rien qu'à vous. Votre ostéopathe pourra tant bien redonner de la mobilité aux structures du système musculo-squelettique (bassin, lombaires, périnée, …), système viscéral (utérus), système fasciale (adhérences cicatricielles) qu'au système crânio-sacré (pour le système nerveux).
Ménopause et Douleurs Lombaires
La ménopause, qui correspond à l’arrêt de la production d’œstrogènes, les hormones sexuelles, est associée à des modifications physiologiques pouvant influencer la santé articulaire. En plus des symptômes courants comme les bouffées de chaleur ou la fatigue, la densité osseuse tend à diminuer après la ménopause. Les œstrogènes jouant un rôle clé dans le remodelage osseux, leur baisse peut favoriser l’apparition de douleurs lombaires. Par ailleurs, plusieurs études montrent une prévalence plus marquée des douleurs lombaires chroniques chez les femmes après la ménopause, contrairement aux hommes. La période postménopausique est également caractérisée par une augmentation du risque d’ostéoporose.
Les Traitements Hormonaux de la Ménopause (THM) visent à réduire les effets indésirables de l'arrêt de la production des hormones féminines. De la puberté à la ménopause, la vie des femmes est rythmée par les cycles menstruels : les ovaires libèrent un ovocyte et sécrètent les hormones féminines, œstrogène et progestérone, qui préparent la matrice utérine à une éventuelle grossesse. La diminution des concentrations hormonales, à la fin de chaque cycle, déclenche les menstruations. La ménopause correspond à l'extinction des deux fonctions des ovaires féminins, la ponte ovocytaire et la sécrétion hormonale : il s'ensuit une perte de la fertilité ainsi qu'une carence en œstrogènes et en progestérone, carence qui a des effets souvent désagréables.
À court terme, peuvent survenir des bouffées de chaleur, sensation brusque de chaleur intense, parfois accompagnée de palpitations du cœur et de malaise. La nuit, des épisodes de sueurs nocturnes peuvent perturber le sommeil qui n'est plus réparateur et la femme, fatiguée, devient irritable. Les médecins parlent de signes du « climatère », ce qui signifie « période critique ». Une autre conséquence de la ménopause concerne la sexualité : privées de l'action nutritive des œstrogènes, les muqueuses génitales s'assèchent, ce qui peut rendre les rapports sexuels douloureux. D'autres symptômes, tels la dépression, la fatigue, ou la prise de poids, sont moins spécifiques : on ne peut pas toujours les rattacher clairement à la carence en œstrogènes ou aux multiples bouleversements survenant dans la vie des femmes autour de la cinquantaine. Enfin, la carence en hormones entraîne, à terme, une déminéralisation et une fragilisation du tissu osseux. Surviennent des douleurs osseuses, et surtout une fragilisation des os, qui risquent de se briser au moindre choc : c'est l'ostéoporose.
Fibromyalgie et Douleurs Lombaires
La fibromyalgie est une cause fréquente de douleur affectant de nombreuses parties du corps, et parfois le bas du dos. Ce trouble induit une douleur chronique diffuse au niveau des muscles et des tissus mous, dans des zones extérieures à la région lombaire. Ces douleurs fluctuent dans leur intensité et touchent le plus souvent les épaules, la nuque, entre les deux omoplates, le bas du dos et les hanches. La fibromyalgie toucherait 1,4 à 2,2% de Français de plus de 30 ans et, pour les malades, à 90% des femmes, cette pathologie aurait de fortes répercussions sur la vie quotidienne. Principalement marquée par des douleurs musculo-squelettiques localisées partout le long de la colonne vertébrale, au niveau des articulations et dans les membres, la fatigue et les troubles du sommeil, la fibromyalgie peut entraîner des symptômes aussi divers que des acouphènes, des allergies, des troubles intestinaux ou même sexuels.
Troubles du Cycle Menstruel et Douleurs Lombaires
De la puberté à la ménopause, il n’y a aucune femme qui n’ait éprouvé, au moins une fois dans sa vie, des troubles de cycle menstruel : cycle trop long, trop court, absence de règles, règles trop rapprochées ou trop abondantes… ainsi que des problèmes au moment de ses règles : douleurs du bas-ventre, irritabilité, prise de poids, jambes lourdes, fatigue, pesanteur abdominale, douleur lombaire, tension des seins, migraine, trouble du transit intestinal… Chez certaines femmes ces problèmes sont tellement fréquents qu’elles finissent même par considérer que c’est la norme et qu’il leur faut s’y habituer. Cependant, ces troubles des cycles et des règles (dysménorrhées) ne sont pas normaux. Il ne faut pas considérer cela comme une fatalité, mais plutôt rechercher la meilleure solution pour y remédier.
Dans la plupart des cas, les troubles dont souffrent les femmes au moment des règles ont une cause fonctionnelle, c’est-à-dire qu’ils proviennent d’un léger dérèglement hormonal. Il peut aussi s’agir d’une cause organique, c’est-à-dire due l’anomalie d’un organe, comme une endométriose, une adéno- myose, un fibrome, une dystrophie ovarienne, une infection chronique, une sténose du col utérin… Le traitement de la dysménorrhée passera alors par le traitement de cet organe.
Un problème vertébral peut également être à l'origine des douleurs lombaires pendant les règles. Une mauvaise position, un déplacement, une contracture des vertèbres dorsales ou lombaires, peuvent interférer sur le système neurovégétatif qui régule le système hormonal.
Cybernétique et Physiologie du Cycle Féminin
La cybernétique, ou science du pilotage, peut être appliquée à l'étude de la physiologie pour mieux comprendre les mécanismes de régulation du cycle menstruel. Une approche cybernétique permet de modéliser les mécanismes physiologiques de l'organisme et de comprendre le fonctionnement des systèmes de régulation hormonale.
Le cycle sexuel féminin est caractérisé par des variations cycliques des concentrations hormonales. La GnRH, FSH et LH stimulent les cellules endocrines de l’ovaire. Œstrogènes et progestérone, véhiculées par la circulation sanguine, agissent au niveau de divers organes cibles, permettant la réalisation de la fonction de reproduction. Alors que ce schéma est « stable » chez l’homme, de nombreuses variations cycliques sont observables chez la femme. Ainsi, la progestérone est par moment quasiment absente. De même, la nature de la rétroaction des hormones ovariennes varie en fonction de leur concentration. L’ovulation, qui correspond à l’expulsion d’un ovocyte mûr de l’ovaire. Ces deux évènements sont deux manifestations parmi de nombreuses autres du cycle sexuel féminin. Ce cycle présente une période de 28 jours en moyenne. Classiquement, on fait débuter un cycle au moment des menstruations.
Vieillissement et Corps de la Femme
Avec les années, le corps de la femme change de façon inévitable en raison de plusieurs facteurs. Connaître ces derniers permet de mieux s’y préparer, de mieux les accepter, et de pouvoir aussi, prévenir certains risques pour la santé. La nature prépare la femme à être éventuellement mère, son cycle menstruel se régularise. Une grossesse et l’allaitement éventuels peuvent venir modifier le corps de la femme notamment au niveau des seins, du ventre et des cuisses qui auront tendance à être plus « mous ». Les premiers symptômes de la pré ou péri ménopause peuvent apparaître tels que les crampes, les dérèglements hormonaux ou la transpiration plus excessive.
Les effets du vieillissement sur les taux d’hormone sexuelle sont présents chez les femmes et chez les hommes. Chez les femmes, la plupart de ces effets sont surtout liés à la ménopause, lorsque les taux d’hormones féminines (comme chez l’homme) (œstrogènes, progestérone, SDHEA, testostérone) diminuent sensiblement. Les seins deviennent par exemple moins fermes et plus fibreux et ont tendance à s’affaisser. Chez les femmes, la perte de densité osseuse s’accélère après la ménopause en raison également de la baisse de production d’œstrogènes. Les œstrogènes contribuant à empêcher la décomposition d’une quantité trop importante d’os au cours du processus normal de formation, fracture, et reconstitution osseuses.
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