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La diversité placentaire chez les mammifères : aperçu et exceptions

Chez les vertébrés, la viviparité placentaire, où l'œuf se développe entièrement dans les voies génitales femelles avec des apports nutritifs maternels via le placenta, est une stratégie reproductive fascinante. Bien que souvent associée aux mammifères, elle se retrouve également chez d'autres groupes de vertébrés et même chez des invertébrés. Cet article explore la diversité des placentas chez les mammifères, les exceptions à la règle placentaire et les mécanismes évolutifs qui sous-tendent cette diversité.

Viviparité et placenta : un aperçu

La viviparité se manifeste sous différentes formes. La viviparité aplacentaire, où l'embryon reçoit une alimentation maternelle sous forme de lait utérin ou en ingérant des œufs ou des embryons frères, est une forme. La viviparité placentaire, quant à elle, implique un placenta, une annexe embryonnaire particulière qui assure les apports nutritifs maternels. Chez les Euthériens et les Marsupiaux, la première annexe embryonnaire à se former lors du développement embryonnaire est le trophoblaste ou chorion.

Diversité des placentas chez les mammifères

Les placentas des mammifères présentent une diversité extraordinaire. Chaque groupe semble avoir un placenta adapté à sa stratégie de reproduction, grâce à la sélection naturelle. Les relations entre le chorion et l'utérus varient considérablement, allant d'une simple juxtaposition des épithéliums dans le placenta épithélio-chorial à une intrication des vaisseaux sanguins maternels et embryonnaires dans le placenta hémo-chorial, en passant par une juxtaposition dans le placenta endothélio-chorial.

Intuitivement, on pourrait penser que le placenta épithélio-chorial, le plus simple, est le plus primitif. Cependant, il est plus parcimonieux de considérer que le placenta hémo-chorial est apparu le premier chez l'ancêtre commun de tous les Euthériens. Les autres types de placenta sont apparus plusieurs fois par convergence. Un placenta hémo-chorial permettrait une nutrition intense, favorisant un développement rapide et la naissance de jeunes avec un gros cerveau. À l'inverse, la nutrition est moins intense dans le cas d'un placenta épithélio-chorial ou même endothélio-chorial, ce qui entraîne une durée de gestation rallongée.

Le rôle des syncytines dans la formation du placenta

Chez de nombreux mammifères, les cellules du trophoblaste fusionnent sous l'action des syncytines pour former un syncytium, le syncytiotrophoblaste. Les syncytines proviennent de gènes de rétrovirus intégrés dans le génome des mammifères, un exemple de transfert horizontal de l'information génétique. Ces intégrations se sont faites au hasard à partir de virus différents et sont présentes chez les mammifères et même chez les lézards.

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Outre leurs propriétés de fusion cellulaire, les syncytines peuvent diminuer la réponse immunitaire et agir sur la différenciation cellulaire via leur récepteur. On suppose que leurs propriétés immunosuppressives ont joué un rôle dans l'apparition de la viviparité placentaire des vertébrés.

Exceptions à la règle placentaire : les monotrèmes

Il est communément admis que les mammifères sont pour la plupart des placentaires, à quelques exceptions près. Les monotrèmes, tels que l'ornithorynque et l'échidné, sont des mammifères primitifs qui pondent des œufs. Contrairement aux mammifères placentaires, ils n'ont pas de placenta. Les marsupiaux constituent un autre groupe de mammifères qui présentent des particularités en matière de reproduction. Ils donnent naissance à des jeunes très immatures qui continuent leur développement dans une poche ventrale de la mère. Bien qu'ils possèdent un placenta, celui-ci est généralement moins développé que celui des placentaires.

Le nombril : une cicatrice placentaire ?

Le nombril est une cicatrice associée aux mammifères placentaires. Il marque l'endroit où le cordon ombilical, qui relie l'embryon à la mère via le placenta, était attaché. Le cordon ombilical assure l'apport de nutriments et d'oxygène à l'embryon pendant la gestation. Les monotrèmes, qui ne possèdent pas de placenta, n'ont donc pas de nombril.

Syncytines et viviparité : au-delà des mammifères

La découverte de syncytines chez des espèces non mammifères, comme le lézard Mabuya, remet en question l'idée que ces protéines sont exclusivement liées à la placentation chez les mammifères. Cette découverte suggère que le phénomène de capture et d'utilisation par l'hôte de gènes rétroviraux est un élément majeur dans la formation du placenta chez les vertébrés en général.

Évolution du placenta : un processus complexe

L'évolution du placenta est un processus complexe qui implique l'exaptation de gènes viraux, des modifications de l'expression génique et des interactions complexes entre l'embryon et la mère. Les syncytines, en particulier, semblent avoir joué un rôle clé dans l'évolution de la viviparité placentaire en facilitant la fusion cellulaire et en supprimant la réponse immunitaire maternelle contre l'embryon.

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Placenta : un organe aux fonctions multiples

Le placenta est un organe essentiel à la reproduction chez les mammifères placentaires. Il assure non seulement les échanges nutritifs et gazeux entre la mère et le fœtus, mais il exerce également des fonctions immunitaires cruciales. Le placenta protège le fœtus contre le rejet par le système immunitaire maternel, tout en permettant les échanges d'anticorps qui confèrent une immunité passive au nouveau-né.

Nouvelles perspectives sur la phylogénie des mammifères placentaires

Les études phylogénétiques basées sur des données moléculaires ont conduit à une révision de la classification des mammifères placentaires. Les placentaires sont désormais regroupés en trois grands ensembles : les afrothériens, les xénarthres et les boréoeuthériens. Cette nouvelle classification reflète l'origine géographique commune de ces groupes et met en évidence l'importance de la tectonique des plaques dans la diversification des mammifères placentaires.

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