Loading...

Thierry Frémaux: Un enfant des Minguettes à la conquête du cinéma mondial

Thierry Frémaux, figure emblématique du cinéma français, incarne un parcours atypique, allant de la banlieue lyonnaise aux plus prestigieux festivals internationaux. Son histoire est celle d'une passion dévorante pour le septième art, cultivée dès son plus jeune âge et qui l'a mené aux plus hautes fonctions du monde cinématographique.

Jeunesse et Premières Amours Cinématographiques

Fils d'un cadre d'EDF, Thierry Frémaux grandit aux Minguettes, une banlieue de Lyon. Loin des paillettes et du glamour, il forge son identité dans un environnement populaire. Parallèlement à ses activités sportives, notamment le judo où il excelle, il développe un intérêt grandissant pour le cinéma. Animateur sur Radio Canut d'une émission de cinéma, il consacre son mémoire de DEA à la naissance de la revue Positif, créée en 1952.

De bénévole à Directeur : L'ascension à l'Institut Lumière

Son engagement associatif le conduit à l'Institut Lumière, où il débute comme bénévole. Son dévouement et sa passion lui permettent de gravir les échelons, devenant successivement Directeur artistique puis Directeur de l'institution. L'Institut Lumière, lieu emblématique de l'histoire du cinéma, devient son terrain de jeu et un véritable laboratoire d'idées.

Cannes: L'apogée d'une carrière

En 2000, Thierry Frémaux est sollicité pour diriger la Cinémathèque française, mais il refuse, préférant seconder Gilles Jacob à la direction du Festival de Cannes. En 2007, il est nommé Délégué Général, devenant ainsi le "patron opérationnel" du plus important festival de cinéma au monde. Sa nomination marque un tournant dans l'histoire du festival, apportant une vision nouvelle et une ouverture sur le monde.

Un acteur clé du Festival de Cannes

Lorsque Pierre Lescure succède à Gilles Jacob à la Présidence du Festival de Cannes en 2015, Frémaux est confirmé dans ses fonctions, soulignant ainsi son rôle essentiel dans le succès et le rayonnement du festival. Son influence s'étend bien au-delà de la sélection des films, puisqu'il est également responsable de l'organisation générale et de la promotion de l'événement.

Lire aussi: Tout savoir sur Thierry Neuvic

"Ma nuit au musée": Une immersion dans l'histoire du cinéma

Thierry Frémaux a accepté la proposition de la directrice de la collection "Ma nuit au musée" (éditions Stock) et a passé une nuit seul dans l'institution qu'il dirige depuis des années et où il a commencé sa carrière. De cette expérience est né un livre passionnant et émouvant sur un lieu que les fantômes du passé habitent sans regret, veillant sur l'histoire d'une des plus belles aventures humaines, le cinéma.

Le cinéma comme vocation

Thierry Frémaux raconte que c'est après son bac D et pendant sa première année de fac en sciences naturelles, qui a été désastreuse, qu'il a compris que le cinéma était sa vocation. Il se souvient avoir eu 4,26 de moyenne générale et s'être rendu compte que sur sa table de chevet, il n'y avait que des livres de cinéma. Il a alors décidé d'obéir à ses pulsions intellectuelles et de se tourner vers le grand écran.

La passion du cinéma: bien plus que des images

Pour Thierry Frémaux, le cinéma est à la fois l'art de raconter des histoires par les images animées et l'expérience de la salle de cinéma. Il souligne l'importance de l'acte d'aller au cinéma, car "deux heures avant et deux heures après avoir vu un film, on n'est plus la même personne". Il a d'ailleurs voulu aller dans les salles de cinéma de l'Institut Lumière, seul et dans le noir, pour son livre "Ma nuit au musée", car pour lui, c'est indissociable.

L'héritage des frères Lumière

Thierry Frémaux souligne la particularité de la famille Lumière, dont l'un des aïeux allumait les réverbères dans les rues de Haute-Saône. Il met en avant leur propension à la prodigalité envers leurs amis et leur service aux autres. Il rappelle qu'ils ont inventé le cinéma et qu'ils ont fait 2 000 films, des petits formats de cinquante secondes, en formant des opérateurs qui allaient filmer le monde entier.

L'Institut Lumière: un lieu de mémoire et de création

Thierry Frémaux évoque le lieu où se trouve l'Institut Lumière, qui a failli disparaître à cause d'erreurs et de destructions dans les années 1960-1970. Il raconte comment les habitants du quartier sont intervenus pour sauver le premier décor de l'histoire du cinéma, là où les frères Lumière avaient placé leurs caméras pour faire leur premier film. Il insiste sur le fait que "personne ne saura jamais où la littérature, la peinture ou la musique ont été inventées. Mais le cinéma, on sait que c'est là".

Lire aussi: Beccaro : Télévision et résilience

La défense du cinéma sur support physique

Thierry Frémaux se positionne en faveur des supports physiques tels que les DVD et les Blu-ray, face à la dématérialisation croissante des œuvres. Il estime que "la dématérialisation est en train de nous tuer tous" et que "on accumule des œuvres dans un cloud mais on n'y va jamais ! Les objets, on les utilise, on les offre…". Il continue d'acheter des DVD et des Blu-ray et revoit beaucoup de films de Sacha Guitry en ce moment.

Bénévolat et engagement: les fondations d'une carrière

Thierry Frémaux se souvient de son engagement bénévole à l'Institut Lumière, où il a travaillé pendant huit ans en parallèle de sa thèse et de son métier de professeur de judo. Il considère que sa génération était bénévole en tout et qu'on ne comptait pas nos heures. Il a appris son métier comme ça et n'hésite jamais à "esclavagiser les jeunes gens", tout en précisant qu'il ne les esclavagise pas vraiment.

Fidélité à Lyon et aux Minguettes

Malgré son parcours international, Thierry Frémaux reste profondément attaché à ses racines lyonnaises et à son quartier d'enfance, les Minguettes. Il se souvient de l'époque où l'on voulait croire que tout était possible et où l'on pensait construire son avenir et non le subir. Il évoque avec nostalgie les "zupiades", les Jeux olympiques du quartier, et la joie et la fête qui régnaient alors.

Un homme de convictions et de passions

Thierry Frémaux s'est imposé comme l'une des figures les plus puissantes du cinéma français, grâce à son éclectisme, sa disponibilité, sa générosité et son goût de la fête. Son cinéma, c'est tous les cinémas, sans barrières ni a priori. Il aime Lautner et Godard, et il peut programmer Grace de Monaco en ouverture du Festival de Cannes, puis un film thaïlandais.

Un réseau international et des amitiés sincères

Thierry Frémaux est entouré d'un réseau international d'artistes et de personnalités du monde du cinéma, avec qui il entretient des relations privilégiées. Ses amis s'appellent Tim Roth, Monica Bellucci, Sean Penn, Nicole Kidman, Wong Kar-wai, mais aussi l'humoriste Laurent Gerra et les anciens de la ZUP et du judo. Il prodigue aux artistes l'affection qu'ils attendent, et les artistes aiment qu'on les aime.

Lire aussi: Thierry Beaudet : Portrait complet

L'Institut Lumière: un tremplin vers Cannes

Thierry Frémaux souligne que c'est Lyon qui a rendu possible son parcours. Il se souvient du jour où il s'est pointé à la conférence de presse d'ouverture de l'Institut Lumière et où il a demandé à participer à la création de l'Institut à titre bénévole. Il précise qu'il n'a pas attendu d'être appelé au Palais des festivals pour inviter Elia Kazan et Joseph Mankiewicz dans sa ville.

Un ancrage territorial et une ouverture sur le monde

Thierry Frémaux a toujours concilié son ancrage territorial à Lyon et son ouverture sur le monde. Il passe la semaine à Paris ou à l'étranger, en fonction des films à voir, des réalisateurs à rencontrer et des festivals à arpenter. Le week-end, il rentre à Lyon voir sa famille et s'occuper de l'Institut.

tags: #thierry #fremaux #enfants

Articles populaires:

Share: