Les États-Unis, bien que souvent perçus comme un pays avancé, présentent des défis particuliers en matière de garde d'enfants. Cet article explore les conditions de travail dans les crèches américaines, les coûts associés à la garde d'enfants, les types de structures disponibles et les implications pour les professionnels de la petite enfance souhaitant y travailler.
Le paysage de la petite enfance aux États-Unis
Contrairement à la France, où le système public prend en charge les enfants dès la maternelle, aux États-Unis, l'école publique ne commence qu'en grande section de maternelle. Avant cet âge, les parents doivent financer eux-mêmes la garde de leurs enfants, que ce soit en crèche (daycare) ou en maternelle (pre-school).
Structures et coûts des daycares et preschools
Les daycares accueillent les enfants dès l'âge de 2 mois et jusqu'à 4 ou 5 ans. Ces structures sont majoritairement privées et ne bénéficient pas de financement étatique. On trouve également des crèches gérées par des églises, souvent plus abordables et offrant des horaires plus flexibles. Il est possible d'obtenir la liste des daycares auprès des sections jeunesse des bibliothèques publiques locales.
Le niveau de confort, de propreté et des prestations varie considérablement d'une structure à l'autre. Cependant, toutes les crèches américaines doivent être titulaires de licences délivrées par la "National Association of Child Care Resource and Referral Agencies" (NACCRRA) et la "National Association for the Education of Young Children" (NAEYC).
Les preschools, également majoritairement privées, accueillent généralement les enfants de 7 heures du matin à 15 heures. Au-delà de ces horaires, des "extra-hours" sont proposés, souvent au tarif de 5 dollars par heure. Les "preschools co-op" représentent une alternative potentiellement moins coûteuse.
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Certaines preschools agréées par des États comme la Floride proposent un programme de moyenne section de maternelle appelé VPK (Voluntary Prekindergarten), dont les frais de scolarité sont partiellement pris en charge par l'État. Ce programme connaît un succès croissant aux États-Unis.
Difficultés d'accès et coûts élevés
L'expérience d'Anne à San Francisco illustre bien la situation : les parents doivent prospecter activement les daycares et preschools de leur quartier, souvent situées dans des maisons individuelles aménagées pour accueillir les enfants. Les crèches et haltes-garderies municipales, ainsi que les aides à la petite enfance, sont rares.
Le coût de la garde d'enfants aux États-Unis est un fardeau important pour de nombreuses familles. Selon le Council for Professional Recognition (CDA), environ 20% du revenu total des familles est consacré à la garde d'enfants. Cette situation conduit même certaines personnes à renoncer à leur emploi, faute de pouvoir se permettre de faire garder leurs enfants.
Conditions de travail en crèche aux États-Unis
Travailler en crèche aux États-Unis peut présenter des défis spécifiques, notamment en raison du système de garde d'enfants fragmenté et coûteux.
Reconnaissance des diplômes étrangers
Pour les professionnels de la petite enfance formés à l'étranger, la reconnaissance des diplômes est une question cruciale. Bien que vous souhaitiez obtenir un diplôme CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance français, vous n'avez peut-être pas envie d'exercer toute votre carrière en France. Cependant, chaque pays a ses spécificités et cadres législatifs en ce qui concerne le traitement de la petite enfance.
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Il est important de se renseigner auprès des organismes compétents pour évaluer la reconnaissance de son diplôme aux États-Unis. Le Secrétariat d'État à la Formation, à la Recherche et à l'Innovation (SEFRI) est le premier contact à établir concernant la question des équivalences de diplôme.
Spécificités nationales du secteur de la petite enfance
L'expatriation implique de s'intéresser aux spécificités nationales du secteur de la petite enfance. Chaque pays possède ses propres normes, réglementations et pratiques en matière de garde d'enfants. Il est essentiel de se familiariser avec ces aspects pour s'intégrer et exercer efficacement son métier aux États-Unis.
Impact de la pandémie de COVID-19
La crise du COVID-19 a exacerbé les difficultés du secteur de la garde d'enfants aux États-Unis. Selon le CDA, environ 10% des garderies du pays ont fermé leurs portes en raison de la pandémie. Cette situation a réduit l'offre de places en crèche et rendu encore plus difficile l'accès à la garde d'enfants pour de nombreuses familles.
Conséquences pour les familles et l'économie
Les difficultés d'accès à la garde d'enfants et les coûts élevés ont des conséquences importantes pour les familles et l'économie américaine.
Impact sur la participation des femmes au marché du travail
Selon une note publiée par Calvin Moore, responsable du CDA, dans plus de 20 % des familles, l'un des parents, le plus souvent la mère, a dû quitter le marché du travail pour s'occuper des enfants. Une étude plus approfondie des données fournie par le ministère du Travail montre que « les femmes célibataires sans diplôme universitaire et ayant de jeunes enfants ont repris le travail plus lentement que les autres après la pandémie », pointe le quotidien qui révèle aussi que « le travail indépendant a augmenté parmi les mères, ce qui suggère que de nombreuses femmes cherchent à rendre leur travail plus flexible pour jongler avec leurs obligations familiales ».
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Les États-Unis ont pris du retard sur les autres économies développées en matière de participation des femmes au marché du travail. Claudia Goldin, économiste à Harvard, souligne que jusqu'en 1995, les États-Unis étaient le leader mondial dans ce domaine, mais que de nombreux pays ont depuis dépassé les États-Unis en termes d'égalité hommes-femmes.
Impact sur les entreprises
Cette situation impacte également les entreprises, d'autant plus que les États-Unis font face à une pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs. Le "New York Times" souligne que les employeurs manquent d'une source clé de main-d'œuvre à un moment où ils disposent de près de deux offres d'emploi pour chaque chômeur.
L'économiste Sasser Modestino illustre ce problème en expliquant que si un employeur passe six mois à chercher le bon travailleur, l'embauche, et que deux mois plus tard, cette personne perd la garde de ses enfants et doit quitter son emploi, l'employeur est de retour à la case départ.
Perspectives et solutions
Face à ces défis, des solutions sont nécessaires pour améliorer l'accès à la garde d'enfants et soutenir les professionnels de la petite enfance aux États-Unis.
Investissements publics
Un investissement public accru dans la garde d'enfants pourrait contribuer à réduire les coûts pour les familles et à améliorer la qualité des services. Le gouvernement américain finançait jusqu'à présent les services de garde d'enfants à hauteur de 24 milliards de dollars, mais ces subventions ont pris fin le 30 septembre, faisant perdre des revenus cruciaux à près de 220.000 prestataires.
Politiques familiales
Des politiques familiales plus généreuses, telles que celles offertes par le Canada et certains pays d'Europe, pourraient aider les parents à concilier travail et famille.
Soutien aux professionnels de la petite enfance
Il est essentiel de soutenir les professionnels de la petite enfance en leur offrant des salaires décents, des opportunités de formation continue et un environnement de travail favorable.
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