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Amniocentèse et FISH : Définition et applications dans le diagnostic prénatal

L'amniocentèse est une procédure médicale invasive utilisée dans le diagnostic prénatal. Elle consiste à prélever un échantillon de liquide amniotique, le liquide dans lequel baigne le fœtus, afin d'analyser les cellules fœtales qu'il contient. Cet examen est réalisé sous contrôle échographique, généralement à partir de 15 semaines d'aménorrhée, en introduisant une aiguille à travers la paroi abdominale de la mère et l'utérus. L'amniocentèse permet de détecter diverses anomalies fœtales, notamment les anomalies chromosomiques telles que la trisomie 21.

Amniocentèse : Une technique invasive pour le diagnostic prénatal

L'amniocentèse est une technique couramment utilisée pour le diagnostic prénatal d'affections relativement fréquentes, telles que les anomalies chromosomiques. Elle est pratiquée sous échoguidage, ce qui permet au médecin de visualiser la position exacte du fœtus et de surveiller ses mouvements afin d'éviter de le traumatiser. Le geste lui-même n'est généralement pas douloureux pour la future maman, mais peut être impressionnant.

Après le prélèvement, il est recommandé à la patiente de ne pas effectuer d'activités éprouvantes. L'analyse du liquide amniotique permet d'étudier les cellules fœtales (amniocytes) et d'établir un caryotype, c'est-à-dire la forme et le nombre des chromosomes du fœtus. Cela permet de détecter des anomalies chromosomiques, de déterminer avec exactitude le sexe du fœtus et de rechercher certaines infections comme la rubéole.

Cependant, l'amniocentèse n'est pas sans risque pour le fœtus. Elle est associée à un risque de fausse couche d'environ 1 % des cas. Ce risque s'ajoute à celui de perte spontanée de grossesse observé en l'absence de tout geste invasif. C'est pourquoi l'amniocentèse n'est pas proposée de manière systématique à toutes les femmes enceintes, mais uniquement dans certaines situations à risque.

FISH : Une technique d'hybridation pour le diagnostic rapide des aneuploïdies

L'hybridation in situ fluorescente (FISH) est une technique de cytogénétique moléculaire qui permet de visualiser des séquences d'ADN spécifiques sur les chromosomes. Elle est basée sur le principe de la complémentarité des bases de l'ADN : une sonde d'ADN marquée avec un fluorochrome (molécule fluorescente) estHybridée (c'est-à-dire qu'elle se lie) à la séquence d'ADN cible sur le chromosome. La présence et la localisation de la sonde peuvent ensuite être visualisées au microscope à fluorescence.

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Dans le contexte du diagnostic prénatal, la FISH est utilisée pour détecter rapidement les aneuploïdies, c'est-à-dire les anomalies du nombre de chromosomes, telles que la trisomie 21 (présence de trois chromosomes 21 au lieu de deux). La FISH peut être réalisée sur des cellules fœtales obtenues par amniocentèse ou par prélèvement de villosités choriales. Elle permet d'obtenir des résultats en 72 heures, ce qui est plus rapide que le caryotype classique qui nécessite une culture cellulaire de deux à trois semaines.

En utilisant une sonde pour le gène UBE3A, par exemple, on peut déterminer si une partie du chromosome 15 est physiquement absente de l'individu. Si le test FISH est positif, cela indique qu'une copie d'UBE3A est absente de l'ADN de cette personne, ce qui peut être indicatif du syndrome d'Angelman causé par une délétion.

Dépistage de la trisomie 21 : Une approche combinée

Le dépistage de la trisomie 21 en France fait l'objet d'une réglementation spécifique qui impose l'obtention du consentement écrit des femmes enceintes. Le dépistage combiné du premier trimestre associe l'âge maternel, les marqueurs sériques (dosage de certaines hormones dans le sang maternel) et la mesure de la clarté nucale (épaisseur de la nuque du fœtus) lors de l'échographie. Ce calcul de risque individualisé permet de déterminer si la femme enceinte présente un risque accru de trisomie 21 fœtale.

Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS), les tests de dépistage sur l'ADN libre circulant (ADN fœtal présent dans le sang maternel) sont proposés aux femmes enceintes dont le risque estimé de trisomie 21 fœtale est compris entre 1 sur 1 000 et 1 sur 51. La réalisation d'un caryotype fœtal est proposée d'emblée lorsque le risque estimé est supérieur ou égal à 1 sur 50, tout en laissant la possibilité de réaliser un test de dépistage sanguin selon la volonté du couple ou de la femme enceinte.

Le diagnostic prénatal avancé non invasif (DPANI) est un test sanguin qui recherche l'ADN fœtal dans le sang maternel. Il est proposé aux femmes pour lesquelles le test de dépistage combiné du 1er trimestre a révélé un risque supérieur à 1/250 de trisomie 21. Le DPANI permet de réduire le nombre de prélèvements invasifs (biopsie du trophoblaste et amniocentèse) qui sont associés à un risque de fausse couche dans 0,5 à 1 % des cas.

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Autres techniques de diagnostic prénatal

Outre l'amniocentèse et la FISH, d'autres techniques sont utilisées pour le diagnostic prénatal :

  • Le prélèvement de villosités choriales (PVC), également appelé biopsie de trophoblaste ou choriocentèse, consiste à prélever un fragment de placenta. Ce tissu est en principe génétiquement identique au fœtus. Le PVC peut être réalisé plus tôt dans la gestation, dès 11 semaines d'aménorrhée, ce qui permet un diagnostic précoce.
  • Le prélèvement de sang fœtal est réalisé sous contrôle échographique, généralement à partir de 20 semaines d'aménorrhée. Il permet d'étudier des données non accessibles dans d'autres tissus, comme la recherche d'une anémie fœtale ou l'étude de la fonction rénale fœtale.

Ces techniques invasives sont toujours associées à un risque de complications iatrogènes, principalement un risque de fausse couche dont l'ordre de grandeur est de 1 %.

Anomalies chromosomiques : Définition et exemples

Une anomalie chromosomique est une modification du nombre ou de la structure des chromosomes. Les chromosomes sont les structures qui portent l'information génétique (ADN) dans les cellules. Chez l'homme, chaque cellule contient normalement 46 chromosomes, organisés en 23 paires. Une anomalie chromosomique peut être :

  • Une aneuploïdie : modification du nombre de chromosomes (par exemple, trisomie 21).
  • Une anomalie de structure : délétion (perte d'un fragment de chromosome), duplication (présence d'un fragment de chromosome en plusieurs copies), translocation (échange de fragments entre deux chromosomes), etc.

La trisomie 21, également appelée syndrome de Down, est l'anomalie chromosomique la plus fréquente. Elle est due à la présence d'un chromosome 21 surnuméraire, ce qui signifie que l'individu trisomique possède 47 chromosomes au lieu de 46. La trisomie 21 n'est pas une maladie, mais une malformation congénitale. Il n'existe pas de traitement curatif, mais des traitements peuvent être mis en place pour prévenir ou corriger les symptômes.

D'autres anomalies chromosomiques peuvent être détectées par amniocentèse et FISH, telles que la trisomie 13, la trisomie 18, les anomalies des chromosomes sexuels (syndrome de Turner, syndrome de Klinefelter), etc.

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Techniques de génétique moléculaire : CGH-Array et séquençage

Outre la FISH, d'autres techniques de génétique moléculaire sont utilisées pour le diagnostic prénatal, notamment :

  • La technique CGH-Array (hybridation génomique comparative sur puce à ADN) permet de détecter les microdélétions ou les microduplications, c'est-à-dire les pertes ou les gains de petits fragments d'ADN (de 5 à 10 kb). Cette technique fait appel aux techniques de génétique moléculaire, de miniaturisation (puce à ADN) et d'analyse informatique. Elle permet d'étudier rapidement un grand nombre de données et de visualiser des régions chromosomiques de très petite taille.
  • Le séquençage consiste à lire la séquence des bases (code génétique) pour repérer une erreur (mutation) dans un gène. Les nouvelles générations de séquenceurs (NSG) permettent une lecture beaucoup plus rapide. Ces techniques sont utilisées pour lire plusieurs gènes en même temps, voire l'ensemble des gènes d'une personne (exome).

Ces techniques permettent d'améliorer considérablement le pouvoir de résolution du diagnostic prénatal et de détecter des anomalies génétiques qui ne seraient pas visibles par les techniques cytogénétiques classiques.

Syndrome d'Angelman : Tests de diagnostic

Le syndrome d'Angelman (SA) est une maladie génétique rare qui affecte le système nerveux. Il est causé par une anomalie du gène UBE3A situé sur le chromosome 15. Plusieurs tests sont disponibles pour diagnostiquer le syndrome d'Angelman :

  • Le test de méthylation est le test de diagnostic le plus sensible pour le syndrome d'Angelman. Il identifie environ 80 % des personnes atteintes du SA. Ce test permet de déterminer si l'ADN a été fourni par la mère ou le père en analysant le motif de méthylation (une "étiquette" chimique ajoutée à l'ADN).
  • Le test FISH permet de déterminer si une partie du chromosome 15 est physiquement absente de l'individu. Si le test FISH est positif et que le test de méthylation est également positif pour le SA, cela indique que la personne a le syndrome d'Angelman causé par une délétion (perte d'un fragment de chromosome).
  • Le test PCR est utilisé pour déterminer si l'individu a deux copies du chromosome 15 du père (UPD, uniparental disomy) ou s'il a un chromosome de chaque parent, mais avec une méthylation incorrecte (ICD, imprinting defect).
  • Le séquençage du gène UBE3A est réalisé chez les personnes qui présentent tous les symptômes du syndrome d'Angelman mais qui ont des résultats négatifs à tous les autres tests. Il permet de rechercher des mutations (erreurs) dans le gène UBE3A.

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